Partie IX - Synth√®se   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Eglise Saint Sulpice - Aude : correspondance   
SAINT SUPLICE PLAN INVERSE AUDE CORRESPONDANCE

Le relev√© de d'Ernest Cros de la dalle de Coume Sourde pr√©sente une interruption dans le trac√© du segment joignant "SIS" √† la croix pr√®s du centre. Curieusement sur cette interruption se place un site de la commune de Floure : les B√©nitiers. Les B√©nitiers de Floure sont un site ruiniforme dolomitique dominant la vall√©e de la Bretonne. Pour comprendre ces formations, il suffit de se d√©placer de quelques m√®tres vers l'Est o√Ļ l'on trouve en bordure de ravin des plaques karstiques crevass√©es dans lesquelles s'infiltrent les eaux d'√©rosion (www.lepetitjournal.net, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias).

Sur ce segment se trouve aussi le ch√Ęteau de Miramont (√† Barbaira) plus √† l'est.

A une l√©g√®re distance de Barbairan, deux tours, qu‚Äėon suppose avoir √©t√© baties par Alaric II, roi des Wisigoths, se dressent encore sur le versant septentrional de la montagne, qui a retenu le nom de ce prince. La hardiesse et la solidit√© des ventes, que soutiennent des murs form√©s d‚Äėun durciment et de pierres carr√©es. r√©pondent √† l‚Äėimmensit√© du principal √©difice, dont l‚Äôenceinte est indiqu√©e par des vesligcs de fondements. S'il faut en croire une tradition locale et un passage de Procope, historien grec du 6e si√®cle, la bataille qui mit fin au r√®gne et √† la vie d‚ÄėAlaric et qui affermit la domination des Franks dans le midi des Gaules, aurait eu lieu non loin de Carcassonne, et suivant toutes les probabilit√©s, au pied m√™me de la montagne qui supporte les ruines de ce ch√Ęteau Le sentiment de Gr√©goire de Tours, qui place cette action pr√®s de la ville de Poitiers, a g√©n√©ralement pr√©valu, mais n‚Äôa pas emp√™ch√© quelques modernes d‚Äôadopter une opinion contraire √† la sienne et d‚Äôinvoquer √† cet effet. le t√©moignage de Procope. Les d√©tails fournis par ce dernier √©cri vain sont nombreux et circonstanci√©s. Il raconte que Clovis avait entrepris le si√®ge de la ville de Carcassonne, dans laquelle s'√©tait jet√© Alaric; et que les murmures des Wisigoths. impatients d‚Äėen venir aux mains. engag√®rent celui‚ÄĒci √† accepter le combat, avant l‚Äėarriv√©e des auxiliaires envoy√©s par Th√©odoric. son alli√©. Cette pr√©cipitation fut cause de la perte de la bataille. Appollinaire, fils de Sidoine, √©v√™que de Clermont et gendre de l‚ÄôEmpereur Avitus, y succomba, avec une foule de Gallo‚ÄĒRomains qui marchaient sous ses ordres et qui dispul√®rent longtemps la victoire aux soldats de Clovis. (Sc√©vole B√©e (Messire Hue) : √Čtudes historiques sur le d√©partement de l‚ÄėAude, dans le journal de Toulouse l'Emancipation de 1838).

On assure qu‚ÄôAlaric II b√Ętit deux forts dans les environs de Carcassonne. L‚Äôun porte aujourd‚Äėhui le nom d'Alairac (Canton de Montr√©al), l‚Äôautre donne son nom √† la montagne d'Alaric; il est quelquefois appel√© Mimmont. Ce fort a sans doute √©t√© reb√Ęti pendant le moyen-√Ęge, sur l‚Äôemplacement occup√© par le ch√Ęteau d'Alaric. Les murs que l‚Äôon voit aujourd‚Äôhui sont probablement l‚Äôouvrage des seigneurs de Capendu. Tout ce que la tradition nous apprend sur Alairac et Miramont prend un tr√®s-grand degr√© de vraisemblance dans les documents historiques de cette √©poque; mais ce que l'on dit sur la mort d‚ÄėAlaric et la bataille qu‚Äėil aurait livr√©e aupr√®s de la montagne o√Ļ est situ√© Miramont, ne m√©rite aucune croyance. ¬Ľ (Cros-Mayrevieille. Histoire du Comt√© de Carcassonne. Recherches historiques. II Ouvrages d‚ÄôAlaric dans le territoire de Carcassonne. p. 51).

Procope rapporte (De Bello Goth. I. I.) que cette bataille (entre Clovis et Alaric) fut donn√©e ¬ę circ√† Carcassionem urbem. ¬Ľ La tradition du pays favorise ce sentiment; et l‚Äôon tient dans le Dioc√®se de Carcassonne, que cette action se passa aupr√®s d‚Äėun fort, dont on voit encore des masures, situ√© entre La Grasse et Carcassonne, sur un mont appel√© dans la langue du pays, le Pech d‚ÄôAlaric. Mais le sentiment de Gr√©goire de Tours, qui fixe cette bataille √† Vougli√©, pr√®s de Poitiers (Greg. Tur. I. II. c. 37) est suivi par un plus grand nombre (Bonus. Hist. de Carmes. p. 25). ‚ÄĒ V. Basse. Hist. des Comtes de Carcassonne. p. 44 (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien dioc√®se et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume I, 1857 - books.google.fr).

A l'entr√©e du choeur, on peut admirer √† droite une √©mouvante Vierge de douleurs, √† gauche un Christ √† la colonne et, tout autour, adoss√©s aux piliers, huit des douze ap√ītres : √† gauche saint Pierre, saint Jean l'Evang√©liste, saint Jacques le Majeur et saint Barth√©lemy, √† droite saint Paul, saint Jacques le Mineur, saint Andr√© et saint Matthieu (ou saint Philippe). Toutes ces statues sont d'Edme Bouchardon (1698-1762). Elles lui avaient √©t√© command√©es par Languet de Gergy en 1734. Le go√Ľt du naturel dans l'art rempla√ßait alors la tendance pr√©c√©dente √† la grandiloquence. Leur style manifeste aussi l'influence du s√©jour de neuf ann√©es que le sculpteur venait de faire √† Rome (www.histoire-moi-et-prof.eu, www.culture.gouv.fr, Gaston Lemesle, L'√Čglise Saint-Sulpice, 1931 - books.google.fr).

Les statues du choeur de saint Sulpice

Le choeur de l'église Saint Sulpice de Paris - www.france-voyage.com, www.wikiphidias.fr

La Vierge

La vierge correspond à Cazilhac avec son église Notre Dame.

Saint Paul

Saint Paul, par un jeu de mot, lui qui est le seul √† parler dans la Bible d'ancienne alliance pour la loi de Mo√Įse (2 Corinthiens 3,14) est associ√© √† Palaja, l'ancienne loi en grec √©tant traduit par "palaia diath√®kh√®") (Jean-Eudes Renault, La Loi et la Croix: L'√©criture de la Croix dans l'√©criture de la Loi, 2009 - books.google.fr).

Saint Jacques le Mineur

Saint Jacques le Mineur pourrait renvoyer au prieuré de saint Jacques (quel Jacques ?) de Clairan, autrement Saint Jaumes, à Montirat, uni à la cure Saint Marcel de Fontiès d'Aude (www.fontiesdaude.com, Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume I, 1857 - books.google.fr).

Philippe, baptême et bénitier

Au calendrier, on f√™te l'ap√ītre Philippe le 1er mai, avec Jacques le Mineur, et saint Philippe le diacre, le 6 juin (ancien calendrier, voir P√©tin).

L'ap√ītre Philippe √©tait de Bethsa√Įde, en Galil√©e, patrie de saint Pierre et de saint Andr√©. Le Sauveur, d√®s les premiers jours de Sa vie publique, le rencontra et lui dit: "Suis-Moi!" Saint Jacques, appel√© le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, fr√®re de saint Jean, √©tait n√© √† Cana, en Galil√©e; il √©tait de la tribu de Juda et cousin de Notre-Seigneur selon la chair. La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fid√®les aimaient √† regarder en lui une vivante image de leur Ma√ģtre remont√© dans le Ciel. Jacques eut un fr√®re, Ap√ītre comme lui, nomm√© Jude, et ses deux autres fr√®res, Joseph et Simon, furent disciples de J√©sus (Abb√© L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'ann√©e, Tours, Mame, 1950 - har22201.blogspot.fr).

L'ap√ītre Mathieu, pr√™chant en Ethiopie, √©tant entr√© dans la ville de Nabader o√Ļ il re√ßut l‚Äôhospitalit√© de l‚Äôeunuque de la reine de ce pays Candace baptis√© par Philippe (Actes, VIII) (Jacques de Voragine, La l√©gende dor√©e - www.abbaye-saint-benoit.ch).

Quant √† Philippe qui fut un des sept diacres, saint J√©r√īme dit, dans son martyrologe, que le 8e des ides de juillet, il mourut √† C√©sar√©e, illustre par ses miracles et ses prodiges ; √† c√īt√© de lui furent enterr√©es trois de ses filles, car la quatri√®me repose √† Eph√®se. Le premier Philippe est diff√©rent de celui-ci, en ce que le premier fut ap√ītre, le second diacre; l‚Äôap√ītre repose √† Hi√©rapolis, le diacre √† C√©sar√©e. Le premier eut deux filles proph√©tesses, le second en eut quatre, bien que dans l‚ÄôHistoire eccl√©siastique on paraisse dire que ce fut saint Philippe, ap√ītre, qui eut quatre filles proph√©tesses : mais il vaut mieux s'en rapporter √† saint J√©r√īme (Jacques de Voragine, La l√©gende dor√©e - www.abbaye-saint-benoit.ch).

Jean Chrysostome semble confondre les deux et dire que c'est Philippe l'ap√ītre qui baptisa l'eunuque de la reine Candace (Actes VIII,26-40) (Jean Chrysostome, Oeuvres compl√®tes, traduit par Jeannin, Tome 11, 1807 - books.google.fr).

Augustin dit que le baptiseur de Samarie (Actes VIII,12) nomm√© Philippe n'est pas identifi√© autrement : ap√ītre ou diacre ? (Pierre-Marie Hombert, Nouvelles recherches de chronologie augustinienne, 2000 - books.google.fr, La Croix d‚ÄôHuriel et la Ligne gnostique : Le Chariot).

Profitant de cette confusion, on remarque que la statue de Philippe se trouve près des Bénitiers dolomitiques de Floure. Elle est près de la sephira Gebourah (à Malves) associée à la date de la fête du diacre Philippe en Grèce, le 11 octobre (La Croix d’Huriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres, La Croix d’Huriel et pierres noires : Saint Sulpice, séphiroth et Aude).

Les bénitiers se trouvent aux portes des églises. Leur fonction première étant de rappeler aux baptisés l'acte de leur baptême, ils sont placés non seulement à l'entrée principale, mais à toutes les portes d'accès de l'édifice (Louis Malle, Les sources du baptême: découvrir les baptistères et les fonts baptismaux, 1994 - books.google.fr).

A l'époque de la Renaissance, on a fait en Italie et en France des bénitier remarquables par l'élégance de leurs formes et par la richesse des sculptures qui ornent la cuve et le pied qui la supporte. Dans la cathédrale d'Orviéto, une statue de saint Jean-Baptiste s'élève au milieu du bénitier, pour rappeler le premier baptême. Quelquefois les coupes des bénitiers représentent ou rappellent des coquilles : à Saint-Pierre de Rome, l'imitation est complète; chaque bénitier se compose d'une coquille en marbre blanc, se détachant sur une draperie sculptée en marbre bleu turquin; deux anges, sous la forme d'enfants, hauts de deux mètres, assis sur les bases de deux pilastres, supportent la coquille. Ces bénitiers, au nombre de deux, sont placés à droite et à gauche de la grande nef, sur les premiers piliers. Enfin, on a été jusqu'à employer à la confection des bénitiers de belles et grandes coquilles naturelles, non pas dans une pensée d'art, mais dans un but religieux, pour mieux faire comprendre aux fidèles l'importance de leur premier acte à l'entrée de l'église, en leur montrant l'instrument avec lequel saint Jean opéra le baptême du Christ (Dictionnaire de l'Académie des Beaux-arts, contenant les mots qui appartiennent à l'enseignement, à la pratique, à l'histoire des beaux-arts, 1868 - books.google.fr).

La statue de Philippe, si c'est lui, est près de Trèbes et du hameau de Beraigne, ancien Beroia en 1147 (Donation faite par Xatmarus de Beroia, par Elène sa femme et par leurs enfants, à Dieu et à St Nazaire de Carcassonne). Or Beroia est le nom de deux villes dans l'antiquité : Bérée en Macédoine et Alep en Syrie.

Philippe a un rapport avec B√©r√©e (en Gr√®ce) par l'interm√©diaire de saint Paul. Il n'est que deux circonstances dans l'histoire de leurs Actes, o√Ļ la lecture des saintes lettres fut directement employ√©e √† l'enseignement de l'Evangile. La premi√®re se pr√©senta √† S. Philippe diacre sur la route de Gaza, lorsqu'il fut interrog√© par l'eunuque de Candace, reine d'Ethiopie, sur le sens du proph√®te Isa√Įe ; la seconde se pr√©senta √† S. Paul pendant son s√©jour √† B√©r√©e (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : La dalle horizontale de Marie de N√®gre : vers Montolieu).

Saint Philippe, quand il est peint isol√©ment, est en g√©n√©ral un homme dans la force de l'√Ęge, d'une physionomie b√©nigne, presque sans barbe, en rapport avec la s√©r√©nit√© de son naturel tout √† fait sympathique. Il porte toujours comme attribut une croix dont la forme varie ; quelquefois elle est tr√®s-petite, et il la tient √† la main. Quelquefois c'est une haute croix en forme de T; quelquefois encore un long b√Ęton surmont√© d'une petite croix latine (La l√©gende dor√©e des artistes, Revue britannique: Choix d'articles traduits des meilleurs √©crits p√©riodiques de la Grande-Bretagne, Volume 39, 1845 - books.google.fr).

André

Saint André qui serait en fait au fond dans une pose comparable à un dessin de l'Albertina de Vienne correspondrait à Marseillette qui possède une église sous ce vocable (Claude de Vic, Jean-Joseph Vaissète, Histoire Generale de Languedoc, 1840 - books.google.fr, sammlungenonline.albertina.at).

Le Christ inspiré de la Minerve

De gauche à droite : Michel-Ange, Christ de la Minerve (1519 - 1520) ; Edme Bouchardon (1698-1762), Le Christ à la Croix de Michel-Ange, de l'église de la Minerve ; Edme Bouchardon, Jésus christ appuyé sur la Croix - fr.wikipedia.org, www.photo.rmn.fr, www.statuedefrance.fr

On retrouve Minerve "dans" Saint Sulpice (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Le temple de Minerve).

Pierre

L'√©glise de Leuc, plus √† l'ouest, est vou√©e √† saint Pierre. Il y avait un fief de Saint Rome d√©pendant de Villefloure. Encore un jeu de mots, Rome devant √™tre Romain mais aussi la ville si√®ge de l'Eglise de Pierre (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Dalle verticale de Marie de N√®gre : sur la carte de l‚ÄôAude).

Jean l'Evangéliste

La statue de saint Jean l'Evangéliste est devant la chapelle Saint Jean de l'église Saint Sulpice.

Autour de l'abbaye de Saint-Hilaire, il nous est possible de compter une douzaine d'√©glises. Ce sont les √©glises de Salles, Benausse, Nonosse et Crausse (toutes dans lacommune de Saint-Hilaire), de Saint-Andrieu (commune de Moli√®res), de Cuxac et de Saint-Jean (commune de Ladern), de Greffeil et de Verzeille. Il faut ajouter les cellae monastiques de Garelianus (commune de Gardie), de Corn√®ze (commune de Couffoulens) et de Saint-Martin (commune de Ladern). [...] Nous relevons ensuite, assez souvent, les noms de saint Andr√© et de saint Jean l'√Čvang√©liste (qu'il est parfois difficile de distinguer de saint Jean-Baptiste). On trouve √©galement quelques √©glises d√©di√©es a saint Jacques et √† saint Barth√©lemy, mais eIles constituent une exception (Elie Griffe, Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude, Tome I, 1933).

Jacques le Majeur

La statue de saint Jacques le Majeur est devant la chapelle de Saint Charles de l'√©glise Saint Sulpice o√Ļ "entre" la commune de Villetritouls avec son √©glise Saint Jacques le Majeur.

Barthélemy

La statue de Barthélemy se trouve au fond et il faut chercher à Lagrasse plus à l'est une chapelle saint Barthélemy.

Auger de Gogeux ne fut √©lu abb√© de Lagrasse que vers 1279; il signala sa gestion par la construction de plusieurs √©difices, par la r√©paration de l'√©glise & l'augmentation des revenus de l'abbaye. Il re√ßut l'hommage d'un grand nombre de vassaux, fit r√©parer le logis abbatial, y b√Ętit, en 1296, la chapelle d√©di√©e √† saint Barth√©lemy, & abdiqua apr√®s le 15 juin 1308 (Joseph Vaiss√®te, Claude de Vic, Histoire g√©n√©rale de Languedoc: avec des notes et les pi√®ces justificatives, Volume 4, 1872 - books.google.fr).

Parmi les plus significatives, figure la chapelle priv√©e que l'abb√© Auger de Gogenx, ou de Castillon, b√Ętit √† la fin du XIIIe si√®cle. Ce personnage, dont le gouvernement s'√©tendit de 1279 √† 1309, a laiss√© le souvenir d'un r√©formateur et d'un grand b√Ętisseur. Il ne se borna pas √† √©difier sa chapelle d√©di√©e √† saint Barth√©lemy : c'est l'ensemble du palais abbatial qu'il restaura. Son z√®le s'exer√ßa en outre en faveur du monast√®re lui-m√™me, dont il releva l'√©glise, ainsi que divers b√Ętiments. La chapelle Saint-Barth√©l√©my est un est un petit √©difice rectangulaire, √† deux √©tages, dont la date est parfaitement connue gr√Ęce √† une inscription grav√©e sur le tympan du portail du sanctuaire sup√©rieur, en dessous d'un √©cu portant les armes d'Auger (Ecartel√©e en sautoir, d'azur et de gueules pour Mahul ; d'azur et d'or pour le Dr Degrave) (Marcel Durliat, La chapelle de l'abb√© Auger √† Lagrasse, Hommage √† Andr√© Dupont: 1897-1972, √©tudes m√©di√©vales languedociennes, 1974 - books.google.fr).

L'inscription : Anno Domini MCCXCVI Dominus Augerius Abbas Hujus Loci Fecit Fieri Istam Capellam Ad Onore Sanctl Bartolomei Apostoli.

Les armes de l'abb√© Auger constituant une partie des armoiries de Comigne, pr√®s de Douzens, sont "√©cartel√© en sautoir d'or et de gueules qui est Auger de Gogenx". On trouve encore les armes d'un des principaux abb√©s de Lagrasse (Auger de Gogenx) sur la fa√ßade ouest d'un b√Ętiment agricole r√©cemment pr√©empt√© par la municipalit√© faisant partie de l'ensemble du ch√Ęteau f√©odal encore existant (fr.wikipedia.org - Comigne).

Triangulation

Comme le remarque Edmond Oudin (Dictionnaire des saints), Barth√©lemy (24 ao√Ľt), Jacques le Mineur (et l'ap√ītre Philippe : 1er mai) et Jean l'Evang√©liste (27 d√©cembre) forment une triangulation (presque √©quilat√©rale). Jacques le Majeur (25 juillet), Andr√© (30 novembre) et l'Annonciation (25 mars) une autre, √† comparer √† Anne (26 juillet), Emmanuel (26 mars), et la Pr√©sentation de Marie au Temple (21 novembre) √† la place du 24 novembre ici une vraie triangulation √©quilat√©rale sur une ann√©e non bissextile (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Le temple de Minerve).

Gnomon de Saint Sulpice

Dans le plan invers√© de l'√©glise Saint Sulpice de Paris projet√© sur la carte du d√©partement de l'Aude, le gnomon se retrouve au sud du c√īt√© de l'angle droit du triangle isoc√®le rectangle de la dalle verticale de Marie de N√®gre. Cet angle droit est associ√© au gnomon, √† la fois figure d'alg√®bre et instrument de mesure du temps. Le carr√© du gnomon sur le plan se trouve au nord de la commune de Buc et Belcastel dans celle de Villebazy, au sud, pr√®s d'un lieu appel√© Tantia sur la carte G√©oportail, et sur la ligne gnostique.

Les ruines d'Umm al-Jimal se dressent dans la plaine basaltique du Hauran, 15 km environ à l'est de Mafraq. aux confins du Djebel druze et de la frontière syrienne. D'abord placée dans l'orbite nabatéenne, cette bourgade proche de la Via Nova Traiana connut une prospérité importante du règne de Trajan à la fin de la dynastie des Sévères.

Longtemps identifiée à l'ancienne Tanthia romano-byzantine de la table de Peutinger, Umm al-Jimal fut dotée d'une enceinte aux IVe-Ve siècles et intégrée au limes Arabicus. Repeuplée, elle vécut comme une grosse bourgade rurale du Ve au VIIIIe siècle. Elle dépendait alors de la juridiction de Bostra, évêché métropolitain de la province d'Arabie, dont le diocèse s'étendait assez loin vers le sud. C'est à cette époque que furent érigées les quinze églises identifiées dans la ville, qui fut occupée au moins jusqu'à la fin de l'époque umayyade, avant d'être abandonnée et partiellement réoccupée par les Druzes au début du XXe siècle. Les ruines furent étudiées par H. C. Butler lors de prospections menées pour l'Université de Princeton en 1904-1905 et en 1909, qui aboutirent à la publication de trois volumes présentant des plans, coupes et photographies des édifices, des copies et transcriptions des inscriptions. Hormis une étude ponctuelle de l'église de Julianos par G. U. S. Corbett en 1956, aucune recherche ne fut effectuée jusqu'en 1972. Depuis, une équipe américaine dirigée par B. de Vries a entrepris de dresser un plan de la ville et a effectué une prospection complémentaire de 1972 à 1983. Plusieurs campagnes de fouilles (1974, 1977, 1981, 1984, 1992, 1993 et 1994) ont suivi. [...]

Les études récentes s'accordent pour localiser l'ancienne Thantia à Tugrat al-Jubb ; cf. D. L. Kennedy, Archaeological Explorations on the Roman Fronder in North-Eastern Jordan (BAR Int. Ser. 134), Oxford, 1982, p. 150-154 et Th. Bauzou, in Samra, I, p. 116, 243 (Anne Michel, Les églises d'époque byzantine et umayyade de Jordanie (provinces d'Arabie et de Palestine) Ve-VIIIe siècle, 2001 - books.google.fr).

Umm al-Jimal correspond à Thantia (Thainatha, Tanthia) selon les milles romains de la table de Peutinger. Il faut faire intervenir des milles irréguliers pour Tugrat al-Jubb, qui se trouve cependant sur la Voie Nova, alors qu'Umm al Jimal se trouve un peu à l'écart.

Th. Bauzou accepte l'hypothèse proposée par D. L. Kennedy quant à l'identification de Tanthia avec Tugrat al-Jubb, Hatita avec Khirbat al-Samra et Gadda avec al-Hadid, mais s'en sépare pour expliquer les différences entre le nombre des milles portés sur la carte de Peutinger et l'emplacement réel des sites. Au lieu d'admettre une conversion en milles standard romains par le réalisateur de la carte et l'existence de "longs milles" qui permettraient d'expliquer les 57 milles de la carte alors qu'on en compte 53 sur le terrain, il préfère souligner le caractère hétérogène des sources ayant servi à constituer la carte et la difficulté que posait leur harmonisation (Jean-Michel Carrié, Figures du pouvoir: gouverneurs et évêques, 2000 - books.google.fr).

Thainatha or Thantia could be the equivalent of Arabic Tanukhiyya, i.e. , the Tanukhid town. The identification is, of course, not certain, but it is intriguing (Irfan Shah√ģd, Byzantium and the Arabs in the Fourth Century, 1984 - books.google.fr).

Umm el Jimal aurait √©t√© un poste romain dans la guerre que l'empire menait contre Z√©nobie, reine de Palmyre, qui avait abbatu le roi Gadhima des Tanoukh, f√©d√©ration arabe indig√®ne, selon une tradition ant√©-islamique. Une inscription bilingue gr√©co-nabat√©enne de Umm al-Djimal confirme l'existence de Gadhima par l'interm√©diaire de son pr√©cepteur Fihr qui y avait sa tombe. Son neveu Amr ibn Adi a ripost√© en aidant l'empereur Aur√©lien dans la campagne contre Z√©nobie qui fut battue √† Em√®se, Antioche et Palmyre. Prisonni√®re la reine fut emmen√©e √† Rome pour figurer dans le triomphe d'Aur√©lien. Elle mourut, on ne sait de quoi, en exil √† Tivoli √† une date ignor√©e. Gadhima est dit Gadimathou basileus thanouit√īn / Gdmt mlk tnwh (Robert G. Hoyland, Epigraphy and the emergence of arab identity, From Al-Andalus to Khurasan: Documents from the Medieval Muslim World, 2007 - books.google.fr).

Umm el Jimal est la cit√© dont on a tir√© l'orientation des quatre archanges Uriel, Gabriel, Rapha√ęl et Michel (La Croix d‚ÄôHuriel et Rennes le Ch√Ęteau : Sot P√™cheur et Par ce signe tu le vaincras 2).

Le Christ en croix de Maindron et la Croix de Malviès

Le Christ en croix (1855) d'√Čtienne-Hippolyte Maindron (1801-1884) est au-dessus du banc d'Ňďuvre (1862) en face de la chaire de De Wailly.

La Croix en pierre de Malvies se trouve √† N 43¬į 6' 46.779'' E 2 ¬į 11' 21.918' et pr√©sente une inscription : "HIC SUMUS EXANIMES SPERATES SCADERE TADEM" pour hic sumus exanimes sperantes scandere tandem (certains "A" doivent peut-√™tre pr√©senter un tilde pour "AN") : "ici nous sous morts (accabl√©s, morts : sans souffle) esp√©rant cependant monter (au ciel) √† la fin" (www.geocaching.com, Simon Jude Honnorat, Dictionnaire proven√ßal-fran√ßais, E-O, Volume 2, 1847 - books.google.fr).

A la recherche vaine d'une formulation comparable compl√®te, certaine partie de l'inscription se retrouve par exemple dans MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta de Johannes Tuberinus : "scandere" pr√®s de "tandem" appara√ģt dans le chapitre consacr√© √† Euterpe et √† la Vierge Marie, ainsi que dans celui de Thalie et du Christ (AD GEORGIUM INCLYTUM SAXONIAE DUCEM. JOANNIS TUBERINI. MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta, - books.google.fr).

Johannes Beuschel was a German neo-latin poet and teacher at the Leipzig university. Probably born at Rothenburg ob der Tauber in the 1470's. From 1504 (and many years thereafter) he was a reader/professor of neo-Latin poetry. He probably died in Leipzig in 1522. Other names associated with him are: Erythropolitanus - Rotenburgensis; Johannes Tuberinus; Johannes Beusselius; Johannes Peussel or Pewschel; etc. He should not be confused with the anti-Jewish writer Johannes Matthias Tiberinus [ca. 1420-1500] who was famous in his time as the author of a best-selling account of the alleged ritual murder of a three-year-old child, Simon of Trent, by the Jews of the city. Its many editions made it one of the most effective weapons of anti-semitism, largely because of the dazzling style of the author's rhetoric. This long piece confirmed his poetical reputation - but to modern readers, it is an estimate that has not stood the test of time. In it Tuberinus discourses on the celebrations which were customary in Leipzig for the Feast of Corpus Christi.

Johannes Tuberinus (Johannes Beuschel) publie AD GEORGIUM INCLYTUM SAXONIAE DUCEM. JOANNIS TUBERINI. MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta: adiecto Argumentorum appendice in aliquot Christi oracula, et Evangelia quae sacris aedibus tempestate diversa lectitantur, édité par In Inclyta urbe Lipsica [Melchior Lotter the Elder, Leipzig], 1514.

Dedicated to George (the Bearded), Duke of Saxony (1471-1539), who became Duke of Saxony in 1500. He developed decided ability as a ruler. Among other actions, he took measures to suppress the robber-knights, and regulated the judicial system by defining and adjusting the jurisdiction of the various law courts. His court was better regulated than that of any other German prince, and he bestowed a paternal care on the University of Leipzig, where a number of reforms were introduced, and Humanism, as opposed to Scholasticism, was encouraged. The most significant era of his life unfolded after the time of this book, during Luther's Reformation. Most of his political measures, stood the test of experience, but in ecclesiastico-political matters he witnessed with sorrow the gradual decline of Catholicism and the spread of Lutheranism within his dominions, in spite of his earnest efforts and forcible prohibition of the new Protestant doctrine (www.abebooks.fr, (www.abebooks.fr).

En 1501 le Pape Alexandre VI, occupé du procès de canonisation de S. Benno, accorda les plus abondantes indulgences à tous ceux qui contribueraient avec une pieuse libéralité à la réalisation de cette canonisation (Heinrich Joseph Wetzer, Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholique, Volume 14, 1870 - books.google.fr).

Le duc Georges, toujours br√Ľlant de z√®le pour l'√Čglise, toujours aigri contre Luther, en qu√™te de tout ce qui pouvait r√©veiller l'antique foi battue en br√®che par l'h√©r√©sie victorieuse, avait eu l'id√©e peu heureuse de demander au Pape la canonisation de Benno √©v√™que de Misnie, dont le souvenir odieux √† l'Allemagne √©tait rest√© cher √† l'ultramontanisme. Cet √©v√™que qui vivait au temps de la fameuse querelle de Gr√©goire VII et de l'empereur Henri IV, seul de tous les pr√©lats de l'Allemagne, avait pris parti pour le Pape. Emser fit la l√©gende du saint, et bient√īt apr√®s une bulle d'Adrien VI, dat√©e du 31 mai 1523, l'√©leva au rang des Bienheureux. On chercha √† passionner le pays de Saxe pour le culte de cet √©trange saint. Luther, irrit√© de ce d√©fi jet√© au bon sens et aux susceptibilit√©s nationales, prit la plume et √©crivit un virulent pamphlet contre ¬ęla nouvelle idole ¬Ľ. ¬ę L'histoire, y dit-il, raconte que l'√©v√™que Benne √©tait aux c√īt√©s du pape Gr√©goire VII, quand celui-ci ravit √† notre empereur Henri IV ses biens, son pays, son honneur; mais qu'importe ce que cet homme a √©t√© dans sa vie ? Il est maintenant comme tous les autres morts, devant son juge. Le pape Adrien, qui vient de br√Ľler √† Bruxelles de v√©ritables saints, des martyrs, est vraiment digne de canoniser cet homme complice des meurtriers. Qu'est-ce d'ailleurs que ce culte qu'on rend aux saints morts ? Une superstition, une impi√©t√©. Le seul moyen de les honorer, n'est‚ÄĒil pas d'imiter leurs vertus et de mettre comme eux notre confiance en Dieu seul ? ¬Ľ Emser, Alveld, et un nomm√© Bachmann, abb√© de Altenzelle, r√©pliqu√®rent vivement; mais Luther ne leur r√©pondit pas (F√©lix Kuhn, Luther: sa vie et son oeuvre, Volume 3, 1894 - books.google.fr).

En 1524 on leva solennellement les ossements de S. Benno à Meissen et on les enferma dans un sarcophage de marbre. La solennité se passa en présence des évêques Jean, de Meissen, et Adolphe de Mersebourg, des ducs George et Henri de Saxe, de Jean et Frédéric, fils de George, de Maurice et Séverin, fils de Henri, et d'une foule de nobles (Heinrich Joseph Wetzer, Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholique, Volume 14, 1870 - books.google.fr).

On retrouve la Saxe avec le l'ICHTYS sur le livre de la tombe de l'abb√© Boudet compar√© au poisson de saint Benno √©v√™que de Meissen (Les Proph√®tes et Rennes le Ch√Ęteau : Le Zodiaque du Cercle des Proph√®tes).

Incidemment on peut relever la ressemblance de Benno avec Bennu.

Ra avait dans la faune pour repr√©sentant de ses apparitions p√©riodiques l'oiseau Bennu, le Ph√©nix h√©liopolitain, dont les √Čgyptiens rapprochaient le nom du ¬ę lever du soleil ¬Ľ, ubn, ¬ębriller¬Ľ, mot fort semblable √† l'assyrien ban√Ľ, ¬ę brillant ¬Ľ. L'oiseau aurait donc √©t√© divinis√©, que son nom f√Ľt exotique ou indig√®ne, en vertu d'un mot s√©mitique (Recueil de memoires et de textes, pub. en l'honneur du XIVe congres des orientalistes par les professeurs de l'√Čcole sup√©rieure des lettres et des m√©dersas, Universit√© d'Alger, 1905 - books.google.fr).

Le temple du soleil, √† H√©liopolis, √©tait appel√©, primitivement : ¬ę Maison benben ¬Ľ ou ¬ę Maison pyramidion ¬Ľ. Dans ce temple, il y avait un objet pyramidal, appel√© ben, surmont√© du soleil sous la forme du ph√©nix (ben ou bennu). Cet objet avait un caract√®re sacr√©, au milieu du 3e mill√©naire avant J√©sus-Christ, m√™me beaucoup plus t√īt, sans doute (Charles-Fran√ßois Jean, Le milieu biblique avant J√©sus-Christ, Volume 3, 1936 - books.google.fr).

Les trois pyramides, dont on a parl√© dans tout le globe habit√©, sont, certes, expos√©es de loin en vue √† tous les Navigateurs Elles sont situ√©es sur la c√īte de l‚ÄôAfrique, & ont pour base une montagne st√©rile & compos√©e de pierres de roche, entre la ville de Memphis & le Delta, √† moins de quatre milles du Nil, √† sept milles & demi de Memphis, & adoss√©es au bourg appell√© Busiris, dont les habitants sont accoutum√©s √† grimper jusqu‚Äô√† leur cime (quem vocant Busiris, in quo sunt assueti scandere illas) (Histoire naturelle de Pline, Volume 11, 1778 - books.google.fr).

H√©liopolis, appel√©e aussi On, est associ√© au sceau-signature du Grand Parchemin par la cit√© ce Rennes le Ch√Ęteau (Les Proph√®tes et Rennes le Ch√Ęteau : Le sceau-signature du Grand Parchemin).

B√©nou, dans la mythologie √©gyptienne, est l'oiseau repr√©sentant l'√Ęme ‚Äď le b√Ę ‚Äď de R√™ qui le pr√©c√®de dans la barque solaire. Comme R√™, l'oiseau B√©nou √©tait ador√© √† H√©liopolis o√Ļ on le trouve √©galement li√© √† Atoum, le dieu du soleil couchant. Le livre des morts dit : ¬ę Je suis l'Oiseau B√©nou, l'√āme/cŇďur de R√™, le Guide des Dieux vers le Dou√Ęt ¬Ľ. (fr.wikipedia.org - B√©nou).

Fondeurs saxons

C'est √† la reine Blanche que l'un de ces r√©cits attribue la fondation du Ch√Ęteau de Blanchefort. Louis F√©di√©, qui n'accorde aucun cr√©dit √† cette hypoth√®se, ajoute que, selon une autre l√©gende tout aussi fantaisiste, ¬ę les souterrains de ce ch√Ęteau renfermaient une partie du tr√©sor des Wisigoths ¬Ľ. Pour expliquer l'origine de cette fable F√©di√© se ressouvient de Catel, le viel historien du Languedoc, qui √©crivait : ¬ę Pr√®s des Baings de R√®gnes, il y a eu des mines d'or et d'argent, et on voit encore aujourd'hui de grandes cavernes et carri√®res d'o√Ļ les anciens en ont tir√©. Si nous n'en trouvons pas en si grande quantit√©, c'est que la d√©pense est trop grande et que nous n'avons pas l'industrie de savoir le tirer. C'est pourquoi nos anc√™tres avaient coutume d'aller chercher de grandes troupes comme des colonies d'Allemands pour tirer ces pr√©cieux m√©taux. ¬Ľ Et F√©di√© pr√©cise : ¬ę Le puits principal qui donnait acc√®s dans les mines √©tait creus√© au pied des murailles de Blanchefort. On peut, encore de nos jours, voir ce puits qui descend jusqu'√† une certaine profondeur. Les populations du Moyen Age croyaient que les m√©taux pr√©cieux extraits de cette mine provenaient non d'un gisement incrust√© dans le sol, mais d'un d√©p√īt d'or et d'argent en lingots, enfoui dans les caves de la forteresse par ses premiers ma√ģtres, les rois Wisigoths. ¬Ľ (Andr√© Rimailho, Philippe Moulu, Lieux et histoires secr√®tes du Languedoc, 1980 - books.google.fr Louis F√©di√©, Le Comt√© de Raz√©s et le dioc√®se d'Alet: notices historiques, 1880 - books.google.fr).

La porte de Saint-Z√©non √† V√©rone (XII√®me si√®cle), la plus ancienne d'Italie, est form√©e de quarante-huit plaques assembl√©es dans une sorte d'encadrement perfor√©. D'indiscutables analogies avec la porte d'Hildesheim (Saxe) ont fait penser que l'Ňďuvre √©tait due √† des fondeurs saxons, d'autant plus que les artisans saxons qui faisaient alors √©cole, √©taient recherch√©s dans diff√©rentes villes europ√©ennes. On a dit que les plaques de Saint-Z√©non √©taient moins raffin√©es que celles d'Hildesheim. Cela est vrai. Du point de vue technique √©galement, la solution choisie a √©t√© plus empirique : √† Hildesheim, le battant tout entier est le fruit d'une seule et unique fonte, alors qu'ici on a fondu plaque apr√®s plaque, puis on les a clou√©es sur un support de bois (Encyclop√©die de l'art, peinture, sculpture, architecture ...: Haut Moyen Age et Moyen Age, Volume 2 , 1973 - books.google.fr).

Les Allemands, au moins dans la cuve baptismale d'Hildesheim (Saxe), ont assimil√© les Vertus aux fleuves du paradis terrestre, et, fid√®les √† la place que la Gen√®se assigne √† ces fleuves dans sa nomenclature, ils ordonnent ainsi les Vertus : Prudence, Temp√©rance, Force, Justice, pour r√©pondre au Phison, au G√©hon, au Tigre et √† l'Euphrate, ainsi qu'Isa√Įe, J√©r√©mie, Daniel et Ez√©chiel et √† Mathieu, Luc, Marc, Jean. Ce qui n'est pas l'ordre retenu pour la Croix des Proph√®tes (Les Proph√®tes et la Croix d‚ÄôHuriel : Proph√®tes, Vertus, Fleuves du Paradis et Evang√©listes).

Le labyrinthe et les flagellants

Malvi√®s, Aude; de Malvers. 1071, de Malverio, 1108, de Malverzo, 1119, de Malveriis, 1215, Malvyers. 1552 (DT); = prob. occ. adj. mal ¬ęmauvais¬Ľ + env√®rs, ev√®rs, ¬ęversant expos√© au nord¬Ľ (DOF), au pl.; attr. dela finale -i√©r; (Dominique Baudreu, Villa, vicaria, castrum. Aux origines d'un village du Bas-Raz√®s : Malvi√®s (Aude) au XIe si√®cle. In: Annales du Midi : revue arch√©ologique, historique et philologique de la France m√©ridionale, Tome 99, N¬į180, 1987 - www.persee.fr, Ernest N√®gre, Toponymie g√©n√©rale de la France, Volume 2, 1996 - books.google.fr).

"viès" peut avoir aussi le sens de "voies" avec "biais" comme dans l'Hérault (Histoire de Roujan : Fos, Fouzilhon, Gabian, Magalas, Margon, Montesquieu, Neffiès, Pouzolles, Roquessels, Vailhan, 1894 - books.google.fr, Mémoires de la Société d'Emulation du Doubs, 1900 - archive.org).

En amenant ainsi le labyrinthe dans le lieu de la rationalit√© et de la scientificit√©, Diderot portait un coup √† une tradition qui l'en avait exclu. Depuis Platon, le labyrinthe se trouve oppos√© √† la pyramide, cette architecture du haut, apoth√©ose de l'ordre et de la g√©om√©trie. Par l'it√©ration des erreurs, le labyrinthe est aussi l'image claire du mauvais chemin que peut prendre la dialectique ma√Įeutique. Chez Hegel aussi, dans l'Esth√©tique, Hubert Damisch note l'absence du labyrinthe et la pr√©f√©rence nette pour la pyramide. Diderot renverse cette hi√©rarchie. C'est la multiplicit√© labyrinthique, ce nomadisme en r√©seaux, une texture de rapports complexes qu'il oppose √† la sym√©trie simple de l'architecture (Pierre Saint-Amand, Diderot: le labyrinthe de la relation, 1984 - books.google.fr).

Plutarque, dans sa Vie de Th√©s√©e, raconte que Th√©s√©e, √† son retour de Cr√®te, aborda √† D√®los et, apr√®s avoir sacrifi√© au dieu [Apollon] et consacr√© la statue d'Aphrodite qu'Ariane lui avait donn√©e, il ex√©cuta avec les jeunes gens un chŇďur de danse qu'on dit √™tre encore en usage chez les D√©liens, et dont le figures imitaient les tours et les d√©tours du Labyrinthe, sur le rythme scand√© de mouvements alternatifs et circulaires. Les D√©liens donnent √† ce genre de danse le nom de ¬ę grue ¬Ľ [g√©ranos], √† ce que raconte Dikaiarkhos. Th√©s√©e la dansa autour du K√©rat√īn, autel form√© de cornes, qui sont toutes des cornes gauches. On dit qu'il institua aussi √† D√®los des jeux et que les vainqueurs du premier concours re√ßurent de lui une branche de palmier (pickland.chez-alice.fr).

C'est autour du K√©rat√īn que les p√®lerins couraient sous la flagellation rituelle On trouve encore le c√©l√®bre autel d√©sign√© en cette occasion par son nom d' ¬ę autel d√©lien ¬Ľ, dans la glose bien connue d'H√©sychius. La suite de la glose, qu'on cite moins, marque une confusion bien curieuse, preuve nouvelle, s'il en fallait une encore, que cet ¬ę autel de D√®los ¬Ľ est bien le K√©rat√īn. Quel rapport de ce rite do la flagellation, quelque explication qu'il en faille donner, √† l'histoire de Th√©s√©e et de sa fuite du Labyrinthe ? On n'en voit aucun. Si le glossateur fait Si le glossateur fait ainsi remonter √† la visite du h√©ros ath√©nien √† D√®los, par une √©vidente m√©prise, deux pratiques aussi diff√©rentes que la "geranos" et la "diamastig√īsis", c'est qu'elles avaient un point de contact, qui ne peut gu√®re √™tre que le fait que danse et flagellation √©taient des rites du K√©rat√īn, et que chŇďurs et p√®lerins d√©veloppaient autour de lui les figures de leur danse et leur course rituelle (Revue des etudes grecques, Volume 36, 1971 - books.google.fr).

L'expiation volontaire à laquelle se soumettaient les visiteurs me parait plus en rapport avec la superstition ancienne. L'Europe elle-même n'at-elle pas donné à son tour le spectacle des flagellants ? (Hymnes de Callimaque, traduit par Alfred de Wailly, 1842 - books.google.fr).

Il y avait ds labyrinthes dans les église (comme à Amiens).

Cette transformation du ¬ę m√™me ¬Ľ en ¬ę autre ¬Ľ, r√©alis√©e par l'exp√©rience labyrinthique, correspond √† la probl√©matique de l'initiation. Les trois temps de l'exp√©rience labyrinthique - oubli, errance, passage - correspondent au sch√©ma des rites de passages donn√© par Van Gennep : l'oubli correspond √† l'√©tat premier ; l'errance √† la p√©riode de s√©paration - la phase dite ¬ę liminale ¬Ľ ; le passage - sortie du labyrinthe - √† la r√©int√©gration. Le ¬ę m√™me ¬Ľ et l'¬ę autre ¬Ľ co√Įncident, ils sont r√©concili√©s dans le nouvel √©tat : celui de la r√©int√©gration (Philippe Borgeaud, Exercices de mythologie, 2004 - books.google.fr, Les Proph√®tes et Rennes le Ch√Ęteau : Les Chartreux de la Loubati√®re et la r√©int√©gration, Autour de Rennes Sion, Soleil et Blaise).

Le psaume 85

Erasme, dans son commentaire In Psalm. LXXXV (Ps 85), V, 537 A, avertit :

¬ę Ne disputez pas √† la mani√®re des sophistes ; ne pr√©tendez pas d√©montrer, √† force de paroles et de raisonnements humains, ce qu'il faut saisir par la foi... N'attendez, pour votre bonheur, nul secours de la philosophie... Les voies des philosophes sont vari√©es... mais un seul chemin conduit au salut ¬Ľ [...]

Les th√©ologiens se sont faits les √©l√®ves des philosophes. ¬ę Ils abondent en mots nouvellement forg√©s, en termes baroques. Ils expliquent les myst√®res sacr√©s √† leur fantaisie ; ils savent comment le monde fut cr√©√© et dispos√© ; par quels canaux la contagion du p√©ch√© originel s'est r√©pandue √† travers la post√©rit√© d'Adam... Ajoutez √† cela leurs maximes si √©tranges que les paradoxes des sto√Įciens ne semblent plus, en comparaison, que lieux communs et banalit√©s. C'est, √† leur sens, un p√©ch√© moins grave de massacrer un millier d'hommes que de coudre, le dimanche, le soulier d'un pauvre... Sophismes subtils que multiplie √† plaisir l'infinie diversit√© des m√©thodes et des √©coles. Vous sortiriez plus ais√©ment d'un labyrinthe, que des replis o√Ļ vous enveloppent r√©alistes, thomistes, albertistes, ockhamistes et scotistes ; et je n'ai nomm√© que les principales sectes ; on en compte bien d'autres encore. Tous ces ma√ģtres en savent tant et leur savoir est si abstrus, que les Ap√ītres auraient besoin d'une seconde descente du Saint-Esprit, s'il leur fallait se mesurer avec les modernes th√©ologiens ¬Ľ (M√īria egk√īmion - Eloge de la folie) (Augustin Renaudet, √Čtudes √©rasmiennes (1521-1529), 1939 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Eloge de la Folie).

Le P√®re Martial Auribelhi, g√©n√©ral des Fr√®res-Pr√™cheurs, en composant l'office de saint Vincent Ferrier, se servit de l'anagramme pour signer son Ňďuvre ainsi: Martialis Auribelhi fecit. Les premi√®res lettres des strophes de l'hymne des v√™pres forment le mot Martialis. Les premi√®res lettres des strophes de matines forment le mot Auribelhi. Les premi√®res lettres des strophes de laudes forment le mot fecit :

In Christum semper retulit / Quidquid fecit dum viveret, / Se a terrenis abstulit / Ut cŇďlum tandem scanderet. (Matines) (Antoine Bayle, Vie de S. Vincent Ferrier, de l'Ordre des Fr√®res-Pr√™cheurs (1350-1419), 1855 - books.google.fr).

Cette strophe des Matines est mise en rapport comme antiphonie avec le psaume 85 dans le Divoti ossequi d'orazioni da recitarsi ad onore del glorioso S. Vincenzo Ferrerio dell'Ordine de' Predicatori, - books.google.fr.

De P√©rouse le mouvement des Flagellants qui avait d√©but√© en 1259, gagna toute l'Italie et s'√©tendit de l√† en Allemagne, en Boh√™me et jusqu'en Pologne. Les Flagellants marchaient non-seulement le jour, mais la nuit √† la clart√© des torches et des cierges , et, dit le m√™me chroniqueur, ¬ę on en voyait des milliers pr√©c√©d√©s par des pr√™tres, avec des croix et des banni√®res, courir les cit√©s et les campagnes, nus des √©paules jusqu'√† la ceinture, malgr√© la rigueur de l'hiver, la t√™te et le visage couverts pour n'√™tre pas reconnus. Ils se flagellaient deux fois le jour pendant trente-trois jours en m√©moire du nombre des ann√©es que, suivant la tradition, le Christ avait pass√©es sur la terre. ¬Ľ

Quatre-vingt-dix ans plus tard, les m√™mes faits se renouvel√®rent apr√®s une peste terrible qui avait ravag√© une partie de l'Europe. Au mois de juin 1349, dit un chroniqueur, il vint de la Souabe √† Spire deux cents hommes sous la conduite d'un chef et de deux autres sup√©rieurs. Ils pass√®rent le Rhin d√®s le matin au milieu d'une foule immense, firent devant l'√©glise de Spire un grand cercle, au milieu duquel ils se d√©shabill√®rent, ne gardant qu'un v√™tement qui les couvrait depuis la ceinture jusqu'aux talons. Ils march√®rent ensuite en procession autour du cercle, se prostern√®rent l'un apr√®s l'autre, les bras √©tendus en croix. Ceux qui √©taient au dernier rang pass√®rent sur le corps des premiers en leur donnant un petit coup; puis ceux-ci se lev√®rent √† leur tour en se flagellant eux-m√™mes de leurs fouets, dont les nŇďuds √©taient arm√©s de quatre pointes de fer. Apr√®s cette c√©r√©monie, un d'entre eux lut au peuple assembl√© une lettre qu'un ange, disait-il, avait apport√©e √† J√©rusalem. Elle annon√ßait que pour calmer la col√®re de Dieu, irrit√© contre les p√©ch√©s du monde, il fallait que chacun se bann√ģt de chez lui et se flagell√Ęt pendant trente-quatre jours. A Spire, les flagellants recrut√®rent environ cent personnes pour la confr√©rie, et plus de dix mille √† Strasbourg. D'Allemagne, les flagellants se r√©pandirent en France. Le roi de France, Philippe VI, manda par ses lettres que l'on les pr√ģt par tout son royaume, o√Ļ l'on les trouverait faisant leurs c√©r√©monies (Le Magasin pittoresque, Volume 17, 1849 - books.google.fr).

Une lettre nous montre quelle estime professait Gerson pour saint Vincent, avec quelle ardeur il d√©sirait l'attirer au concile de Constance, et quelle √©tait sa pieuse inqui√©tude √† l'occasion de ces p√©nitents publics qui suivaient partout le serviteur de Dieu. Le chancelier de Paris, dont la sinc√®re pi√©t√© √©galait les lumi√®res, craignait que l'autorit√© d'un si grand homme ne serv√ģt peut-√™tre, contre son intention, √† renouveler la secte des flagellants qui venait de para√ģtre en Allemagne, et qui avait √©t√© aussit√īt proscrite par le z√®le vigilant des pasteurs. Mais entre ces h√©r√©tiques, appel√©s les fr√®res de la croix, et les p√©nitents form√©s par les soins de saint Vincent, il ne pouvait y avoir rien de commun, ni dans la croyance, ni dans la pratique. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer ce que l'histoire nous apprend des uns et des autres. Voici comment Fleury parle des flagellants. ¬ę Cette ann√©e (1414), dans la ville de Saugerhausen, au marquisat de Misnie, on d√©couvrit plusieurs h√©r√©tiques qui se disaient les fr√®res de la croix, et pr√©tendaient tenir leur doctrine d'un √©crit apport√© par les anges sur l'autel de Saint-Pierre √† Rome, vers l'an 343, ce qui revient √† peu de temps apr√®s saint Silvestre. C'est depuis ce temps, disaient-ils, que nous allons par le monde en nous flagellant, car ce fut alors que Dieu cong√©dia le pape et les autres pr√©lats, et leur √īta toute autorit√© de lier et de d√©lier et tout pouvoir de rien consacrer, car comme J√©sus-Christ en chassant les marchands du temple rejeta le sacerdoce juda√Įque √† cause de la malice des pr√™tres, ainsi √† la venue des fr√®res de la croix Dieu a rejet√© le sacerdoce √©vang√©lique √† cause de la malice des eccl√©siastiques ¬Ľ. Ils rejetaient eux-m√™mes le bapt√™me d'eau en y substituant celui de leur propre sang. Ils disaient que le sacrement de l'autel ne contenait pas le vrai corps de J√©sus-Christ, et, persuad√©s que pour la r√©mission des p√©ch√©s la flagellation suffisait, ils condammaient la confession faite aux pr√™tres et m√©prisaient l'absolution. Ils ne reconnaissaient ni l'existence du purgatoire ni aucune vertu dans les pri√®res que l'on fait pour les morts. Pour √™tre √† peu pr√®s ce que furent les protestants un si√®cle plus tard, il ne leur manquait qu'un Luther et qu'un Henri VIII.

Le souvenir de la prédication de saint Vincent dans le concile de Constance, devant le Pape dont la nomination venait de terminer le schisme, fut perpétué par un tableau que le cardinal Vincent Justinien donna aux Frères-Prêcheurs du couvent de Sainte-Marie de la Minerve, à Rome, pour être placé dans la chapelle de son glorieux patron. Malgré ce témoignage, quelques historiens ne veulent pas admettre que saint Vincent ait assisté aux dernières sessions du concile de Constance. Les derniers biographes du saint croient qu'il s'est rendu au concile après avoir reçu la lettre du chancelier de Paris ; ils ont pour eux l'autorité de Trithème, qui écrivait vers la fin du quinzième siècle, et celle de plusieurs graves auteurs, tels que Labbe, Vallemont, Moreri, Bzovius. Fontana, dans ses Monuments dominicains, assure qu'il fut reçu avec beaucoup d'honneur par les Pères du concile. A la vérité, les actes du concile de Constance me mentionnent pas la présence de saint Vincent; mais ce n'est pas un motif suffisant pour nier cette présence, car ces mêmes actes ne mentionnent pas d'avantage l'ambassade du cardinal de Saint-Ange, envoyé par le concile à saint Vincent; cependant cette ambassade est un fait indubitable et admis par tous les historiens (Antoine Bayle, Vie de S. Vincent Ferrier, de l'Ordre des Frères-Prêcheurs (1350-1419), 1835 - books.google.fr).

Fu canonizzato da Callisto III, il 3 giugno 1455 nella chiesa domenicana di Santa Maria sopra Minerva a Roma. Il suo culto fu confermato da papa Pio II con una bolla del 1458 (it.wikipedia.org - Vincenzo Ferreri).

Au si√®cle suivant, en 1414, une nouvelle secte de flagellants apparut √† Sangerhausen dans le marquisat de Misnie. Ceux qui en faisaient partie se nommaient Fr√®res de la croix , et les doctrines h√©t√©rodoxes qu'ils professaient, ils disaient les tenir d'une lettre apport√©e par les anges sur l'autel de Saint-Pierre. Cette h√©r√©sie fut de courte dur√©e, et les principaux sectaires condamn√©s au supplice p√©rirent sur le b√Ľcher. On se rappelle qu'en 1583, Henri III √©tablit √† Paris des confr√©ries de flagellants, aux processions desquelles il assistait avec toute sa noblesse (Le Magasin pittoresque, Volume 17, 1849 - books.google.fr).

Moine dominicain, Vincent Ferrier parcourait l'Espagne et la France au d√©but du XV√®me si√®cle, accompagn√© d'un groupe de flagellants. Vincent Ferrier √©tait persuad√© que l'ant√©christ √©tait d√©j√† n√©, et que la conversion des Juifs au catholicisme devait pr√©c√©der l'imminente Apocalypse, et le Jugement Dernier. Il s'occupait particuli√®rement de h√Ęter cette conversion. Vincent Ferrier √©tait hostile √† toute violence physique contre les Juifs et aux conversions forc√©es. Mais "entrant dans des synagogues, il voudrait voir les assistants rejeter la Thora et accepter la croix. Soutenu par les autorit√©s civiles, il oblige les communaut√©s juives √† venir √©couter ses sermons, "√† peine de mille florins". Redoutant que les nouveaux convertis ne soient d√©tourn√©s √† nouveau de la vraie foi par leurs anciens corr√©ligionnaires, il est √† l'origine, en 1412, des premiers ghettos espagnols et de toute une l√©gislation antijuive". (Jean Delumeau, La Peur en Occident XIV√®me-XVIII√®me si√®cles, p. 282). Apr√®s son passage la terreur r√©gnait dans les communaut√©s juives (Jean-Yves Camus, Ren√© Monzat, Les droites nationales et radicales en France: r√©pertoire critique, 1992 - books.google.fr).

Rome ne d√©sesp√®re pas de r√©cup√©rer une partie du mouvement : Vincent Ferrier, un pr√™tre de l'Ordre Dominicain avait encadr√© s√©v√®rement les flagellants et les avait ramen√©s dans l'orthodoxie. En 1417 il dut toutefois renoncer √† son projet car les flagellants redevinrent hors de contr√īle. L'Inquisition se chargea alors de la r√©pression et organisa des b√Ľchers principalement en Allemagne jusqu'en 1480 (Christelle Colpaert Soufflet, Ma divine com√©die, 2014 - books.google.fr).

C'est pendant le concile de Constance, que le grand missionnaire St-Vincent Ferrier vint √©vang√©liser la France. Apr√®s avoir inutilement travaill√©, au congr√®s de Perpignan en 1415, √† obtenir la d√©mission de Beno√ģt XIII, il conseilla au roi d'Aragon de se soustraire √† son ob√©dience : ce qui fut ex√©cut√©. Libre de ce c√īt√©, Vincent parcourut en 1416 les provinces du Midi, et pr√™cha notamment √† Carcassonne, √† Montpellier, √† Toulouse, √† Alby, √† Villefranche, etc. Puis visitant l'est, il √©vang√©lisa Dijon, Clairvaux, Langres, Nancy, etc (Joseph-Marie Le Men√©, Histoire du dioc√®se de Vannes, Volumes 1 √† 2, 1888 - books.google.fr).

La m√™me ann√©e que Charles IV. meurt, le grand schisme d'Occident se produit (1378-1417): il y a deux papes, tous les deux avec leurs ob√©issances et alliances politiques, qui se combattent. Le fils a√ģn√© de Charles IV, Venceslas (1378-1400), surnomm√© l'ivrogne, est incapable et tyrannique et les prince-√©lecteurs le d√©tr√īnent. A sa place, ils √©lisent Rupert compte palatin (1400-1410), roi efforc√© mais sans argent et sans chance, qui meurt peu apr√®s. Son successeur est Sigismond de Luxembourg (1410-1435), qui avait d√©j√† lutt√© contre les Turcs. Sigismond r√©ussit √† convoquer le concile de Constance pour r√©soudre le schisme occidental. Mais le concile ne r√©ussit pas √† r√©former l'Eglise, et en outre il condamne le pr√™tre Jean Hus de Prague et le br√Ľle sur le b√Ľcher. Ensuite, il y a une r√©bellion en Boh√™me et pour √† peu pr√®s ventes ans, les guerres hussites d√©vastent le pays (www.dragon-du-rhin.de, Voyage dans le temps : Jeanne d‚ÄôArc : Jeanne, Charles et Sigismond, 22 v‚Äôla l‚ÄôTarot : Kabbalisation du Tarot : IV - Empereur . XV - Diable).

S. Vincent Ferrier √©toit plein de zele pour Beno√ģt XIII & il ne cessa de le reconno√ģtre, que quand il eut √©t√© d√©pos√© au Concile de Constance. C'√©toit donc, comme le disoit Gerson dans son Trait√© du schisme, un labyrinthe, dont il √©toit impossible de se tir√© (Pierre Collet, Histoire abr√©g√©e de la bienheureuse Colette Boillet: r√©formatrice de l'Ordre de Ste Claire avec l'abr√©g√© de l'histoire de la vertueuse Philippe duchesse de Gueldres, 1771 - books.google.fr).

Saint Vincent Ferrier, dans une lettre √† Beno√ģt XIII, nous apprend que certaines gens comptaient pour notre √®re autant d'ann√©es qu'il y a de versets dans le Psautier, c'est-√†-dire deux mille cinq cent trente-sept. D'apr√®s ce calcul, nous serions encore loin de la fin (P. F. Prat, La fin du monde, Etudes religieuses, historiques et litt√©raires, J√©suites, 1901 - books.google.fr).

Dans le Psaume 85 (86), 11, David demande √† Yahv√© de lui enseigner ses voies et il ajoute, selon le texte h√©breu, en employant la forme factitive du verbe sur la racine qui signifie ¬ę un ¬Ľ ; ¬ę fais mon cŇďur un ¬Ľ, ¬ę unifie mon coeur ¬Ľ. Il semble ici que les ex√©g√®tes modernes n'h√©sitent pas : il ne s'agit pas que Yahv√© ¬ę isole ¬Ľ le cŇďur du psalmiste, mais qu'il lui donne cette unit√©, cette simplicit√©, cette droiture, qui lui permettra d'accomplir parfaitement ses devoirs √† l'√©gard de Dieu, que le tour h√©breu d√©signe par ¬ę la crainte du nom de Dieu ¬Ľ. Les Septante, cette fois-ci, ont compris une autre notion : ayant mal vocalis√© les lettres h√©bra√Įques, ils ont traduit la racine ¬ę se r√©jouir ¬Ľ au lieu de la racine ¬ę un ¬Ľ. Ils disent : ¬ę que mon cŇďur se r√©jouisse... ¬Ľ (Revue des √©tudes grecques, Volume 73, 1960 - books.google.fr, hlub.dyndns.org).

Les H√©breux du temps de Mo√Įse croyaient √† un s√©jour o√Ļ les √Ęmes se r√©unissaient apr√®s la mort. Ce s√©jour √©tait dans l'int√©rieur de la terre (cf. Ps 86 (85 Vulgate), v. 13 : "Car ta bont√© est grande envers moi, tu as tir√© mon √Ęme du fond du sch√©ol") sombre et triste, √† peu pr√®s comme le Had√®s des Grecs et l'Orcus des Romains; les H√©breux l'appelaient Sche√īl, et il en est clairement parl√© dans le Pentateuque. Jacob, en recevant la nouvelle de la mort de Joseph, dit : ¬ę Je descendrai en deuil aupr√®s d√©mon fils dans le Scheol (Gen√®se, ch. 37, v. 33 ). Ce Sche√īl serait-ce la tombe ? Mais Jacob croyait son fils d√©chir√© et d√©vor√© par une b√™te f√©roce, et il ne pouvait esp√©rer que ses ossemens reposeraient aupr√®s de ceux de Joseph (Salomon Munk, R√©flexions sur le culte des anciens H√©breux, dans ses rapports acvec les autres cultes de l'Antiquit√©, 1833 - books.google.fr).

Les pages appariées 85 et 240 (85+155) semblent parler de Vincent Ferrier, de chemin et de labyrinthe.

‚Äď maze (m√©ze) labyrinthe, ou bien encore to maze (m√©ze) √©garer, embarrasser, ‚Äď row (r√ī) rang√©e file, ‚Äď whim (houim), caprice, fantaisie. (VLC, p. 85)

Une ligne horizontale traverse sa pente du nord : c'est un chemin conduisant en ligne directe √† Sougraignes et √† la fontaine sal√©e, o√Ļ la rivi√®re de Sals commence son cours. [...] La bergerie plac√©e tout pr√®s de la maison d'habitation, est b√Ętie sur les fondements fort anciens d'une forge dont les marteaux √©taient certainement actionn√©s par un moteur hydraulique, comme dans les forges dites catalanes. [...] Cette m√©tairie est connue sous le nom de la Ferri√®re. Dans cette appellation habilement combin√©e, les Celtes ont compris, soit le gu√©, soit la forge du mar√©chal-ferrant qui habitait ces parages, car ferry signifie un lieu o√Ļ l'on traverse une rivi√®re, et farrier (farrieur). (VLC, p. 240)

Vincent ferrier est né à Valence en Espagne et mort à Vannes en Bretagne, ville mentionnée dans La Vraie Langue Celtique aux pages 154 et 156.

Bien que les différences entre le valencien et le catalan de Catalunya soient minimes, la disparition du catalan comme langue de culture sous la pression de l'espagnol a fait que la conscience d'une unité culturelle s'était perdue (Eugeen Roegiest, Vers les sources des langues romanes: un itinéraire linguistique à travers la Romania, 2009 - books.google.fr).

Fra Bonifaci Ferrer, chartreux (1396-1417) et frère de Saint Vincent Ferrier est l'auteur d'une version de la Bible en catalan ou plus exactement en valencien (M. Delcor, Environnement et tradition de l'Ancien Testament, 1962 - books.google.fr).

Par suite de son nom de Ferrier qui signifie en catalan forgeron, maréchal-ferrant, on lui a attribué, comme à saint Eloi, le miracle du pied de cheval coupé et ensuite recollé (Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien: Iconographie des Saints, 1959 - books.google.fr).

Les Juifs n‚Äôayant point exactement de nom propre pour exprimer l‚Äôenfer dans le sens o√Ļ nous venons de le d√©finir (car le mot h√©breu scheol se prend indiff√©remment pour le lieu de la s√©pulture, & pour le lieu de supplice r√©serv√© aux r√©prouv√©s), ils lui ont donn√© le nom de Gehenna ou Gehinnon, vall√©e pr√®s de J√©rusalem, dans laquelle √©toit un tophet ou place o√Ļ l‚Äôon entretenoit un feu perp√©tuel allum√© par le fanatisme pour immoler des enfans √† Moloch. De-l√† vient que dans le nouveau Testament l‚Äôenfer est souvent d√©sign√© par ces mots Gehenna ignis. [...] D‚Äôautres se sont imagin√© que l‚Äôenfer √©toit sous le T√©nare, promontoire de Laconie, parce que c‚Äô√©toit un lieu obscur & terrible, environn√© d‚Äô√©paisses for√™ts, d‚Äôo√Ļ il √©toit plus difficile de sortir que d‚Äôun labyrinthe. C‚Äôest par-l√† qu‚ÄôOvide fait descendre Orph√©e aux enfers. D‚Äôautres ont cr√Ľ que la riviere ou le marais du Styx en Arcadie √©toit l‚Äôentr√©e des enfers, parce que ses exhalaisons √©toient mortelles. [...] L‚Äôid√©e de la prison du Tartare, dont une partie, selon Virgile, √©toit aussi avant dans la terre que le ciel en est √©loign√©, ne paro√ģt-elle pas prise du fameux labyrinthe d‚ÄôEgypte, qui √©toit compos√© de deux b√Ętimens, dont l‚Äôun √©toit sous terre ? (L‚ÄôEncyclop√©die, 1re √©d., Tome 5, 1751 - fr.wikisource.org).

A German woodcut, now lost, provides a second example of the chopped-up baby's addition to the now-standard portrait of Vincent Ferrer. This woodcut, formerly in the Leipzig University library, survives only in a twentieth-century black-and-white reproduction.179 (See figure 13.) Even without the original colors, it is an impressive piece. Headed in Latin Saint Vincent, Doctor, of the Order of Preachers, the woodcut features the preacher standing in the center of the page, pointing with his right hand to Christ in a mandorla above and holding a closed book in his left hand. A second Dominican stands behindVincent, his handsjoined in prayer (or wonder?). At Vincent's feet lie three corpses. Two are shrouded, but the third, directly in front of the preacher, is a naked child. A seam bisects his body vertically from head to toe, and the right side of the child's body is clearly darker than his left and bears the signs ofhaving been sliced into many parts. He is unquestionably the chopped-up baby and, as in the Colmar miniature and in a fifteenth-century German panel painting, still displays the tint of the saffron in which he was cooked‚ÄĒa detail absent from Ranzano's telling of the story (Laura Ackerman Smoller, The Saint and the Chopped-Up Baby: The Cult of Vincent Ferrer in Medieval and Early Modern Europe, 2014 - books.google.fr).

La premi√®re traduction allemande de la Vie de Saint-Vincent Ferrier de Ranzano, est attribuable, selon Curt Wittlin, au dominicain zurichois Jean Meyer, dans un manuscrit in√©dit de Colmar (1457-1462), o√Ļ l'on trouve le miracle de l'enfant d√©coup√© (Magie et illusion au Moyen √āge, 2014 - books.google.fr).

N√© √† Zurich en 1422, Jean Meyer entre au couvent dominicain de cette ville √† l'√Ęge de dix ans. En 1442, il se fait affilier au couvent r√©form√© de B√Ęle. De m√©diocre sant√©, il sera presque toute sa vie chapelain de moniales de son ordre : √† Berne au monast√®re de l'Ile-Saint-Michel en 1454 ; √† Sch√∂nensteinbach, pr√®s de Guebwiller, de 1457 √† 1465 ; √† Silo, pr√®s de S√©lestat, 1467 ; √† Libenau, pr√®s de Worms, 1473 ; √† Adelhausen, pr√®s de Fribourg, 1482-1485, o√Ļ il mourut le 20 juillet 1485 (Andr√© Duval, Jean Meyer, fr√®re pr√™cheur, 1422-1485 - beauchesne.immanens.com).

Saint Vincent Ferrier est connu pour des miracles les plus √©tonnants. En Bretagne, le p√®re d'un certain enfant avait h√©berg√© Vincent alors qu'il √©tait en voyage missionnaire. Sa femme, une femme vertueuse, √©tait parfois proche de la folie. √Ä son retour d‚Äôun sermon de Vincent, le p√®re d√©couvrit une terrible trag√©die. Sa femme √©tait devenue folle, avait coup√© la gorge de leur fils, hach√© le corps du gar√ßon et r√īti une partie de celui-ci, qu'elle a ensuite tent√© de servir √† son mari. Quand il a r√©alis√© ce qui s'√©tait pass√©, l'homme s'est enfui avec horreur et d√©go√Ľt, et s‚Äôest tourn√© vers Saint-Vincent Ferrer. Vincent lui dit que cette trag√©die serait pour la gloire de Dieu. Saint-Vincent est retourn√© dans la maison puis il priait pendant qu'il rassemblait les morceaux sanglants. Il a dit √† son p√®re : ¬ęSi vous avez la foi, Dieu, qui a cr√©√© cette petite √Ęme √† partir de rien, peut le ramener √† la vie." Vincent se mit √† genoux et pria. Il fit le signe de croix sur le corps rassembl√©. Les morceaux se sont unis ensemble, le corps est venu √† la vie, et Vincent a rendu au p√®re un enfant vivant. Il refit donc le grand miracle de Saint Nicolas (www.touteslespropheties.net, lesparanormaux.free.fr).

Si saint Vincent Ferrier ressuscita un mort hach√© en pi√®ces, et dont le corps √©tait d√©ja moiti√© cuit et moiti√© r√īti, P√©lops, fils de Tantale, roi de Phrygie, ayant √©t√© mis en pi√®ces par son p√®re, pour le faire manger aux dieux, ils en ramass√®rent tous les membres, les r√©unirent et lui rendirent la vie (Extrait de sentiments de Jean Meslier (1762), Oeuvres compl√®tes de Voltaire avec des remarques et des notes historiques, scientifiques et litt√©raires, Volume 43, 1825 - books.google.fr).

Si Diderot ne fait jamais allusion √† Meslier de son vivant, il s'impr√®gne de sa c√©l√®bre diatribe. Voltaire fait l'op√©ration inverse. Il cite sans cesse Meslier mais reste quasiment imperm√©able au style du cur√© et surtout √† la radicalit√© de son Ňďuvre (Pascale Pellerin, Diderot, Voltaire et le cur√© Meslier, Diderot studies, Volume 29, 2003 - books.google.fr).

Lucas de Leyde, Saint Vincet Ferrier et le miracle de l'enfant découpé

"omos", avec un omicron en grec, est l'√©paule tandis que "√īmos", avec un om√©ga, veut dire "cru".

La restitution de l'épaule d'ivoire qui a, par ailleurs, suscité le culte des reliques de Pélops s'apparente davantage au travail noble du sculpteur, agençant les pièces d'une statue acrolythe ou chryséléphantine. Il est possible que cette distinction entre les matériaux (glaise pour Arcas; ivoire pour Pélops) et les techniques (modelage/sculpture) entende mettre aussi l'accent sur la plus grande ancienneté du récit arcadien. La choroplastie renvoie, en effet, à un environnement technologique plus précaire et donc conforme à la nature des habitants de la région, relégués dans la nuit des temps. Quoiqu'il en soit, les différents témoignages attestent une intéressante répartition des fonctions. Le remodelage de l'enfant reste du ressort des divinités masculines, de Zeus ou d'Hermès; peut-être parce que, selon les statuts de l'artisanat antique, la statuaire était une activité essentiellement masculine (Monique Halm Tisserant, Cannibalisme et immortalité: l'enfant dans le chaudron en Grèce ancienne, 1993 - books.google.fr).

Les statues toute en ivoire √©taient pourtant rares et de petites dimensions, tandis que pour la fabrication des objets un peu plus grands, il fallait en assembler plusieurs morceaux. Or, avant l'√©poque classique les images en or et en ivoire √©taient fabriqu√©es √† la fa√ßon des acrolithes, c'est-√†-dire, par des t√™tes et des membres en ivoire s√©par√©ment taill√©s et attach√©s √† des ¬ę√Ęmes¬Ľ de bois qui √©taient par la suite dor√©es. Ce caract√®re composite auquel Pindare semble faire allusion, persiste, m√™me si, depuis le milieu du Ve s., les auteurs grecs et latins donnent des prescriptions pour aplatir, d√©rouler et courber l'ivoire en longues et fines feuilles - prescriptions comprenant entre autres la cuisson de l'ivoire (Athanassia Zografou, Images et "reliques" en Gr√®ce ancienne, Les objets de la m√©moire: pour une approche comparatiste des reliques et de leur culte, 2005 - books.google.fr).

Pélops passe du cru au cuit. Son épaule d'ivoire lui laisse le souvenir de la cuisson paternelle. C'est par le feu et la cuisson que Démêter tente d'immortaliser Démophon fils de Kéléos et de Métanire, souverains d'Eleusis, que célèbre l'Hymne homérique à Démêter.

Une Thalie moderne

Jeanne-Fran√ßoise Quinault-Dufresne, Mlle Quinault, dite Quinault cadette, est une actrice fran√ßaise, n√©e √† Strasbourg le 13 octobre 1699 et morte √† Paris le 18 janvier 1783. Pleine de gr√Ęce et d'esprit, elle anima l'un des plus c√©l√®bres salons litt√©raires de l'√©poque, dit la Soci√©t√© du bout du banc. Les lundi, elle donnait des d√ģners chez elle, rue Sainte-Anne puis rue d'Anjou √† Paris, o√Ļ la meilleure noblesse √©tait mise sur le m√™me pied que les po√®tes et les artistes. S'y r√©unissait la soci√©t√© la plus √©clair√©e ‚Äď Maurepas, Honor√©-Armand de Villars, le duc de Lauragais, le duc d'Orl√©ans, le Grand Prieur d'Orl√©ans, le marquis de Livry, Antoine de F√©riol de Pont-de-Veyle ‚Äď et des hommes de lettres comme Caylus, Duclos, Voltaire, Piron, d'Alembert, Voisenon, Rousseau, Grimm, Diderot, Lagrange-Chancel, Coll√©, Moncrif, Grimod de La Reyni√®re, Cr√©billon fils, Marivaux, Saint-Lambert, Fagan de Lugny, l'abb√© de La Marre, le chevalier Louis Caron-Destouches... (fr.wikipedia.org - Jeanne-Fran√ßoise Quinault).

Portrait de l'actrice fran√ßaise Jeanne-Fran√ßoise Quinault (1699‚Äď1783) par Eug√®ne Louis Pirodon (1819-1882) d'apr√®s Maurice Quentin de La Tour (1704-1788) - L'Artiste, 15 ao√Ľt 1860

Une lettre est tout enti√®re de la main de mademoiselle Quinault, √† laquelle Piron l'avait probablement dict√©e, fut destin√©e au Mar√©chal Maurice de Saxe qui avait gagn√©e, le 11 octobre 1746, la bataille de Rocoux ou Rocourt-lez-Li√®ge sur le prince Charles de Lorraine. Maurice de Saxe fut possesseur du ch√Ęteau de Chambord.

"Un jour, au foyer de la Com√©die, au moment qu'on levait la toile une premi√®re fois pour mon compte, je me trouvai devant vous; vous me souhait√Ętes bonne chance ; je me recommandai √† votre suffrage ; il vous plut de me le promettre et de me dire : H√©las! de quoi vous peut servir le suffrage d'un √©tranger ? Je pris la libert√© de vous r√©pondre que les fils de rois n'√©taient √©trangers nulle part..." (Oeuvres in√©dites de Alexis Piron, 1859 - books.google.fr).

Le cru, le cuit et le labyrinthe

La po√©tique du Satyricon se fonde sur les th√®mes typiquement romanesques de l'errance et de la perte de rep√®res. La maison de Trimalcion, qui est assimil√©e √† un labyrinthe, semble par exemple fonctionner dans le roman comme la m√©taphore de l‚ÄôŇďuvre enti√®re, comme le d√©dale dans lequel ¬ę le lecteur, enferm√© de concert avec le narrateur, peine √† trouver une sortie ¬Ľ (G√©raldine Puccini-Delbey, ¬ę Pr√©sence-Absence de la figure du Lector dans les romans latins de l‚Äô√©poque imp√©riale ¬Ľ, Cahiers de Narratologie, vol. 11, 2004) (fr.wikipedia.org - Satyricon).

L'√©pisode de la Cena peut en effet se lire comme une parodie de la traditionnelle descente aux enfers √©pique. En effet le chapitre 72 fait abondamment allusion aux enfers : Giton amadoue le chien de garde de la maison avec de la nourriture comme √Čn√©e et la Sibylle, ou Psych√©, calment Cerb√®re avec un g√Ęteau (cf. Virgile, En√©ide VI, 417-425 ; Apul√©e M√©tamorphoses Vl, 19-20) ; le bassin o√Ļ tombent Ascylte et Encolpe √©voque le marais du Styx ; et la phrase du gardien, en substance "on ne passe pas deux fois la m√™me porte" (Erras, inquit, si putas te exire hac posse, qua uenisti), rappelle qu'on ne franchit qu'une fois la porte infernale. Dans ce cas, la demeure de Trimalcion √† travers laquelle cheminent les trois h√©ros repr√©sente les enfers, et son propri√©taire le riche Trimalcion devient Pluton. Sachant que le nom latin de celui-ci est Dis, "le Riche", on n'aura aucun mal √† accepter ce rapprochement. Cependant le texte pratique la surcharge r√©f√©rentielle, et √† ce premier syst√®me se superpose un second. La maison de Trimalcion, d'o√Ļ Encolpe, Ascylte et Giton tentent en vain de s'√©chapper, est qualifi√©e de noui generis labyrinthe (73, 1) ; son cuisinier s'appelle D√©dale (70, 2 ; on se rappelle que D√©dale, architecte de Minos, construisit pour lui le labyrinthe) ; les trois amis, dans leur fuite, ne se rep√®rent finalement que parce que Giton, craignant de se perdre m√™me en plein jour, avait √† l'aller trac√© des signes √† la craie dans les rues o√Ļ ils passaient, ce qui √©voque le fil d'Ariane ou la couronne lumineuse qui permit √† Th√©s√©e de retrouver son chemin dans le labyrinthe. Trimalcion devient alors, soit le Minotaure qui d√©vore - au moins m√©taphoriquement ‚ÄĒ ses victimes, soit Minos juge des enfers que redoutent les arrivants. Ce th√®me du labyrinthe, symbole de l'initiation dangereuse, o√Ļ ceux qui √©chouent trouvent la mort, a un lien avec la catabase virgilienne : en effet, avant de descendre aux enfers, √Čn√©e a contempl√© sur les portes du temple d'Apollon √† Cumes une repr√©sentation de l'histoire de D√©dale et du labyrinthe. La r√©f√©rence mythique sert donc √† souligner un th√®me essentiel de l'√©pisode, celui de la mort, qui est une v√©ritable obsession de Trimalcion. En m√™me temps, elle confirme par son aspect parodique (qui fait la satire de la po√©sie mythologique) que l'√©pisode - de m√™me que plus largement le roman tout entier - peut se lire comme une √©pop√©e d√©grad√©e (Etienne Wolff, La Cena Trimalchionis, Symposium, Volume 61 de Pallas (Toulouse, France), 2003 - books.google.fr).

Dans l'√©pisode du cochon-surprise, les invit√©s vont d'√©tonnement en √©tonnement. D'abord le porc choisi est √† peine aper√ßu vivant que d√©j√† il est cuit, pr√©par√©, pr√™t √† √™tre servi. Miracle ! ¬ę Nous nous r√©crions sur la rapidit√© du cuisinier, nous disons que m√™me un coq n'aurait pu √™tre cuit aussi vite.¬Ľ Puis Trimalchion provoque leur inqui√©tude. Si ce cochon a cuit si vite, c'est parce qu'on a, semblet-il, oubli√© de le vider. Bruits divers Encolpe, le ben√™t, s'emporte contre le cuisinier, alors que Trimalchion, grand seigneur, fait preuve de cl√©mence : il ordonne seulement qu'on vide maintenant cecochon. On va donc servir une chose ignoble, une b√™te non vid√©e ? Le cuisinier ouvre le ventre et, merveille, il n'en sort que des boudins et des saucisses. En termes ethnologiques, on croit d'abord qu'on va servir √† table du pourri, c'est √† dire du cru, qui, non transform√© par la cuisine, s'est corrompu, le comble de l'immangeable, mais voici que, par un retournement, on offre aux convives non seulement du cuit, mais m√™me du confit, c'est-√†-dire une nourriture si bien cuite et pr√©par√©e qu'elle se conserve longtemps. Ce retournement se fait √† l'int√©rieur d'un jeu du vrai et du faux, identique √† celui qui avait guid√© le service des Ňďufs de paon, car dire qu'un porc n'a pas √©t√© vid√©, c'est impliquer que ses entrailles sont rest√©es dans son ventre, ce qui est vrai dans le cas pr√©sent, si on ajoute que ces entrailles ont √©t√© retir√©es, transform√©es en saucisses et remises dans le ventre. Le cuit imite le cru, le vrai le faux, et le faux est vrai (Florence Dupont, Le plaisir et la loi: Du Banquet de Platon au Satiricon, 2013 - books.google.fr).

En r√©alit√©, la modification attendue avec l'√©volution des esprits et la pr√©sence de P√©trarque. peu sensible dans la grande librairie, se fait au contraire tr√®s fortement sentir dans la biblioth√®que personnelle du pape. On assiste en effet √† une v√©ritable explosion de l'humanisme, qui correspond √† la pr√©sence pendant dix ans, comme secr√©taire de Beno√ģt XIII. de Nicolas de Clamanges. Ce dernier. appel√© en 1397 √† succ√©der √† son ami Jean Muret, secr√©taire choisi par Cl√©ment VII et gard√© par Beno√ģt XIII. √©tait un fervent admirateur de P√©trarque et se livrait comme lui √† la chasse aux manuscrits rares. Son arriv√©e co√Įncide avec le premier r√©colement de la biblioth√®que (1397) op√©r√© sous le pontificat de Beno√ģt XIII, son d√©part, en 1408, est post√©rieur √† l'√©laboration de deux catalogues importants, celui de la grande librairie (1407) et celui de la biblioth√®que portative (1405-1408). L'examen de ces documents et de la place qu'y ont prise les √©crivains de l'Antiquit√© classique permet de penser que c'est bien √† Nicolas de Clamanges que la biblioth√®que du pape doit d'avoir pris ce tournant nettement humaniste. Dans le cabinet de travail de Beno√ģt XIII, on compte 19 manuscrits de classiques (14 dans la chambre du Cerf volant, 5 dans le studium) auxquels il faut ajouter 10 manuscrits d'Ňďuvres de P√©trarque et 3 de Boccace. Aucun ne vient de la biblioth√®que de la tour, mais un Boccace se trouvait d√©j√† parmi les livres du cardinal d'Aragon. Dans la biblioth√®que portative l'effet est plus consid√©rable encore. Ce sont 33 manuscrits d'auteurs de l'Antiquit√© classique qui sont ici recens√©s (sans compter les 5 emprunt√©s au cabinet de travail et 5 autres provenant de la tour). On notera en plus la pr√©sence d'un po√®te, Dante. et d'humanistes, P√©trarque (5 volumes), Boccace et Coluccio Salutati (1 volume chacun). Enfin on peut encore rep√©rer dans les listes de transport neuf autres articles concernant des classiques, ne provenant pas de la biblioth√®que de la tour (vraisemblablement du cabinet de travail du pape). On arrive ainsi, en 1410, au total de 82 nouveaux volumes (61 classiques, 21 po√®tes et humanistes) acquis en treize ans (depuis 1397). Le plus surprenant est de constater qu'arriv√©e √† Pe√Īiscola, dans les conditions que l'on sait. et en d√©pit de l'isolement g√©ographique et politique de Pedro de Luna. cette biblioth√®que continua √† prosp√©rer. Au moment du d√©c√®s de son propri√©taire, ce ne sont pas moins de 45 manuscrits suppl√©mentaires qui sont venus grossir sa collection de classiques, √† la suite desquels il faut encore ajouter 6 P√©trarque et 2 Boccace. Au total, la biblioth√®que de Beno√ģt XIII comptait 65 auteurs de l'Antiquit√© classique, pr√©sents dans 168 manuscrits (31 d'entre eux provenaient des pr√©d√©cesseurs du pape). Les mieux repr√©sent√©s. les plus f√©conds et les plus r√©pandus aussi, sont bien √©videmment Cic√©ron (20 manuscrits) et S√©n√®que (38 manuscrits). Derri√®re eux viennent S√©n√®que le Rh√©teur et Priscien (7). Macrobe. Val√®re-Maxime. Salluste, Ovide et V√©g√®ce (6). Tite-Live et Pline l'Ancien (5). On remarquera l'absence de Juv√©nal et de Martial, pourtant bien connus √† l'√©poque‚ÄĚ? √Ä l'inverse il faut souligner la pr√©sence de trois ¬ę scientifiques ¬Ľ, Hygin et Frontin. peu diffus√©s alors. et Vitruve. red√©couvert en 1417, mais connu d√©j√† de P√©trarque et de Boccace. Il faut encore ajouter √† cette s√©lection les Italiens, repr√©sent√©s par Dante et Coluccio Salutati (1 manuscrit chacun), Boccace (5) et P√©trarque (20). Ce dernier auteur, pour prendre un exemple. √©tait pr√©sent √† Avignon dans 14 manuscrits. tous apparus dans la biblioth√®que personnelle de Beno√ģt XIII ; 13 d'entre eux partirent pour Pe√Īiscola (on ne sait ce que devint le quatorzi√®me). o√Ļ 6 autres manuscrits vinrent les rejoindre. √Ä la mort du pape, sur les 19 manuscrits de P√©trarque figurant dans la biblioth√®que de Pe√Īiscola, 6 iront √† Rodrigue de Luna. 3 seront remis √† des cr√©anciers pro sua provisione. 3 seront vendus. 3 resteront dans le lot du cardinal de Foix. 4 enfin auront disparu en 1429 sans que l'on sache rien de leur destination. A c√īt√© de recueils importants, corpus d'ouvrages de Cic√©ron. d'Aristote ou de Tertullien. on remarque encore certains volumes de morceaux choisis. Le plus repr√©sentatif provient de la biblioth√®que portative. Ayant suivi le pape a Pe√Īiscola, il fut vendu √† sa mort au secr√©taire du roi d'Aragon, pour 3 florins. Il contenait des extraits d'une quinzaine de classiques (Salluste, T√©rence, Su√©tone, Val√®re-Maxime, Macrobe, Apul√©e, Pline le Jeune. Florus, Cic√©ron, S√©n√®que, Quintilien, C√©sar, Aulu-Gelle, P√©trone), de sept √©crivains de l'Antiquit√© tardive (Ennodius, Cassiodore, Bo√®ce, Sedulius, Sidoine Apollinaire, Prudence, Symmaque), et √† la fin. apr√®s Hildebert de Lavardin et Galien. quelques trait√©s sur la mani√®re de pr√™cher et de composer des sermons. Ce floril√®ge d'√©loquence et de rh√©torique n'a pas √©t√© retrouv√© (Histoire des biblioth√®ques fran√ßaises: Les biblioth√®ques m√©di√©vales, du VIe si√®cle √† 1530, Volume 1, 1989 - books.google.fr).

Sur le plan des analogies biologiques, il est assimilable aux intestins d'une part et √† la cavit√© vaginale d'autre part. Dans le Traumatisme de la naissance, Otto Rank (1884-1939) rappelle que pour les anciens Cr√©tois le labyrinthe √©tait une repr√©sentation des intestins comme le prouverait l'inscription d√©chiffr√©e par Weidner (1891-1976) : ¬ę Palais des intestins. ¬Ľ (E.-F. Weidner : Zur babylonischen Eingeweideschau. Zugleich ein Beitrag zur Geschichte des Labyrinths, Orientalische Studien, Fritz Hommel zum 60. Geburtstag gewidmet, Vol. I, Leipzig, 1917, p. 191) (Ren√©-Lucien Rousseau, L'envers des contes: valeur initiatique et pens√©e secr√®te des contes de f√©es, 1988 - books.google.fr, Otto Rank, The Trauma of Birth, 1929 - books.google.fr).

La chaire de De wailly et celle de Montréal d'Aude

La chaire de Saint Sulpice est "placée" sur la commune de Montréal.

La chaire √† pr√™cher de Saint-Sulpice est une pi√®ce d'architecture aussi originale que magnifique. Elle donne l'impression d'√™tre en suspension dans l'air. Son cr√©ateur, Charles de Wailly, √©galement auteur du th√©√Ętre de l'Od√©on, n'a pas voulu r√©aliser une ni√®me chaire adoss√©e √† une colonne de la nef. Son projet, d'un style tr√®s classique, √©tait novateur pour l'√©poque. Sa chaire est marqu√©e par un grand sens de l'√©quilibre tant au niveau des formes que des couleurs. Les all√©gories des vertus th√©ologales (Foi et Esp√©rance), fig√©es sur les pi√©destaux, semblent peser de tout leur poids pour stabiliser cette √©l√©gante construction que sa l√©g√®ret√© apparente semble menacer d'√©croulement. Sur l'abat-voix, la Charit√© (troisi√®me vertu th√©ologale) a √©t√© sculpt√©e dans le bois par Jacques-Edme Dumont.

Elle fut ex√©cut√©e en 1788 d'apr√®s les dessins de Charles de Wailly, et donn√©e par le duc d'Aiguillon du Plessis-Richelieu, arri√®re-petit-neveu du cardinal de Richelieu, ancien ministre de Louis XV et premier marguillier de la paroisse. Elle est faite de ch√™ne et de marbre, et consid√©r√©e comme un chef-d‚ÄôŇďuvre d'√©b√©nisterie et d'√©quilibre (elle repose, de fait, sur les seuls escaliers lat√©raux qui la soutiennent). En 1791, Monsieur de Pansemont (cur√© de la paroisse) d√©clara son refus de pr√™ter le serment de la Constitution Civile du Clerg√© du haut de cette chaire, devant les gardes nationaux et ses fid√®les. La chaire fut, par chance, conserv√©e par les r√©volutionnaires qui la jugeaient ¬ę utile ¬Ľ.

La chaire comporte de nombreux symboles sur les diff√©rentes parties qui la composent : deux statues en bois de tilleul dor√© (Ňďuvre de Guesdon), celle de gauche tenant un calice (symbole de la foi) et celle de droite une ancre (symbole d'esp√©rance) ; quatre bas reliefs en bronze dor√©s d'Edme Dumont, avec des animaux qui repr√©sentent les √©vang√©listes : un lion (pour Saint Marc, dont l'√Čvangile commence par le minist√®re de Saint Jean le Baptiste dont la parole retentit comme le rugissement d'un lion dans le d√©sert), un taureau (pour Saint Luc, dont l'√Čvangile commence par l'annonce d'un fils √† Zacharie, sacrificateur au temple), un ange (ou un homme, pour Saint Matthieu dont l'√Čvangile commence par la g√©n√©alogie humaine du Christ) et un aigle (qui fixe le Soleil comme Saint Jean fixe Dieu dans la personne humaine et divine du Christ). Un abat-voix d'Edme Dumont surmont√© d'un groupe (une femme et des enfants) en bois dor√© repr√©sentant la charit√©, dont le dessous du ciel est orn√© d'une colombe dor√©e aux ailes √©tendues, symbole de l'Esprit Saint entour√© de rayons lumineux (fr.wikipedia.org - La chaire de Saint-Sulpice, www.patrimoine-histoire.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Dalle verticale de Marie de N√®gre : un triangle isoc√®le rectangle).

L'Ňďuvre des architectes, Serlio, Montana, Labacco, Lafrery, Desgodetz, et celle des arch√©ologues, n'offraient au fond qu'un corpus analytique et nul n'avait encore entrevu la possibilit√© d'une synth√®se. C'est avec les gravures de Vasi que pour la premi√®re fois, vers 1 745, la vision s'√©largit. Bient√īt, le spectacle de Rome sera puissamment appr√©hend√© par un ma√ģtre et l'√©v√©nement n'a rien qui doive √©tonner en ce moment o√Ļ l'esprit √©tend ses conqu√™tes ; car toute pouss√©e du g√©nie moderne, dans ce qu'elle a d'aventureux et d'angoissant pour l'avenir, est compens√©e par une interrogation plus ardente des civilisations pass√©es - le fait s'est v√©rifi√© de nos jours comme √† la Renaissance et au XVIIIe si√®cle. C'est alors que sur Rome √©trusque, r√©publicaine, imp√©riale et chr√©tienne s'est pos√© le regard g√©ant de Piran√®se. A l'√©poque o√Ļ De Wailly s√©journe √† Rome, le V√©nitien est fix√© depuis dix ans dans la ville et s'y est affirm√©. Dans les d√©cennies qui viennent, le nombre des sites repr√©sent√©s par ses planches et la vari√©t√© de ses approches vont √©tonner l'Europe, mais aussi lui apprendre que si la vision s'est √©lev√©e √† un niveau de synth√®se insurpassable, elle a cess√© d'√™tre objective. Sur le spectacle des ruines, des √©glises et des palais, Piran√®se a projet√© le reflet de sa m√©lancolie, de ses angoisses et de ses r√™ves. Quiconque a eu sous les yeux dans son enfance des gravures de Piran√®se, et visit√© Rome √† vingt ans, sait combien savante et trompeuse est chez lui l'amplification des espaces et des perspectives ; mais Goethe en a fait le constat devant la Pyramide de Cestius et les Thermes de Caracalla, dont Piran√®se nous a laiss√© ¬ę d'aussi beaux mensonges¬Ľ. En 1754, ce lyrisme avait produit sur la sensibilit√© ses premiers effets, pr√©curseurs du Romantisme, et les artistes apprenaient √† fixer dans un esprit piran√©sien le souvenir de leurs propres √©motions. Architecte par sa formation premi√®re, Piran√®se avait recueilli et amplifi√©, dans sa Prima Parte di Architettura, l'h√©ritage sc√©nographique de Juvarra et des Bibiena, associ√© √† de plus anciens souvenirs de Spaventa et de Palladio. Sc√©nographe par excellence, De Wailly fut avec Victor Louis l'un des Fran√ßais les plus attentifs √† ces propositions. Jusqu'en 1750, Piran√®se avait eu son atelier sur le Corso, face √† l'Acad√©mie de France, et nou√© des liens amicaux avec plus d'un pensionnaire. Ainsi, Barbault, Challe, Petitot et Cl√©risseau, dessinateurs de ruines et inventeurs d'architectures imaginaires, s'√©taient engag√©s dans son sillage. De Wailly et ses camarades, Moreau, Peyre, Helin, compos√®rent ou grav√®rent aussi sous son influence. Bien que De Wailly ait dessin√© dans la r√©gion du Champ-de-Mars les places fameuses et leur d√©cor o√Ļ l'Antiquit√© s'allie au baroque, il s'est attard√© de pr√©f√©rence √† Saint-Pierre, d'autant que l'ombre et la fra√ģcheur des √©glises permettent d'y travailler tout le jour √† la saison o√Ļ l'√©vaporation trop rapide interdit le bistre et l'aquarelle en plein air entre dix heures du matin et quatre heures de l'apr√®s-midi. C'est √† ces journ√©es laborieuses que nous devons le Constantin sur son cheval cabr√© du vestibule de la basilique, le tombeau de la comtesse Mathilde et la Cathedra P√©tri d'o√Ļ na√ģtra l'id√©e de la chaire de Saint-Sulpice. Il est arriv√© √† De Wailly de dessiner le baldaquin da sott 'in su, en perspective trifocal, un parti dont Donatello avait donn√© le premier exemple dans les tondi de la vieille sacristie de San Lorenzo, mais qui reste exceptionnel dans les dessins d'architectes de l'√Ęge classique (Monique Mosser, Daniel Rabreau, Charles de Wailly: peintre architecte dans l'Europe des Lumi√®res, 1979 - books.google.fr).

La chaire de la collégiale Saint Vincent de Montréal d'Aude placée à gauche du grand portail est le plus vieil élément de la Collégiale, tout ayant été détruit à la fin du seizième siècle lors des Guerres de Religion. Elle a été construite par un sculpteur bourguignon Pierre Noirot, mort en 1630 à Montréal. Le panneau central en bois sculpté représente le Christ Roi, et, de part et d'autre, les évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean, accompagnés de leur attribut animalier (tétramorphe). La cuve est supportée par un aigle doré aux ailes déployées et six corps de serpents à la tête d'hydre.

Au fond de l'église, un grand tableau de Badin (1840), représente le miracle des Epis Sanglants avec Saint Dominique (www.montreal-aude.fr - Collégiale).

A gauche, chaire de Saint Sulpice ; à droite, celle de Montréal

L‚ÄôEglise cathare avait connu √† Montr√©al le plus grand succ√®s de son histoire. Elle avait obtenu de l‚ÄôEglise catholique une discussion publique sur un pied d‚Äô√©galit√©, et elle avait √† son tour et pour la premi√®re fois depuis le Xe si√®cle mis officiellement son adversaire en accusation, en s‚Äôadressant √† un l√©gat, Pierre de Castelnau, dont l‚Äôir√©nisme ne semble pas avoir √©t√© la qualit√© majeure. Cette attitude de provocation peut para√ģtre √©trange, alors que la Croisade commen√ßait √† √™tre sugg√©r√©e depuis le d√©but du si√®cle et en tout cas depuis 1204 (Jean Duvernoy) (La dispute th√©ologique entre catholiques et cathares √† Montr√©al de l‚ÄôAude, hier et aujourd‚Äôhui, 2007 - actua.unitariennes.over-blog.com).

Béntiers

L‚Äô√©glise Saint-Sulpice dut a Pigalle d‚Äôautres embellissements d‚Äôune importance bien moindre; mais il ne trouvait rien au-dessous de son talent. Pour lui la nature √† reproduire √©tait toujours un travail digne d‚Äôun artiste; il aimait √† l‚Äôimiter avec conscience, √† donner au marbre la vie et le mouvement sous quelque forme que ce fut; il appartenait √† l‚Äô√©cole de la r√©alit√©. Comme sculpteur naturaliste, voici ce qu‚Äôil fit. La r√©publique de Venise avait fait pr√©sent √† Fran√ßois Ier d‚Äôun rare et magnifique coquillage bivalve, connu sous le nom de Tridacne gigantesque; cette curiosit√© fut longtemps conserv√©e dans le garde-meuble de la couronne. Louis XV, pour contribuer √† la d√©coration de l‚Äô√©glise Saint-Sulpice, lui fit porter les deux valves offertes par les V√©nitiens: elles devaient servir de b√©nitiers. Cette heureuse id√©e eut depuis de nombreuses imitations. Pour avoir des supports dignes de ces belles et gracieuses coupes, les fabriciens eurent recours √† Pigalle, et, pour satisfaire √† leurs d√©sirs, il sculpta deux rochers de marbre blanc, orn√©s de coquillages, de crustac√©s et de plantes marines; ils supportent chacun une valve du Tridacne. Chacun est assis sur un socle de marbre gris taill√© de mani√®re √† figurer des flots qui retombent en larges gouttes d‚Äôeau. Pigalle les adossa contre les premiers piliers de la nef; on les voit en entrant dans l‚Äô√©glise par la porte centrale ; c‚Äôest par l√† que p√©n√®tre la lumi√®re qui doit les √©clairer pour qu‚Äôils produisent tout leur effet. Ils ont 2 pieds 8 pouces de hauteur et 2 pieds 9 pouces de largeur; celui qui se trouve √† droite est orn√© d‚Äôune branche de corail, de plantes marines, de deux coquillages connus sous le nom de strombe aile d‚Äôaigle, d‚Äôun peigne de saint Jacques et d‚Äôune √©toile de mer dont la substance molle et mobile est imit√©e d'une fa√ßon merveilleuse. Le rocher sis √† gauche est enrichi d‚Äôun autre strombe aile d‚Äôaigle, d‚Äôune branche de corail, de plantes marines; a son pied marche un crabe gigantesque, rendu de la mani√®re la plus heureuse (Louis Hardouin Prosper Tarb√©, La Vie et les Ňďuvres de J. B. Pigalle, 1859 - books.google.fr).

Deux bénitiers à Alaigne dans l'église Saint-Pierre es Liens composés de petite vasques à godrons en marbre rouge et dossier en marbre gris (18e siècle) (www.culture.gouv.fr).

Il y a sans doute un bénitier dans l'église de Brézilhac mais pas inscrit aux monuments historiques.

Br√©zilhac (Bresillac, Brasilac, Brasillac, Brassilhac) du nom d'une localit√© situ√©e entre Calhavel et Fanjeaux, et parfois l'on pr√©cisait : ¬ę Br√©zilhac de Calhavel ¬Ľ (Michel Roquebert, L'√©pop√©e cathare, Volume 2, 2001 - books.google.fr).

Quant au nom de Br√©zilhac, il est cit√© pour la premi√®re fois au Xe si√®cle en 933 sous le vocable ¬ęvilla Brasilhacum¬Ľ, ce qui laisse supposer que l'ancienne villa gallo-romaine √©tait devenue la propri√©t√© d'un certain Bracillius, gaulois de souche romaine. A la m√™me √©poque, en 950, une Bulle du Pape Agapet II confirmait au monast√®re de Montolieu la jouissance de Br√©zilhac et de son √©glise √©rig√©e sous le vocable de Saint-Martin. Pill√© et saccag√© au temps de la croisade des Albigeois (12091229) et pendant la Guerre de Cent Ans (1328-1428) particuli√®rement lors de l'incursion du Prince Noir (1355) dans la r√©gion audoise, le village se construisit en lieu fortifi√©: il est ceintur√© par un rempart, en forme d'ellipse sur lequel s'adossent les maisons group√©es autour d'une √©glise rectangulaire situ√©e au centre suivant le grand axe de l'ellipse. Monsieur Castel nous fait conna√ģtre dans le d√©tail la vie quotidienne du village dans son administration, sa justice, sa vie religieuse, sa vie √©conomique et sa d√©mographie. Retenons que la richesse du village vient de ses produits agricoles : c√©r√©ales, vigne, olivier, et de l'√©levage des b√™tes √† cornes ou √† laine Au cours de la Guerre de Cent Ans, par suite d'√©pid√©mies, une d√©population inqui√©tante se manifesta: de quarante-deux feux en 1347, le village passa √† treize feux en 1470, toutefois on retrouve vingt-trois feux en 1511 (Henri Louyat, M√©moire de M. Castel, M√©moires, Volumes 1 √† 2, Acad√©mie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1980 - books.google.fr).

Au sommet d'un éperon, le petit castrum de Brézilhac est l'héritier toponymique de la villa Brasilhacum citée trois fois au Xe siècle (Dominique Baudreu, Monographies, Le Paysage monumental de la France autour de l'an mil: avec un appendice Catalogne, 1987 - books.google.fr).

Dans la ¬ę G√©ographie √©l√©mentaire du d√©partement de l‚ÄôAude ¬Ľ (1875), Ditandy explique en 1875, √† propos du Chardon √† foulon : ¬ę Le chardon, qui demande des terres argileuses et fortes, a cess√© d‚Äô√™tre en faveur. Il √©puise le sol et, depuis le ralentissement sensible de l‚Äôindustrie drapi√®re, il n‚Äôest plus d‚Äôun aussi bon rapport. On en trouve cependant √† Donazac et √† Alaigne, et beaucoup encore √† Br√©zilhac. Un vieil habitant de Br√©zilhac m‚Äôavait indiqu√© que cette culture, qui √©tait tr√®s appr√©ci√©e dans son village aux alentours de 1870 (une quarantaine d‚Äôhectares) fut abandonn√©e vers 1900. Il se semait assez √©pais dans une terre qui recevait en m√™me temps une culture de ma√Įs. Il restait 3 ans sur pied. Une fois cueilli on le laissait s√©cher au soleil (Courrier de H. Castel (11), 1989) (lahulotte.fr).

Elle √©tait surtout cultiv√©e √† proximit√© des manufactures de draps fins, et, √† l'√©poque de Victor Hugo en 1862 il y avait encore 2.500 ha de cultures de card√®re en France. les feuilles oblongues de la rosette sont persistantes, elles disparaissent avant la floraison. La seconde ann√©e les feuilles le long de la tige florale sont rugueuses, oblongues et leur nervure m√©diane est √©pineuse. Soud√©es par paires et oppos√©es elles forment de petites coupes qui retiennent l'eau d'o√Ļ le nom commun de ¬ę Cabaret des Oiseaux ¬Ľ (www.futura-sciences.com).

La card√®re est une dipsac√©e qui signifie ¬ę avoir soif ¬Ľ, par allusion aux feuilles oppos√©es, soud√©es √† leur base, qui forment une sorte de cuvette, compos√©e de godets dans lesquels s'amasse l'eau de pluie, abreuvoirs pour les petits chantres des airs (Migne). Cette particularit√© a suscit√© diverses appellations populaires : cabaret des oiseaux, fontaine des oiseaux ; cuve et cuvette de V√©nus, expressions mythologiques qui remontent au XVIe si√®cle ; bain et baignoire de V√©nus, lavoir de V√©nus ou fontaine de V√©nus (expressions toujours en usage dans la r√©gion de Ch√Ęteau-Thierry, selon L.-B. Riomet). Le mot dipsacos √©tant l'ancien nom grec et latin du chardon √† foulon, les noms populaires semblent s'appliquer davantage au genre qu'√† des esp√®ces d√©termin√©es de card√®res.

Les expressions chardon à foulon, chardon à bonnetier, chardon à drapier, chardon de fripeurs, chardon à carder, chardon à cardeur, cardière à foulon, foulonnier résultent de l'emploi des capitules, aux paillettes fermes et crochues, de la plante séchée, pour peigner les laines, les draps et autres matières filamenteuses. Le chardon à foulon fut spécialement cultivé à cet usage, notamment en Normandie et en Picardie pour remplacer les cardes d'acier qui, manquant de souplesse, ne donnaient pas les résultats souhaités dans la fabrication des lodens. La pharmacopée populaire utilisa la racine de la plante contre l'eczéma, l'impétigo, la phtisie ; les fleurs et les graines passaient pour être un antidote de la rage (P. Fournier). L'eau qui s'amasse dans les godets de la base des feuilles avait la réputation d'être un puissant cosmétique, elle fait devenir beau les jeunes et rajeunir les vieux (E. Meunissier) ; cette eau fut, aussi, considérée comme désaltérante et antiophtalmique.

La card√®re √† foulon est encore d√©sign√© sous les noms de b√©nitier, herbe au chardonneret, chardonnerette ; l√®vres de Notre-Dame, en raison, dit-on, des deux lobes principaux de la corolle, puis l√®vres de V√©nus, cette derni√®re appellation, vraisemblablement due, selon E. Meunissier, √† une traduction erron√©e de l√†brun veneris (baignoire de V√©nus) ; peigne, peigne de cardeur, peigne de chat, peigne de loup, peignerolle et peignerotte (Bulletin folklorique d'Ile de France, Volume 19, Biblioth√®que historique de la ville de Paris, 1956 - books.google.fr, La Croix d‚ÄôHuriel et Rennes le Ch√Ęteau : Blaise et Ursule : division de l‚Äôann√©e en 14).

Il fallait que l'on trouve un bénitier à Brézilhac.