Partie IX - Synth√®se   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Superposition de dalles et Saint Sulpice   
DALLES MARIE NEGRE ABLES HAUTPOUL BLANCHEFORT COUME SOURDE SAINT SULPICE

Superposition de la dalle verticale de Marie de Nègre et de la dalle de Coume Sourde

ESNA

La superposition du recto de la dalle de Coume Sourde et de la dalle verticale de Marie de N√®gre, avec son triangle au th√©or√®me de Ceva, fait appara√ģtre un alignement de quatre lettres ESNA sur la c√©vienne "ANTE SEPT ANS". "ANTE" la t√™te, le cerveau (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Dalle verticale de Marie de N√®gre : un triangle isoc√®le rectangle).

Le texte de la dalle de Coume Sourde est orthogonale à celui de la dalle verticale de Marie de Nègre.

Esna est le nom d'une ville succédant à Latopolis, ville du poisson Latos, espèce de perche, consacrée à la déesse Neith. Neith était assimilée à Athéna et à Minerve.

Le district d'Esna ou Asna, est gouvern√© par un cashis qui a sous lui des scheiks Arabes. La ville qui lui donne son nom, est situ√©e sur la rive occidentale du Nil dans le lieu o√Ļ fut jadis Latopolis, qui devait son nom √† un poisson qu'on y adorait, & qui √©tait plus grand dans le Nil que dans les autres fleuves. Son nom actuel signifie l'illustre, la brillante. Des auteurs ont cru y recomia√ģtre l'ancienne Syene, & l'ont fait b√Ętir des ruines de Barbanda d√©truite par les Romains. Elle est assez consid√©rable ; ses environs ont des ruines, des restes de temple dont le plafond est orn√© de figures d'oiseaux de couleurs tr√®s-vives, & d'un autre temple o√Ļ l'on voit divers hi√©roglyphes ; au midi de la ville est le couvent de St. Helene, √©lev√© en l'honneur des martyrs, morts sous Diocl√©tien dans le champ voisin : il a un vaste cimetiere, dont les tombeaux sont magnifiques, mais b√Ętis de briques; le couvent & l'√©glise sont mal b√Ętis : deux moines l'habitent & y vivent tranquillement. Les environs d'Asna sont sertiles en toutes sortes de grains & de palmiers (Anton Friedrich B√ľsching, G√©ographie (1754‚Äď1761), Volume 10, traduit par Jean Pierre B√©renger, 1782 - books.google.fr, Richard Brookes, The General Gazetteer: Or, Compendious Geographical Dictionary, Etc., 1762 - books.google.fr, Richard Pockocke, Voyages en Orient, dans l'Eyypte, l'Arabie, la Palestine, la Syrie, la Grece, la Thrace etc. traduits de l'anglois, 1772 - books.google.fr).

Montfaucon appelle Neith du nom romain de Minerve, qui sortit de la tête de Jupiter toute armée (Bernard de Montfaucon, L'Antiquite expliquee et representee en figures, 1722 - books.google.fr).

Il nous reste aussi quelques d√©bris du calendrier des f√™tes religieuses de l'√Čgypte; le grand temple d'Esneh nous en offre un exemple, et on y lit encore l'ordre des principales f√™tes c√©l√©br√©es dans ce magnifique √©difice, en l'honneur de ses trois principales divinit√©s, qui √©taient Chnouphis, N√©√Įth et le jeune Hak√©. Il y est dit que le 23 du mois d'athyr on c√©l√©brait la f√™te de la d√©esse Tn√©bouaou, le 25 du m√™me mois celle de la d√©esse Menhi (formes de Ne√Įth), et le 30 celle d'Isis, tertiaire de la m√™me N√©√Įth. Le 1er du mois de cho√Įak, on tenait une pan√©gyrie (assembl√©e religieuse) en l'honneur du jeune dieu Hak√©, et dans ce m√™me jour la pan√©gyrie de Chnouphis. Un autre article du calendrier sacr√©, sculpt√© sur l'une des colonnes du pronaos, porte ce qui suit : A la n√©om√©nie de cho√Įak, pan√©gyries et offrandes dans le temple de Chnouphis, seigneur d'Esneh. On √©tale tous les ornements sacr√©s; on offre du pain, du vin et autres liqueurs, des bŇďufs et des oies; on pr√©sente des collyres et des parfums au dieu Chnouphis et √† la d√©esse sa compagne; ensuite, le lait √† Chnouphis. Quant aux autres dieux du temple, on offre une oie √† la d√©esse Menhi, une oie √† la d√©esse N√©√Įth, une oie √† Osiris, une oie √† Khem et √† Thoth, une oie aux dieux Phr√©, Atmou,Thor√©, ainsi qu'aux autres dieux ador√©s dans le temple ; on pr√©sente ensuite des semences, des fleurs et des √©pis de bl√©, au seigneur Chnouphis, souverain d'Esneh, et on l'invoque en ces termes, etc., etc. Le texte de cette pri√®re solennelle est un pr√©cieux document de l'histoire mythologique de l'√Čgypte (Jacques-Joseph Champollion-Figeac, √Čgypte ancienne, Univers : histoire et description de tous les peuples, 1858 - books.google.fr).

Neith semble donc la suprême raison, la raison se constituant, se posant a part, se proclamant, et par conséquent la voix, la parole, le Verbe (Biographie universelle, ancienne et moderne, Volume 54 Michaud Frères, 1832 - books.google.fr).

William Drummond, Mémoire sur l'antiquité des zodiaques d'Esneh et de Denderah. Traduction de l'anglais, traduit par Jean-Michel Eberhart, 1822 - books.google.fr

Neith est la déesse de Sais et d'Esna, munie de sept flèches dont elle se sert (ou de sept paroles) pour créer le monde. Mère du Soleil, elle est la divinité des tisseurs (Christiane Ziegler, Jean-Luc Bovot, Art et archéologie: l'Egypte ancienne, 2001 - books.google.fr).

La synth√®se d'Esna est originale par son agencement, mais ne fait que reprendre le sch√©ma cosmogonique traditionnel en √Čgypte. Depuis les textes des pyramides, au 3e mill√©naire, le dieu primordial est l'un qui devient trois. L'existence de cette inscription est la preuve qu'au deuxi√®me si√®cle de notre √®re, ces sp√©culations cosmogoniques √©taient encore bien vivantes chez les savants √©gyptiens, ceux qui composaient les inscriptions hi√©roglyphiques, une poign√©e d'intellectuels de haut niveau. On peut √©videmment se demander si c'est une rencontre de hasard, si la pens√©e contenue dans le texte copte s'est d√©velopp√©e parall√®lement, sans interf√©rence. Cependant, un document incite √† croire que les sp√©culations des pr√™tres √©gyptiens se r√©pandaient en dehors du monde des temples. Ce texte, qui est √©crit en grec, est connu sous le nom de kosmopoiia de Leyde (P. Leid. 1395 =P. Graec. Mag. XIII). Sauneron, dans ses travaux sur Esna (La l√©gende des sept propos de Methyer au temple d'Esna, in B8FE, 32 (1961), p. 43-51.), a imm√©diatement rapproch√© les deux textes, et mis en √©vidence les points communs : √† Esna, la d√©esse Neith prononce sept propos g√©n√©rateurs d'√™tre, sept divinit√©s; dans la kosmopoiia, Dieu rit √† sept reprises et cr√©e ainsi sept dieux. On notera qu'√† Esna aussi, le rire du dieu solaire provoque la naissance des dieux, tandis que les hommes naissent de ses larmes. Parmi les divinit√©s cr√©√©es dans la kosmopoia, suite √† la col√®re du dieu appara√ģt Nous, tenant en main un coeur, et qui fut appel√© Herm√®s. Or, √† Esna, Thot (Herm√®s) na√ģt du coeur de R√™ en un moment d'amertume. Cet √©pisode se place au moment de la r√©volte contre le dieu solaire (Mich√®le Broze, Aphrodite, Hathor, √ąve, Marie et Barb√©lo : √† propos du langage mythique des √©crits de Nag-Hammadi, Kernos, 1997).

Dans la Kosmopoiia, Herm√®s (Mercure) est assimil√© √† Nous, point de jonction de l'√Ęme et du pneuma, alors qu'il a par ailleurs √©t√© d√©fini comme √Ęme (La Croix d‚ÄôHuriel et l‚Äôalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de l‚Äô√Ęme).

Mais √† Esna c'est Thot qui na√ģt du coeur de R√™, et non nomm√©ment Herm√®s qui a √©t√© identifi√© au dieu √©gyptien par les Grecs.

Le récit de la formation du monde (Kosmopoiia) est certainement l’une des pièces les plus célèbres, autant qu’ardues, des papyrus magiques grecs. Le papyrus, dans lequel s’insère ce récit, a été acheté à Thèbes par Jean d’Anastasi vers 1828, puis vendu au musée de Leyde.

Jean d‚ÄôAnastasi, acqu√©reur de la collection qui porte son nom et qui comprend les papyrus r√©pertori√©s comme ¬ę magiques grecs et d√©motiques ¬Ľ et comme ¬ę alchimiques ¬Ľ, √©tait consul de Su√®de et de Norv√®ge en √Čgypte entre 1828 et 1857 : il alliait en eff et son activit√© de diplomate √† un vif int√©r√™t pour le commerce des antiquit√©s. Au fur et √† mesure que les papyrus Anastasi quittent l‚Äô√Čgypte pour gagner les rives europ√©ennes, ils sont vendus aux ench√®res et √©parpill√©s dans les diff √©rentes biblioth√®ques qui s‚Äôen emparent, dans une course commune √† l‚Äôachat de trouvailles √©gyptiennes. Vers 1857, la plus grande partie de la collection a atteint l‚ÄôEurope (Michel Zago, ¬ęL‚Äôemploi des noms divins dans la Kosmopoiia (PGM XIII)¬Ľ, Religioni in contatto nel Mediterraneo antico. Modalit√† di diffusione e processi di interferenza, Pisa ‚Äď Roma, Fabrizio Serra Editore, 2008, pp. 205-217 (¬ęMediterranea¬Ľ IV, 2007). - www.academia.edu).

On a pu remarquer que les Sept Paroles de la Cr√©ation par Mehet-Ouret sont attest√©es sur quatre cercueils d'El Bersheh; l'inspiration venait-elle d'une tradition sa√ģte (et non hermopolitaine), comme on en retrouvera tardivement, √† Esna, la trace avec les Sept Propos cr√©√©s par Neith ? (Orientalia, Volume 43, 1974 - books.google.fr).

Dans la th√©ologie sa√Įte et √† Esna, on retrouvera comme dans les Coffin Texts (Textes des Sarcophages), la mention des Sept Paroles de Mehet-Ouret, cr√©√©es par Neith.

Le nom égyptien de Méthyer est mh.t-wr.t, que les textes d'Esna interprètent comme signifiant "la grande nageuse". Celle-ci est en effet une vache, image de la déesse créatrice du monde; elle aurait nagé dans les eaux primordiales en portant entre ses cornes, pour l'arracher aux menaces du chaos et à ses adversaires, l'enfant-soleil à peine né en cet univers tout nouveau. Depuis les Textes des Sarcophages, nous trouvons dans les textes mention de "Sept tsw (plus tard d3 sw)" de cette déesse Méthyer. Nous lisons, à Esna, après la description de la venue au monde de plusieurs éléments de l'univers, suscités par l'appel de Neith, les paroles suivantes: "Ainsi naquirent les sept propos divins de Méthyer". Ces sept propos sont les propos créateurs de l'univers, figés en divinités défuntes une fois leur fonction accomplie. Les théologiens d'Esna ont jugé bon de donner explicitement un sens à ce vieux mythe ; il est possible qu'ils l'aient simplement exposé clairement, mais peut-être l'ont-ils entièrement remanié. Nous devons lire parallèlement à ce récit égyptien le texte grec de ce que les spécialistes des documents hermétiques ont appelé le Kosmopoiia de Leyde. Il existe un lien entre la vieille Egypte et les multiples croyances du monde oriental hellénistique (Jozef Marie Antoon Janssen, Annual Egyptological Bibliography, 1961 - books.google.fr).

En 1867, Karl Richard Lepsius publie des versions anciennes du Livre des morts des Anciens √Čgyptiens trouv√©es inscrites sur des sarcophages du Moyen Empire puis, en 1886, les textes du sarcophage d'Amamu (probablement de la XIe dynastie), conserv√© au British Museum. Il s'ensuit plusieurs publications consacr√©es √† un seul sarcophage, comme celle que Gaston Maspero consacre √† Horhotep en 1889. En 1903, l'Allemand Hans Schack-Schackenburg fait conna√ģtre les textes du Livre des deux chemins d'apr√®s un sarcophage conserv√© √† Berlin. La m√™me ann√©e, Pierre Lacau fait publier en trois volumes les textes de tous les sarcophages conserv√©s au Mus√©e √©gyptien du Caire, puis les relev√©s des textes de sarcophages d√©couverts √† Beni Hassan et √† Saqqarah. Entre 1904 et 1914, Pierre Lacau poursuit son travail d'√©dition d'apr√®s les sarcophages conserv√©s au Caire sous le titre Textes religieux. La premi√®re recension √† peu pr√®s compl√®te des textes des sarcophages est r√©alis√©e par le N√©erlandais Adriaan de Buck entre 1935 et 1961 : The Egyptian Coffin Texts (7 volumes), entreprise rest√©e malheureusement inachev√©e du fait du d√©c√®s de l'auteur en 1959. Bon nombre de textes absents auraient d√Ľ figurer dans un huiti√®me volume. √Ä partir de cette collecte, Raymond Oliver Faulkner r√©alise une traduction compl√®te en langue anglaise en trois volumes de 1973 √† 1978 : The Ancient Egyptien Coffin Texts. En 1986, Paul Barguet traduit ce corpus en fran√ßais : Textes des sarcophages √©gyptiens du Moyen Empire (un volume), ouvrage dans lequel les textes sont regroup√©s selon diff√©rentes th√©matiques. Une traduction en langue fran√ßaise est √† nouveau r√©alis√©e par Claude Carrier en 2004, en trois volumes, avec translitt√©ration (fr.wikipedia.org - Textes des sarcophages).

Aseneth, personnage f√©minin du roman Joseph et Aseneth, est la repr√©sentante de la d√©esse Neith. Sa tour √† trois fen√™tres, comme celle de sainte Barbe, symboliserait le corps o√Ļ est enferm√©e l'√Ęme divis√©e en trois, raison, esprit et √Ęme (Marc Philonenko, Joseph Et As√©neth: Introduction Texte Critique Traduction Et Notes, 1974 - books.google.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias).

Dans le roman de Joseph et d'As√©neth, il n'est pas question des cinq puissances, mais de sept servantes. Cette modification a √©t√© entra√ģn√©e par le souci de faire de l'h√©ro√Įne non point le type du Logos, mais l'image de la Sagesse, pr√©figur√©e dans la maison aux sept colonnes de Proverbes 9,1 (Marc Philonenko, Joseph Et As√©neth: Introduction Texte Critique Traduction Et Notes, 1974 - books.google.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : L‚ÄôAffaire G√©lis et les charpentiers d‚ÄôIsa√Įe).

D√®s les c√©l√®bres descriptions de l'Atlantide par Platon, celles du Tim√©e et du Critias, I'√Čgypte est intimement associ√©e √† la m√©moire du continent mythique. Il faut toutefois pr√©ciser que le th√®me de l'Atlantide n'est en rien une invention litt√©raire de Platon, puisqu'on le trouve, bien avant sa naissance, au cŇďur de la vie Ath√©nienne, dont cette cit√© tirait d'ailleurs son nom. Les f√™tes Panath√©n√©es c√©l√©braient en effet, de mani√®re attest√©e au moins 150 ans avant Platon, la victoire des Ath√©niens sur les Atlantes. On y faisait circuler en procession la statue de la d√©esse Ath√©na, v√™tue d'un ¬ę P√©plos ¬Ľ, pi√®ce de v√™tement qui lui √©tait particuli√®re. Cette d√©esse avait en effet, avec H√©pha√Įstos, jou√© un r√īle central dans cette victoire, si primordiale dans l'identit√© d'Ath√®nes qu'on construisit l'Acropole ellem√™me pour c√©l√©brer cette h√©ro√Įne fondatrice. La c√©l√©brissime frise du Parth√©non, ¬ęemprunt√©e ¬Ľ il y a un si√®cle et demi par la Grande-Bretagne et la France, n'avait d'autre propos que de pr√©senter au peuple d'Ath√®nes arrivant en procession, face au soleil levant et devant les dieux devisant sous la conduite de Zeus, la beaut√© et le courage de son h√©ro√Įne √©ponyme Ath√©na. Le lien politique de l'histoire de l'Atlantide avec la Gr√®ce ne s'arr√™te pas √† sa dimension mythique. Le r√©cit de Platon est en effet tiss√© dans une dimension sociale particuli√®rement dense. Que nous dit celui-ci ? Qu'un des grands-oncles de Platon, Critias, aurait dans son enfance entendu le r√©cit du voyage d'un de ses parents, un certain r√©cit du voyage d'un de ses parents, un certain Solon, en √Čgypte. Ce Solon serait all√© dans un temple de Sa√Įs, o√Ļ des pr√™tres lui auraient racont√© l'histoire de la lutte entre les peuples Atlantes, venus de l'Atlantique, et les Grecs. Platon a report√© ce r√©cit dans deux dialogues devenus c√©l√®bres : le "Critias" et le "Tim√©e", contenant de nombreux d√©tails, notamment relatifs aux √©volutions climatiques intervenues depuis. Plus g√©n√©ralement, Platon explique avec beaucoup de pr√©cision l'influence qu'aurait eue cette civilisation sur la science de l'√Čgypte et par voie de cons√©quence sur le destin de la Gr√®ce (Christophe Fadot, Naissance D'une Civilisation: Philosophie, politique et economie du nouvel age, 2012 - books.google.fr).

Le "SAE" de la dalle de Cooume Sourde pourrait √™tre l'abaltif latin du nom de Sa√Įs, ville de la d√©esse Neith pr√©sente aussi √† Esna (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Au niveau de la sole, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias).

Il y a dans le Tim√©e (53 c-55 d), entre le mythe de l'Atlantide et le th√®me de la transformation des √©l√©ments, une th√©orie de la structure et des solides, cubes, pyramides, triangles constitutifs. Le dod√©ca√®dre n'est point mentionn√©, mais on a la preuve que Platon n'en ignorait rien, qu'il connaissait par Th√®√©t√®te la construction des cinq polygones r√©guliers. Les vertus et les pouvoirs de ces g√®om√®trie physiques et mentales sont objets, l√†, d'ing√©nieuse analyse (cf. in fine, dans Ph√©don, 110 b-c, le mythe de la terre vue du ciel, avec ses douze couleurs fondamentales : un dod√©ca√®dre fait de douze pentagones, en forme de sph√®re, puisque les douze surfaces ont √©t√© courb√©es) (Introduction) (Sapph√ī, Odes et fragments, traduit par Yves Battistini, 2005 - books.google.fr).

L'Atlantide, dit Diodore, sur laquelle Platon, ne nous a transmis que quelques notions incompl√®tes, mais dont Hisiane, son contemporain, a trait√© avec plus d'√©tendue, disparut en entier dans l'intervalle de deux ou trois jours, en s'ensevelissant dans les gouffres les plus profonds de la mer. La vaste circonf√©rence de ce royaume s'√©tendait dans l'Oc√©an d'environ 2500 stades le long des c√ītes d'Afrique d'un c√īt√©, dont il n'√©tait s√©par√©, sur sa plus grande longueur, que par un canal de 160 stades seulement, tandis qu'il √©tait intim√©ment uni √† l'Europe du c√īt√© oppos√©, sur une √©tendue de 2000. Sa longueur vers l'occident √©tait d'environ 4500 stades, rentrant encore √† une petite distance dans le lit actuel de la M√©diterran√©e, qui n'existait pas alors. Sa figure, dans l'Oc√©an,√©tait √† peu pr√®s celle d'un triangle √©quilat√©ral, dont la base posait sur l'Afrique et l'Europe.

Ces dimensions diffèrent de celles données par Platon, dans le dialogue intitulé Critias. La ligure de l'Ile Atlantide, dit-il, était un carré oblong ; sa longueur, d'une extrémité à l'autre, était de 3000 stades, et sa largeur de 2000 (Pierre Hourcastremé, Essais d'un apprenti philosophe sur quelques anciens problèmes de Physique, 1804 - books.google.fr).

L'unit√©, le premier nombre pair, et le premier impair se succ√®dent (les enceintes) en s√©rie, s'additionnent, et se multiplient entre eux (6, les 60 000 districts, qui sont le produit de la largeur et de la longueur de la plaine atlante), et sont tous et sont tous multipli√©s par 10 ou des puissances de 10, Nous ne trouvons l√† que l'alternance syst√©matique du pair et de l'impair. Mais celle-ci ne peut √™tre comprise, au risque de s'engager dans une lecture symbolique, qu'√† √™tre rapport√©e aux deux autres traits caract√©ristiques de l'usage des nombres dans le Critias. D'abord, √† la pr√©sence du vocabulaire de la mesure, qui dit explicitement le souci de la limitation. D'autre part, ce qui va de soi quand on consid√®re que les math√©matiques platoniciennes n'affranchissent pas l'arithm√©tique de la g√©om√©trie [...] Compris ainsi, 1, 2, et 3 suffisent √† construire toutes les quantit√©s et mesures atlantes. Ces trois nombres sont, consid√©r√©s ensemble ou individuellement, le point de d√©part de s√©ries. Ils engendrent par addition ou multiplication tous les autres nombres atlantes ; le premier nombre qui soit √† la fois somme et produit de ces trois premiers, 6 (nombre parfait), est bien l'unit√© principale de la plaine atlante, du nombre de ses districts et de ses forces arm√©es. Il est aussi, d'un point de vue g√©om√©trique cette fois, la surface rectangulaire de la plaine. C'est la pr√©sence de ces s√©ries, et des surfaces h√©t√©rog√®nes, qui accentue l'accroissement continu et ind√©fini de l'√ģle Atlantide, innombrable donc sous bien des aspects. D'autant plus que les surfaces et les mesures ne sont jamais d√©finitivement limit√©es ; et c'est ce d√©faut de limitation qui indique l'√©chec des Atlantes √† ma√ģtriser leur propre croissance. C'est ce que rel√®ve L. Brisson quand il insiste sur le fait qu'√† l'alternance du pair et de l'impair √©quivaut celle du cercle et de l'oblong, de sorte que l'instabilit√© atlante se r√©p√®te sous les deux aspects. Afin d'abonder en son sens, on remarquera que les figures g√©om√©triques qui apparaissent peu √† peu sur le sol atlante ne cessent de se m√™ler les unes aux autres, de se croiser et de se chevaucher, ou m√™me de s'interrompre. Les canaux se croisent afin d'irriguer la plaine ; sur la plaine rectangulaire sont creus√©s des cercles concentriques, et ces cercles sont √† leur tour perc√©s par le canal rectiligne. L'Atlantide ne parvient donc pas √† circonscrire son territoire dans les limites d'une m√™me figure ; elle ne semble pas non plus choisir entre deux formes de figures, le cercle et la droite.

L'usage des grandeurs contribue donc à un portrait de l'Atlantide en déséquilibre croissant, menacée par une dualité persistante qui la voit évoluer sur deux chemins opposés. On ne doit toutefois pas s'en tenir à la seule mention des nombres ou des extramathématique qu'elle occupe dans sa philosophie : X. Renou, Op. cit., section H, p. 177-234. X. Renou montre comment un finitisme géométrique et cosmologique, appuyé notamment sur le développement de la géométrie dans l'espace et le théorème de Théétète sur les cinq polyèdres réguliers, sert de relais puis de modèle à la doctrine spéculative des formes intelligibles. Les textes et les enjeux principaux d'histoire des mathématiques sont exposés dans l'ouvrage de F. Lasserre, La naissance des mathématiques à l'époque de Platon.

Si on consid√®re 2 et 3 comme les deux facteurs principaux, c'est pour remarquer qu'ils produisent avec 6 un nombre oblong, figur√© par un rectangle. Et l'on sait que, √† la diff√©rence des nombres carr√©s (dont la s√©rie des gnomons se confond avec la s√©rie des nombres impairs), l'addition d'un gnomon √† un rectangle (nombre oblong) n'engendre pas un rectangle semblable, ¬ęmais une s√©rie de rectangles dont le petit c√īt√© cro√ģt proportionnellement plus vite que le grand.¬Ľ, F. Lasserre, La naissance des math√©matiques √† l'√©poque de Platon, p. 68

On retrouve, dans les fragments attribu√©s √† Philolaos, une distinction entre la vie et la connaissance, humaines d'une part, divines de l'autre (les choses divines sont mentionn√©es √† plusieurs reprises; voir D.K., B 6 et 11, voir aussi A 9). La mani√®re dont il entend cette distinction nous semble au plus pr√®s, autant que l'on puisse en juger d'apr√®s trois ou quatre citations, de l'aspect qui sera le sien dans les dialogues de Platon. Si l'on en croit Stob√©e (qui est la source des fragments 6 et 11), la distinction tranch√©e entre deux domaines distincts a une fonction gnos√©ologique. En effet, si ¬ęl'√™tre des choses, qui est √©ternel, et la nature elle-m√™me requi√®rent une connaissance divine et non humaine¬Ľ, cela ne signifie pas pour autant que cette connaissance soit interdite √† l'homme, mais plut√īt qu'il lui faut l'acqu√©rir s'il souhaite √† son tour conna√ģtre ¬ęl'√™tre fondamental des choses dont se trouve compos√© le monde¬Ľ. L'argument est le m√™me dans le fragment 11, si la ¬ępuissance du nombre¬Ľ est ¬ęguide de la vie divine et c√©leste comme de la vie humaine¬Ľ, cela exige de l'homme, pour qu'il puisse conna√ģtre toutes choses, qu'il connaisse la nature du du nombre. Et la nature comme la puissance efficace du nombre peuvent √™tre observ√©es ¬ęnon seulement dans les choses d√©moniques et divines, mais aussi dans toutes les actions et paroles humaines¬Ľ. La distinction de choses divines et humaines n'a donc pas pour fonction d'√©loigner deux domaines h√©t√©rog√®nes, afin de lib√©rer le second de la juridiction du premier ou au contraire d'√©tablir l'enti√®re domination du premier sur le second, mais d'indiquer que deux types de r√©alit√©s occupent un m√™me monde. Puis, de diff√©rencier, dans l'ordre des objets comme dans celui des modes de connaissance, deux perceptions qui leur correspondent (Philolaos souligne ainsi que ¬ęc'est le nombre qui, en rendant toutes choses ad√©quates √† l'√Ęme par la sensation, les rend connaissables et commensurables entre elles selon la nature du gnomon (c'est-√†-dire le nombre qui, ajout√© √† un nombre figur√©, donne un autre nombre de m√™me forme) ; car c'est lui qui les rend corporelles et distingue chacune des relations entre les choses tant illimit√©es que limitantes. Eton peut observerla nature du nombre etsa puissance efficace non seulement dansles choses d√©moniques et divines, mais aussi dans toutes les actions et paroles humaines, √† tout propos et aussi bien dans toutes les activit√©s de l'art que dans le domaine de la musique¬Ľ). De sorte que, si l'on peut tenir pour distinct (et sensible) le domaine des affaires humaines, ce n'est qu'√† les inscrire dans le monde auxquelles elles appartiennent avec ces autres r√©alit√©s que sont les choses divines ou c√©lestes, et √† montrer que l'on ne peut conna√ģtre la partie (humaine) sans conna√ģtre le tout (le monde), ni conna√ģtre les effets sans conna√ģtre les causes (principielles ou divines, puisque les choses divines exercent sur les choses inf√©rieures une domination). Il appara√ģt alors que, dans la perspective de Philolaos, les choses humaines ne peuvent √™tre d√©finies qu'au sein du monde qui les enveloppe ; cette situation de l'homme dans le monde ne le distingue toutefois en rien de ses pr√©d√©cesseurs, elle reste commune √† toute la pens√©e grecque. Par contre, le d√©tour gnos√©ologique que Philolaos fonde sur la puissance du nombre distingue son entreprise des cosmologies ant√©rieures. Il s'agit d√©sormais de d√©crire un monde au sein duquel se partagent et s'organisent de mani√®re hi√©rarchique des domaines diff√©rents, mais tous connaissables √† partir des m√™mes principes. La sup√©riorit√© du divin, notamment sa domination th√©ologique traditionnelle sur l'humain et sur tous les vivants mortels, est donc maintenue, mais la possibilit√©, pour l'homme, de conna√ģtre le divin est d√©sormais fond√©e sur l'existence d'un monde unique, d√©fini d'apr√®s des causes communes et intelligibles.

L'esp√®ce immortelle est dite "arch√®". L'√Ęme humaine n'est donc pas partag√©e, divis√©e ou dissoci√©e dans le Tim√©e. Pour surprenant que cela puisse para√ģtre, il vaut mieux consid√©rer que l'homme compte plusieurs esp√®ces d'√Ęme, puisqu'√† l'esp√®ce immortelle s'ajoute une esp√®ce mortelle. C'est d'ailleurs ce qu'affirme la conclusion du dialogue quand, au moment o√Ļ elle d√©finit justement la nature de l'homme, elle demande que l'ensemble de ce que l'homme compte d'√Ęme et de corps soit √©galement exerc√©, et que l'on ne n√©glige aucune des ¬ętrois esp√®ces d'√Ęme¬Ľ. La distinction d'esp√®ces diff√©rentes permet notamment √† Platon de r√©server √† l'esp√®ce immortelle l'exclusivit√© de la fonction motrice et cognitive. Celle-ci est donc "arch√®" √† trois titres : elle est le sujet unique de la connaissance (y compris sensible), le principe directeur, h√©g√©monique, et l'origine du mouvement (Jean-Fran√ßois Pradeau, Le monde de la politique: sur le r√©cit atlante de Platon, Tim√©e (17-27) et Critias, 1997 - books.google.fr).

Le mot "archè" en grec commence par les lettre APX, telles qu'elles apparaissent sur la dalle horizontale de Marie de Nègre.

A partir de la Renaissance, et en particulier √† la fin du XVII√® et au XVIII√® s., l'Atlantide est l'enjeu d'un vaste d√©bat : ¬ę le continent d√©crit par Platon est-il le Nouveau Monde ? L'Am√©rique ? Est-il le monde d'o√Ļ les chr√©tiens voyaient surgir la civilisation, c'est-√†-dire la Palestine juive ? Est-il au contraire une anti- Palestine, source des sciences et des arts que l'on peut situer en Sib√©rie ou au Caucase ? Le d√©but des nationalismes modernes se met aussi de la partie [...] Et sans doute ces recherches pass√®rent-elles progressivement des mains des savants, √† celles des demi-savants, puis des mythomanes et des escrocs, ceux-l√† m√™me qui de nos jours encore, ¬ę trouvent ¬Ľ ou vendent une Atlantide oscillant entre Heligoland et le Sahara, entre la Sib√©rie et le lac Titicaca ¬Ľ (Pierre Vidal-Naquet, Le Chasseur noir, pp. 339-340) (Christine P√©rez, La perception de l'insularit√© dans les mondes m√©diterran√©en ancien et archip√©lagique polyn√©sien d'avant la d√©couverte missionnaire, 2005 - books.google.fr).

Le cadran solaire de Carthage aux concho√Įdes est du type "arachn√®" (araign√©e) d√©fini par Vitruve comme invention de l'astronome et g√©om√®tre Eudoxe de Cnide (IV√®me si√®cel vant J.-C.). Retrouv√© √† Carthage (34¬į51' de latitude nord), il √©tait con√ßu pour une latitude de 41¬į (comme Barcelone) (La Revue du Louvre et des mus√©es de France, Num√©ros 1 √† 3, 2000 - books.google.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Dalle verticale de Marie de N√®gre : un triangle isoc√®le rectangle).

Neith et le tissage

La navette de tisserand est le signe de Neith, la d√©esse de sa√Įs et d'Esna.

Elle √©tait en v√©n√©ration particuli√®re chez les Libyens et, du moment o√Ļ ils font leur apparition sur les monuments de l'√Čgypte, on les reconna√ģt au signe de Neith, la navette de tisserand, peint sur leurs habits. Neith appara√ģt d'abord comme une d√©esse de la maternit√©; elle est appel√©e ¬ę m√®re des dieux, m√®re divine ¬Ľ. Elle est quelquefois confondue avec Anka et avec Mout. N√©anmoins c'est une d√©esse vierge. Ses temples portaient l'inscription suivante : ¬ę Personne n'a jamais relev√© ma robe, le fruit que j'ai enfant√© est le soleil. ¬Ľ C'est donc la vierge, m√®re du soleil, r√©unissant en elle les caract√®res et les attributs qu'ordinairement les √Čgyptiens, les Assyriens et les Ph√©niciens r√©partissaient sur plusieurs d√©esses (Cornelis Petrus Tiele, Histoire compar√©e des anciennes religions de l'√Čgypte et des peuples s√©mitiques, traduit par G. Collins, 1882 - books.google.fr).

Plac√©s sous la protection de saint Blaise (le 3 f√©vrier, au lendemain de la Purification de la Vierge) et r√©unis en confr√©ries, les tisserands semblent, comme les cordiers-l√©preux, avoir jou√© un r√īle notable dans la transmission d'un certain savoir initiatique. Pline d√©celait d√©j√† des relations entre les techniques de la laine et la magie; √©voquant dans son Histoire naturelle (XIX, 8-9) que dans la famille Serranus (le serran est un peigne servant √† carder la laine) existaient des interdits portant sur le filage, le tissage et tout contact avec les textiles, il remarque que ¬ęles femmes ne portent pas de v√™tement de lin¬Ľ. [...] Patron des drapiers bourguignons, saint Blaise, tel qu'il est repr√©sent√© sur un vitrail du XVe si√®cle √† Semur-en-Auxois, tient √† la main une navette - berceau o√Ļ le dieu-fil, lov√©, se repose et dort. G√Ęteau c√©r√©moniel √† Marseille, la navette se fait b√©nir avec des cierges verts pr√®s du puits de Saint-Blaise, dans la crypte de l'abbaye de Saint-Victor, le matin du 2 f√©vrier, pas tr√®s loin de la Canebi√®re, emplacement traditionnel du travail du chanvre ; la laine a retrouv√© le lin, les couvertures leurs draps... (Pascal Dibie, Ethnologie de la chambre √† coucher, 1987 - books.google.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias).

La navette, ce biscuit parfum√© √† la fleur d'oranger, a √©t√© cr√©√© en 1781, model√©e selon la forme d'une barquette, par le sieur Aveyrous, propri√©taire du ¬ę Four des navettes ¬Ľ, la plus ancienne boulangerie de Marseille et qui existe toujours aujourd'hui, rue Sainte, √† deux pas de l'abbaye Saint-Victor (Guide de l'habitat Marseille, Petit Fut√©, 2012 - books.google.fr).

Le fil de trame, fils (Christ), se d√©vide de la navette, m√®re (Vierge, Pneuma, Esprit), normalement au fil de cha√ģne, p√®re (Dieu) comme le confirme des textes √©thiopiens :

Je me confie √† cause de Marie, la belle colombe de qui est n√© le Christ ; je confie mon √Ęme et mon corps, moi ton serviteur, √† la lumi√®re du soleil, de la lune et des √©toiles du ciel que le Seigneur a cr√©√©es ; je confie mon √Ęme et mon corps, moi ton serviteur, √† sa main droite qui a tiss√© le ciel en bas, alors que la cha√ģne est le P√®re, la trame le Fils, et la navette le Saint-Esprit. (D√©borah Lifchitz, Textes √©thiopiens magico-religieux, Volume 38, traduit par Sylvain Gr√©baut, 1940 - books.google.fr).

Pourquoi la navette serait en biais, alors qu'elle conduit le fil de trame perpendiculairement aux fils de cha√ģne ?

Le lancer oblique de la navette est présenté comme un progrès par MM. Claude Chrétien et Louis-Charles Sourd, fabricants à Lyon, dans la confection des rubans (brevet de perfectionnement du 28 novembre 1829). Mais déjà on parle de lancer oblique dans un brevet d'invention de quinze du 23 décembre 1805 de Gaspard Grégoire "Pour la fabrication des étoffes ou tissus circulaires plans, et autres formes, à lisières ou à fonds inégaux, appelés Tournoises" (Alexandre Devilliers, Nouveau manuel complet de la soierie, 1839 - books.google.fr, Bulletin publié par la Société industrielle de l'arrondissement de Saint-Etienne: agriculture, sciences, arts et commerce, 1830 - books.google.fr, Gerard-Joseph Christian, Claude Pierre Molard, Description des machines et procedes specifies dans les brevets d'invention, de perfectionnement et d'importation, dont la duree est expirée, Volume 41, 1823 - books.google.fr).

Peut-être que le lancer oblique de la navette pour d'autres matières à tisser que la soie, produite aussi par l'araignée, était connu d'une plus grande antiquité.

L'araignée

L'araign√©e/poulpe, image bien pr√©sente chez les sto√Įciens comme repr√©sentation de l'h√©g√©monikon, est plac√©e pr√®s de "ANTE" qui est notre "CERVEAU" et non le coeur o√Ļ elle devrait √™tre situ√©e.

On vient de voir que l'araignée est aussi un SCAPHE (à rapprocher du "SCAPHAE" du Serpent rouge), un cadran solaire.

Si l'araign√©e de la dalle horizontale de Marie de N√®gre d√©signe ce "SCAPHAE", cela ne correspond plus √† la devise du Serpent rouge " LENE BUXEUM - EOUS SCAPH√Ü " o√Ļ LENE a √©t√© auparavant identifi√© √† la rivi√®re la L√®ne √† Magalas.

√Ä Laroque, la mieunelle (1659); dans le second compoix (1751), on trouve les formes miunelle, lieunene et niunelle, la tradition orale actuelle disant / lioul√©no /. √Ä Quintillan, la lieunene (compoix 1654) et la Leuleigne (compoix 1755). Beaucoup d'h√©sitations, on le voit, comme il convient en pr√©sence d'un nom de lieu sur lequel la paronymie semble n'avoir pas eu de prise. Les deux sites donnent √† voir un monticule rocheux de schistes feuillet√©s, les deux monticules se trouvant au bord d'une voie de passage bien fr√©quent√©e: le chemin du Carcass√©s √† Laroque, le chemin de Sinsac √† Quintillan. Pour l'√©tymologie P.-H. Billy donne l'ib√®re: *LENA ‚Äúdalle‚ÄĚ et cite les toponymes L√®gne, L√®ne, Liou (‚ÄúNoms de lieux pyr√©n√©ens d'origine pr√©romane‚ÄĚ, NRO, 1986, p. 98). De m√™me, Alibert: llena ‚Äúpierre de l'√Ętre‚ÄĚ (‚ÄúSur quelques toponymes catalano-occitans de l'Aude‚ÄĚ, RIO, 1956, t. 8, p. 140). Camproux, pour sa part, lie la ¬ę dalle de pierre ¬Ľ (selon lui √©l√©ment gaulois dominant) √† des ¬ę lieux √† caract√®re religieux ¬Ľ qui √©voquent des r√©unions ¬ę autour d'un druide local ¬Ľ (Revue des langues romanes, 1970, t. 79, p. 42): dans le cas de Laroque-de-Fa, cette Lioul√©no n'aurait-elle pas un rapport avec le fanum du lieu ? La situation de petite hauteur remarquable de bord de chemin semble, en tout cas, sur les deux sites, bien √©tablie (Claude Pla, Pierre-Henri Billy, Termen√®s fleur d'√©pine: toponymie et microtoponymie d'un ancien pays de l'Aude, 2014 - books.google.fr).

le lieu-dit Arrenal entre la Roque Mude et Buc (BUXEUM du Serpent rouge) se trouve sur la commune de Saint Polycarpe.

On a en latin du moyen √Ęge pour aranea, √† la fois arena et irania. On a appel√© l'araign√©e aussi bambis, bambus parce qu'elle file comme le bombyx (ver √† soie) (Eug√®ne Rolland, Henri Gaidoz, Faune populaire de la France: Noms vulgaires, dictons, proverbes, l√©gendes, contes et superstitions, Volumes 12 √† 13, 1967 - books.google.fr).

La confusion entre aranea et arena existe encore pour la musaraigne :

musaraigne, s. f. (mu-za-rè-gn) [mus, souris, et aranea, araignée, ou arena, sable]. Petit animal sauvage, à peu près de la grosseur d'une souris, et dont le museau est fort pointu (Dictionnaire des dictionnaires; ou, Vocabulaire universel et complet de la langue française reproduisant le dictionnaire de l'Académie française, Volume 2, 1839 - books.google.fr).

D'après les vielles chartes, Monsireigne en Vendée s'appella successivement : De Montigniaco. De Monte Yrennée : XIVe siècle. De Monte Araneo : XVIe siècle. De Mautravers ou de Monsiraignes : XVIIe siècle. De Monte Arraneat de Rodouers : XVIIIe siècle. On a proposé jusqu'à 6 explications différentes de ces divers noms (Revue d'études historiques et archéologiques, Société d'émulation de la Vendée, La Roche-sur-Yon, 1942 - books.google.fr).

J'ai pens√© que l'√©glise de Monsireigne qui, dans son √©tat actuel, date des XIIIe et XVIIe si√®cles, pouvait √™tre plac√©e sous l'invocation du disciple de saint Polycarpe et vaillant combattant de l'h√©r√©sie. V√©rification faite, il n'en est rien, en tout cas pour la p√©riode moderne ; elle est d√©di√©e √† Notre-Dame de l'Assomption et d√©j√† mentionn√©e en 1911 sous cette appellation, donc bien avant la proclamation du dogme, en 1950, par Pie XII ; nous savons qu'il n'y a pas lieu de s'en √©tonner, la proclamation n'√©tant souvent que la sanction officielle d'une croyance et d'une d√©votion anciennement pratiqu√©es. Mention est faite √©galement d'un prieur√©, sans doute ant√©rieur √† l'√©glise et portant le nom de Montegraine. M√™me si l'√©glise paroissiale n'a jamais √©t√© plac√©e sous le vocable de saint Ir√©n√©e, la possibilit√© de son patronage pour le nom du bourg, est loin d'√™tre exclue, d'autant qu'une variante de son nom est √Črigne, justifiant des formes comme ¬ęMont√©rigne¬Ľ ou ¬ęMons√©rigne¬Ľ. Un autre domaine, un autre niveau de r√©flexion s'offre √† nous √† travers ce qui serait ou pourrait √™tre une √©tymologie populaire proc√©dant par rapprochement et assimilation fond√©e sur une assonance ou une confusion de termes. Cette √©tymologie n'est pas pour autant n√©gligeable; elle se pr√©sente comme une exfoliation du nom du lieu dont elle √©voque l'esprit ; elle se rapporte au genius loci. Monsireigne sugg√®re un Mont de l'Araign√©e, l'iragne, l'iraigne, en ancien fran√ßais comme en poitevin, aranea en latin. Monsireigne sugg√®re aussi bien un Mont de la Sir√®ne, monsirenea, adjectif latin de sirena... La Sir√®ne chanteuse est la voix de la l√©gende dont elle ma√ģtrise et r√©pand les v√©rit√©s captieuses. Attentive au centre de sa toile, l'iragne fileuse entrem√™le de la m√™me fa√ßon les fils sombres et brillants de la Fable ; elle tisse le lacs de la v√©rit√© captive - ou du mensonge... Ces deux personnages qu'√©carterait sans doute la science toponymique, n'en contribuent pas moins √† la densit√© anthropologique du lieu (Aguiaine, Le Subiet, Volume 39, Soci√©t√© d'√©tudes folkloriques du Centre-Ouest (France), 2007 - books.google.fr).

C'est √† Saint Ir√©n√©e √† Lyon que le Codex Bezae √©tait conserv√© avant qu'il ne soit vol√© et confi√© √† Th√©odore de B√®ze qui l'offrit √† l'universit√© de Cambridge (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Les parchemins : dans le texte).

L'araign√©e de la dalle horizontale de Marie de N√®gre d√©signerait Ir√©n√©e, disciple de saint Polycarpe, commune o√Ļ se trouve Arrenal sur la ligne gnostique. Ce serait une autre araign√©e que l'hegemonikon situ√© vers Prouille ("NOBLe").

Irénée disciple de Polycarpe

Les trois principaux ouvrages de r√©futation contre les gnostiques s'√©chelonnent sur trois si√®cles : ils sont dus √† Ir√©n√©e, √©v√™que de Lyon au IIe, √† Hippolyte, qui vivait √† Rome au IIIe et √† √Čpiphane, √©v√™que de Salamine au IVe si√®cle.

N√© en Asie Mineure dans la premi√®re moiti√© du IIe si√®cle, Ir√©n√©e devient √©v√™que de Lyon vers 177. Pr√©c√©demment il avait s√©journ√© √† Rome o√Ļ il rencontra des ma√ģtres gnostiques qui y pr√™chaient leur doctrine. Il r√©digea en grec son monumental ouvrage contre la doctrine gnostique, D√©nonciation et r√©futation de la Gnose au nom menteur, entre 180 et 185. L'original est perdu, mais une traduction latine de son Ňďuvre a √©t√© conserv√©e. Il en existe √©galement des fragments en arm√©nien. Ir√©n√©e √©tait avant tout un √©v√™que, soucieux de sauvegarder l'unit√© de l'√Čglise et de sa communaut√© lyonnaise. Conscient du foisonnement des groupes gnostiques en Orient comme en Occident, il voulut √©crire un r√©quisitoire. Son intention, dit-il, est de fournir √† ses fid√®les les moyens de se d√©fendre contre cette doctrine qui s'√©tait infiltr√©e jusque dans la vall√©e du Rh√īne. Le but d'Ir√©n√©e est double, comme l'indique le titre de son Ňďuvre. Il s'agit d'abord d'une d√©nonciation des th√©ories et des √©crivains gnostiques, ensuite d'une r√©futation critique de leurs id√©es. S'appuyant constamment sur les √Čcritures, l'√©v√™que de Lyon montre l'harmonie profonde entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Cet accord √©tait ni√© par les gnostiques qui voyaient dans l'Ancien Testament l'Ňďuvre d'un dieu du mal et et dans le Nouveau, la parole d'un dieu de bont√© et de lumi√®re. Ir√©n√©e passe en revue les principaux penseurs gnostiques vivant √† son √©poque : Ptol√©m√©e, Valentin, Marc le Mage. Ce dernier faisait des pros√©lytes dans la r√©gion de Lyon. Il retrace √©galement les fili√®res de leur pens√©e et en rep√®re les sources chez quelques auteurs du 1er si√®cle, gnostiques avant la lettre : Simon le Magicien, M√©nandre, Saturnin. Il brosse enfin un portrait des sectes et des communaut√©s qui se r√©clament des grands ma√ģtres. Les noms de ces sectes, qui √©voquent soit celui du docteur gnostique (Valentin, valentiniens, Marc le Mage, marcosiens) soit celui du personnage mythique que la secte honore (Barb√©lo, barb√©liotes; Ophis, serpent en grec, ophites) sont le plus souvent artificiels. Les P√®res en effet affublaient les communaut√©s dissidentes de noms invent√©s de toute pi√®ce, portant, dans leur √©tranget√©, la marque d'un m√©pris √©vident.

Hippolyte de Rome s'emploie √† b√Ętir tout un r√©seau de parent√©s entre tel philosophe grec et tel ma√ģtre gnostique : les textes de Simon le Magicien (Ier si√®cle apr√®s J.-C.) sont lus √† la lumi√®re d'H√©raclite (VIe avant J.-C.), ceux de Basilide (IIe apr√®s apr√®s J.-C), √† celle d'Aristote (385-322 avant J.-C.) et ainsi de suite. Ces liens sont souvent artificiels, en d√©pit de ce que doit la pens√©e gnostique √† la philosophie grecque (Madeleine Scopellon, Les gnostiques, 1991 - books.google.fr).

HIRENALLE, subst. f. √Čvidemment fabriqu√© et dont le sens demeure aussi imp√©n√©trable que l'origine. Destirer fait la hirenalle Quant le gosier est assegis. Bail. IV. Hirenalle rime avec pirenalle, qui n'est gu√®re plus intel‚ÄĒ ligible. (Voyez ce mot.) L'un et l'autre sont d'exemple unique. En supposant qu'il fall√Ľt mouiller les deux ll, on aurait hirenaille et pirenaille, c'est-√†-dire deux mots de la formation qui a donn√© canaille, grenaille, tenaille. Et comme l'n dans ces trois derniers appartient au radical, canis, granum, tenacula (de tenere), il faudrait chercher pour hirenaille un radical tel que hiren. Le fran√ßais n'en offre aucun, sauf iraigne (araign√©e) qui se pronon√ßait iraine, mais qui est inacceptable ici √† cause de l'h aspir√©e que donne √† la fois le texte et qu'exige la mesure du vers. Arene et arenal, d√©j√† plus √©loign√©s, sont √©cart√©s pour la m√™me raison. Nous sommes donc conduits √† nous rejeter sur l'allemand hirn, cervelle, qui sonne hiren et nous fournit le radical cherch√©. Les deux vers de la ballade IV signifieraient, en ce cas : ¬ę Le gosier, quand il est attaqu√© ou ass√©ch√© (par la corde du gibet), fait d√©tirer la cervelle ¬Ľ (Auguste Vitu, Le jargon du XVe si√®cle: √©tude philologique, 1884 - books.google.fr).

Araignée et cervelle vont bien ensemble puisque l'on peut avoir une araignée au plafond.

Irénée et Alet ("Aletheia" en grec c'est la vérité) font penser à Irénée Philalèthe, auteur d'ouvrages alchimiques.

Bien qu'il ait √©t√© en relations avec Robert Boyle et d'autres illustres savants anglais de l'√©poque, la personnalit√© r√©elle d'¬ę Ir√©n√©e Philalethe ¬Ľ demeure un myst√®re; les identifications possibles du ¬ę Philalethe ¬Ľ avec son ami Starkey, avec Thomas Vaughan, avec le Dr Robert Child (Serge Hutin, Les disciples anglais de Jacob Boehne aux XVIIe et XVIIIe si√®cles, 1960 - books.google.fr).

Au cours du martyre de saint Polycarpe, "les pa√Įens voyant que le feu le respectait, indign√©s, pour ainsi dire, contre le feu m√™me, perc√®rent le Martyr d‚Äôun coup d‚Äô√©p√©e, et de ses blessures il jaillit tant de sang qu‚Äôil √©teignit le feu. C‚Äôest ainsi que S. Polycarpe accomplit son sacrifice , selon la relation consign√©e dans la c√©l√®bre lettre des fid√®les de Smyrne, envoy√©e √† toutes les √Čglises: elle est rapport√©e par Ruinart dans le recueil des actes des Martyrs. Son martyre eut lieu vers l‚Äôan 160" (Oeuvres compl√®tes de Alphonse de de Liguori, sous la direction de M.M. les abb√©s Vidal, Dulalle et Bousquet, Volume 16, 1835 - books.google.fr).

Cela explique l'√©p√©e plac√© sur un livre ouvert devant saint Polycarpe sur un tableau de l'abbaye. c'est peut-√™tre aussi une allusion √† Ir√©n√©e, "paix" en grec, et au passage des √©vangiles o√Ļ J√©sus dit qu'il n'est pas venu apporter la paix mais l'√©p√©e.

Dans la nef de l'abbatiale de Saint Polycarpe, il existe deux tableaux plac√©s face √† face, l'un d√©crit la pr√©sentation de J√©sus au temple, et l'autre une m√©ditation de Saint Polycarpe et de Saint Beno√ģt devant le Christ crucifi√©. La pr√©sentation au temple est sign√©e d'un d√©nomm√© Saisac et dat√©e de 1650. A cette √©poque, Gabriel Siran de Cabanac √©tait abb√© commendataire. L'autre tableau est du peintre Anet Auriac, neuf ans plus tard. Un troisi√®me tableau √† Saint Polycarpe est peut-√™tre du m√™me peintre. Il s'agit d'une sc√®ne repr√©sentant, Marie Madeleine en larmes d√©couvrant que le tombeau de J√©sus est vide. Sur le tombeau, une inscription en latin ‚Äú Tulerunt dominum meum‚ÄĚ:‚Äú Ils ont enlev√© mon Seigneur‚ÄĚ

www.renne-le-chateau.com - Anet Auriac, Crucifixion avec saint Polycarpe et saint Beno√ģt, Abbaye Saint Polycarpe

Thierry Ruinart, plus connu sous le nom de Dom Ruinart, est un savant b√©n√©dictin de la congr√©gation de Saint-Maur, n√© le 10 juin 1657 et mort le 27 septembre 1709, en l'abbaye de Hautvillers en Champagne (aujourd'hui dans la Marne). Il prononce ses vŇďux le 19 octobre 1675 en l'Abbaye Saint-Faron de Meaux. Il est ensuite envoy√© √† l'Abbaye de Saint-Germain-des-Pr√©s poursuivre ses √©tudes o√Ļ il rencontre dom Mabillon dont il est le disciple. Dom Thierry Ruinart a collabor√© avec dom P√©rignon avec qui il a appris les secrets de la champagnisation. Il est l'auteur de Acta primorum martyrum sincera et selecta en 1689. Ce martyrologe latin sera traduit en fran√ßais par l'abb√© Jean-Baptiste Drouet de Maupertuy en 1732 C'est son neveu Nicolas qui fonde la premi√®re maison de Champagne sparnacienne (fr.wikipedia.org - Thierry Ruinart).

C'est probablement Atala le seigneur espagnol fondateur de Saint Polycarpe que Théodulphe salue avec Olemonde, fondateur de l'abbaye de Montolieu venu de Lagrasse fondée par Nébride. Théodulphe reçut la commission de rendre la justice en Septimanie et en Bas-Languedoc de Charlemagne en 798, et vint à cette occasion en la ville de Rhedae (Abbé Regnaud, Histoire de l'abbaye de St Polycarpe, depuis sa fondation jusqu'à sa destruction, 1779 - books.google.fr).

Soucieux tout autant de la r√©forme du clerg√© r√©gulier que de celle du clerg√© s√©culier, le concile de Trente, dans sa derni√®re session en 1563 (session XXV, c. VIII), imposa aux monast√®res b√©n√©dictins b√©n√©ficiant des privil√®ges de l‚Äôexemption4 de se regrouper en congr√©gations ou chapitres provinciaux et de r√©aliser des visites canoniques r√©guli√®res. Faute de quoi, ils retomberaient sous la juridiction de l‚Äôordinaire et seraient visit√©s par les √©v√™ques agissant en qualit√© de d√©l√©gu√©s apostoliques. Bon nombre d‚Äôentre eux n‚Äôavaient aucun d√©sir de se soumettre √† un contr√īle √©piscopal de plus en plus pesant et tatillon. En outre, tous voulaient conserver leurs privil√®ges et leur ind√©pendance. Ils choisirent donc de fonder une congr√©gation, dont le caract√®re gallican sera impos√© par le roi lors des Etats G√©n√©raux de Blois (1579) : la congr√©gation des Exempts de France (Mari√© 1956, Hurel 2001, Berli√®re 1897). D√®s 1580, cette derni√®re comptait d√©j√† un certain nombre de monast√®res. Dans les pays d‚ÄôAude, les abbayes de Caunes, Montolieu, Lagrasse, Saint-Hilaire, Saint-Polycarpe et Saint-Papoul y adh√©r√®rent plus ou moins rapidement. On l‚Äôignore, mais on peut penser qu‚Äôelles le firent avec la b√©n√©diction de leurs abb√©s respectifs. Une telle adh√©sion √©tait-elle donc l‚Äôaffirmation d‚Äôun souhait √©vident de changement? Comme l‚Äô√©crit Dom Mari√©, cette congr√©gation √©tait √† l‚Äô√©vidence ‚Äú... anim√©e moins par un sinc√®re d√©sir de r√©forme que par le souci de sauvegarder des privil√®ges‚ÄĚ (Mari√© 1956, 906).

Peu à peu, depuis une trentaine d’années environ, nombre d’abbayes méridionales avaient quitté la congrégation des Exempts pour celle de Saint-Maur. Ce fut le cas de Saint-Chinian en 1629, d’Aniane en 1635, de Sorèze en 1646 et enfin de Montolieu en 1649 sous l’impulsion de l’abbé Jean de Moussoulens. Incontestablement, la réforme mauriste gagnait alors inexorablement du terrain aux quatre coins du royaume (Robion 1998, Hurel 2001).

Les moines de Saint-Hilaire n‚Äôauraient pas lutt√© durant pr√®s de trente ans contre leur abb√© commandataire Martin de Lucas qui les incitait inlassablement √† adh√©rer √† la r√©forme mauriste. La disparition de cette abbaye au XVIIIe si√®cle, comme celle de sa voisine de Saint-Polycarpe, est significative et signale un refus d√©finitif de changement aboutissant √† la dislocation irr√©m√©diable de la communaut√© monastique (Claude-Marie Robion, Daniel-Odon Hurel, L‚Äôabbaye de Caunes-Minervois au sein de la congr√©gation de Saint-Maur : de l‚Äôinstallation √† la dispersion. In: Arch√©ologie du Midi m√©di√©val. Suppl√©ment n¬į6, 2010 - www.persee.fr).

Les mŇďurs des religieux √©taient arriv√©es √† un √©tat de rel√Ęchement extr√™me; toutes les portes √©taient ouvertes aux hommes et aux femmes du village; ces derni√®res venaient danser avec les fr√®res dans les salles abbatiales: le jeu, la chasse, la bonne ch√®re, etc., occupaient tous les mumens des moines; le service divin ne se fesait pas, ou se fesait rapidement. Telle √©tait la vie de licence et de dissipation de presque tous les couvens, lorsqu'une r√©forme g√©n√©rale de la vie monastique fut entreprise. A Saint-Polycarpe, ce fut un nomm√© Lafite-Maria, √Ęg√© de vingt-cinq ans, qui vint travailler √† √©tablir cette r√©forme vers l'ann√©e 1705. Il est ais√© de pr√©voir de quelle mani√®re furent accueillies les pratiques d'une vie aust√®re par des religieux habitu√©s, depuis long-temps, √† vivre dans les plaisirs des sens. Les fr√®res de Saint-Polycarpe se refus√®rent √† suivre une discipline compos√©e de je√Ľnes, de veilles, de retraite, de silence, de m√©ditations, et prirent la r√©solution de se retirer. Lafite-Maria se vit contraint de choisir de jeunes religieux et de les plier de bonne heure √† la r√©forme claustrale. Il est inutile de raconter ici toutes les pratiques de cette nouvelle vie asc√©tique, qui n'√©tait, il faut en convenir, qu'un exc√®s de s√©v√©rit√© substitu√© √† un exc√®s de licence. Pour s'en convaincre, examinons ce qui est arriv√© √† la suite de cette r√©forme: sur cinquante-quatre fr√®res d√©c√©d√©s dans le monast√®re de Saint-Polycarpe, depuis cette m√™me √©poque jusqu'en 1741, c'est-√†-dire, pendant une p√©riode de trente-six ans, vingt fr√®res n'ont pas d√©pass√© l'√Ęge de vingt-cinq ans, vingt-neuf n'ont pas v√©cu plus de trente ans, et la vie moyenne de ces cinquante-quatre religieux n'a pas √©t√© au-del√† de trente-sept ans. Cette statistique, qu'il a √©t√© facile de dresser √† l'aide des tables n√©crologiques conserv√©es par le couvent, montre clairement la funeste influence d'un r√©gime de vie trop rigoureux sur la dur√©e de la vie humaine. Disons encore que plusieurs fr√®res, √©puis√©s par l'abstinence et la m√©ditation, ne termin√®rent point leur existence sur la paille et la cendre du couvent, mais se retir√®rent avec des infirmit√©s graves ou des d√©sordres dans l'intelligence (L.A. Buzairie, L'abbaye de Saint Polycarpe, La Mosa√Įque du midi: publication mensuelle, Volume 5, 1841 - books.google.fr).

Dom Pierre Daniel Labat (Saint Sever, 1725 - Paris, 1803) fut un mauriste qui connaissait √† la fois la r√©gion de Carcassonne et Paris. Sup√©rieur √† Montolieu et √† Lagrasse, il s'√©toit uni d'une √©troit√© amiti√© avec ce qui restait de religieux √† l'abbaye de Saint Polycarpe dont les revenus avaient √©t√© unis au S√©minaire de Narbonne gouvern√© par les Lazaristes. Partisan des doctrines de Saint Augustin, sans √™tre un des jans√©nistes qu'il n'accablait pas, il d√©fendit la r√©putation de Saint Polycarpe. A Paris, il fut aux Blancs-Manteaux pour participer √† la collection des Conciles de France et aux Oeuvres de Gr√©goire de Nazianze de Dom Cl√©mencet (√Čloge historique de dom Pierre-Daniel Labat: religieux B√©n√©dictin de la congr√©gation de Saint-Maur, 1830 - books.google.fr).

Les Blancs-Manteaux n'étaient pas les Templiers mais les Serviteurs de Sainte Marie des Arènes, les serfs de la Vierge, venus de Marseille en 1258 et qui portaient l'habit blanc. Ils furent remplacés par les Guillemites ou Guillemins en 1298 par Philippe le Bel. En 1618, la maison passa à la congrégation bénédictine de Saint Vannes. Trois ans après, Grégoire XV unit le prieuré de Saint Guillaume des Blancs-Manteaux fut uni à la congrégation de Saint Maur (Dictionnaire Universel Francois Et Latin, Volume 3, 1743 - books.google.fr).

Millénarisme

Pourquoi donc la fin du Ve si√®cle fut-elle sujette √† ces craintes ? Contrairement √† ce que l'on pourrait penser ce n'est pas l'effondrement de l'Empire en Occident qui marqua le plus les contemporains. Cette disparition en 476 ne fut en d√©finitive qu'une banale s√©dition militaire sans impact eschatologique Du reste il subsistait un empereur en Orient, √† Constantinople, auquel le roi barbare Odoacre s'√©tait empress√© de renvoyer les insignes imp√©riaux d'Occident. Autrement plus inqui√©tante √©tait la d√©gradation de la situation des chr√©tiens catholiques en Occident. En Gaule notamment les Wisigoths convertis au christianisme sous la forme arienne repr√©sentaient une menace mortelle pour le catholicisme. La d√©fense de la foi catholique avait fini par s'identifier √† la d√©fense de la romanit√© comme le montre le parcours du patriote Sidoine Apollinaire devenu √©v√™que de Clermont en 471. Beaucoup voyaient dans les ariens les pers√©cuteurs des derniers temps comme cela avait d√©j√† √©t√© sugg√©r√© par les √Čgyptiens Antoine et Athanase au si√®cle pr√©c√©dent. Les rois wisigoths Euric (d√©crit par Sidoine Apollinaire comme le nouveau Pharaon N) puis Alaric II entam√®rent une pers√©cution des catholiques de l'Aquitaine chassant de leurs si√®ges et d√©portant de nombreux √©v√™ques dont les √©v√™ques de Tours Volusien et Verus. Peu de secours √©tait √† attendre de la part de l'empereur bien lointain dans son palais de Constantinople et qui plus est lui aussi gagn√© par une autre h√©r√©sie, le monophysisme. Les catholiques des Gaules √©taient donc seuls, pers√©cut√©s, en proie √† une v√©ritable contagion arienne gagnant l'Espagne et la Gaule wisigothiques, l'Afrique vandale et l'Italie aux mains des Ostrogoths √† partir de 490-493. Face √† ce qui apparaissait comme l'ultime pers√©cution restaient les seules esp√©rances mill√©naristes d'autant que de nombreux calculs chronologiques se r√©pandaient alors d√©montrant l'imminence de la fin des temps. Les computs quelque peu catastrophistes qui se r√©pandirent alors consid√©raient que la fin des temps co√Įnciderait avec la six milli√®me ann√©e depuis la Cr√©ation du monde. Cette six milli√®me ann√©e tombait suivant certains calculs √† une date comprise entre 492 et 506 de notre √®re chr√©tienne. Comment √©tait-on parvenu √† ce r√©sultat ? Au d√©but du IIIe si√®cle de notre √®re, le pr√™tre Hippolyte de Rome avait repris des sp√©culations ant√©rieures sur une dur√©e du monde de six mille ans √† l'image des six jours de la Cr√©ation (A partir de Gn 1 (cr√©ation du monde en six jours), Gn 2, 2-3 (repos le septi√®me jour) et Ps 89, 4 (un jour vaut mille ann√©es aux yeux de Dieu)). Pour les mill√©naristes ces six mille ans seraient suivis du mill√©naire sabbatique des saints √† l'image du septi√®me jour o√Ļ Dieu se reposa apr√®s la Cr√©ation. La nouveaut√© d'Hippolyte consistait non seulement √† fixer l'Incarnation en 5500 de l'ann√©e du monde, mais surtout √† assigner une date √† la fin du monde pr√©vue pour l'ann√©e 500 apr√®s cette Incarnation. √Ä l'√©poque o√Ļ Hippolyte √©crivait cette √©ch√©ance √©tait encore lointaine mais, in√©vitablement, elle se devait se rapprocher au point de susciter des frayeurs l√©gitimes. Ainsi, pour l'√©v√™que africain Hilarion qui, √©crivait en 397, soit pour lui 369 ans apr√®s la Passion, il restait cent un ans avant la fin, ce qui donnait une fin du monde en 498 de notre √®re L'√©v√™que Eus√®be de C√©sar√©e, au moment du triomphe de l'√Čglise, avait senti la n√©cessit√© de combattre le pessimisme eschatologique. Il retarda ainsi dans certains de ces calculs la date de l'Incarnation de trois si√®cles, ce qui eut pour effet de diff√©rer d'autant la fin du monde et donc la fin de l'empire chr√©tien. L'historien am√©ricain Richard Landes a parfaitement montr√© que cette nouvelle chronologie (qu'il appelle Ann√©e du Monde II) allait susciter des craintes eschatologiques vers l'an 800, nouvelle date suppos√©e de la fin du monde. Ce serait l'origine du couronnement imp√©rial de Charlemagne √† la No√ęl 800, c√©r√©monie orchestr√©e par les clercs comme une v√©ritable r√©novation de Rome et du monde. Par contre, tout en citant quelques t√©moignages de peurs et d'attentes analogues autour de l'ann√©e 500, Landes minorise ces faits consid√©rant que l'ancienne chronologie qu'il appelle Ann√©e du Monde I √©tait quasiment abandonn√©e au profit de la chronologie eus√©bienne. Nous pensons par contre que l'ancienne chronologie devait encore subsister, au moins chez certains clercs, pour g√©n√©rer de semblables craintes et esp√©rances. Ainsi un passage des Fastes consulaires indiqu √† la date du consulat de Viator (495 apr√®s J.-C) : ¬ę depuis la Venue de notre Seigneur jusqu'au consulat de Viator se sont √©coul√©s 500 ans, et d'Adam jusqu'√† la m√™me date 6000 ans ¬Ľ. Fabio Troncarelli a, quant √† lui, analys√© deux passages d'une Chronique paschale dont l'un indique curieusement √† la date de 496, un an apr√®s le consulat de Viator alors qu'il n'y a pas de consul reconnu en Occident : ¬ę Certains d√©lirant √† propos du consul disent que l'Ant√©christ allait na√ģtre ¬Ľ. Les d√©lires combattus par le chroniqueur peuvent s'expliquer par l'absence inhabituelle de consul. Mais les dates de 493 et 496 marquent aussi le succ√®s d√©finitif des Ostrogoths en Italie et donc √† terme (car la chronique a √©t√© √©crite √† la fin du VIe si√®cle) les pers√©cutions des catholiques √† la fin du r√®gne de Th√©odoric. Nous reconnaissons que ces mentions sont tr√®s √©parses, mais il faut ajouter un autre t√©moignage minimis√© par Landes, celui de la Chronique de Sulpice S√©v√®re. Sulpice S√©v√®re, l'hagiographe de saint Martin, r√©digea en effet un peu apr√®s 400 apr√®s J.-C. une Chronique o√Ļ il reprenait l'ancienne datation de l'Incarnation en 5500 Anno mundi 48. Il est difficile de dire pr√©cis√©ment √† quelle date de notre √®re chr√©tienne cela correspondait. Sulpice fait en effet des erreurs dans les datations par rapport au r√®gne d'H√©rode et aux Fastes consulaires * impr√©cisions qu'il reconna√ģt lui-m√™me. Il ne date pas l'Incarnation par rapport au r√®gne d'Auguste, mais il suit globalement Hippolyte et Jules l'Africain qui la dataient de la quarante-deuxi√®me ann√©e de ce r√®gne soit juste avant la premi√®re ann√©e de notre √®re chr√©tienne. Nul doute que pour lui la fin du monde et le d√©but du mill√©naire des saints commenceraient peu avant l'an 500 (Bertrand Fauvarque, Le bapt√™me de Clovis, Clovis, 1997 - books.google.fr).

Ir√©n√©e partageait les r√™ves mill√©naristes fond√©s sur l'Apocalypse. Il attendait la r√©surrection des justes qui r√©gneraient mille ans sur une terre devenue un nouveau paradis. Pendant ce temps, les justes progresseraient encore dans la connaissance du Seigneur en s'accoutumant √† voir Sa gloire. R√©solument optimiste, la th√©ologie d'Ir√©n√©e est un hymne √† la vie : ¬ę La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu ¬Ľ (Adversus Haereses). Ir√©n√©e s'exprime dans la culture grecque, mais celle-ci n'est pas la condition unique de l'annonce de l'√Čvangile. Pour l'√©v√™que de Lyon, qui parlait sans doute le celte, les barbares peuvent avoir acc√®s au message chr√©tien, m√™me s'ils sont analphab√®tes. L'universalit√© de l'√Čglise recouvre et d√©passe celle de l'Empire romain. La cons√©quence en est la pr√©sence des √Čglises dans des r√©gions bien √©loign√©es du foyer de l'hell√©nisme : la Germanie, la Gaule, l'Espagne. Ir√©n√©e devient ainsi un des premiers artisans d'un nouvel humanisme qui va na√ģtre de la rencontre de l'hell√©nisme, du christianisme et de la multitude des cultures et des langues de notre Europe (Jean Combry, Ir√©n√©e t√©moin de l'hell√©nisme et de l'humanisme chr√©tien, Lyon, l'humaniste : Depuis toujours, ville de foi et de r√©voltes, 2004 - books.google.fr).

Quoniam mille anni ante oculos tuos tanquam dies hesterna, qua prŇďteriit. Et custodia in nocte, quae pro nihilo habentur, eorum anni erunt... Quoniam omnes dies nostri defecerunt ; et in ira tua defecimus, anni nostri sicut aranea meditabuntur. ¬ęMille ans √† tes yeux sont comme le jour d'hier, pass√© ; et les ann√©es des fils des hommes seront comme une garde dans la nuit, tenues pour rien. Oui, tous nos jours se sont effac√©s et nous avons disparu devant ta col√®re, et nos ann√©es eront estim√©es t√©nues comme des toiles d'araign√©e¬Ľ (Ps 89). La basse antiquit√© n'√©labore pas d'utopies, n'√©crit ni les Lois ni la R√©publique, qui semblent d'ailleurs √™tre les moins lus parmi les trait√©s platoniciens. En fait le pessimisme sur l'avenir, et m√™me peut-√™tre l'absence de vision de l'avenir semble √™tre la r√®gle. L'au-del√† semble √™tre la seule vision d'un avenir heureux : ¬ęLe premier ciel et la premi√®re terre s'en sont all√©s... et j'ai vu la ville sainte, la nouvelle J√©rusalem, descendre du ciel... Son √©clat est pareil √† une pierre tr√®s pr√©cieuse comme du jaspe cristallin. Elle est ceinte d'une grande et haute muraille perc√©e de douze portes... La muraille est construite en jaspe et la ville en un or pur pareil a du verre pur... Les nations marcheront √† sa lumi√®re, et les rois de la terre lui apporteront leur gloire¬Ľ... (Apocalypse XXI). La notion relativement nouvelle de p√©ch√© originel rend impossible l'apparition d'utopies terrestres. Que faire d'un homme mauvais par nature ? Les utopistes des si√®cles futurs, Campanella, Thomas More, Rabelais, Saint-Simon ou L√©nine devront √©carter Dieu et le p√©ch√© pour construire leurs syst√®mes. Tant que le christianisme comblait les esprits, aucune utopie ne pouvait s√©duire et il faudra le scepticisme de la Renaissance pour les voir rena√ģtre. Ce que le Ve si√®cle d√©sire seulement, et sans vraiment le formuler, c'est la cr√©ation d'un Etat fort qui favoriserait le salut. L'univers d√©pend maintenant de l'humeur de Dieu, et comme le semi-p√©lagisme domine, Dieu r√©agit en fonction des vertus et p√©ch√©s des hommes : ¬ęCe sont les hommes qui, par leur fa√ßon de vivre, donnent au reste de l'univers l'exemple du p√©ch√©¬Ľ dit Prudence, et des d√©cisions que Dieu prendra au vu de leur comportement. ¬ęNous allumons le feu de la col√®re c√©leste et nous attisons les flammes qui nous d√©vorent¬Ľ, confirme Salvien. Car au si√®cle de Sidoine on √©carte les interpr√©tations symboliques d'Orig√®ne et on prend en un sens litt√©ral les pages de la Gen√®se sur le p√©ch√© initial de d√©sob√©issance et curiosit√©. L'homme reste condamn√© au perp√©tuel rachat du p√©ch√© ancestral et de ses p√©ch√©s propres. La notion de p√©ch√© originel fait du peuple chr√©tien un peuple irr√©m√©diablement coupable, dont la vie consiste √† se faire pardonner, alors que tous les d√©sastres qui s'abattent sur lui, famine et pestes, Goths et Vandales, Huns et percepteurs, sont justifi√©s. Tout malheur est fruit du p√©ch√© et le p√©ch√© est collectif. Les cadavres qui jonchent les chemins, les troupeaux encha√ģn√©s d'hommes, femmes et enfants emmen√©s en esclavage, sont tous porteurs d'un message. Culpabiliser les gens √©tait le meilleur moyen de trouver une excuse √† Dieu, de justifier les malheurs dont Il les accable, de m√™me que de Lui attribuer d'imp√©n√©trables desseins qui transformaient les mis√®res individuelles et collectives en une une d√©marche myst√©rieuse vers l'avenir radieux des √©lus, seule forme admise d'avenir et d'utopie (Jean-√Čric Iung, Jean Le Guillou, Sidoine Apollinaire: l'Auvergne et son temps, 2002 - books.google.fr).

Des spéculations eschatologiques étaient "présentes de façon latente depuis longtemps dans l'ancienne partie occidentale de l'empire. Les ariens étaient considérés comme le signe de l'approche du jugement dernier et les rois wisigoths Euric et Alaric II en particulier représentaient l'incarnation même du mal, comme en témoignent les réactions de Sidoine Apollinaire. À la persécution des évêques sur le territoire wisigoth s'ajouta le conflit avec les monophysites en Orient, qui paralysa partiellement l'empire et réduisit quelque peu sa crédibilité en Occident. [...]

Le projet, qui put √™tre pr√©par√© par les hauts repr√©sentants de l'√Čglise catholique gauloise et dont Avit de Vienne et le m√©tropolite de Reims R√©mi devinrent les protagonistes principaux, pouvait ainsi repr√©senter aussi bien une r√©ponse au mill√©narisme eschatologique qu'une nouvelle conception de la Gaule, dont le destin pr√©occupait tant Sidoine, membre de la g√©n√©ration pr√©c√©dente. La Gaule repr√©sentait alors un nouvel imperium chr√©tien dans un contexte o√Ļ tant la dogmatique que la puissance de l'empire de Constantinople vacillaient. Ce projet se fondait, autant que possible, sur un bapt√™me simultan√© du roi des Francs, Clovis, et du roi des Burgondes, Gondebaud. Le chemin permettant sa r√©alisation devait √™tre celui de l'union dynastique entre les deux royaumes, assur√©e par Clotilde. Car en d√©pit de tous les efforts de persuasion d√©ploy√©s par Gr√©goire de Tours, cette union √©tait avantageuse et souhaitable avant tout pour le souverain francique puisqu'elle lui garantissait le soutien de son voisin contre ses rivaux royaux, Sigebert, Chararic et Ragnacaire" (Vaclav Drska, Le bapt√™me de Clovis : imitatio imperii ? La strat√©gie politique des √©lites eccl√©siastiques gauloises au torunant de l'Antiquit√© et du Moyen √āge, Prague Papers on History of International Relations, 2009 - books.google.fr).

Tissage et filage aux coins du triangle de la dalle verticale de marie de Nègre

A Prouille : "NOBLe" et hegemonikon

En m√™me temps ‚ÄĒ on peut le conjecturer l√©gitimement ‚ÄĒ les premi√®res soeurs faisaient leur profession. Elles √©taient au nombre de neuf, car toutes les converties de Fanjeaux n'entr√®rent pas au clo√ģtre de Prouille. Voici leurs noms : Aladaicie, Raymonde Passarine, B√©reng√®re, Richarde de Barbairan, Jordane, Guillelmine de Beaupuis ou Belpech, Curtolane, Raymonde Clarette et Gentiane. Saint Dominique leur adjoignit deux autres nobles femmes : Messana et Guillelmine de Fanjeaux qui fut la premi√®re prieure. Saint Dominique, dit le B. Humbert, pla√ßa ces servantes du Christ sous la protection d'observances admirables, d'un √©troit silence et d'une cl√īture. Il leur d√©fendit de parler √† qui que ce f√Ľt du dehors, sans une compagne en mesure d'entendre toute la conversation. Et il leur avait impos√© des travaux manuels, notamment ¬ę celui de filer la laine et le lin qui leur seraient n√©cessaires ¬Ľ (L'ann√©e dominicaine : bulletin mensuel du tiers-ordre de saint Dominique, 1890 - books.google.fr).

"Elles étaient neuf" : comme les Muses.

Ce fut encore √† Prouille, en 1216, que Dominique fonda l'ordre des Fr√®res-Pr√™cheurs, dont l'un des premiers couvents fut √©difi√© l'ann√©e suivante au m√™me lieu et aupr√®s du clo√ģtre des religieuses. Sur la fin du si√®cle, les deux monast√®res dont l'importance s'accroissait sans cesse, avaient √©t√© entour√©s d'une puissante enceinte de murailles flanqu√©es d'√©chauguettes et de quinze tours, avec une porte munie d'un pont-levis jet√© sur le foss√©. Entre les deux clo√ģtres fut construite une magnifique √©glise : la premi√®re pierre en avait √©t√© pos√©e le 5 octobre 1267, par le tr√®s noble seigneur Guy de L√©vis, sire de Mirepoix, mar√©chal de la Foi, fils du valeureux lieutenant de Simon de Montfort (Raymond Ritter, Les solitudes de Marguerite de Navarre: (1527-1549), 1953 - books.google.fr).

L'image royale du tissage est d√©velopp√©e par Platon dans Le Politique (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias - books.google.fr).

En assimilant la passion √† un jugement, les ma√ģtres de l'Ancien Portique impliquent le logos dans les affaires passionnelles : ¬ę La passion (pathos) et la raison (logos) ne s'opposent pas entre elles ni ne s'affrontent, elles sont les deux aspects d'une m√™me √Ęme ¬Ľ (SVF,III, 459. 28-29). Aussi ¬ęil n'yapasde diff√©rence de nature entre la partie irrationnelle et passionnelle de l'√Ęme, et sa partie rationnelle ¬Ľ (SVF, III, 459. 1718) ; intimement tiss√©es l'une dans l'autre, elles constituent ¬ę une m√™me partie de l'√Ęme, l'h√©g√©monikon ¬Ľ (SVF, III, 459. 19,27). Cette conception unitaire du psychisme humain marque la premi√®re apparition de l'¬ę homme continu ¬Ľ, l'homme synekh√®s, selon la belle formule de Chrysippe (II, 885. 32). Elle rompt avec la grande tradition dualiste qui √©tait parvenue √† formuler ses concepts en opposant la passion au logos. Comme pour mieux souligner la rupture, la conception sto√Įcienne de l'interp√©n√©tration des √©l√©ments √©motif et pensant trouve encore une expression anatomique. Le¬ę si√®ge de la raison ¬Ľ (h√©g√©monikon), qui traditionnellement se situait √† la t√™te, est transf√©r√© par les sto√Įciens √† la poitrine (st√®thos). Il est localis√© au cŇďur, si√®ge traditionnel de l'impulsion, laquelle se trouve maintenant en cohabitation √©troite avec la ¬ę facult√© pensante ¬Ľ (logistikon)(SVF, II, 881. 32; 848. 5 ; 837. 13 ; 891. 34, etc.). On notera que cette innovation va √† l'encontre des th√©ories m√©dicales de l'√©poque. Les travaux de l'anatomiste H√©rophile et du physiologiste √Črasistrate sur le cerveau, le syst√®me nerveux et le cŇďur concluaient en faveur de la r√©partition traditionnelle : la facult√© pensante √† la t√™te et les affects au cŇďur. C'est dire que les audaces anatomiques des sto√Įciens ne rel√®vent pas du scientisme ; elles font partie d'une symbolique destin√©e √† red√©finir le rapport entre les affects et le logos. ¬ę C'est une m√™me √Ęme qui selon ses dispositions, tant√īt pense, tant√īt s'irrite, tant√īt d√©sire ¬Ľ (SVF, II, 823). Il y a interp√©n√©tration √©troite entre la raison et le corps ; celle-ci est √† celui-l√† ce que l'araign√©e est √† sa toile (SVF, II,879); lorsqu'un homme court, son mouvement n'est rien d'autre que ¬ę la partie directrice de l'√Ęme (h√©g√©monikon) qui a investi ses pieds ¬Ľ (SVF, II, 836. 40) (Maria Daraki, Une religiosit√© sans Dieu: Essai sur les sto√Įciens d'Ath√®nes et saint Augustin, 2013 - books.google.fr).

On se réfère à Tertullien pour trouver le mot tissu explicitement formulé à ce sujet :

D'autre part, l'homme tout entier se trouve constitu√© de l'assemblage de ses deux substances [√Ęme et chair], et pour cette raison il faut que comparaisse en l'un et l'autre √©l√©ment un √™tre qu'il faudra juger en sa totalit√© puisqu'il ne saurait, bien s√Ľr, vivre qu'en sa totalit√©. C'est donc tel qu'il a v√©cu qu'il sera jug√©, parce qu'il doit √™tre jug√© sur la fa√ßon dont il a v√©cu. C'est, en effet, la vie, l'objet du jugement, et elle doit √™tre soumise √† examen dans toutes les substances gr√Ęce auxquelles elle s'est accomplie. Car √Ęme et corps sont √©troitement associ√©s dans la vie terrestre. Allons ! que maintenant nos adversaires d√©chirent ce tissu que constituent notre chair et notre √Ęme, d'abord dans la conduite de la vie, pour avoir l'audace de le d√©chirer aussi quand il s'agit de la r√©mun√©ration de la vie [...]. Mais que ce soit dans le cerveau, ou entre les deux sourcils, ou en quelque lieu qu'en aient d√©cid√© les philosophes, qu'ait √©t√© plac√© le sanctuaire o√Ļ naissent les id√©es, ce qu'on appelle l'h√©g√©monikon, c'est la chair qui sera le seul si√®ge des pens√©es de l'√Ęme. (Hegemonikon : la facult√© dirigeante de l'√Ęme, d'apr√®s le syst√®me sto√Įcien. Tertullien s'est pr√©cis√©ment appuy√©, dans son trait√© De l'√āme (14-15) sur Mt. S, 28 ; 9, 4 pour prouver que le si√®ge de cette facult√© est dans le cŇďur). Jamais l'√Ęme n'est isol√©e de la chair ; aussi longtemps qu'elle est dans la chair, il n'est rien qu'elle ne fasse sans elle, dont elle n'est jamais isol√©e. [...] ¬ę celui qui a jet√© un regard concupiscent a d√©j√† commis l'adult√®re dans son cŇďur ¬Ľ (Matt. 5, 28), tant il est vrai que, m√™me sans r√©alisation effective, la pens√©e est un acte de la chair (Tertullien, La r√©surrection des morts, traduit par Madeleine Moreau, 1980 - books.google.fr).

A Douzens : "CATIN" et estomac

La seule page de La Vraie Langue Celtique qui parle d'estomac c'est la 89 qui parle aussi de tissage : "une étoffe faite de poil de chameau".

Une arachnide est liée au chameau bien avant les récentes guerres d'Irak bushiennes.

La gal√©ode, arachn√©√Įde comme le scorpion, a pu dans beaucoup de cas √™tre assimil√©e √† celui-ci. Le biotope de ces animaux est √† peu pr√®s semblable et malgr√© leurs diff√©rences physiques, l'habitant de Dilmun a pu leur attribuer des caract√©ristiques voisines, sinon identiques, en tout cas vraisemblablement le m√™me caract√®re symbolique. Leur taille est voisine et leur rapidit√©, leur aspect combattif √† tous deux ont pu frapper l'imagination. Si la gal√©ode n'est pas venimeuse, elle est carnivore comme le scorpion. Dans la croyance populaire moderne la gal√©ode, ¬ęaraign√©e-chameau¬Ľ, est cens√©e -√† tort- venir sucer la peau tendre des chamelles pendant leur repos nocturne pour se nourrir de leur sang... Si scorpion et gal√©ode ont √©t√© l'un et l'autre figur√©s sur les sceaux de Dilmun, il para√ģt difficile de les distinguer √† travers la simplification ou la stylisation de leurs formes sur ces minuscules monuments (Jean-Fran√ßois Salles, La n√©cropole de Janussan (Bahrain), 1984 - books.google.fr).

D'apr√®s Olivier (1807), l'esp√®ce Galeodes araneoides de Perse et d'Arabie ne pr√©senterait aucun danger, tandis que Pallas rapporte des faits qui laissent supposer que la blessure de cette m√™me esp√®ce pourrait √™tre fatale pour l'homme. Zablosky Dessiatowsky (i838), qui a √©tudi√© les Galeodes des rives de la mer Caspienne, rapporte que c'est pendant les mois d'√©t√© seulement, juin, juillet, ao√Ľt, que les morsures sont les plus s√©v√®res. L'auteur russe a vu des cosaques qui ont pr√©sent√© des sympt√īmes graves quelques minutes seulement apr√®s la blessure : douleur pongitive suivie de tum√©faction ; puis vertiges, faiblesse et irr√©gularit√© du pouls, vomissements, hypothermie, cardialgie, dyspn√©e, syncopes, sueurs profuses. Ces ph√©nom√®nes peuvent durer de 2 √† 8 heures et √™tre suivis de convulsions t√©taniques. Ces sympt√īmes le plus souvent s'amendent ; mais ils s'aggravent aussi parfois : l'endroit bless√© se gangr√®ne, la faiblesse cardiaque augmente, des convulsions plus violentes se manifestent, et le sujet succombe. En Asie Mineure, la blessure des Gal√©odes tuerait le chameau en moins de 18 heures (P. Zablozky-Dessiatowsky. Dissertatio de Solpuga arachnoide circa mare Caspium v√≠vente. Mosquae. 1838) (Marie Phisalix-Picot, Animaux venimeus et venins: la fonetion venimense chez tous les animaux, Volume 1, 1922 - books.google.fr).

Boudet, dans La Vraie Langue Celtique, parle beaucoup d'Hercule en Espagne o√Ļ il serait mort, selon l'auteur latin Salluste √† qui Servius reproche d'√©crire Geronis au lieu de G√©ryon, qui est grand-p√®re de Norax, fondateur de la ville de Nora en Sardaigne, √ģle sur laquelle Arist√©e, p√®re d'Act√©on, s'installa apr√®s y avoir √©t√© accompagn√© par D√©dale (Le Cercle et la Croix des Proph√®tes : Lourdes et la Croix des Proph√®tes : Leucate).

Sardaigne qu'on retrouve au sujet des galéopodes sous le nom de solifuges :

Solin fait mention d'une esp√®ce d'Araign√©e, qui croissoit dans le Pais [Sardaigne]. Il l'appelle Solifuge, parce qu‚Äôelle fuyoit le Soleil. La picq√Ľre en √©toit venimeuse, & souvent mortelle. Cet infecte se trouvoit, pour l'ordinaire, dans les mines d‚Äôargent. Car il y en avoit dans cette Isle, aussi bien que des mines de soulphre, & d‚Äôalun. (Francois Catrou, Histoire Romaine, Depuis l'ann√©e de Rome 468. jusqu'√† l'ann√©e 514, Volume 6, 1726 - books.google.fr).

Salluste en parle aussi :

On n'y trouve ni serpens ni loups, mais seulement un petit animal nomm√© solifuge, dont la piq√Ľre est fort dangereuse pour les hommes. Il n'y croit non plus aucune herbe v√©n√©neuse, si ce n'est la plante sardonique, qui ressemble √† de l'ache. Quand on en a mang√©, elle contracte les muscles de la bouche, et tue en causant la convulsion du rire (Oeuvres de Salluste, traduit par Du Rosoir, 1833 - books.google.fr).

Le Serba√Įrou de la page 244 (155 + 89) peut √™tre une allusion √† Cerb√®re qui √©tait un chien des Enfers, fr√®re d'Orthos ou Orthros le chien de G√©ryon et de l'Hydre de Lerne.

G√©ryon poss√©dait de riches troupeaux; ses g√©nisses √©taient de couleur pourpre. Ces troupeaux √©taient ceux du Soleil qui, dans Hom√®re, sont dans l'√ģle de Thrinacie. On rencontrait aussi des troupeaux de brebis consacr√©s au Soleil, dans l'Epire, aux environs de la ville d'Apollonia; ils paissaient sur les bords du fleuve Ao√Ľs. Et comme on a vu plus haut, l'Epire passait pour avoir √©t√© la patrie de G√©ryon. On pr√©tendait aussi que les bŇďufs de l'Epire descendaient de ceux de G√©ryon, qu'Hercule avait consacr√©s au Jupiter de Dodone. Aux extr√©mit√©s dela terre se trouvent encore les troupeaux de brebis ou les pommes d'or qu'Hercule va enlever du jardin des Hesp√©rides ; enfin pr√®s des g√©nisses de G√©ryon √©taient les troupeaux d'Had√®s. Le berger Eurytion, fils d'Ares et d'Erythia, et le chien bic√©phale Orthrus ou Orthus, nomm√© par d'autres Gargittus, qui avait pour parents Typhon et √Čchidna, √©taient pr√©pos√©s √† la garde des g√©nisses d'Erythia, tandis que Menoetius, aid√© de la surveillance de Cerb√®re, faisait pa√ģtre les troupeaux d'Had√®s (Jean Witte, √ątude du mythe de G√©ryon, 1841 - books.google.fr).

Pour la forme triangulaire on s'attendrait plut√īt √† la Sicile (Trinacrie) qu'√† la Sardaigne. Cerb√®re avait trois t√™tes.

Douzens aurait √©t√© l'ancienne Liviana (SIS) o√Ļ Sidoine Apollinaire fut retenu par le roi wisigoth Euric. Il existe une ville du nom de Sis, capitale de la Cilicie arm√©nienne au Moyen √āge, r√©gion o√Ļ le culte d'Isis et de S√©rapis √©tait r√©pandu.

Certains auteurs penche pour la ville roussillonnaise de Llivia.

Habit√©e d√®s 3000 avant J√©sus-Christ, et peut-√™tre connue sous le nom de Kerre, c‚Äôest-√†-dire Le Rocher, racine qu‚Äôon retrouve dans Querol, Queribus, Caramany, etc‚Ķ cette cit√© prend le nom de IVLIA LIBYCA √† l‚Äôarriv√©e des Romains dans la r√©gion, d‚Äôapr√®s Ptol√©m√©e, astronome et g√©ographe grec du 2e si√®cle (L2, c 6). Le terme IVLIA est √©videmment employ√© en l'honneur de Jules C√©sar, qui appartenait √† la GENS IVLIA. Devenue municipe, la ville √©tait alors administr√©e par les m√™mes lois que Rome et n'√©tait donc pas trait√©e comme une simple possession conquise ; ses habitants re√ßurent les droits civils de citoyens romains. Mentions, dans Toponymie de Catalunya Nord, par Lluis Basseda: "Castrum Libyae au VIIe si√®cle; Civitate Libya en 815; Livia en 835; in pago Liviense, et Livia au Xe si√®cle. La forme Llivia n'appara√ģt qu'apr√®s la catalanisation de la Cerdagne" (andresordes.e-monsite.com - Etymologie de Llivia, fr.wikipedia.org - Llivia).

Llivia ne s'appelait donc pas "Llivia" ou "Livia" du temps de Sidoine Apollinaire.

Entre Carcassonne et Narbonne, au Ier siècle de l'ère chrétienne, sur la voie romaine, une cité fut construite. Elle porta le nom de Liviana. en l'honneur de Livie, femme d'Auguste (50 à 60 après J. C). Ce devait être une assez grande ville et une forteresse, puisque les Wisigoths y enfermaient leurs prisonniers (E. Barthès, les découvertes de Liviana, Bulletin, Volumes 37 à 38, Société d'études scientifiques de l'Aude, Carcassonne, 1933 - books.google.fr).

Liviana est aussi un adjectif form√© sur le pr√©nom latin de Livia. Une Livia fut femme d'Auguste et on donna son nom √† un papier √† leur √©poque. Il y avait aussi le papier sa√Įtique fait √† Sa√Įs (SAE) en Egypte (Bernard de Montfaucon, Supplement au livre de l'antiquit√© expliqu√©e et repr√©sent√©e en figures: tome troisi√®me : qui comprend les habits et les usages de la vie, 1724 - books.google.fr).

Si Montfaucon dit qu'il n'y a pas de tissure dans la confection de ces papiers, le terme tissu est employé par le Comte de Caylus, décrié par Diderot (Comte de Caylus, Dissertation sur le papyrus, Histoire de l'Academie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, Volume 26, 1759 - books.google.fr).

Nous ignorons sans doute la forme des caractères dont les Basques faisaient usage ; mais cette forme importe peu, puisqu'elle varie avec chaque nation. Nous ignorons encore sur quel papier ils traçaient les caractères de leur écriture ; toutefois, il serait injuste de leur refuser la connaissance et l'emploi d'une substance solide et légère telle qu'étaient les minces lames fournies par le papyrus d'Egypte. Les lames ou tuniques formant la tige du papyrus étaient au nombre de vingt environ. Chaque tunique faisant une feuille, on conçoit qu'une seule tige d'un arbuste de dix pieds de hauteur devait fournir de nombreuses feuilles de toute longueur. Ces feuilles pressées, battues, collées, et polies étaient l'objet d'un commerce important dans le monde ancien, et tous les peuples avaient la faculté d'user de papyrus pour écrire les contrats de vente et d'achat, les lettres et les conventions entre particuliers. (VLC, p. 114)

La page 114 de La Vraie Langue Celtique, qui parle des 20 feuilles dans une main comme le fait Montfaucon, est appari√©e √† la 269 qui parle de l'Observatoire de Paris par o√Ļ passe le m√©ridien 0 et o√Ļ sa vierge noire fut apport√©e du couvent des Feuillantines, ordre issu d'une r√©forme cistercienne. Le cistercien saint Bernard de Clairvaux participa √† la fondation de l'ordre des Templiers dont la devise "'Non nobis, non nobis, Domine Sed nomini tuo da gloriam" est tir√© du psaume 113 (Vulgate) pr√©c√©dent le 114. Le mot douze est √©crit dans cette page 269 : r√©f√©rence √† Douzens ?

...le point de profondeur extrême du siphon serait à peu près à douze cent trente mètres, abstraction faite cependant de toute déperdition de chaleur produite par des causes secondaires et accidentelles. (VLC, p. 269) (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V : Ps. 114).

Le sis hébreu désignant l'hirondelle (lieu-dit à Douzens) permet de lier à Isis et au papyrus (cf. charta Liviana) :

Nous avons mis √† part le cas de Byblos, qui diff√®re de celui des autres villes syro-ph√©niciennes ; en effet, les rapports d'Isis avec Byblos sont tr√®s anciens et la l√©gende osirienne, en Egypte m√™me, en conserve le souvenir. En fait, c'est Hathor qui, au Nouvel Empire et m√™me probablement plus t√īt, est appel√©e ¬ęma√ģtresse de Byblos¬Ľ. [...] Mais Isis √©tait connue et honor√©e dans Byblos au Nouvel Empire. Est-ce √† cette √©poque ou plus t√īt que le motif du voyage d'Isis √† Byblos, o√Ļ elle retrouve le corps d'Osiris, s'est ins√©r√© dans la l√©gende osirienne ? Cet √©pisode nous est conserv√© essentiellement par le r√©cit de Plutarque, mais d'autres √©crivains ‚ÄĒ l'auteur du De Dea Syria, Aristide l'apolog√®te, √Čpiphane ‚ÄĒ y font allusion, de m√™me que des papyrus magiques d√©motiques; il s'agit l√† de textes relativement tardifs et dont on ne peut pas toujours retrouver les sources; cependant, du fait que Plutarque est g√©n√©ralement bien renseign√© sur des aspects peu connus du mythe osirien, on peut admettre que, dans le r√©cit sur Byblos, il suit une tradition √©gyptienne, m√™me si, √† l'int√©rieur de celle-ci, des parall√®les pr√©cis font d√©faut. Certaines donn√©es de Plutarque paraissent bien avoir des correspondants √©gyptiens; ainsi le th√®me du coffre renfermant le corps d'Osiris qui navigue jusqu'√† Byblos: un papyrus magique d√©motique parle de la ¬ęgrande mer de Syrie, la mer d'Osiris, o√Ļ Osiris a √©t√© transport√© sur un bateau de papyrus¬Ľ ; ainsi encore le th√®me de la transformation d'Isis en une hirondelle qui vole en g√©missant autour de la colonne o√Ļ se trouve enferm√© le cadavre : dans les textes √©gyptiens, la d√©esse est parfois repr√©sent√©e comme une hirondelle se lamentant aupr√®s du corps d'Osiris. En revanche, d'autres √©l√©ments, qui ne reposent sans doute pas sur des traditions √©gyptiennes, ont des parall√®les frappants avec l'hymne hom√©rique √† D√©m√©ter (Fran√ßoise Dunand, Le culte d'Isis dans le bassin oriental de la M√©diterran√©e, Tome III, 1973 - books.google.fr).

Et pour sortir d'√Čgypte, Byblos la libanaise d'o√Ļ √©tait import√© le papyrus dont se servaient les Grecs. Byblos, v√©ritable arche de No√©, qui arracha tant d'Ňďuvres aux griffes pelues des Bernard Gui et des Savonarole. Loin des fureurs chr√©tiennes et des autodaf√©s. Loin des b√Ľchers, bien √† l'abri dans les r√©serves en attendant que l'Occident, calm√©, les d√©couvrir√† nouveau. Ou ce qu'il en restait... C'est-√†-dire pas grand-chose lorsque l'on songe au drame d'Alexandrie et de sa l√©gendaire biblioth√®que... flamb√©e. Combien de papyrus anciens contenait-elle, m√™l√©s aux rouleaux grecs, perses, coptes et ph√©niciens ? Les fonds de tous les monast√®res d'Europe ne seraient pas assez pour compenser la perte (Fr√©d√©ric Mathieu, Une Br√®ve Histoire de Mondes: Crises et complexit√©s, de Copernic aux univers multiples, 2013 - books.google.fr).

Un triangle moyen-oriental Sa√Įs-Byblos-Tabuk

Sur une carte, Tabuk (Arabie saoudite) forme presqu'un triangle √©quilat√©ral avec Byblos (Liban) et Sa√Įs (Egypte). C'est √† l'ouest de Tabuk que se trouverait le pays de Midian et par l√†-m√™me le Mont Sina√Į (Djebel al Lawz). Le mont Hasmi pr√®s de Tabuk porte le m√™me nom qu'une montagne o√Ļ saint Julien Saba v√©cut (George Potter, Ten More Amazing Discoveries, 2005 - books.google.fr, en.wikipedia.org - Tabuk, Saudi Arabia).

Les bienheureux vont jusqu'au monast√®re de la montagne de Hasmi o√Ļ habitait saint Julien Sab√† et ils demeur√®rent quelques jours dans la caverne de Julien, priant, je√Ľnant et lisant l'√Čcriture avec les bienheureux qui √©taient dans la caverne; ils r√©sistaient au froid √† l'exemple des quarante martyrs qui avaient vaincu la glace. Ils arrivent a √ädesse, surtout pour √™tre b√©nis par l'image du Christ qui √©tait la et pour visiter les moines sur la montagne. Comme ils quittaient la montagne de Hasmi, quatre voleurs les rencontrent et veulent les d√©pouiller; ils sont frapp√©s de c√©cit√©. Les saints les gu√©rissent et ils vont se faire moines sur la montagne d'√Čdesse. Les saints adorent l'image de notre Seigneur et demeurent dans une caverne √† deux milles au sud ouest d'√Čdesse, (Revue de l'Orient chr√©tien, 1910 - books.google.fr, Revue de l'Orient Chr√©tien, Volume 20, 1966 - books.google.fr).

Julien S√†b√Ę, ermite en Osrho√®ne au IVe si√®cle, un des premiers moines de M√©sopotamie. Sa vie est racont√©e en d√©tail par Th√©odoret de Cyr (dans Philotheos ou De vita religiosa, ch. 2 (PC, LXXXII, 1305- 24). [...] Il semble qu'il ait fait le p√®lerinage du Sina√Į, o√Ļ il aurait construit une chapelle. C'est l√† qu'il eut la r√©v√©lation de la mort de Julien l'Apostat en 363.

Julien Saba (Sabas) était fêté le 14 janvier dans Pétin (1850).

Les m√©nologes syriaques le mentionnent √† 7 dates diff√©rentes (cf. √©d. Nau, dans P.O., x-1, table p. 144) mais semblent ignorer le jour exact de sa mort. Les synaxaires byzantins en font m√©moire le 17 janvier. Le Martyrologe Romain l'a repris √† cette date mais √©galement le 18 octobre et il signale au 9 juin Julien d'√Čdesse qui est sans doute le m√™me (Albert de Meyer, Roger Aubert, Dictionnaire d'histoire et de g√©ographie eccl√©siastiques, 1912 - books.google.fr, Augustin Calmet, Histoire Universelle, Sacr√©e Et Profane: Depuis Le Commencement Du Monde Jusqu'A Nos Jours, Volume 5, 1739 - books.google.fr).

Arrenal près de la Roque Mude

Un tissu d'areste, d√©couvert dans l'un des reliquaires d√©pos√©s dans un placard situ√© au-dessous du ma√ģtre-autel de l'√©glise de Saint-Polycarpe, pr√®s de Limoux, fait, comme le pr√©c√©dent, partie d'un des groupes de tissus qui ont r√©cemment fait prendre conscience aux chercheurs de l'existence de plusieurs types diff√©rents, de m√©tiers √† la tire au Moyen Age. Les ¬ędraps d'areste¬Ľ ou ¬ęde l'arest¬Ľ, diversement appel√©s ¬ępannus de Areste¬Ľ, drap de Larest¬Ľ, ¬ęcloths ofaresta¬Ľ ou ¬ęof Arista¬Ľ, dans de nombreux documents fran√ßais et anglais du XIIIe si√®cle, sont ainsi d√©sign√©s du latin arista, d√©signant √† l'origine un √©pi de bl√©, mais √©galement appliqu√©, durant le Moyen Age, √† une ar√™te de poisson. Or, il subsiste actuellement un fort groupe, d'au moins 74 textiles diff√©rents, dont le d√©cor est comme marqu√© d'une ar√™te de poisson (la trame qui le forme √©tant li√©e en chevron sens cha√ģne ou √† losanges). La pr√©sence de plusieurs draps d'areste, notamment √† dessins h√©raldiques, dans des s√©pultures royales et princi√®res du Monast√®re Santa Maria la Real de Huelgas, √† Burgos, a pouss√© la plupart des historiens des textiles √† adopter l'hypoth√®se d'un centre de fabrication espagnol. Hypoth√®se renforc√©e par la mention, dans un Inventaire de la Cour Pontificale de 1295, de ¬ętrois draps espagnols ad spinam piscis¬Ľ (en ar√™te de poisson). Le drap d'areste de Saint-Polycarpe fait partie d'un petit groupe de ces tissus, conserv√©s dans diff√©rents pays d'Europe, dont le d√©cor correspond presque exactement aux descriptions de draps d'areste donn√©es dans des inventaires royaux anglais et fran√ßais du XIIIe si√®cle ou dans ceux de la cath√©drale Saint-Paul, √† Londres : ¬ędeux draps d'arest en soie, avec des oiseaux et des pommes de pin jaunes, donn√©s par le Roi¬Ľ lit-on ainsi dans un inventaire de la Garde-Robe de Henri III d'Angleterre (1216-1272) ; et encore : ¬ęun drap d'areste, rouge, tiss√© avec des perroquets jaunes et des arbres, donn√© par le Comte de Salisbury √† son retour de Terre Sainte¬Ľ (1242) ; ¬ęun autre drap d'areste, rouge, avec des arbres, des pommes de pin et des petits oiseaux...¬Ľ ; ¬ędeux draps d'areste, ray√©s, avec des oiseaux adoss√©s se regardant, donn√©s par la Reine (d'Angleterre) de la part de son fils et de sa fille¬Ľ (octobre 1241) ; ¬ęun autre drap d'areste, avec des rayures transversales et des oiseaux, et des pommes de pin entre eux¬Ľ (Dominique Cardon, Les arts du textile d'apr√®s les plus anciens t√©moignages conserv√©s en Languedoc et en Roussillon, Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, Num√©ros 23 √† 25, 1992 - books.google.fr).

arest en vieux fran√ßais pour ¬ę arist√©, h√©riss√© ¬Ľ (Vernet, Garrigues, Bay, Vossius, etc.) (Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliqu√©e, Volume 5, Laboratoire d'ethnobotanique (Mus√©um national d'histoire naturelle), 1958 - books.google.fr).

La triade Orph√©e-Eurydice-Arist√©e trouve d'ailleurs, du point de vue actantiel, son √©cho dans l'autre triade, tout aussi funeste et pour les m√™mes raisons : Acis-Galat√©e-Polyph√®me (Revue des √©tudes latines, Volume 82, Soci√©t√© des √Čtudes Latines, 2005 - books.google.fr, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : La dalle horizontale de Marie de N√®gre : vers Montolieu).

Homophone d'aristé (arest), Aristée est associé au tissage par Virgile dans Les Géorgiques.

Fils d'une vierge, Cyr√®ne, Arist√©e est le demi-dieu sous l'√©gide duquel sont rassembl√©es les abeilles domestiques. Initi√© √† l'apiculture par les Nymphes, les Muses l'ont √©galement form√© √† l'art de la m√©decine, √† l'√©levage des troupeaux et √† la culture de la vigne. Bref, Arist√©e cumule des fonctions qui font de lui, comme D√©m√©ter ou Dionysos, l'une des figures majeures de la mythologie apportant aux hommes le b√©n√©fice de la vie cultiv√©e. Virgile a retrac√© avec soin la l√©gende conduisant Arist√©e √† √™tre d√©poss√©d√© de ses essaims qui rena√ģtront de la d√©pouille de jeunes taureaux et de g√©nisses immol√©es. Ce proc√©d√© qui permet √† Arist√©e de recouvrer ses abeilles est appel√© la bougonie. [...]

La concupiscence à laquelle il succombe a pour effet la désunion du couple Orphée-Eurydice. Conjointement à la perte du miel sont alors évoquées la rupture de l'alliance matrimoniale et la compromission d'une union procréative. [...]

Virgile est donc fid√®le √† la tradition lorsqu en toile de fond de son chant po√©tique sont d√©crites les Nymphes du fleuve P√©n√©e en train de tisser de la laine moelleuse. Dans l'imaginaire grec, le tissage est associ√© de mani√®re embl√©matique au gyn√©c√©e : c'est l'espace le plus intime, le plus int√©rieur de la maison dans lequel les jeunes filles sont repli√©es, inviolables. Patronn√©e par Ath√©na, l'activit√© textile pr√©pare les jeunes filles √† Yaidos dont elles devront faire preuve dans l'espace domestique de la maison conjugale, exercice moral autant que travail m√©nager. Il n'est donc pas surprenant que des liens √©troits unissent les abeilles, le miel et le m√©tier √† tisser. Chez Hom√®re la m√©taphore du m√©tier √† tisser devient un embl√®me de la g√©n√©ration : lieu par lequel les √Ęmes descendent et prennent corps ici-bas ; lieu, aussi, par lequel elles remontent et sont rendues √† l'immortalit√©. √Ä suivre ainsi les repr√©sentations entourant une t√Ęche exclusivement f√©minine, on entre plus pr√©cis√©ment dans le domaine d'une activit√© qui, plac√©e sous le signe de la pudeur, permet la valorisation des aptitudes √† la f√©condit√©. Ainsi, alors que les filles de Minyas se sont retir√©es dans l'intimit√© de leur demeure, plut√īt que de rejoindre le thiase de Dionysos dans la montagne, les montants de leur m√©tier √† tisser s√©cr√®tent du nectar et du lait. Construit autour de la personnalit√© de Dionysos, ce r√©cit traite de l'acc√®s des hommes √† la vie cultiv√©e et √† la possibilit√© toujours latente d'un retour √† la vie sauvage ; √† l'image du m√©tier √† tisser qui s√©cr√®te des liquides nourriciers s'oppose celle du m√©tier √† tisser se transformant en chair d√©chiquet√©e ¬ę par les tisseuses obstin√©es auxquelles Dionysos vient d'insuffler l'envie irr√©sistible de go√Ľter de la chair humaine ¬Ľ [Les Minyades seront transform√©es en chauves-souris pour leur punition par Dionysos]. [...]

Quant √† la langue grecque, elle a recours √† la parabole du tissage pour d√©signer la fabrication des rayons de miel par les abeilles et, de fait, l'image de la tisserande se joint √† celle de la Femme-Abeille qui confectionne la ¬ę cellule ¬Ľ dans laquelle elle accumule le miel et √©l√®ve sa prog√©niture. Enfin, dans ce jeu crois√© entre le tissage et la conception, Porphyre fait de l'instrument √† fabriquer des √©toffes ce quoi on fa√ßonne les corps (Gilles T√©tart, Le Sang des fleurs: Une anthropologie de l‚Äôabeille et du miel, 2004 - books.google.fr).

La page 38 est associée au psaume 38, celui du gnomon de l'église de Saint Sulpice de Paris :

La toile d'araign√©e appara√ģt dans le psaume 38 (Vulgate), dont un extrait est grav√© sur le gnomon de Saint Sulpice marquent le M√©ridien de Paris. Ainsi l'araign√©e est √† placer sur celui-ci sur la carte avec la double-fl√®che : Ps 38,6 "Ecce mensurabiles posuisti dies meos, et substantia mea tanquam nihilum ante te." ; 12 "Vous instruisez l'homme par le ch√Ętiment, √† cause de son iniquit√©; vous rendez ses d√©sirs fragiles comme une toile d'araign√©e: oui, la vanit√© est tout l'homme."

La page 38 est appariée à la page 193 (38 + 155) :

Les Tectosages et les Ar√©comikes se partag√®rent le midi de la Gaule, les premiers s'√©tendant depuis B√©ziers jusqu'au Rh√īne avec Nemausus (N√ģmes) pour ville principale. Nemausus, en celtique, signifie : maison de renom, ‚Äď name (n√®me), renom, c√©l√©brit√©, ‚Äď house (haouce), maison ‚Äď. Quelle √©tait donc cette maison renomm√©e ? La maison carr√©e de N√ģmes est cit√©e encore de nos jours comme un monument remarquable. Mais comment cette maison a-t-elle pu devenir c√©l√®bre par cette unique et simple qualit√© d'√™tre carr√©e ? C'est sans doute parce que, les habitations gauloises affectant la forme ronde, une maison carr√©e construite dans la ville a excit√© un √©tonnement g√©n√©ral et d√©termin√© l'appellation de Nemausus. Peut √™tre aussi toutes les maisons de la cit√© avaient-elles la forme carr√©e. (VLC, 193)

La Maison Carr√©e est un temple romain hexastyle √©difi√© au d√©but du Ier si√®cle apr√©s J-C √† N√ģmes, dans le Gard. Lors de sa construction, la Maison Carr√©e est d√©di√©e pour Auguste √† la gloire de ses deux petits-fils : les consuls et chefs militaires Lucius Caesar et Caius Julius Caesar. Au fil des si√®cles, le temple est notamment devenu une maison consulaire, une √©glise puis un mus√©e des arts antiques. Il s'agit aujourd'hui du temple romain le mieux conserv√© au monde.

La Maison Carr√©e porte ce nom depuis le XVIe si√®cle. En effet, dans la langue fran√ßaise de cette √©poque, toute figure g√©om√©trique ayant quatre angles droits √©tait d√©sign√©e par le mot ¬ę carr√© ¬Ľ : le ¬ę carr√© long ¬Ľ √©tait le rectangle et le ¬ę carr√© parfait ¬Ľ notre carr√© actuel (fr.wikipedia.org - Maison Carr√©e).

Le futur √©v√™que de N√ģmes, Esprit Fl√©chier, pr√©sent en statue sur la fontaine de Saint Suplice √† Paris, composa un discours en latin en faveur de l'araign√©e, alors qu'il √©tait professeur de rh√©torique dans le coll√®ge des p√®res de la Doctrine chr√©tienne √† Narbonne :

Nous ne parlerons point d'un discours, aussi latin, qui n'√©tait qu'un jeu d'esprit, et qui avait pour objet l'apologie de l'araign√©e, pro arane√Ę. Le jeune professeur s'imagina que d'autres auteurs s'√©tant, avant lui, tristement √©gay√©s √† faire l'√©loge de N√©ron et celui de la fi√®vre, il pouvait aussi se permettre de prendre au moins la d√©fense d'un insecte moins malfaisant que ces deux fl√©aux de l'esp√®ce humaine; mais nous n'avons pas besoin d'assurer qu'il faisait lui-m√™me de cette plaisanterie le cas qu'elle m√©ritait (Jean Le Rond d'Alembert, Oeuvres, Volume 2, 1821 - books.google.fr).

Titus Burckhardt note au sujet de la fondation des temples, à la suite de René Guénon, des éléments traditionnels connus peut-être de Boudet.

La fondation d'un temple ou de tout autre √©difice sacr√©, tel qu'une cit√© par exemple, d√©bute par l'orientation ; celle-ci est √† proprement parler un rite, puisqu'elle √©tablit un rapport entre l'ordre cosmique et l'ordre terrestre, ou entre l'ordre divin et l'ordre humain. D'apr√®s le N√Ęnas√Ęra-Shilpa-Sh√Ęstra, code antique de l'architecture hindoue, les fondements d'un temple sont orient√©s au moyen d'un gnomon qui permet de r√©p√©rer l'axe est-ouest et par suite l'axe nord-sud ; c'est selon ces axes que le carr√© de base sera dispos√©. Le m√īme proc√©d√© se rencontre en Chine, et Vitruve l'indique pour la fixation du cardo et du decumamts, les deux axes selon lesquels s'orientaient les villes romaines. D√©crivons bri√®vement ce proc√©d√© : un pilier est √©rig√© au centre de l'emplacement choisi pour l'√©difice ; on observe l'ombre du pilier projet√©e sur un grand cercle ; l'√©cart maximal entre l'ombre du matin et celle du soir indiquera la direction est-ouest ; deux cercles majeurs centr√©s sur les extr√©mit√©s de cet √©cart et s'entrecoupant selon la forme du ¬ę poisson ¬Ľ permettront de tracer l'axe nord-sud. Ce sch√©ma s'est apparemment perp√©tu√© en occident depuis l'antiquit√© jusqu'√† la fin du moyen-√Ęge, ce qui n'a rien d'√©tonnant, d√®s lors qu'il d√©coule de la nature des choses et que les √©difices sacr√©s continuaient √† √™tre orient√©s selon les axes cardinaux. Mais il y eut quelque chose de plus important, √† savoir la d√©pendance du plan m√™me de l'√©difice √† l'√©gard du grand cercle du gnomon : comme le prouvent de nombreux relev√©s faits sur des √©difices sacr√©s de l'antiquit√© et du moyen-√Ęge (i), les principales mesures de la construction, dans l'horizontale comme dans la verticale, se d√©duisent de la division r√©guli√®re d'un cercle dans lequel s'inscrit le rectangle de base ; et l'on a de bonnes raisons √† croire que ce cercle n'est autre que celui du gnomon qui servait pour l'orientation. Nous retiendrons, comme particuli√®rement significatif √† notre point de vue, la transformation du cercle, reflet naturel du mouvement c√©leste, en le rectangle par l'entremise de la croix des axes cardinaux. On reconna√ģtra dans ces trois √©l√©ments les termes de la Grande Triade extr√™me- orientale, le cercle correspondant au Ciel, la croix √† l'Homme. et le rectangle ‚ÄĒ dont la forme la plus simple est le carr√© ‚ÄĒ √† la Terre. Relevons un autre aspect rite de l'orientation : la fixation d'un centre terrestre qui sera d√©sormais consid√©r√© (Titus Burckhardt, Le temple, corps de l'homme divin, √Čtudes traditionnelles, Num√©ros 289 √† 296, 1951 - books.google.fr).

Plus tard, Jean Hani parlera de "quadrature du cercle".

Titus Burckhardt, Suisse allemand, est né à Florence en 1908 et décédé à Lausanne en 1984. Il a consacré toute sa vie à l'étude et à l'exposition des différents aspects de la Sagesse et de la Tradition.

Dans bien des civilisations, les villes √©taient fond√©es sur le mod√®le qui semble avoir √©t√© appliqu√© √† Rome. Romulus fonda d'abord un autel (le gnomon), tra√ßa le pourtour des remparts, puis divisa l'int√©rieur de cet espace en quatre selon les deux grandes art√®res: le cardo et le decumanus Bien que des variantes existent d'un coin du globe √† l'autre ou d'une √©poque √† l'autre, toute fondation s'accomplissait selon ces crit√®res. Ecoutons C. G. Jung: ¬ęLes villes cr√©√©es par Rome, les coloniae, portaient, d'apr√®s Varron, dans les actes les plus anciens, le nom d'urbes qui d√©riverait d'orbis, cercl√© et d'urvo, labourer. Il admet donc comme √©vidente la c√©r√©monie du cercle √† la fondation de chaque colonie. Et cependant, la plupart des coloniae d√©montrent que, dans la r√©alit√©, des plans de villes rectangulaires sont issus du trac√© circulaire rituel. Elles sont quadratae au double sens: divis√©es en quatre quartiers par deux rues principales et, cons√©quemment, pourvues de quatre portes, et, en m√™me temps, plus ou moins carr√©es. Le cercle et le plan de ville ne se superposent pas. Toutefois, quand m√™me la disposition du terrain pr√©sentait des difficult√©s, on restait attach√© √† une forme id√©ale, g√©om√©trique. Elle ne peut se concevoir, en tant qu'id√©e pure, que comme un carr√© inscrit dans un cercle¬Ľ. Le cercle, dont les mythes et les commentaires multiples et compl√©mentaires disent tour √† tour qu'il est rassembl√© sur lui-m√™me, sans commencement ni fin, accompli, parfait, signe de l'absolu, de l'unit√© et de la totalit√©, recouvrant dans son symbolisme celui de l'√©ternit√© et des perp√©tuels recommencements, symbole de perfection, d'homog√©n√©it√©, d'absence de distinction et de division, d'animation aussi, dans un mouvement parfait, immuable, sans commencement ni fin, ni variation, succession continue et invariable d'instants tous identiques les uns aux autres, √† l'image du temps qu'il englobe pour mieux le mesurer, √† l'image du ciel, au mouvement circulaire et inalt√©rable. Le cercle, d√©veloppement et manifestation d'un point central, forme habituelle des sanctuaires chez les peuples nomades, mais aussi le carr√©, symbole de la terre, par opposition au ciel, et encore, √† un autre niveau, de l'univers cr√©√©, terre et ciel [...] Il implique une id√©e de stagnation, de solidification, voire de stabilisation dans la perfection: ce sera le cas de la J√©rusalem c√©leste, figure de base de l'espace, des orientations cardinales et des quatre √©l√©ments, celle des temples chez les s√©dentaires. Un carr√© dans le cercle: le hi√©roglyphe √©gyptien signifiant ville. A l'image de l'urbs quadrata d√©crite d√©crite par Plutarque, la ville est √† la fois cercle et carr√©, le carr√© pouvant renvoyer √† ¬ęquadriparue¬Ľ quand la cit√© circulaire est divis√©e en quatre parties par deux art√®res principales allant du nord au sud et de l'est √† l'ouest, le point d'intersection co√Įncidant avec le mundus dont parle Plutarque (Jean Bernard Racine, La ville entre Dieu et les hommes, 1993 - books.google.fr, Le carr√© SATOR : Perceval : SAUTRAN vs SFUTRAN, Autour de Rennes le Ch√Ęteau : La dalle horizontale de Marie de N√®gre : vers Montolieu).

Superposition de la dalle de Coume Sourde et de la dalle horizontale de Marie de Nègre : Orléans

La superposition de la dalle de Coume Sourde et de la dalle horizontale de Marie de Nègre insère "linea" entre "REDDIS" et "REGIS". Le S de SAE s'aligne avec ETINAPX, SETINAPX soit SET IN ARCH en trancription latin.

L'inscription prend un tour généalogique : la ligne du roi ("LINEA REGIS") : héritiers ou descendants du roi (Bibliotheque britannique: ou, Histoire des ourvrages des savans de la Grand-Bretagne, Volume 3, Pierre de Hondt, 1734 - books.google.fr).

La "LINEA PARVA" ce serait une ligne plus jeune : une branche cadette (Charles Huré, Dictionnaire universel de l'Eriture sainte (etc.), Volume 2, 1715 - books.google.fr, Dictionnaire universel de philologie sacrée, Volume 3, Migne, 1846 - books.google.fr).

Les princes du sang d'une branche cadette re√ßoivent en naissant la vocation de pr√©tendants au tr√īne, Sans le dire, bien souvent m√™me sans y penser, ils se sentent d√©sign√©s pour saisir le flambeau de la monarchie au cas o√Ļ la branche a√ģn√©e viendrait √† s'effacer ou √† se disqualifier. Il en r√©sulte chez eux une tendance cong√©nitale √† jouer les opposants, et chez leurs cousins r√©gnants un souci constant de les tenir √† l'√©cart des affaires publiques. La naissance d'un h√©ritier m√Ęle chez les Bourbons cadets d√©passait donc la port√©e d'un √©v√©nement mondain, c'√©tait un √©v√©nement politique. Aspect de la chose particuli√®rement sensible dans la conjoncture o√Ļ naquit le duc de Valois. Deux ans et neuf mois plus t√īt, Louis XV avait dissous le parlement de Paris insuffisamment docile √† son go√Ľt. Les princes d'Orl√©ans, p√®re et fils, s'√©taient rang√©s avec √©clat du c√īt√© des magistrats cong√©di√©s. Le roi avait s√©vi par une interdiction de repara√ģtre √† la cour. Des tentatives de rapprochement s'√©taient traduites par un modus-vivendi assez bancal par lequel les princes acceptaient de remplir, dans le cadre de la nouvelle l√©gislation, les devoirs de leur rang mais sans pour autant avaliser le coup d'√©tat du monarque. Derri√®re une r√©conciliation apparente, les divergences subsistaient. Et ainsi se trouvaient d√©j√† en pr√©sence les forces dont l'affrontement produira la R√©volution. D'un c√īt√© : l'absolutisme de droit divin, Versailles, le roi. En face ; la philosophie √©mancipatrice, le parlement frondeur, Paris, le duc d'Orl√©ans. Une chronique de Bachaumont, √©crite un mois apr√®s la naissance du duc de Valois, situe parfaitement la position des Orl√©ans √† l'aurore de la crise (Michel Domange, Le petit monde des Lamartine, 2001 - books.google.fr).

Durant l'√©t√© 1658, le destin de Philippe d'Anjou manque d'√™tre boulevers√© par la grave maladie de Louis XIV, alors aux arm√©es dans les Flandres. Dunkerque est tomb√©e le 25 juin. Le 29, le roi est saisi d'une violente fi√®vre √† Mardyck. Conduit √† Calais, il est pendant une quinzaine de jours entre la vie et la mort. Son m√©decin, Antoine Vallot, fait alterner lavements et saign√©es, en vain, avant d'utiliser de l'antimoine. A Paris, on expose nuit et jour le saint sacrement pour sa gu√©rison et √† Blois, Gaston d'Orl√©ans se tient aux aguets. Le 13 juillet, la fi√®vre tombe, le roi est sauv√©. Mais la maladie n'est pas sans cons√©quence, car si Mazarin fut d'une grande fid√©lit√©, de nombreux courtisans ¬ęse tourn√®rent vers son fr√®re Monsieur¬Ľ. Diverses grandes dames dont Anne de Gonzague, princesse palatine, all√®rent s'offrir physiquement au prince. Plusieurs personnes sont exil√©es dont madame de Choisy. En v√©rit√©, l'alerte a √©t√© chaude. Que f√Ľt-il advenu si le roi √©tait mort? Bien entendu, Philippe aurait acc√©d√© au tr√īne. Aurait-il gard√© Mazarin ? Rien n'est moins s√Ľr. En l'occurrence, tout le travail entrepris pour la formation de Louis XIV e√Ľt √©t√© √† recommencer avec un prince dont les dispositions √† gouverner √©taient loin d'√™tre √©videntes. Une autre manifestation de de la maladie du roi est la d√©couverte de l'amour que porte la jeune Marie Mancini au souverain, un amour bient√īt violemment partag√© au grand dam de la reine et du cardinal (Christian Bouyer, Le duc d'Orl√©ans, 2003 - books.google.fr, La Croix d‚ÄôHuriel et le loup : La Croix d‚ÄôHuriel et l‚Äôantimoine).

"IN MEDIO" peut faire référence aussi la région d'Orléans.

Terra beata loci, genio coelo que salubri / Ingentis regni medium, cor et aurea sedes, du po√®te orl√©anais Audebert que Lemaire traduit : Heureuse terre o√Ļ toute chose abonde, / Riche, fertile, √† nulle autre seconde, / O√Ļ le ciel faict renaistre un doux prin temps, / Ville d'honneur et le cŇďur de la France, / Le Si√®ge d'Or o√Ļ nos Roys de tout temps / Ont estably leur force et leur puissance (Lemaire, Histoire et Antiquites, p. 8).

Au simple Aurelia, le docteur Massac, √©galement Orl√©anais, y voit un mot hybride form√© du latin aurum et du grec helyos, soleil. Orl√©ans n'est plus seulement la ¬ę ville d'or, ¬Ľ c'est le ¬ę soleil du monde ¬Ľ! Je n'ai pas besoin de dire si ¬ę l'excellent docteur, ¬Ľ comme l'appelle Lemaire, se fit scrupule, en bon Orl√©anais, de d√©velopper ce beau texte. Reste le nom fran√ßais : qu'Aurelianis soit l'√©quivalent √†'Aurea alienis, Aurelia d'Aurum helyos, nous n'en savons gu√®re plus long sur l'origine du mot Orl√©ans luim√™me. Or, il n'y a pas √† chercher bien loin pour en comprendre la formation et le sens: qu'on lise simplement, en d√©tachant la premi√®re syllabe, Or-l√©ans; on reconna√ģt le vieux mot fran√ßais ¬ę l√©ans ¬Ľ ¬ę l√†-dedans ¬Ľ ; le nom de la ville signifie donc qu'il y a de l'or ¬ę l√†-dedans, intus auri copiant ¬Ľ, selon la traduction latine qu'en donne Lemaire : c'est toujours, comme on le voit, la m√™me allusion √† l'opulence de la cit√©, √† la f√©condit√© de son sol (Anatole Bailly, √Čtymologie & histoire des mots "Orl√©ans" et "Orl√©anais", 1871 - books.google.fr).

Marcis

Le M de la dalle de Coume Sourde s'ins√®re entre "CELLIS" et "ARCIS" de la dalle horizontale de Marie de N√®gre (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Messie, Messias).

La plupart des auteurs anciens, Jean Baptiste Gramaye (1708), Jean-Jacques Chifflet (1626), Aubert Lemire (1622), Antoine Sanderus (1733), identifie le Marcis romain à Mardyck. D'autres à Marck ou à Marquise (Raymond Bertrand, Histoire de Mardick et de la Flandre maritime, 1852 - books.google.fr).

Si c'est un duc d'Orléans qui prit Mardyck en 1646, Gaston frère de Louis XIII, c'est le fils de la branche actuelle des Orléans, issue de Philippe frère de Louis XIV, qui fit raser le port de Mardyck.

En 1714, √† Dunkerque, apr√®s les destructions du trait√© d'Utrecht, les eaux de l'arri√®re-pays ne pouvaient plus se d√©verser en mer : l'inondation mena√ßait la r√©gion de ses terribles cons√©quences. Pour rem√©dier √† ce danger, on eut l'id√©e de creuser un port et un canal qui permettraient aux eaux accumul√©es de s'√©couler √† la mer vers l'ancienne fosse de Mardyck. 12.500 soldats en ouvriers le creus√®rent en quelques mois. On acheva en m√™me temps le nouveau Fort dans lequel se trouvaient renferm√©s les deux √©cluses, les logements des deux √©clusiers, un corps de garde, un magasin √† poudre et d'autres b√Ętiments. Il y avait √©galement une tour, esp√®ce de phare servant d'amer. Ce fort √©toile √©tait plus rapproch√© de Dunkerque que l'ancien et n'avait de commun que l'appellation. En 1717, un des articles du trait√© de la Haye du 4 janvier ordonna que tous les travaux du port de Dunkerque fussent d√©truits de fond en comble. Le canal maritime fut donc en cons√©quence supprim√© et r√©duit √† une simple rigole d'√©coulement. La grande √©cluse fut totalement d√©truite, la deuxi√®me r√©duite de 26 √† 16 pieds de largeur. C'est cette √©cluse v√©tust√© class√©e monument historique que l'on voit encore de nos jours sur la route nationale 40, √† l'extr√©mit√© Ouest de la rue de la R√©publique de Saint-Pol-sur-Mer. Elle est travers√©e en son milieu par le pont Bayard, lui-m√™me enjamb√© par le pont sup√©rieur r√©serv√© aux pi√©tons, cyclistes et motocyclistes. Les logements des √©clusiers, le corps de garde, les b√Ętiments annexes, les fortifications du nouveau Fort-Mardyck, tout fut d√©truit en raison de ce trait√©. L'Ňďuvre admirable de Le Blanc et de Moyenneville √©tait sacrifi√©e √† l'alliance de l'Angleterre par le R√©gent et son ministre, le cardinal Dubois. Dunkerque et sa r√©gion √©taient de nouveau les victimes de leur implacable ennemi, l'Angleterre. Mais il faut reconna√ģtre que ce trait√© de La Haye a contribu√© √† maintenir la paix en Europe pendant plus de vingt ans et a facilit√© finalement un redressement fran√ßais d'ordre √©conomique et militaire (M. Millon, Les ouvrages militaires de Mardyck. In: Revue du Nord, tome 50, n¬į198, Juillet-septembre 1968 - www.persee.fr).

Mardyck se trouve sur le méridien de Paris, référence servant à déterminer les longitudes (www.cromleck-de-rennes.com - Rose line).

Philippe de La Hire, savant astronome, est arriv√© le 16 Octobre 1681 √† Dunkerque, o√Ļ il a fait, pendant neuf jours, des observations sur la plate-forme de la grande tour. Il d√©termina ensuite la distance en toises, entre les parall√®les de Dunkerqne et de l'Observatoire de Paris, ainsi que celle de la tour de notre ville √† la ligne du m√©ridien dont il fixa le passage sur le territoire de Petite-Synthe, entre le port et l'ancienne embouchure du canal de Mardyck. Pendant son s√©jour ici, il examina le flux et le reflux de la mer, et sa conclusion fut que les mar√©es ont plus de rapport au mouvement moyen de la lune qu'au mouvement vrai. Il se rendit √† Calais, et le 20 novembre, il mesurait sur la plage une ligne droite de 2,500 toises, √† partir du bastion du Risban, en avan√ßant sur Sangatte; puis del√† il calculait quelle √©tait la distance du ch√Ęteau de Douvres jusqu'√† ce bastion, distance qu'il reconnut √™tre de 21,360 toises (L. Cousin, S√©ance du 24 juin 1861, M√©moires, Soci√©t√© dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1861 - books.google.fr).

Philippe de La Hire fut enterré, comme Jacques Cassini, à Saint Jacques du haut Pas, paroisse de l'Observatoire de Paris.

1717 est aussi la date de l'organisation en ob√©diences, √† Londres, de la franc-ma√ßonnerie dite ¬ę sp√©culative ¬Ľ ‚ÄĒ c'est-√†-dire philosophique ‚ÄĒ qui fait r√©f√©rence aux rites des Anciens Devoirs de la ¬ę ma√ßonnerie ¬Ľ dite ¬ę op√©rative ¬Ľ form√©e par les corporations de b√Ętisseurs qui √©difi√®rent, entre autres, les cath√©drales (fr.wikipedia.org - Franc-ma√ßonnerie).

Les entrep√īts des ports √©taient appel√©s horrea et cellae (datid et ablatif pluriel cellis). Si bien que le port artificiel de Civitavecchia construit par Trajan se nommait Centum-Cellae (Rivista Di Cultura Classica E Medioevale, Volumes 40 √† 41, 1998 - books.google.fr).

Dans le neveu du roi, les Anglais (Stanhope et Stair) croyaient avoir d√©couvert un alli√© s√Ľr. En r√©alit√©, ils √©taient la dupe du futur R√©gent, qui inaugurait ainsi sa ¬ę politique secr√®te ¬Ľ. Qu'auraient-ils dit s'ils avaient su qu'√† la m√™me √©poque le prince √©tait tout acquis au plan de soul√®vement de l'Angleterre √©labor√© par le chevalier de Saint-George et en rapport constant avec ses principaux lieutenants (Jean-Christian Petitfils, Le R√©gent, 1986 - books.google.fr).

Le trait√© tant d√©sir√© fut sign√©: le R√©gent, au nom du Roi, garantissait la succession de la couronne d'Angleterre dans la ligne protestante) ; et, de son c√īt√©, l'Angleterre reconnaissait la succession l√©gitime √† la couronne de France avec la renonciation de la branche d'Espagne, selon ce qui avait √©t√© stipul√© par le trait√© d'Utrecht. Le Pr√©tendant Chevalier Saint-Georges, serait invit√© par le R√©gent √† quitter Avignon. Le R√©gent demanda qu'on le laiss√Ęt ma√ģtre des formes et des convenances; le roi Georges II, avec loyaut√©, consentit √† tous les m√©nagements et l'on choisit l'Italie pour r√©sidence √† l'infortun√© Stuart. Enfin l'article important sur le canal de Mardyck fut sign√© le dernier, avec des stipulations pr√©cises, afin d'√©viter aux whigs une discussion trop orageuse dans le Parlement peu dispos√© √† la paix.

Cette n√©gociation avec l'Angleterre, toute personnelle √† l'abb√© Dubois, fit le plus grand honneur √† la sagacit√© de son esprit, √† la tenue de son caract√®re. Avec la plus juste hauteur de vue, il avait aper√ßu que, puisque le vŇďu, la n√©cessit√© de la France, apr√®s le r√®gne de Louis XIV, √©tait la paix, on ne pouvait l'obtenir longue et durable qu'avec l'alliance anglaise, car jusque-l√† l'Angleterre avait √©t√© le lier et la main de toutes les coalitions. La r√©volution de 1688 √©tait un fait accompli, dans la marche des affaires, il fallait s'y soumettre ; les whigs √©taient ma√ģtres du pouvoir, et pour s'en assurer la possession, ils avaient besoin de faire reconna√ģtre la succcession dans la ligne protestante (Jean-Baptiste Honor√© Raymond Capefigue, Le Cardinal Dubois et la r√©gence de Philippe d'Orl√©ans: Les Cardinaux-ministres, 1861 - books.google.fr).

Il est patent que la maison d'Orl√©ans, de son c√īt√©, n'a s√Ľrement pas attendu l'apparition de la franc-ma√ßonnerie sur la sc√®ne fran√ßaise pour engager une lutte fratricide avec une royaut√© qu'elle comptait pour le moins r√©genter, sinon remplacer. Une sorte de nostalgie du pouvoir semblait latente chez les familles successives d'Orl√©ans... Au XVe si√®cle, le fils du po√®te Charles d'Orl√©ans (de la deuxi√®me famille) avait acc√©d√© au tr√īne sous le nom de Louis XII. L'unique repr√©sentant de la troisi√®me famille, le duc Gaston d'Orl√©ans, fr√®re de Louis XIII, avait √©t√© de tous les complots. Philippe II, petit-neveu de Louis XIV, avait √©t√© r√©gent de 1715 √† 1723, durant la minorit√© de Louis XV ; son arri√®re-petit-fils, Louis-Philippe Joseph (dit Philippe √Čgalit√©) consid√©rait ce pr√©c√©dent comme plut√īt encourageant. Il se peut, aussi, que son √©lection √† la dignit√© de grand ma√ģtre de la franc-ma√ßonnerie fran√ßaise lui ait ouvert des perspectives nouvelles (Marcel Auche, Les francs-ma√ßons de la R√©volution, 2009 - books.google.fr).

Il √©tait depuis 1771 grand ma√ģtre de la Grande Loge de France de cette √©poque, une ob√©dience ma√ßonnique fond√©e en France autour de 1728. Sans qu'il n'y prenne une grande part, lorsque celle-ci en 1773, se transforme en Grand Orient de France, Louis-Philippe y demeure en conservant son titre et son rang (Daniel Kerjan, Les D√©buts de la franc-ma√ßonnerie fran√ßaise, Paris, Dervy, coll. Renaissance Traditionnelle, 2014) (fr.wikipedia.org - Louis-Philippe d'Orl√©ans (1747-1793)).

Un proche du futur duc d'Orl√©ans, duc de Chartres, est Jean-Jacques Bacon de La Chevalerie, un des fondateurs du Grand Orient comme d√©put√© des loges bordelaises de l'Amiti√© et de La Fran√ßaise, mais aussi d√©clar√© Substitut universel et successeur d√©sign√© de Martin√®s de Pasqually, un des premiers dignitaires de l'ordre des Elus Cohens. Il √©tait propri√©taire d'une grande sucrerie √† Saint Domingue avec Louis-Charles Mercier Dupaty de Clam membre, aussi des Elus Cohen √† La Rochelle. Bacon √©tait le chef des s√©cessionnistes blancs de Saint Domingue o√Ļ le duc d'Orl√©ans poss√©dait des biens. Un autre proche du duc d'Orl√©ans, secr√©taire des ses commandements, Choderlos de Laclos, v√©ritable t√™te pensante de son parti √©tait membre de la loge L'Union du r√©giment de Toul et de La candeur √† Paris. Le 6 mai 1772, Martines de Pasqually s'embarqua pour Saint-Domingue pour aller y recueillir un ¬ę h√©ritage ¬Ľ. Il mourut √† Port-au-Prince le 20 septembre 1774 [20 septembre comme la bataille de Valmy] (Jacques de Cauna, Autour de la th√®se du complot √† Saint Domingue 1789-1791, Franc-ma√ßonnerie et politique au si√®cle des lumi√®res: Europe-Am√©riques, 2006 - books.google.fr, Celui du Pays de l'Ours, Des Origines Pa√Įennes de la Franc-ma√ßonnerie. Tome I. Des Origines Druidiques, 2011 - books.google.fr).

Le "SECAT" (coupe) est prémonitoire si la dalle de Coume Sourde date d'avant 1789-93.

SET IN ARCH ou la quadrature du cercle

De tout temps, le Temple de J√©rusalem est demeur√© l'embl√®me des francs-ma√ßons. Une ma√ßonnerie op√©rative de l'√©querre existait, prolong√©e pour ceux qui en √©taient dignes d'une ma√ßonnerie de l'Arche (ou de l'Arc de vo√Ľte). Le ¬ę squareman ¬Ľ devenait alors ¬ę arch mason ¬Ľ, passant de l'√©querre au compas, du cube √† la sph√®re, devenu capable, en particulier, de tailler des pierres curvilignes. Ce qui est explicit√© dans la l√©gende ma√ßonnique d'Hiram. Les ¬ę squaremen ¬Ľ veulent s'emparer par la force des secrets des ¬ę arch masons ¬Ľ et tuent le ma√ģtre qui refuse l'intimidation. On notera d'ailleurs que dans la ma√ßonnerie d'York encore pratiqu√©e, le grade de ¬ę mark mason ¬Ľ (ma√ßon de la Marque) pr√©lude √† celui d'¬ę arch mason ¬Ľ, illustrant ainsi le passage du carr√© au cercle. (Fr√©d√©rick Tristan, La Franc-ma√ßonnerie: documents fondateurs, 1992 - books.google.fr).

Pour "A DIA EGO", avec le parasitage de la dalle de Coume Sourde on peut obtenir "A DIE AEBGA O" (on hésite entre U et B).

"die" en anglais - pour rester dans la langue de "SET IN ARCH" - désigne précisément un cube, un dé (pluriel "dice") (John Hill, Urania: or, a compleat view of the Heavens; containing the Ancient and modern Astronomy in form of a Dictionary, etc, 1754 - books.google.fr).

La série de lettre "AEBGA" intervient dans la description des lunules d'Hippocrate dans des ouvrages scientifiques des XVIIIème et XIXème siècles (John Lowthorp, Henry Jones, Andrew Reid, John Gray, John Eames, John Martyn, The Philosophical Transactions, Volume 1, Royal Society (Great Britain), 1722 - books.google.fr, Raynerio Bonaventura Martini Pisano, Institutiones geometricae in usum adolescentium adornatae, 1765 - books.google.fr).

Le th√©or√®me des deux lunules, tr√®s ancien, a √©t√© d√©montr√© par Hippocrate de Chios (470 - 410 avant J.-C.), qui √©tudia aussi la duplication du cube (cube : die en anglais), c'est-√†-dire le calcul de la racine cubique de 2. Les deux lunules sont aussi appel√©es lunules d'Hippocrate. Il recherchait alors la quadrature du cercle et pensait que la quadrature de ses lunules allait le rapprocher du but. Une lunule est une portion de surface d√©limit√©e par deux cercles non concentriques de rayons diff√©rents, formant un m√©nisque en forme de croissant de lune : convexe d'un c√īt√© et concave de l'autre (fr.wikipedia.org - Th√©or√®me des deux lunules).

Diderot, dont l'esprit est hostile aux abstractions, reste attach√© aux math√©matiques anciennes. Les probl√®mes qui le passionnent sont ceux qui, vingt si√®cles plus t√īt, exer√ßaient d√©j√† la sagacit√© des Grecs : la trisection de l'angle, les lunules d'Hippocrate. Si ces questions gardent toute leur difficult√© pour le g√©om√®tre, elles ont perdu tout l'int√©r√™t pour l'analyste qui, sans franchir l'obstacle, poss√®de une m√©thode pour le tourner commod√©ment. Or cet aspect moderne des math√©matiques a totalement √©chapp√© √† Diderot, qui les juge uniquement d'apr√®s la conception ancienne qu'on s'en faisait encore au XVIIe si√®cle. [...]

Diderot avait d√©crit dans la R√©futation d'Helv√©tius sa tentative pour r√©soudre la quadrature du cercle ; mais, faute d'√©quations pr√©cises, sa ¬ę solution ¬Ľ √©tait inintelligible. La Premi√®re proposition de cyclom√©trie la fait conna√ģtre dans le d√©tail. Nous ne pouvons que r√©sumer les conclusions de notre √©tude. Ce m√©moire se compose de deux parties. La premi√®re √©nonce une propri√©t√© simple et pourtant nouvelle des lunules d'Hippocrate. Dans le cas choisi, la diff√©rence de ces lunules est le douzi√®me de l'aire du cercle principal de la figure. Cette diff√©rence, Diderot va donc en rechercher la quadrature, tout au long de calculs qui prennent une dizaine de pages ! La confusion dans l'emploi des notations et la m√©thode qui consiste √† n√©gliger tous les espaces rectilin√©aires, souvent sans en avertir le lecteur, embrouillent consid√©rablement la d√©monstration. Pourtant nous n'y avons relev√© qu'une erreur de calcul, qui pr√©cis√©ment fournit la solution. N'accablons pas l'auteur, comme le fait Naigeon, sous le poids d'une critique p√©dante et s√©v√®re : malgr√© l'intention qu'il manifeste dans la conclusion du m√©moire, il l'a gard√© neuf ans en portefeuille et finalement ne l'a pas publi√© ; d'autre part cette tentative malheureuse lui fait plus d'honneur que la grossi√®re approximation (publi√©e, celle-l√† !), pr√©tentieusement intitul√©e la difficult√© vaincue, n'en fait √† l'un de ses contemporains (Jean Mayer, Diderot, homme de science, 1959 - books.google.fr).

Construction des lunules d'Hippocrate sur le triangle de la dalle verticale de Marie de Nègre

Reste le Oméga.

Le triangle est la figure de la lettre A (Louis Moréri, Le grand dictionnaire historique, 1725 - books.google.fr).

Le triangle rectangle isocèle est la moitié d'un carré.

C'est encore le cas dans l'all√©gorie, comme celle du bouclier de Pers√©e, qui commente sa forme, triangulaire et/ou ronde. La forme triangulaire est celle du A, la ronde est celle du O : Dieu est A et O, c'est-√†-dire non seulement l'alpha et l'om√©ga, le commencement et la fin, mais aussi le triangle que dessine le A et le cercle que dessine le O : Il est "Alpha" trianguliers Et "O" simples et singuliers, Qui tout commence et tout affine Et comprend par vertu divine (V, 1116-1119). La forme triangulaire du A note les trois angles de la Trinit√©, la forme ronde du O symbolise la totalit√©, l'√Čternit√© de Dieu. On se rappelle encore que dans l'all√©gorie √©num√©rative de l'√©cu de Pers√©e, l'auteur commence par √©voquer un √©cu non pas quelconque, mais tr√®s g√©n√©ral, qui, ¬ę s'il est bien fait ¬Ľ, doit contenir tel et tel √©l√©ment ; mais tout √† coup l'√©cu est devenu une v√©ritable Ňďuvre d'art que notre auteur a sous les yeux, et l'on comprend que les termes de figure, de repr√©sentation, d'image ne sont pas seulement des mots abstraits pour l'all√©goriste m√©di√©val, puisqu'il parle m√™me alors d'un artiste g√©nial1. L'√©cu est alors pr√©sent concr√®tement sous ses yeux fascin√©s qui y voient la totalit√© de la foi chr√©tienne, de ses articles et commandements, de ses artisans aussi, √©vang√©listes et ap√ītres, tous v√©ritables forgerons de la foi (L'Ovide moralis√©, pr√©sent√© par Maryl√®ne Possama√Į-P√©rez, 2006 - books.google.fr).

Si la chymie a sa pierre philosophale, la géométrie a sa quadrature du cercle, l'astronomie ses longitudes, les mécaniques leur mouvement perpétuel. Il est impossible de trouver tout cela, mais fort utile de le chercher (Fontenelle) (Dictionnaire des gens du monde; historique, litteraire, critique, moral, physique, militaire, politique, Volume 5, 1770 - books.google.fr).

D'un point de vue math√©matique, la question de la recherche des longitudes et celle de la quadrature du cercle n'ont rien de commun : √©valuer √† la r√®gle et au compas la surface d'un cercle par rapport √† celle d'un carr√© n'est en effet d'aucune utilit√© pour rep√©rer une position sur une sph√®re. Certains n'h√©sitaient cependant pas √† nier cette √©vidence pour lier les deux th√®mes et justifier ainsi une demande de prix. La publicit√© et les fausses informations distill√©es par des journaux autour du prix Rouill√© de Meslay ne tardent pas √† porter des fruits. Un an √† peine apr√®s les articles du Journal des s√ßavans et des Nouvelles litt√©raires, l'Acad√©mie recevait la premi√®re demande de r√©compense pour un travail qui amalgamait quadrature et longitude : ¬ę M. Gherardini ose se flatter d'√™tre enfin parvenu, apr√®s huit ans d'un p√©nible travail qui lui a fait trouver la v√©ritable quadrature du cercle et le v√©ritable point g√©om√©trique ; pleinement persuad√© que l'un et l'autre renferment la parfaite connaissance des longitudes, il supplie Votre Altesse Royale de vouloir bien lui faire m√©riter l'honoraire et le prix attach√© √† cette d√©couverte ¬Ľ.

L'Acad√©mie d√©signe trois commissaires, Pierre Varignon, Fran√ßois Nicole et Thomas Fantet de Lagny [P.-V. du 7/05/1718] pour examiner le m√©moire dont ils ne feront pas de rapport. La confusion provoqu√©e par les Nouvelles litt√©raires se r√©pand par un syst√®me de dialogue public entre les quadrateurs au travers de lettres ouvertes ou de r√©futations directes. Un premier exemple est celui de Willem van Duytendyk, un Hollandais n√©gociant √† Nantes, qui dans sa Dissertation sur la quadrature du cercle servant de r√©ponse √† une lettre de CM. Bourgoin ins√©r√©e dans le Journal de Verdun au mois de f√©vrier et juin 1 727, d√©clare : ¬ę Par la pr√©sente dissertation sur le syst√®me de la quadrature du cercle, j'ai l'honneur de vous demander l'approbation de faire de nouvelles d√©couvertes sur le sujet de la navigation et la r√©compense que les puissances maritimes y ont attach√©. ¬Ľ Pr√©tentions rapidement d√©bout√©es par les commissaires Henry Pitot et G.L. de Buffon, agac√©s de ce que l'auteur ajoute √† sa na√Įvet√© celle de vouloir lier quadrature et navigation [P-V. du 25/01/1736] : ¬ę Dans une lettre il demande les suffrages de l'Acad√©mie pour demander plus hardiment la r√©compense attribu√©e √† cette d√©couverte. L'auteur ne devrait pas s'y attendre avec autant de confiance, puisqu'il pr√©tend tout au plus montrer que la quadrature du cercle serait utile pour la perfection de la navigation et par cons√©quent on doit chercher √† la perfectionner. ¬Ľ L'autre exemple significatif de l'amalgame quadrature/longitude est celui de Causans dont nous avons √©voqu√© les publications prolixes. Dans une lettre de 1758 adress√©e √† Vausenville [1778, p. 121], il fait une allusion directe au au prix Rouill√© de Meslay et, dans un √©crit de 1754, affirme le lien entre quadrature et longitude avec un semblant de justification [Causans 1754, p. 16] : ¬ę Pour trouver la vraie figure de la terre et les longitudes sur toute sa surface on peut se servir des quatre lignes d'un carr√© quelconque, les faire couper r√©ciproquement et perpendiculairement √† √©gales distances et les circonscrire d'un cercle dont le diam√®tre soit √©gal √† une des lignes du carr√© dont on se sera servi, ce qui formera la figure de la quatri√®me d√©monstration, et par cons√©quent un carr√© d√©crit dans un cercle √©gal au cercle par la premi√®re proposition. Il sera ais√© par cette quadrature du cercle de conna√ģtre les longitudes respectives. ¬Ľ

Au XVIIIe si√®cle, la n√©cessit√© d‚Äôam√©liorer la cartographie de leurs royaumes respectifs avait conduit la France et l‚ÄôAngleterre, les deux principales nations sensibles aux progr√®s scientifiques, √† fonder des observatoires royaux. En 1667, Louis XIV fonde l‚ÄôObservatoire royal de Paris. Le gros Ňďuvre achev√© en 1672, l‚Äôobservatoire est confi√© √† Jean-Dominique Cassini (1625-1712). Devant la concurrence, le roi Charles II d‚ÄôAngleterre ordonne en 1675 la construction d‚Äôun observatoire dans le parc royal de Greenwich. La mission confi√©e au premier Astronomer Royal d‚ÄôAngleterre, John Flamsteed (1646-1719), est clairement √©tablie d√®s la cr√©ation de cet √©tablissement, comme elle l‚Äôest aussi pour l‚Äôastronome de l‚ÄôObservatoire royal √† Paris.

En septembre 1714, le comte Rouill√© de Meslay, conseiller au parlement de Paris, d√©pose un testament par lequel il l√®gue √† l‚ÄôAcad√©mie royale des sciences un fonds de 125 000 livres destin√© √† r√©compenser diverses recherches sur la quadrature du cercle et autres d√©couvertes en math√©matiques. Le testament est dat√© du 12 mars 1714. Rouill√© de Meslay d√©c√®de le 13 mai 1715. Vainement contest√© par sa famille ‚Äď en ce qui concerne notamment le sujet de la quadrature du cercle que ses h√©ritiers regardent comme une chim√®re (√† cette √©poque, on ne sait pas si la quadrature du cercle peut √™tre ou non r√©solue) ‚Äď, ce legs √† l‚ÄôAcad√©mie sera finalement confirm√© par un arr√™t de la Grand-Chambre le 30 ao√Ľt 1718. Ce legs pr√©voit deux rentes prises sur les aides et gabelles : la premi√®re de 4 000 livres au principal de 100 000 livres, la seconde de 1 000 livres au principal de 25 000 livres. La destination de ce legs est fortement discut√©e au sein de l‚ÄôAcad√©mie, ainsi que le montant et la destination du prix retenu. L‚ÄôAcad√©mie d√©cide finalement en 1719 d‚Äôhomologuer et d‚Äôattribuer deux prix en alternance.

Au moment m√™me o√Ļ l‚Äôamiraut√© britannique se voit assist√©e d‚Äôun Bureau des longitudes pour l‚Äôexamen de nouvelles m√©thodes destin√©es √† am√©liorer la navigation astronomique, l‚ÄôAcad√©mie des sciences se voit offrir par le comte Rouill√© de Meslay, soucieux de contribuer au progr√®s des sciences, un fonds important destin√© √† promouvoir les d√©veloppements scientifiques. Peu de temps apr√®s, selon certains auteurs, le R√©gent, le duc Philippe d‚ÄôOrl√©ans, offre une r√©compense √† qui r√©v√©lera au monde le secret des longitudes. Examinons bri√®vement ce que nous pouvons conna√ģtre de ces deux prix quasi contemporains du Longitude Act britannique.

L’existence d’une promesse de récompense faite par le Régent Philippe d’Orléans est source d’interrogations historiques, que nous avons tenté de démêler dans notre thèse de doctorat. Dans son histoire des fondations de prix académiques, Ernest Maindron (1881) donne un élément capital pour reconstruire cette histoire. Il cite une lettre écrite par Philippe d’Orléans, de Paris, le 15 mars 1716, et adressée à Bernard Le Bovier de Fontenelle (1657-1757), l’incontournable secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences.

Les termes de cette lettre sont int√©ressants. Le montant de la r√©compense nous est pr√©cis√© : 100 000 livres de France. Loin d‚Äô√™tre aussi √©lev√©e que celle du prix britannique, puisqu‚Äôelle n‚Äôen repr√©sente environ que le cinqui√®me, cette r√©compense n‚Äôen reste pas moins importante. Par ailleurs, le R√©gent ne veut d√©courager aucune recherche. Pr√©cisant qu‚Äôil a re√ßu plusieurs propositions de m√©thodes de d√©termination des longitudes en mer, sa lettre t√©moigne de l‚Äôactivit√© importante qui existe sur le sujet des longitudes √† cette √©poque. Sans doute faut-il y voir l‚Äôeffet du Longitude Act. Aussi n‚Äôest-il pas surprenant de lire que Philippe d‚ÄôOrl√©ans conseille √† Fontenelle de rendre publique cette proposition de r√©compense et de l‚Äôins√©rer dans les registres de l‚ÄôAcad√©mie. Fontenelle et Jacques Cassini ont vraisemblablement eu acc√®s aux m√©moires auxquels le R√©gent fait allusion dans sa lettre. En 1722, dans un m√©moire intitul√© ¬ę √Ä la recherche des longitudes en mer ¬Ľ, Fontenelle, poursuivant son ¬ę √©tat des lieux ¬Ľ sur le probl√®me des longitudes et mentionnant rapidement les promesses de r√©compense par le R√©gent, remarque que les m√©thodes propos√©es sont souvent d√©faillantes.

Pour examiner les m√©moires envoy√©s au d√©partement de la Marine ainsi qu‚Äôaux diff√©rents acteurs institutionnels int√©ress√©s par les progr√®s de la marine, il fallait des commissaires. L‚ÄôAcad√©mie des sciences incarnant l‚Äôexpertise savante au XVIIIe si√®cle, ces commissaires ne pouvaient √™tre recrut√©s que parmi les acad√©miciens plus ou moins engag√©s dans les progr√®s des sciences nautiques. Ind√©pendamment des probl√®mes de l‚Äôinstruction des marins et des pilotes, la marine avait donc besoin de faire appel √† des astronomes et √† des g√©om√®tres capables de juger de la pertinence des m√©moires des pr√©tendants aux diverses r√©compenses. Il fallait aussi les r√©mun√©rer. L‚ÄôAcad√©mie royale des sciences restera toujours √©trang√®re au choix de l‚Äôacad√©micien apte √† remplir cette charge qui relevait du seul privil√®ge du secr√©taire d‚Äô√Čtat √† la Marine : le "pr√©pos√© au perfectionnement de la marine".

√Ä partir de 1745, le pr√©pos√© au perfectionnement de la marine est recrut√© parmi les plus grandes figures acad√©miques du XVIIIe si√®cle : les th√©oriciens Bouguer (1745-1758) et Alexis Clairaut (1758-1765) ; les deux astronomes Pierre-Charles Le Monnier (1758-1791) et Lalande (1765-1793). Le Monnier fut le seul √† exercer cette charge en duo, avec Clairaut, jusqu‚Äôau d√©c√®s de ce dernier en 1765, puis simultan√©ment avec Lalande jusqu‚Äôen 1791. Ces savants marqu√®rent leur √©poque, l‚Äôhistoire de l‚Äôastronomie et l‚Äôhistoire de la navigation scientifique, l√† o√Ļ progr√®s scientifique et progr√®s de la marine convergeaient : d√©termination de la figure de la Terre, am√©lioration de la g√©ographie et des outils de la navigation, tables astronomiques, √©ph√©m√©rides nautiques, th√©orie du mouvement de la Lune. On ne sera donc pas surpris de voir figurer dans cette liste quatre mesureurs de m√©ridien. Maupertuis, Clairaut et Le Monnier √©taient all√©s ensemble en Laponie su√©doise, en 1736-1737, mesurer un degr√© de m√©ridien pr√®s du p√īle ; Bouguer avait fait partie de l‚Äôexp√©dition acad√©mique ‚Äď dite ¬ę du P√©rou ¬Ľ (1735-1744) ‚Äď charg√©e de mesurer un degr√© de m√©ridien pr√®s de l‚Äô√©quateur.

Du trio Clairaut, Lalande, Le Monnier, ce dernier para√ģt √™tre le seul √† avoir pris sa fonction au s√©rieux. Le Monnier semble en effet plus impliqu√© dans les progr√®s de la marine que ses confr√®res. Ses productions, vari√©es, couvrent un vaste √©ventail de sujets int√©ressant le d√©veloppement d‚Äôune marine savante : √©tude des mar√©es, magn√©tisme, instruments nautiques, astronomie nautique. Ses travaux ne sont toutefois pas d‚Äôune originalit√© extraordinaire et ne marqueront pas l‚Äôhistoire, contrairement aux ouvrages de Bouguer. Le Monnier, attentif au d√©veloppement de l‚Äôhorlogerie de marine, aura au moins eu le m√©rite d‚Äôinciter les ministres de la Marine √† encourager les principales exp√©ditions scientifiques maritimes dans la p√©riode 1767-1773, dont l‚Äôexp√©dition du comte Pierre Claret de Fleurieu sur l‚ÄôIsis (novembre 1768-novembre 1769) et celle du chevalier Jean-Charles de Borda sur la Flore (octobre 1771-octobre 1772) portent un √©clatant t√©moignage (Guy Boistel, Pierre Bouguer, commissaire pour la marine et expert pour les longitudes : Un opposant au d√©veloppement de l‚Äôhorlogerie de marine au XVIIIe si√®cle ? Revue d'histoire des sciences, 2010/1 (Tome 63) - www.cairn.info).

L'église de Saint Sulpice à Paris accueillit sa première méridienne dès 1727. Mais l'horloger anglais jacobite Henry de Sully mourut un an après avoir commencé le tracé de sa méridienne qui restera inachevée, et dont on aperçoit encore quelques traces. En 1743, l'astronome Charles Le Monnier reprit et acheva le projet (www.shadowspro.com - Sulpice).

Tous les points de m√™me longitude appartiennent √† une ligne √©pousant la courbure terrestre, coupant l'√©quateur √† angle droit et reliant le p√īle Nord au p√īle Sud. Cette ligne est appel√©e ¬ę m√©ridien ¬Ľ. √Ä la diff√©rence de la latitude (position nord-sud) qui b√©n√©ficie de l'√©quateur et des p√īles comme r√©f√©rences, aucune r√©f√©rence naturelle n'existe pour la longitude. La longitude est donc une mesure angulaire sur 360¬į par rapport √† un m√©ridien de r√©f√©rence, avec une √©tendue de -180¬į (180¬į) Ouest √† +180¬į (-180¬į) Est.

La mesure de la longitude est fondamentale pour la navigation, elle donne la position est-ouest du navire et permet de le situer sur les cartes. La recherche de la meilleure technique pour son calcul fut donc l'une des plus acharnées et importantes du XVIIIe siècle (fr.wikipedia.org - Longitude).

Nous passerons plus rapidement sur d'autres pr√©tendues inventeurs de la quadrature du cercle. Tondu de Nangis la trouvoit en mesurant, non les courbes par des droites, mais les droites par des courbes. Liger a rempli les Mercures de folies semblables sur la quadrature du cercle. Il la d√©montroit par le m√©canisme en plein des figures, m√©canisme qui ind√©pendamment de la quadrature du cercle lui donnoit la commen6urabilit√© du c√īt√© du quarr√© avec la diagonale, en faisant que 288 sont √©gaux √† 289. D√©couverte sur laquelle est aussi tomb√©e il y a quelques ann√©es le chevalier de Culant, qui sans doute e√Ľt aussi trouv√© la quadrature du cercle si la mort ne l'e√Ľt enlev√©. La Frenaye, valet-de-chambre du duc d'Orl√©ans, a pass√© vingt ans √† errer de paralogisme en paralogisme, et √† ressasser les nombres 7, 8 et 9 o√Ļ gissoit selon lui tout le myst√®re de la quadrature (Jean √Čtienne Montucla, Joseph J√©r√īme Le Fran√ßois de Lalande, Histoire des math√©matiques, Volume 4, 1802 - books.google.fr).

Alexandre, n√© le 3 avril 1726, baptis√© le 7, servit dans la marine sous le nom de chevalier de Culant, et mourut sans alliance aux √ģles de l'Am√©rique (Gabriel Tricoire,, Le chateau d'Ardenne et la seigneurie de Moulidars en Angoumois, 1890 - books.google.fr).

Ce Culant n'est pas celui du Cher sur le méridien de Paris. Cette maison est originaire de la Brie (Philippe Le Bas, Augustin François Lemaitre, France: Dictionnaire encyclopédique, Volume 6, 1842 - books.google.fr).

Construire un carré ou même un rectangle parfaitement égal à un cercle est impossible. Tel est l'enjeu de la quadrature du cercle. Durant plus de deux mille ans les hommes ont vainement tenté de résoudre ce problème. Au XVIIIe siècle ces explorateurs de quadrature sont si nombreux qu'ils forment une véritable armée, combattue par les savants. En 1775, l'Académie royale des sciences de Paris, submergée de candidats et de projets, prend une décision dont elle n'est pas coutumière : elle frappe d'anathème la quadrature du cercle, celle-ci est désormais interdite.

Un autre religieux, Louis Emmanuel Renier (1702-1766), b√©n√©dictin de Saint-Maur, dans sa Quadrature du cercle d√©montr√©e par la synth√®se : √©crit envoy√© √† Van Robais et √† l'acad√©mie de math√©matique de Leyde, prend la peine de pr√©ciser les conditions d'√©galit√© entre segment rectiligne et arc de cercle : "11. Une droite est √©gale √† un cercle si elle a pr√©cis√©ment le m√™me nombre de points que l'arc. 12. Une droite aura autant de points qu'un arc si, dans l'ind√©finit√© de sens selon lequel elle peut √™tre appliqu√©e comme tangente, elle touche toujours l'arc tellement que chacun de ses points pris s√©par√©ment un √† un touche chacun des points de l'arc pris de m√™me". Nous sommes l√† dans l'infiniment petit, presque au niveau de l'atome sur lequel nous aurons l'occasion de revenir en √©voquant l'analyse de difficult√© conceptuelle r√©pandue √† l'√©poque. En d√©pit de de cette pr√©cision sur l'√©galit√©, Renier est moins explicite sur le chemin qui l'a conduit √† sa solution pour la quadrature. Il construit sur la tangente, au milieu de l'arc de 60¬į, un segment ib qu'il affirme √™tre √©gal √† cet arc. L'acad√©micien qui a analys√© cette construction a inscrit en marge sur le m√©moire : ¬ę Par le calcul ib = 1,07457 ¬Ľ, ce qui donne pour pi trois fois plus, soit 3,22 (Marie Jacob, La Quadrature du cercle: un probl√®me √† la mesure des Lumi√®res, 2006 - books.google.fr).

Renier (dom Louis-Emmanuel) est n√© √† Mariembourg (province de Namur) vers 1700. Entr√© au Noviciat de l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, il y pronon√ßa ses vŇďux monastiques le 30 novembre 1722. Dom Renier semble avoir eu beaucoup de dispositions pour les sciences exactes, surtout pour la g√©om√©trie et les math√©matiques. Le 6 juin 1749, il envoya de l'abbaye de Saint-Riquier o√Ļ il s√©journait, une √©tude intitul√©e : Quadrature du Cercle d√©montr√©e far la synth√®se adress√©e √† Monsieur Van Robais, l'a√ģn√©, secr√©taire de l'Acad√©mie de Math√©matiques de Leide et aux membres de cette acad√©mie hollandaise. La lettre jointe √† l'envoi de ce travail dit que l'auteur est natif de Mariembourg. Le 20 novembre 1751, dom Renier envoya de l'abbaye de Rebais un autre travail sur la Quadrature du Cercle d√©montr√©e √† Messieurs de la Facult√© de philosophie de la c√©l√®bre universit√© de Leide, en Hollande. Ces travaux de dom Renier, rest√©s manuscrits, sont annonc√©s sous le n¬į 326 dans le Catalogue des manuscrits de Balthazar Boncompagni, dress√© par Em. Narducci (Rome 1892, 2e √©d.). Dom Renier est mort, simple diacre, √† l'abbaye de Saint- Riquier, le 23 mai 1766 (Revue liturgique et monastique, Volume 21, Abbaye de Maredsous, 1935 - books.google.fr).

PS PRAECUM

Le "PS PRAECUM" de la dalle de Coume Sourde s'inscrit avec le "SET IN ARCH" (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit fr√®re des pieuvres).

Le psaume 42 "PS PRAECUM", psaume des pri√®res, convient encore √† la quadrature du cercle ou plut√īt son inverse passer du carr√© au cercle. En effet, le verset 4 du psaume 42 : "jusqu'au Dieu de ma joie" est √©crit en h√©breu √† partir de la racine "g√Ęlal" qui signifie "aller dans un cercle" d'o√Ļ danser et sauter de joie (g√Ęlal - www.studylight.org, William De Burgh, A commentary on the Book of psalms, with the text of the Authorized version, metrically arranged, 1858 - books.google.fr).

Le lambel qui brise le blason de France dans les armoiries de la Maison d'Orléans est aussi appelé fil. Le fil à plomb est utilisé dans certains instruments comme les secteurs et les quarts de cercle pour marquer la ligne verticale qui se dirige au zénith et au nadir. Les quarts de cercle mobiles, à l'origine, se confondent probablement avec les quadrants de navigation des premiers explorateurs maritimes, au début du XVIe siècle. Cet instrument semble nécessaire pour déterminer la latitude avec plus d'exactitude que celle obtenue par le quadrant nautique (fr.wikipedia.org - Quart de cercle mobile).

Le système grec des blasons se distingue de celui que nous connaissons par l'héraldique médiévale. Cette dernière donne au bouclier une valeur identitaire, comme en Grèce, mais également une valeur généalogique. Le même blason se transmet de père en fils, manifestant ainsi une temporalité de la filiation. Il se complexifie à travers les alliances, subdivisant et accumulant les motifs à travers un système d'engendrement des blasons qui reflète l'histoire des familles, comme l'a bien montré Michel Pastoureau. Dans le cas grec, les épisèmes sont beaucoup plus libres et ne font pas l'objet d'une transmission codifiée comme dans l'Occident médiéval. La variété des motifs est grande si l'on examine, par exemple, le répertoire des boucliers consacrés à Olympie. Elle est encore plus grande en image, car les peintres jouent librement des possibilités graphiques que permet la représentation, sur chaque bouclier, d'une image à l'intérieur de l'image. La présence de ces cercles inclus au sein d’un ensemble figuratif plus large permet des jeux d’interférence entre plusieurs plans : celui de l’image englobante et celui de l’épisème englobé, ou bien d’un bouclier à l’autre, par des jeux d’écho, de répétition ou de complémentarité. L'image mise en cercle sur le bouclier permet aussi des variations chromatiques, des changements d'échelle, des segmentations, qui viennent interférer avec l'image englobante. Beaucoup de peintres se contentent de répéter des motifs courants, sans aller plus loin, mais certaines images semblent bien porter la marque d’un travail très conscient sur les possibilités qu’offre ce type d’assemblage et d’inclusion, enrichissant ainsi la dialectique visuelle entre le bouclier et son porteur, l’image emblématique et l’identité du guerrier (François Lissarrague, Le temps des boucliers, 2008 - imagesrevues.revues.org).

Les trait√©s d'h√©raldique insistent, en effet, sur le caract√®re h√©r√©ditaire des armoiries, qui se transmettent comme le nom dans une m√™me famille. Les juridictions comp√©tentes peuvent avoir √† r√©gler des diff√©rents relatifs au port des armoiries. A l'int√©rieur d'une m√™me famille, on prend soin de distinguer les armes d'une branche cadette de celles de la branche a√ģn√©e par des modifications appel√©es ¬ę brisures ¬Ľ (√Čtudes d'arch√©ologie classique, Volumes 1 √† 3, Universit√© de Nancy, 1958 - books.google.fr).

Le terme de "brisure" donne une id√©e de ce qui est cass√©, rompu, d'o√Ļ peut-√™tre un angle √† transfomer en cercle pour acc√©der √† la pr√©√©minence.

Superposition de la dalle verticale de Marie de Nègre avec l'horizontale

La superposition de la dalle verticale de Marie de Nègre avec l'horizontale montre que le X de "APX" est placé sur le CH de "BLANCHEFORT" ce qui confirme la lecture "SET IN ARCH". Le epsilon et le gamma de "EGO" se placent sur le "LE" de "DECEDEE LE". Le gamma est un "L" en miroir.

Les Orléans, Montfaucon et les Hautpoul

En 1719, le Roi, de l'avis du Duc d'Orl√©ans R√©gent du royaume, ordonna qu'on re√ß√Ľt Dom Bernard de Montfaucon dans la Classe des Honoraires de l'Acad√©mie royale des Inscriptions & Belles-lettres; quoiqu'il n'y e√Ľt point de place vacante. Il remplit la m√™me ann√©e la place vacante par la mort du fameux P. le Tellier J√©suite. D. Bernard se faisoit un plaisir de se trouver √† cette Acad√©mie, & contribuoit avec beaucoup de z√®le & d'assiduit√© √† ses travaux litt√©raires. Il ne venoit √† Paris aucun √©tranger, pour peu qu'il f√Ľt homme de Lettres, qui ne voul√Ľt voir le P. de Montfaucon &. s'entretenir avec lui. Il recevoit tout le monde avec cette bont√©, cette candeur & cette noble simplicit√© qui caract√©risent les grands hommes (Histoire litteraire de la Congr√©gation de Saint Maur, Ordre de S.Beno√ģt, 1770 - books.google.fr).

Le duc Ferdinand Philippe d'Orléans, fils du roi des Français Louis-Philippe Ier, fut le parrain au baptême de Frédéric-Charles Robert, fils d'Alphonse-Napoléon comte d'Hautpoul et de Caroline-Joséphine Berthier, princesse de Wagram, née en 1812. La marraine fut la mère de Caroline-Joséphine, née princesse de Bavière, car la duchesse d'Orléans n'était pas catholique (L'Ami de la religion, Volume 109, 1841 - books.google.fr, Xavier Marmier, Journal : 1848-1890, présenté par Eldon Kaye, Tome I, 1968 - books.google.fr).

Il s'agit d'Hélène de Mecklembourg-Schwerin, fille de feu le prince héréditaire Frédéric de Mecklembourg-Schwerin (1778-1819) et de la princesse Caroline de Saxe-Weimar-Eisenach. La princesse est la nièce du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III. Le duc d'Orléans meurt à 31 ans d'un accident de voiture le 13 juillet 1842 à Neuilly-sur-Seine (fr.wikipedia.org - Ferdinand-Philippe d'Orléans).

Alphonse Napoléon d'Hautpoul est né en 1806 à Paris et mort en 1889. Il a fait Saint Cyr de 1824 à 1826. Il est le fils de Jean Joseph Ange d'Hautpoul, comte d'Hautpoul 1754-1807, général de division, sénateur de l'Empire, mort à Eylau (gw.geneanet.org).

D'Hautpoul, nommé maire en 1845, sera à l'origine de la réunion en juin 1847 des deux communes de Trouville et d'Hennequeville. Très proche de la famille d'Orléans, il sera révoqué en 1848 puis, nommé à nouveau, donnera sa démission en 1852 à la suite du vote de la loi portant saisie des biens de la famille d'Orléans ; il restera le chef du parti orléaniste à Trouville pendant tout le Second Empire, n'hésitant pas, ainsi que son épouse, particulièrement ambitieuse, à user de son influence pour que soient nommés à la mairie des candidats à sa dévotion (Pascal Ramadier, Milieux d'affaires et villégiature : l'exemple de Trouville et de Deauville, Bains de mer et thermalisme en Normandie: actes du 36e Congrès, Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, Trouville, 18-20 octobre 2001, 2002 - books.google.fr).

Des Hautpoul faisaient en effet partie de l'entourage du prince d'Orléans, alors que d'autres étaient mal vu des orléanistes comme le général marquis d'Hautpoul (Jules Janin, Le prince royal, 1843 - books.google.fr, Jacques Crétineau-Joly, Histoire de Louis-Philippe d'Orléans et de l'Orléanisme, Volume 2, 1865 - books.google.fr).

Un autre fils de Louis-Philippe, le duc d'Aumale s'était réservé le commandement en chef de l'armée d'Algérie. Il avait pour premier aide de camp le commandant Janin, pour second le capitaine de Beaufort d'Hautpoul et pour officier d'ordonnance le capitaine de Maguenat. (Jacqueline Lebreton-Wary, Les Orléans d'hier et d'aujourd'hui: de 1773 à nos jours, 1979 - books.google.fr).

Charles Marie Napol√©on de Beaufort d'Hautpoul, n√© le 9 novembre 1804 √† Salerne, royaume de Naples et mort le 18 mai 1890, est un g√©n√©ral fran√ßais, fils d'Agn√®s Louise Catherine de Bud√© et d'√Čdouard Brandoin de Ballaguier Marquis de Beaufort d'Hautpoul colonel du g√©nie. Aide de camp du duc d‚ÄôAumale, il servit en Alg√©rie jusqu‚Äôen 1848, y gagna les grades de chef d‚Äôescadron et de lieutenant-colonel. Il √©tait √† la prise de la smala d'Abd-el-Kader (fr.wikipedia.org - Charles Marie Napol√©on de Beaufort d'Hautpoul).

√Čdouard Brandoin de Ballaguier, marquis de Beaufort d'Hautpoul (n√© le 16 octobre 1782 √† Paris et mort en 1831) est un lieutenant-colonel du Premier Empire et du g√©nie. Fils de Jean Michel Brandoin, comte de Beaufort, colonel du r√©giment du roi et mort √† Quiberon, M. d'Hautpoul servant dans le g√©nie √©pouse sa m√®re et adopte √Čdouard (fr.wikipedia.org - Edouard Beaufort d'Hautpoul).

Charles d'Hautpoul, √©poux de Madame de Beaufort, est le petit-fils de Marie de N√©gri d'Able, celle de la dalle du 17 janvier, et de Fran√ßois d'Hautpoul, seigneur de Rennes-le-ch√Ęteau, par Marie d'Hautpoul de Rennes (1733-1781) mari√©e le 25 septembre 1752, √† Rennes-le-Ch√Ęteau, avec Joseph Marie d'Hautpoul, marquis d'Hautpoul 1723-1782 (La Vraie Langue Celtique de l‚Äôabb√© Henri Boudet : Psaumes 54, 119 et 129 : Hautpoul et Noli me tangere).

Darmstadt et les Orléans

Grimm suivit en temps que gouverneur des enfants du comte de Schomberg en France. Il trouva un autre patron dans le comte de Friese, neveu et h√©ritier du Mar√©chal de Saxe, avec le ch√Ęteau de Chambord, qui l'introduisit √† la cour. A sa mort, Grimm devint secr√©taire du duc d'Orl√©ans et le resta jusqu'√† 1776.

En avril 1757, Grimm accompagna le duc d'Orl√©ans comme secr√©taire dans une campagne contre Fr√©d√©ric II de Prusse. ¬ę Puisque j'ai adopt√© la France pour patrie, √©crit-il √† Mme d'Epinay, je dois la servir. ¬Ľ

Il √©tait de toutes les r√©unions philosophiques. Le cercle litt√©raire de madame du Deffant √©tait le seul o√Ļ il ne se montr√Ęt que rarement; mais il se piquait d'une grande exactitude aux d√ģners du baron d'Holbach, aux soupers du comte de Boulainvilliers, chez madame Geoffrin et chez mademoiselle de Lespinasse; on le trouvait partout; chez madame de La Poplini√®re, madame Necker, madame du Ch√Ętelet, etc. Il √©tait de cette joyeuse et spirituelle soci√©t√© du bout du banc, qui se r√©unissait chez mademoiselle Quinault la cadette. L√† se trouvaient les hommes les plus aimables et les plus √©clair√©s de l'√©poque: Pont-de-Vesle, Destouches, Marivaux, le comte de Caylus, M. d'Argenson; Voltaire lui-m√™me √©tait fort assidu avant qu'il se retir√Ęt √† Ferney.

Grimm était déjà correspondant de la duchesse de Saxe-Gotha et d'autres cours du Nord, dont la landgravine de Hesse-Darmstadt. Nul observateur ne s'est trouvé dans une position plus heureuse que Grimm, pour saisir dans son ensemble et dans ses moindres détails ce tableau si vaste, si varié, des hommes et des événements extraordinaires qui ont fixé l'attention de l'Europe entière, pendant près d'un demi-siècle.

Grimm s'occupa de la Correspondance littéraire pendant près de vingt ans. Il ne faut cependant pas croire que tous les articles de la Correspondance de cette période soient de lui. A l'occasion de ses nombreux voyages en Europe, comme protégé et ami des grands, il dut se chercher des collaborateurs dont Diderot, Mme d'Epinay, Damilaville et Meister sont les plus importants.

Il mourut √† Gotha, le 19 d√©cembre 1807, √† l'√Ęge de quatre-vingt-cinq ans, au milieu de ses nombreux amis et de ses livres (M√©moires politiques et anecdotiques, in√©dits, du baron de Grimm, Volume 1, traduit par M. Liuwaun, 1830 - books.google.fr, Jeanne R. Monty, La critique litt√©raire de Melchior Grimm, 1961 - books.google.fr, Partie XVI - Darmstadt).

Orléans, Théodulphe, le rond et le carré

En ce milieu du XIIIe si√®cle, l'abbatiale romane, comme cela reste d'actualit√© dans l'√©glise gothique que nous connaissons, est une v√©ritable glaci√®re m√™me pendant l'√©t√©. La large tonsure monastique n'arrange sans doute pas les choses m√™me compte tenu du capuchon de la coule. Dom Pommeraye commente : ¬ęLe Pape leur permet d'user de bonnets convenables √† leur Ordre, et adjo√Ľte express√©ment dans la Bulle, pourveu que cela ne soit trouv√© deffendu dans la R√®gle de saint Benoist, laquelle, comme un chacun s√ßait, dans la description des habits qu'elle donne √† ses Moines, ne fait point mention de bonnet quarr√©, lequel aussi n'a point est√© en usage parmy les anciens B√©n√©dictins : Et en effet le Pape ne dit pas byrretis. qui signifie bonnets quarr√©s, mais pileis qui se prend ou pour des chapeaux, ou pour des calottes et bonnets ronds...¬Ľ Et notre mauriste d'ironiser sur cette fa√ßon de r√©soudre la quadrature du cercle avant d'expliquer : ¬ęJ'estime avec beaucoup de raison que les Moines voyans que leur Abb√© pouvoit user par privil√®ge du saint Si√®ge de la Mitre, qui est l'ornement des Evesques, ils cr√Ľrent qu'ils seroient aussi honor√©s s'ils prenoient le bonnet quarr√©, et de la fourrure, comme faisoient les Chanoines de la Cath√©drale, ausquels ils vouloient se conformer... Ils demand√®rent des Bulles pour l'un et pour l'autre (et) ils obtinrent (de) se servir d'Aumusses ou fourrures sous condition que cela ne contrevienne point √† la R√®gle de saint Benoist.¬Ľ Il est vrai que d'autres auteurs, note Dom Pommeraye, attribuent l'usage du bonnet carr√© au fait que certains moines qui avaient acquis le grade de docteur √† l'universit√© le portaient tr√®s justement et que leurs confr√®res avaient voulu prendre leur part de cet honneur (Les pr√©rogatives de l'abbaye Saint-Ouen de Rouen, L'abbaye Saint-Ouen de Rouen: des origines √† nos jours, 2009 - books.google.fr).

Ie sçay que quelques-vns veulent que l'on se seruoit de bonnets ronds au lieu de quarrez, qui font d'vn temps plus moderne que les esprits se sont éueillez, & ont sceu faire la quadrature du cercle, car les anciennes figures ou tableaux le justifient assez, mesme pour l'Abbaye de Saint Ouen (Jean-François Pommeraye, Histoire de l'abbaye royale de S. Ouen de Rouen... par un religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur, 1662 - books.google.fr).

On sait que sous l'Ancien R√©gime il √©tait en effet des plus honorifiques d'obtenir en vue d'une audience ¬ę un billet de cabinet ¬Ľ permettant d'approcher le roi √† l'heure o√Ļ il usait de la chaise perc√©e. Etant donn√© le degr√© de civilisation atteint par la cour de France √† l'√©poque o√Ļ r√©gnaient ces mŇďurs et le raffinement de son √©tiquette, la chose consid√©r√©e sous son aspect purement mat√©riel et grossier est parfaitement inexplicable. Mais tout reposant sur la fa√ßon dont on interpr√®te les faits, on peut se m√©fier des chroniqueurs r√©publicains qui ont colport√© ce point d'histoire. Si l'on rattache l'acte en question aux traditions que nous venons d'exposer, il semble beaucoup moins choquant. Il est d'ailleurs fort probable que la pause sur la chaise perc√©e (figurant le rond dans le carr√© et donc la quadrature du cercle) √©tait purement symbolique et pr√©disposait le roi √† des paroles de clart√©. On peut bien s√Ľr s'√©tonner qu'un symbole aille se nicher l√†. Mais il est curieux de constater qu'en mati√®re de chirurgie l'instrument dont on se sert pour vider la vessie porte lui aussi le nom de cath√®te ‚ÄĒ comme le rayon vertical qui relie le rond au carr√© dans l'architecture de la cath√©drale. [...]

Le chiffre 4, qui sous sa forme √©sot√©rique a constitu√©, en m√™me temps que l'√©querre symbolique, l'un des chrismes triomphants de la p√©riode gothique du Moyen Age, et qui a surv√©cu longtemps apr√®s celle-ci chez les Purs et les h√©r√©tiques, parce qu'il repr√©sentait mythiquement ce que nous appelons la quadrature du cercle, a fatalement repr√©sent√© aussi le logos. Soit le verbe cr√©ateur. Cela est si vrai que les Purs dont nous parlons, qui entendaient rester fid√®les √† la conception antique de la Gen√®se du monde, firent de ce signe un attribut de saint Jean. Nombreux sont en effet, et comme nous l'avons dit, les ex-libris et marques d'imprimeurs des XV√®me et XVI√®me si√®cles reproduisant ce chrisme accompagn√© du chiffre de Jean (le Baptiste), lequel, pour eux, continuait Ion fils de Creuse (la pierre blanche en allemand se dit kreos) et s'assimilait √† l'agni hindou, p√®re de notre agneau mystique, l'agni n√© sous le souffle de l'esprit traduit dans la l√©gende sanscrite par un petit √©ventail en forme de drapeau qu'agite le vay√† sur l'enfant naissant. Aussi, ne faut-il pas s'y tromper. Si, dans l'imagerie chr√©tienne, on voit l'agneau de Saint Jean ceindre un oriflamme de sa patte, il s'agit l√† tout simplement du symbole de la lumi√®re et du lieu g√©om√©trique duquel partit la cr√©ation, qu'a figur√© l'r ph√©nicien et que l'agneau incarne en lui-m√™me. Pur dans sa ligne au d√©part, le signe s'est petit √† petit transform√© en un pavillon ‚ÄĒ un petit pavillon quelconque. Mais nul doute que son sens r√©el ne soit celui que nous indiquons. Faut-il donc s'√©tonner que ce signe ait, √† c√īt√© du coq, couronn√© la fl√®che des √©glises et servi jadis de girouette ? Faut-il √©galement s'√©tonner que Rouen qui fut une ville souveraine ait baptis√© sa premi√®re grande √©glise du nom de Saint-Ouen, ou de Saint-Jean, qui fut le nom patronymique des Oenn√®tes ? D'autre part, si Rouen porte cet agneau dans ses armoiries, qu'on n'aille pas s'imaginer que ce symbole vise essentiellement l'industrie de la laine et du drap qui enrichit cette cit√© au point qu'√† son apog√©e elle fut la plus peupl√©e du territoire. Non, le symbole est ce que nous venons de dire. Il est de surcroit le point de d√©part de l'oriflamme de l'Abbaye de Saint-Denis, con√ßu aux temps m√©rovingiens. Cet oriflamme se compose d'un carr√© bord√© de quatre c√īnes, ou rayons ou cath√®tes. Celui dont nous avons gard√© le mod√®le s'orne de six √©toiles, ou ¬ę flammes ¬Ľ, correspondant au chiffre de Louis VI le Gros qui s'appropria cette banni√®re pour en faire celle des rois de France. Le meilleur ami de saint Ouen, saint Eloi, fut √† la m√™me √©poque √©v√™que de Noyon, cit√© qui √† l'√©gal de Rouen, fut tax√©e par les Cap√©tiens de ¬ę ville litigieuse et anti-royaliste ¬Ľ et o√Ļ les ¬ę Goths ¬Ľ ont b√Ęti l'une de leurs premi√®res cath√©drales (Laurence Talbot, L'histoire profane in√©dite, Volume 2, 1968 - books.google.fr).

La coiffure √©piscopale est de nos jours commun√©ment d√©sign√©e par le mot mitre, mais ce mot avait pris au cours des √Ęges des significations diff√©rentes. Dans l'antiquit√© gr√©coromaine il d√©signait la bandelette que les femmes portaient sur la t√™te et, par extension, la coiffure des hommes eff√©min√©s au temps de Cic√©ron. A la fin de l'empire romain, milra est un couvre-chef uniquement f√©minin, √©l√©gant et pliss√©. C'est aussi C'est aussi la marque distinctive des femmes vou√©es √† Dieu pour laquelle on emploie parfois le diminutif mitella. C'est encore le mot mitre qu'utilise saint J√©r√īme (331-420) pour d√©signer la coiffure du Grand Pr√™tre juif. A l'√©poque m√©rovingienne mitra garde les deux sens de coiffure sacerdotale juive et de couvre-chef propre aux femmes consacr√©es √† consacr√©es √† Dieu ; il ne d√©signe donc sans doute qu'une √©charpe d√©riv√©e √† la fois de l'anabole des chr√©tiennes de la primitive √Čglise et du schimla du Grand Pr√™tre juif. Il est en effet tr√®s facile en nouant une √©charpe sur elle-m√™me d'obtenir un parfait bonnet c√ītel√©, pourvu que l'on prenne soin de faire dispara√ģtre les nŇďuds √† l'int√©rieur de la coiffure. [...] Du VIIe au XIe si√®cle le mot mitre n'est plus qu'exceptionnellement utilis√© par des lettr√©s tels l'√©v√™que d'Orl√©ans Th√©odulphe au d√©but du r√®gne de Charlemagne ou Agius, qui, √† la fin du IXe si√®cle, l'emploie encore dans le sens de coiffure f√©minine √©l√©gante (Mich√®le Beaulieu, Jeanne Bayl√©, La mitre √©piscopale en France, Bulletin arch√©ologique du Comit√© des travaux historiques et scientifiques: Antiquit√©s nationales, Volumes 8 √† 11, 1972 - books.google.fr).

Th√©odulfe d'Orl√©ans, qui mourut vers l'an 821, fait mention expresse de cet ornement de t√™te des √©v√™ques dans son livre V (chant ou po√®me III, vers 610), o√Ļ il dit ¬ę Une lame d'or ceignait le front du pontife, dont la double pointe proclame son titre de ma√ģtre ¬Ľ Aurea pontificis cingebat lamina frontem, / In qua binus apex nomen herile dedit. Et, plus bas : ¬ę La mitre resplendissante couvrait donc sa t√™te. ¬Ľ Illius ergo caput resplendens mitra tegebat (Bulletin du Comi√©t de la langue, de l'histoire et des arts de la France, Volume 4, 1860 - books.google.fr).

L'arc en mitre, ou arc en fronton, ou arc angulaire est un arc compos√© de deux droites inclin√©es formant un angle. L'arc angulaire a √©t√© utilis√© d√®s l'Antiquit√©. On en trouve des exemples dans l'architecture romaine. Dans l'architecture chr√©tienne, il appara√ģt dans les architectures wisigothique, m√©rovingienne, carolingienne, ottonienne, saxonne, romane, gothique (o√Ļ il conna√ģt une grande expansion avec l'architecture en briques de la r√©gion toulousaine) L'arc en mitre peut √™tre un des √©l√©ments constitutifs du triplet qui est une arcature (aveugle ou non) constitu√©e d'un arc en mitre encadr√© de deux arcs en plein cintre, symbolisant la Trinit√© chr√©tienne et que l'on retrouve dans l'architecture wisigothique, m√©rovingienne et romane.

Dans l'architecture carolingienne, en Allemagne, l'arc en mitre figure √† l'abbaye de Lorsch (VIIIe si√®cle), o√Ļ la ¬ę Torhalle ¬Ľ ou ¬ę porte triomphale ¬Ľ est orn√©e d'une rang√©e d'arcs en mitre support√©s par des pilastres cannel√©s surmont√©s de chapiteaux ioniques.

√Ä Toulouse et dans sa r√©gion, o√Ļ la pierre manque, l'architecture romane et l'architecture gothique utilisent intensivement la brique. L'arc en mitre caract√©rise donc par excellence le ¬ę clocher toulousain ¬Ľ en brique, qu'il soit octogonal ou qu'il s'agisse d'un clocher-mur. Ce mod√®le du ¬ę clocher toulousain ¬Ľ s'est √©galement impos√© dans des r√©gions voisines o√Ļ la construction en pierre pr√©domine pourtant : le Lauragais, l'Ari√®ge, le Couserans (fr.wikipedia.org - Arc en mitre).

Les plus anciens clochers du Lauragais, qui remontent au Xe et XIe, sont des clochers-murs à pignon triangulaire de petite dimension, comportant généralement 3 baies campanaires de style roman ; ces baies sont suffisamment hautes pour sonner les cloches à la volée (volée tournante). Au XIIe siècle, les clochers prennent de la hauteur et apparaissent des clochers-peignes ou à arcades ; sans pignon triangulaire, ils se terminent par une barre horizontale avec généralement quatre baies campanaires de style roman permettant la volée tournante. Avec l’apparition des bastides au XIIIe siècle, après la croisade contre les albigeois, les clochers-murs survivent ; sous la pulsion de l’art gothique, ils troquent leurs arcs en plein cintre contre des arcs en mitre, généralement encadrés par deux tourelles et donnent naissent au style gothique méridional ou toulousain (Lucien Ariès, Clochers-murs et bastides en Lauragais - www.lecteurduval.org).

Alors que tous les chr√©tiens sont pr√™tres, une sp√©cialisation dans l'acte d'offrir les saints dons a fait attribuer ce titre √† ces ministres qui ont pris la direction de la c√©l√©bration eucharistique. L'√©v√™que est devenu le garant de l'authenticit√© eccl√©siale de tous les actes d'√Čglise et de son unit√© (Ignace). Cela s'est traduit, chez Hippolyte, par le th√®me du pneuma heg√®monikon comme gr√Ęce du grand-pr√™tre. Le pouvoir de remettre les p√©ch√©s a trouv√© une forme assur√©e quand il a √©t√© attribu√© √† un ministre d√©termin√©, qualifi√© d'une fa√ßon sp√©ciale (Revue des Sciences Philosophiques et Th√©ologiques, Volume 57, 1973 - books.google.fr).

La mitre de l'évêque a donc une résonnance géométrique.

Les Aniort

LIXLIXL peut se lire 51 x 51 x 50 qui font 130050 soit 2 x 3 x 3 x 5 x 5 x 17 x 17 (on retrouve le fameux 17). C'est le carré de sqrt(2) x 255. Sur la carte du département de l'Aude, LIXLIXL se trouve placé sur la commune de Valmigère dont l'église est vouée à saint Louis, protagoniste de la croisade des Albigeois : Louis IX en abrégé L IX. Est-ce une explication de LIXLIXL, deux IX (9) entre trois L (pour Louis) ?

LIXLIXL peut se lire aussi H√©lix H√©lix L. H√©lix de Bruy√®re fut femme de G√©raud de Voisin, seigneur de Rennes le Ch√Ęteau et de Valmig√®re au XV√®me si√®cle (Aubais, Pi√®ces typiques pour servir √† l'histoire de France, 1765 - books.google.fr).

La croix de la dalle verticale de Marie de N√®gre se trouve plac√©e sur la commune de Laurac. La construction des carr√©s d'hypoth√©nuse produit le centre du second carr√© de quadruple surface du premier situ√© √† Roquefeuil. Un des c√īt√©s de ce grand carr√© se trouve sur le plateau de Beille (BEIL ?) et si l'on construit les carr√©s d'hypoth√©nuse par r√©duction √† partir du triangle des N de la dalle verticale de Marie de N√®gre un des sommets des angles se trouve pr√®s d'Auriac, l'ancien prieur√© de Saint Jean de Ceilhes (CEIL ?), sur le m√©ridien de Paris. Le milieu de l'hypot√©nuse du triangle des N de la dalle verticale de Marie de N√®gre se trouve en, effet pr√®s d'Auriac. Le milieu de l'hypot√©nuse du vrai triangle rectangle isoc√®le se trouve √† Carsac (plaine de Mayrevieille) √† Carcassonne o√Ļ se trouvait un oppidum. Le nom de Carsac a √©t√© rapproch√© de Carcas (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : CEIL BEIL MCCXCII de l‚ÄôAude √† l‚ÄôIrlande).

La ligne gnostique est quasi parall√®le, √† l'√©chelle de l'Aude - c'est moins vrai √† une plus grande -, √† la droite passant par La Cassaigne (Aude) et Rochemaure (Ard√®che). Aussi le c√īt√© du carr√© passant par la Roque Mude et Auriac, parall√®le au montant vertical de la Croix d'Huriel, est sur le trac√© du montant vertical de la Croix des Proph√®tes, reproduction de la Croix d'Huriel (La Croix des Proph√®tes √† Rennes le Ch√Ęteau).

Raymond de Niort, fils de Guilhem, vicomte de Sault, et d‚ÄôEsclamonde de Montr√©al-Laurac, Cathare, √©tait seigneur de Roquefeuil. Son fr√®re a√ģn√©, Bernard-Athon de Niort, seigneur de Laurac, lui succ√®de comme seigneur de Roquefeuil. Possesseurs du Ch√Ęteau de Niort qui √©tait un des principaux repaires cathares, ils sont connus comme les ¬ę fr√®res maudits ¬Ľ. En 1213, le comte Raymond VI de Toulouse remet entre les mains du roi le ch√Ęteau de Laurac. De 1226 √† 1238, Bernard-Othon est le dernier seigneur de Laurac, et seigneur de Montr√©al. En 1233, il construit de nouveaux murs d'enceinte et agrandit les fortifications. Bernard-Othon est n√© vers 1201. √Ä l'√Ęge de 5 ou 6 ans il est confi√© √† sa grand-m√®re Blanche de Laurac, qui tient une maison de parfaites cathares dans ses terres. Il est donc tr√®s jeune partisan de la cause cathare, et fr√©quente la haute soci√©t√© m√©ridionale de l'√©poque, et les grands noms de l'√©glise cathare (comme Guilhabert de Castres). Il √©pouse Nova de Cabaret (dont il a un fils, Bertrand) ; mais, las de sa femme, il essaye de la persuader au consolament cathare et tente de la r√©pudier √† plusieurs reprises. Il est condamn√© au b√Ľcher comme h√©r√©tique en 1236 dans les tours de Carcassonne, mais y √©chappe gr√Ęce aux plaidoyers de ses voisins (de nombreux barons de la r√©gion persuad√®rent l'Inquisition de le condamner seulement √† la prison perp√©tuelle afin d'√©viter un soul√®vement de la r√©gion).

Les armes de l'ancienne famille √©taient peut-√™tre de gueules √† la croix d'or, qu'on attribue √† G√©raud de Niort (avec de nombreuses variantes ou brisures, comme celles de Bernard-Othon de Niort, pu√ģn√© de G√©raud : d‚Äôor √† la croix de gueules bord√© du m√™me).

Dépossédés par Saint Louis de leurs biens et domaines à la suite de l'épopée cathare, les Niort sombrent dans l'oubli (fr.wikipedia.org - Famille de Niort (Aniort), fr.wikipedia.org - Roquefeuil (Aude), fr.wikipedia.org - Bernard-Othon de Niort).