Partie IX - Synth√®se   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Nonagones et Sceau de Palaja : correspondances   
NONAGONES SCEAU DE PALAJA CORRESPONDANCES

Comme un lien a √©t√© trouv√© entre Fabrezan, associ√© au 18 septembre, et Metz pr√®s de laquelle Ban-Saint-Martin qui est associ√© aussi √† la date nonagonale du 18 septembre, nonagones.info se propose de le syst√©matiser en mettant en relation tous les sommets du Sceau de Palaja avec les sommets d'un hexagone trac√© √† partir de Ban-Saint-Martin : Edern et Rennes-le-Ch√Ęteau, points du grand nonagone, un point dans la Manche entre Hastings (Sussex) et Veules-les-Roses (Seine-Maritime), un point dans l'Atlantique entre Vendays (Gironde) et Santillana-del-Mar (Cantabrie), et enfin Saint Andr√© de Maurienne (Savoie). Tous ces points sont dans les m√™mes signes astrologiques que les sommets du Sceau de Palaja correspondants (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Les Bergers d‚ÄôArcadie et le Sceau de Palaja).

Dans le Sceau de Palaja, Vénus (Douzens-Fabrezan, Eta) est à l'opposé de Jupiter (Brugairolles, Upsilon) et forment un couple complémentaire comme sur les monnaies de Salamine. Une trinité féminine astrologique est constituée par Vénus, Mercure (qui tient des deux) et la Lune, une autre masculine par Mars, Jupiter, Saturne et le Soleil (Iota). Dans le Sceau de Palaja, Mercure (Villeneuve-Minervois) est opposé à Mars (La Roque Mude) et Saturne (Moussoulens) à la Lune. Saturne correspond à Omega et la Lune à Alpha, Mercure c'est Epsilon et Mars Omicron.

Mars (Roque Mude/Rennes-le-Ch√Ęteau) et Mercure (Villeneuve-Minervois/En Manche) sont en opposition.

Assassin et voleur, Mars et Mercure incarnent les deux attributs essentiels du tyran chez Victor Hugo (Victor Hugo, Oeuvres poétiques: Anthologie, annotée par Claude Millet, 2013 - books.google.com).

Si Mars est le dieu de la guerre, Mercure était le Dieu pacificateur par excellence.

Que si Mars est la Guerre m√™me, comme Mercure est la parole, pl√Ľt au ciel que la guerre ne f√Ľt pas plus r√©elle que cette divinit√© n'est v√©ritable ! (Saint Augustin, La Cit√© de Dieu, Livre VII, Chapitre XIV, traduit par L. Moreau, 1843 - books.google.com).

On verra plus loin dans l'association de saint Hermès (Mercure), présent en Normandie et à Renaix (Flandre-Orientale, Belgique), à saint Sylvain, que celui-ci pourrait être le modèle du Salvayre du Saint-Salvayre d'Alet.

Dans l'√©glise Notre Dame de Mesland (Loir et Cher comme Cheverny), saint Herm√®s et saint Sylvain, ces deux vieux noms de dieux du paganisme, sont l√† de chaque c√īt√© de l'autel du christ comme pour protester contre l'invasion du culte nouveau. Herm√®s dut donner son nom au bourg dans lequel fut construit sanctuaire. Hermesland, la terre de Mercure, devint dans la suite Mesland, nom qu'elle conserve encore de nos jours (L. Guignard, Influence de l'art gaulois sur le portail de l'√©glise de Mesland, Compte Rendu, Volume 14, Num√©ro 2, Association fran√ßaise pour l'avancement des sciences, 1886 - books.google.com).

Vénus (Douzens/Ban-Saint-Martin) et Jupiter (Brugairolles/En Atlantique) sont en opposition.

Un grand nombre de m√©dailles de Salamine nous montrent le temple de la V√©nus paphienne √† c√īt√© de la figure de Jupiter Salaminius. Si l'on se rappelle le caract√®re √©minemment androgyne de la V√©nus ador√©e en Cypre, il sera permis de de consid√©rer le Jupiter Salamimius comme exprimant √† part le c√īt√© m√Ęle de la divinit√© hermaphrodite (Tr√©sor de numismatique et de glyptique, 1858 - books.google.com).

Saturne (Moussoulens/Edern) et la Lune (Mayronnes/Saint Andr√© de Maurienne) sont en opposition, √† chaque extr√©mit√© des s√©ries diff√©rentes des 7 plan√®tes adopt√©es par Eudoxe, Platon, Aristote - celle-ci avec Mercure central -, ou les sto√Įciens (La Croix d‚ÄôHuriel et l‚Äôalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de l‚Äô√Ęme).

"Par le nombre de chapelles et de statues de saint Maudez [noté aussi saint Mandé, fêté le 18 novembre, le 17 à Tréguier et le 27 à Dol] on peut voir que ce saint est, avec saint Yves [fêté le 19 mai à l'opposite], celui qui est le plus en vénération en Basse-Bretagne" dit M. l'abbé J. M. Abgrall, Monuments de saint Maudez, dans Les vies des saints, page 612 (Nouvelle revue historique de droit français et étranger, Volume 37, 1913 - books.google.com).

Il y a une Croix de Saint Yves à Edern. Au nord se trouvent les Montagnes Noires comme au nord de Moussoulens la Montagne Noire.

Quand saint Maudez, saint Andr√© et saint Fiacre eurent fini de b√Ętir leur chapelle, ils r√©solurent de faire un grand d√ģner ;ils envoy√©rent une femme des environs leur chercher de la viande, puis ils lui dirent de pr√©parer le repas. Pendant qu'il cuisait, les trois saints all√®rent faire un tour de promanade, chacun de son c√īt√©, en attendant le moment de se mettre √† table. Les ouvriers qui venaient de finir leur ouvrage, aper√ßurent de beaux plats de viande dans la maison, et, profitant de ce que la cuisini√®re s'√©tait un peu √©loign√©e, ils convinrent entre eux de les prendre et de les manger. Ils les d√©vor√®rent en peu de temps. Quand les saints revinrent de leur promenade, ils furent bien surpris de ne rien trouver pour d√ģner ; ils s'accus√®rent les uns les autres d'avoir mang√© la viande, et il s'√©leva m√™me une dispute entre eux √† ce sujet. Saint Maudez et saint Andr√© sortirent de la chapelle pour aller se promener encore, et saint Fiacre y resta seul et s'endormit profond√©ment dans un coin. Les ouvriers qui venaient pour ramasser leurs outils, ayant aper√ßu le saint qui ronflait comme un bienheureux qu'il √©tait, lui embeurr√®rent la bouche avec du jus de viande et des petits morceaux, puis ils s'en all√®rent sans faire de bruit. Quand les deux saints furent de retour, et qu'ils virent saint Fiacre, ils l'accus√®rent de nouveau d'avoir mang√© toute la viande pendant que la cuisini√®re avait le dos tourn√©, et ils l'accabl√®rent de reproches. Saint Fiacre, qui n'aimait pas le bruit, s'avoua coupable pour avoir la paix, et les autres saints le laiss√®rent tranquille. (Cont√© en 1883 par Fran√ßois Ramet, du Gouray, √Ęg√© de 50 ans). Cette l√©gende, assez irrespectueuse, a emprunt√© un des traits de la fin √† un √©pisode, tr√®s populaire en Bretagne et ailleurs, des tours jou√©s au loup par le renard. Celui-ci, ayant mang√© les provisions qui appartenaient √† tous deux, on convient que le coupable sera celui qui aura autour de la bouche des traces du larcin ; le loup s'endort et le renard lui embeurre aussi la bouche pendant son sommeil.

On offre des clous à saint Maudez pour qu'il cloue la toiture de sa chapelle et parce qu'il soigne les furoncles, du chanvre à saint André pour qu'il fasse un corde pour la cloche de la sienne (Paul Sebillot, Petite Legende Doree de La Haute-Bretagne, Société des bibliophiles bretons et de l'Histoire de Bretagne, 1897 - archive.org).

Douzens/Fabrezan - Ban-Saint-Martin/Metz

Vierge

La Chronique de Fr√©degaire, compilation contemporaine, √©crite peut-√™tre par un moine bourguignon, relate avec quelque pr√©cision la naissance du prince, son √©l√©vation sur le tr√īne jusqu‚Äô√† l‚Äôann√©e 642. Les Gesta Dagoberti permettent de conna√ģtre la suite de sa vie, ainsi que les Gesta regum Francorum, malheureusement emplies d‚Äôerreurs. Ce sont, avec quelques lettres, dipl√īmes et pi√®ces d‚Äôarchives, les principaux mat√©riaux utilis√©s par Sigebert de Gembloux, √©rudit moine braban√ßon envoy√© √† Metz dans la seconde moiti√© du XIe si√®cle. C‚Äôest dans cette ville qu‚Äôil r√©dige une premi√®re Vita Sancti Sigeberti, suivie d‚Äôune seconde, mieux document√©e et plus historique, qui sera traduite par les bollandistes √† la fin du XVIe si√®cle.

Saint Sigisbert poss√®de une indiscutable dimension lotharingienne. Roi d‚ÄôAustrasie, cet immense espace s‚Äô√©tendant entre Rhin et Meuse, entre Mer du Nord et Alpes aux VIe et VIIe si√®cles, il est un saint de l‚ÄôEntre-Deux. Si l‚Äô√©miettement de l‚ÄôEurope m√©diane au Bas Moyen √āge a fait sombrer l‚ÄôAustrasie, son fant√īme ressurgit √† l‚Äô√©poque moderne, lorsque les diff√©rents √Čtats n√©s de cette entit√© composite, cherchant dans l‚Äôhistoire une l√©gitimit√©, tentent d‚Äô√©tablir un lien entre leur territoire, leur dynastie et leurs droits d‚Äôune part, et l‚Äôancienne Austrasie d‚Äôautre part. Lors du si√®ge de Metz qui, en 1552, met aux prises Fran√ßois de Guise commandant des troupes fran√ßaises et cousin du duc de Lorraine, et Charles Quint, l‚Äôabbaye Saint-Martin est en danger. Celle-ci √©tant sous souverainet√© lorraine, le duc de Guise d√©cide de mettre la relique √† l‚Äôabri, d‚Äôabord au couvent des dominicains de Metz puis au prieur√© Notre-Dame de Nancy au d√©but de l‚Äôann√©e 1553.

Le XVIe si√®cle lorrain est celui de la naissance d‚Äôun √Čtat moderne. L‚Äôaffirmation des princes lorrains dans l‚Äôespace europ√©en, dans les n√©gociations diplomatiques et parmi les grandes familles princi√®res passe par la construction d‚Äôune mythologie nationale, susceptible de rivaliser avec celles des rois des France et des empereurs germaniques. La g√©n√©alogie appartient √† ces √©difices symboliques qui l√©gitiment et aur√©olent les princes lorrains.

Sigisbert se pr√™te admirablement √† ces th√©ories. Comme roi d‚ÄôAustrasie, il a r√©gn√© sur un territoire dont les ducs revendiquent une portion, certes amoindrie. Comme saint roi, il rehausse les vertus chr√©tiennes de princes qui s‚Äôauto-d√©signent d√©fenseurs du catholicisme contre l‚Äôavanc√©e de la R√©forme. Comme descendant de Clovis, il √©tablit un lien avec les Francs, donc avec le royaume de France. Tandis qu‚Äôau XVe si√®cle encore il est consid√©r√© comme un ¬ę roi de France et de Lorraine ¬Ľ, il est progressivement accapar√© par la seule famille de Lorraine qui s‚Äôen veut l‚Äôh√©riti√®re directe. Nicolas Cl√©ment, tabellion des duch√©s et secr√©taire de Charles III, dans ses Austrasiae Reges et Duces (1591), suite ininterrompue de princes de Clovis √† Henri II de Lorraine, t√©moigne de l‚Äôinsertion du saint roi dans l‚Äôhistoire dynastique. Il s‚Äôinspire essentiellement de Richard de Wassebourg dont les Antiquitez de la Gaule Belgique, parues en 1549, ont jet√© les bases de la g√©n√©alogie ducale jusqu‚Äô√† sa r√©futation d√©finitive au d√©but du XVIIIe si√®cle. √Ä dire vrai, la parent√© est alambiqu√©e ; mais elle suffit √† la d√©monstration. Cl√©ment, comme Wassebourg avant lui, s‚Äôing√©nie √† confondre l‚ÄôAustrasie et la Lorraine, les rois de la premi√®re avec les ducs de la seconde.

Ce discours g√©n√©alogique prend une certaine √©paisseur avec Georges Aulb√©ry, ancien secr√©taire de Charles III et auteur en 1616 d‚Äôune Histoire de la vie de St Sigisbert roy d‚ÄôAustrasie. Le propos est de d√©montrer que les ducs de Lorraine sont ¬ę lignagiers & successeurs ¬Ľ de saint Sigisbert, pour preuve, les droits imm√©moriaux que la famille ducale poss√®de sur l‚Äôabbaye Saint-Martin o√Ļ le prince austrasien s‚Äô√©tait fait inhumer.

Dans les ann√©es suivantes, cette entreprise de glorification des ducs de Lorraine au travers d‚Äôun pass√© m√©rovingien se poursuit. Jean Sauvage, provincial des minimes prononce en 1625 √† Nancy un discours fun√®bre sur Henri II. Le titre annonce une rh√©torique fleurie et emphatique aut our du ¬ę grand soleil d‚ÄôAustrasie ¬Ľ qu‚ÄôHenri II aurait √©t√© tout au long de sa vie. L‚Äôargumentation m√©rovingienne est reprise avec force, mais saint Sigisbert n‚Äôest plus qu‚Äôun personnage parmi d‚Äôautres dans une ample fresque qui tient plus de la mythologie que de l‚Äôhistoire. Henri est prince d‚ÄôAustrasie au m√™me titre que Sigisbert ou d‚Äôautres rois avant ou apr√®s lui ; il est d√©vot de la Vierge comme l‚Äôont √©t√© tous les rois d‚ÄôAustrasie et les ducs de Lorraine, dont Sigisbert, f ondateur d‚Äôun chapitre noble dans le Hainaut sous le patronage de la Vierge Marie.

Le cordelier Jacques Saleur est le dernier √† int√©grer Sigisbert √† cette th√©orie g√©n√©alogique. Apr√®s lui, le saint roi n‚Äôappara√ģt plus chez les historiographes des duch√©s, et encore moins lorsqu‚Äôau d√©but du XVIIIe si√®cle, l‚Äôorigine de la famille ducale est d√©finitivement fix√©e √† G√©rard d‚ÄôAlsace au XIe si√®cle. Mais au m√™me moment, un glissement se fait jour : Sigisbert est discr√®tement r√©cup√©r√© par les g√©n√©alogistes fran√ßais, qui voient tout le profit qu‚Äôils peuvent tirer de ce personnage, qui lie plus √©troitement les Cap√©tiens aux Francs, alors que les g√©n√©alogistes lorrains ont fait valoir qu‚ÄôHugues Capet √©tait un usurpateur, puisqu‚Äôil n‚Äô√©tait pas li√© par le sang aux Carolingiens et aux Francs. D√®s 1619, Sc√©vole et Louis de Sainte-Marthe, historiographes de Louis XIII, int√®grent Sigisbert √† la g√©n√©alogie des rois de France.

Sur le mode hagiographique, une compilation en fran√ßais de vies de saints, traduites des bollandistes, sans doute par Arnauld d‚ÄôAndilly, int√®gre saint Sigisbert comme ¬ę roy de France ¬Ľ. Le carme d√©chauss√© Dominique de J√©sus, en 1677, dans sa Monarchie sainte, √©chafaude enfin, ou au moins reprend √† son compte, l‚Äôid√©e d‚Äôune g√©n√©alogie √† la fois d√©vote et guerri√®re propre √† servir les int√©r√™ts de Louis XIV, dans laquelle figure Sigisbert III.

Les ducs de Lorraine obtiennent, en 1602, une Primatiale, dont le premier prélat est Charles de Lorraine, fils de Charles III, et dans laquelle se trouve la relique de saint Sigisbert. Celle-ci, qui consiste dans le corps entier et incorrompu du roi d’Austrasie, est une métaphore de la cité, elle-même constituée de différents corps et quartiers unis sous une même autorité. Cette corrélation est sensible dans un rituel civique et religieux constant tout au long de l’époque moderne à Nancy : la neuvaine de saint Sigisbert.

D√®s le milieu du XVIIe si√®cle, le recours √† l‚Äôintercession de saint Sigisbert par les habitants de Nancy est attest√©, le plus souvent dans des circonstances de grand d√©sarroi face aux conditions climatiques. De mani√®re assez r√©guli√®re, sans doute deux √† trois fois par d√©cennie √† partir des ann√©es 1700, cette c√©r√©monie est organis√©e pour unir dans une m√™me ferveur les citadins autour d‚Äôune pri√®re commune. La chronologie correspond √† la restauration des √Čtats du duc √† partir de 1697 et la r√©novation urbaine qui s‚Äôensuit. √Ä la fin du XVIIIe si√®cle encore, la neuvaine est d√©cr√©t√©e ‚Äď la derni√®re en 1793. [...] Neuf jours durant, tandis que la relique est offerte aux regards, des pri√®res publiques ont lieu. [...] Le rituel associe le saint roi, la Vierge √† qui le duc Charles IV avait vou√© ses √Čtats en 1663, la p√©rennit√© de l‚Äô√Čtat en la personne de son souverain, et le saint Sacrement qui conna√ģt alors une progression spectaculaire des d√©votions qui lui sont associ√©es.

√Ä l‚Äôint√©rieur de la Primatiale, la chasse est d‚Äôabord plac√©e en hauteur au fond du sanctuaire, et ensuite d√©plac√©e, √† une date inconnue, sous le ma√ģtre autel, afin d‚Äô√™tre mieux visible. Un important programme iconographique est confi√© aux meilleurs pinceaux de la capitale pour glorifier le saint. C‚Äôest d‚Äôabord Claude Jacquard qui s‚Äôattelle √† la coupole entre 1723 et 1727 ; il y repr√©sente un vertigineux Paradis o√Ļ la Vierge Marie pr√©sente √† une √©clatante Trinit√© divers saints, dont Sigisbert.

L’érection de la Primatiale en siège épiscopal en 1777 est pour le clergé nancéien l’occasion d’une réflexion nouvelle sur sa liturgie. Saint Sigisbert fait l’objet d’un traitement particulier. La fête est mise en valeur, célébrée le dimanche le plus proche du 1er février et évoluant vers un rite double de première classe étendu à tout le diocèse. Elle est dotée d’une octave, et est rangée dans la même catégorie de fêtes que celles de Marie (Assomption, Nativité, Conception de la Vierge), signe fort d’un double patronage urbain qui perdure depuis le XVIIe siècle (Fabienne Henryot, Saint Sigisbert et Nancy à l’époque moderne, La dorsale catholique. Mythe, historiographie, réalité, 2014 - www.academia.edu).

Selon Sigebert de Gembloux, vers 1063, le tombeau de Sigebert fut déplacé de la crypte vers l'autel de Saint Martin (René Bour, Encyclopédie illustrée de la Lorraine: L'épopée industrielle, 1995 - books.google.com).

Sigebert √©tait, du reste, un homme distingu√©; il √©tait entr√© jeune √† l'abbaye b√©n√©dictine de Gembloux; il savait l'h√©breux, et professa plusieurs ann√©es √† l'abbaye de St.-Martin de Metz ; vers 1050, il fut l'√©col√Ętre de l'abbaye Saint- Vincent ; mais il se distingua [...] en prenant contre les papes l√©gitimes le parti d'un empereur schismatique et excommuni√©. On a de lui une Chronique, qui va de l'an 381 √† l'an 1112, et qui a √©t√© continu√©e par Robert de Torigny jusqu'en 1206 (Charles Pollet, Histoire eccl√©siastique de l'ancien dioc√®se de Li√®ge et des saints qui l'ont illustr√©, depuis son origine jusqu'√† la r√©volution de 1793, 1860 - books.google.com).

Un moine de Bury St Edmund, Herman, qui semble venir du continent, écrivit les Miracles de St Edmond, vers 1070, et semble s'inspirer des Miracula attribués parfois à Sigebert de Gembloux sur Sigebert III. De même que le corps du roi d'Austrasie Sigebert fut retrouvé intact quatre cents ans après sa mort, celui du roi d'Est Anglie Edmund semblait dormir quand son tombeau fut ouvert sous l'abbatiat de Leofstan (1044-1065) (Tom Licence, Bury St Edmunds and the Norman Conquest, 2014 - books.google.com).

Moussoulens - Edern

Les Fournas de Fabrezan furent seigneurs de Moussoulens (après 1781), après les Ducup de Salvaza (1715) venus d'Espagne au XVème siècle, les d'Alibert (1654), les de Saint Jean d'Honoux (1592), les de Voisins (1296) (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien Diocèse et de l'Arrondissement administratif de Carcassonne, Volume 1, 1857 - books.google.com).

On trouve la g√©n√©alogie de la maison de Fournas de La Brosse, barons de Fabrezan, seigneurs de La Brosse, de Truilhas , de Terreneuve, etc., dans l‚ÄôArmorial g√©n√©ral de la France, par d‚ÄôHozier (registre VI, 10 pag. in-fol. avec la gravure de ses armes), et dans Chesnay-Desbois (Dict. de la Noblesse, 2¬į √©dit. in-4¬į, t. VI. p. 616). Fournas: famille originaire du Lyonnais, et actuellement √©tablie en Languedoc, en Dauphin√© et en Bretagne. Les titres produits par cette famille pour la justification de sa noblesse, en remontent les filiations depuis Andr√©-Gabriel de Fournas, seigneur de La Brosse, dit le Capitaine de La Brosse, vivant sous les rois Fran√ßois Ier et Henri II , qu'il servit avec la plus grande distinction. Il eut pour petits-enfants Andr√© et Claude. Le premier forma la branche a√ģn√©e, celle qui subsiste en Bretagne ; Claude forma la branche cadette, celle qui poss√®de aujourd‚Äôhui les terres de Moussoulens et de Serres, dans l'arrondissement de Carcassonne; de Pouzzols, dans l‚Äėarrondissement de Narbonne; de la Seigneure, dans l‚Äėarrondissement de Castelnaudary.

C'est √† la branche de Bretagne, province des S√©vign√©, qu‚Äôapportenait M. de La Brosse, dont il est question dans la Correspondance de Madame de S√©vign√© : "M. de La Brosse veut que ma lettre l‚Äôintroduise pr√®s de vous: n'est-ce pas la moquer des gens ? Vous savez l‚Äôestime et l‚Äôamiti√© que j'ai pour lui; voue savez que son p√®re est l'un de mes plus anciens amis; vous savez vous‚ÄĒm√™me le m√©rite de l'un et de l‚Äôautre, et vous avez pour eux tous les sentiments que je voudrais vous inspirer: vous Voyez donc bien que ma lettre ne peut lui √™tre utile" (Mad. de S√©vign√© √† lad. de Grignan, sa fille. ‚ÄĒ A Paris, dimanche 15 mars 1671 ) ; "Je vous remercie, ma fille, de toutes les honn√™tet√©s que vous avez faites √† La Brosse"¬Ľ (Ibid. Lettre de la marquise de S√©vign√© √† la comtesse de Grignan. du 26 mai 1671) (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien dioc√®se et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, vol. 1-6, Partie 1, 1857 - books.google.com).

Les Fournas étaient aussi baron de Fabrezan.

A la suite de la révolte du duc de Montmorency contre l'autorité royale en 1633, certains barons du Languedoc furent privés de leurs droits d'entrée aux Etats du Languedoc et remplacés. Jean de Seigneuret, seigneur de Fabrezan, fut reçu en remplacement du baron de Castries. Ainsi venait d'être créée la baronie de fabrezan. Vers 1680, une descendante vendit la seigneurie de Fabrezan et de Villerouge à Pierre d'Augier (ou Augé). Par alliance, Claude de Fournas de La Brosse, marié en 1671 avec Catherine Augé, fille de Pierre, et sa famille conserveront ce bien jusqu'à la Révolution (www.fabrezan.fr - Historique du village).

On trouve une lettre du même M. de La Brosse. adressée à la marquise de Sablé, sur la Logique de Port-Royal, dont il se montre grand admirateur, dans le volume intltulé : Madame de Sablé, par Victor Cousin (Paris. 1854. in-8'. p. 317).

Nous savions qu‚Äôapr√®s avoir compos√© le discours qui est en t√™te de la premi√®re √©dition de la Logique de Port Royal, Arnauld le soumit en manuscrit √† l‚Äôaimable et s√©rieuse marquise; les portefeuilles de Valaut nous apprennent que celle‚ÄĒci y applaudit, et l‚Äôadressa avec son avis √† un M. de La Brosse, que nous ne connaissons pas. mais qui para√ģt avoir √©t√© un homme de m√©rite, √† en juger par la lettre judicieuse et fort bien faite qu‚Äôil r√©pondit √† Mme de Sabl√© (Victor Cousin, Madame de Sabl√© nouvelles √©tudes sur la soci√©t√© et les femmes illustres du 17√®me si√®cle, 1859 - books.google.com).

A Edern la chapelle Saint Jean Botlan (Saint Jean Baptiste des Ajoncs) fait écho aux de Saint Jean, seigneurs de Moussoulens aux XVIème et XVIIème siècles.

Un cerf pour un taureau

Saint Edern est traditionnellement représenté à cheval sur un cerf.

Et sur le chaudron de Gundestrup le dieu est repr√©sent√© entre un cerf et un taureau. Dans les textes irlandais il est parfois difficile de d√©cider s'il s'agit d'un cerf ou d'un taureau. Le cerf est appel√© ¬ęboeuf sauvage¬Ľ (oss allaid, dam allaid, ag allaid), la biche ¬ę vache sauvage ¬Ľ (b√ī allaid) et le faon ¬ę veau sauvage ¬Ľ (loeg allaid). Et les autorit√©s eccl√©siastiques, entre le Ve et VIIIe si√®cle, d√©noncent et stigmatisent cervulum seu vitulum facere, c'est-√†-dire les rites paysans comportant des masques et des d√©guisements emprunt√©s aux cervid√©s et aux taureaux (Mircea Eliade, Dragos et la chasse rituelle, Revue des √©tudes roumaines, Volumes 11 √† 12, Institut universitaire roumain Charles 1er, 1969 - books.google.com).

Le taureau noir est le symbole f√©condateur tellurique des civilisations agricoles primitives par son c√īt√© de grande force et de f√©condit√©, comme le cerf qui lui sera pr√©f√©r√© plus tard par les Celtes. Le taureau, c'est la richesse, c'est Cernunnos, le bel encorn√© des Celtes, souvent repr√©sent√© avec des cornes de taureau. Cernunnos correspond √† la divinit√© de la pens√©e primordiale des renouvellements, de long√©vit√©, de prosp√©rit√© et d'√©quilibre des trois plans (physique/esprit/√Ęme) (Morgane Camiret, Arthur Hennot, Vision √† Stonehenge, 2004 - books.google.com).

Sur le chaudron de Gundestrup figure, comme l'un des dieux de la triade (comprenant √©galement Taranis et Teutat√®s), un dieu accroupi, de forme humaine, la t√™te couronn√©e de ramures de cerf. Le m√™me dieu, sous le nom de Cernunnos, para√ģt associ√© √† √Čsus sur le pilier des nautes √† Paris (J. J. Hatt, Essai sur l'√©volution de la religion gauloise, Revue des √©tudes anciennes, Volume 67, 1965, p. 90).

√Ä la suite de la gu√©rison d‚Äôune grave maladie, Alain Canhiart fonde selon la tradition vers 1029 l‚ÄôAbbaye Sainte-Croix de Quimperl√© avec √† ses c√īt√©s son fr√®re l‚Äô√©v√™que Orscand et il en confie la direction √† Gurlo√ęs, saint appel√© en breton sant Ourlou et qui devint par homophonie avec le mot breton urlou ("goutte"), le saint gu√©risseur de la goutte, en breton droug sant Ourlou (mal de saint Ourlou). Une nuit dans un songe, il vit descendre au-dessus de son lit une croix brillante comme de l'or et se r√©veilla soudain soulag√© de ses souffrances. Judith son √©pouse et Orscand son fr√®re √† qui fut rapport√© ce songe miraculeux le press√®rent alors de b√Ętir une √©glise et un monast√®re consacr√© √† la Saint-Croix. Il attribue √† sa fondation Belle-√éle. Alain acc√®de au comt√© de Cornouaille vers 1020 par renonciation de son p√®re Beno√ģt ou Benedic, comte et √©v√™que de Cornouaille, puisqu'il a √©t√© √©lu au si√®ge √©piscopal de Quimper apr√®s 990 dans des circonstances inconnues, et qui se d√©mettra peu apr√®s en 1022 de son √©v√™ch√© en faveur de son second fils Orscand.

La dynastie comtale des comtes de Cornouaille, devenus comtes de Nantes en 1054, reçut par mariage le duché de Bretagne en 1066, année d'Hastings (fr.wikipedia.org - Alain Canhiart, fr.wikipedia.org - Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé).

Les Co√ętlogon, m√™me ceux qui, par choix ou par devoir, habitaient plut√īt la Bretagne, se maintenaient au premier rang par la distinction de leurs mani√®res et l'importance de leurs emplois. Mme de S√©vign√©, qui les voit de pr√®s, ne leur √©pargne pas les √©loges : ¬ę Apr√®s le d√ģner, MM. de Locmaria et de Co√ętlogon, avec des Bretonnes, dans√®rent des passe-pied merveilleux et des menuets, d'un air que nos bons danseurs n'ont pas √† beaucoup pr√®s : ils y font des pas de Boh√©miens et de Bas-Bretons, avec une d√©licatesse et une justesse qui charment... Je suis fort bien avec toute cette famille des Co√ętlogon. Je ne sais si M√©jusseaume me voudra √©trangler volontairement, mais son fr√®re le comte, sa sŇďur la religieuse, son neveu l'√©v√™que et le gouverneur de Rennes, me font mille honn√™tet√©s, et m√™me trop, car la marquise de Co√ętlogon m'est venue voir la premi√®re, toutes les fois que j'ai √©t√© √† Rennes, et son mari aussi. ¬Ľ (F√©lix H√©mon, Un roman conjugal, Etudes Litteraires Et Morales, 1889 - books.google.com).

Fran√ßois de Co√ętlogon n√© √† Rennes en 1631, mort √† Quimper en 1706, fut √©v√™que de Cornouaille de 1668 √† 1706. On raconte qu'en tant qu'habitu√© de la cour de Versailles, il rapporta une histoire de carrosse enlis√© pr√®s de Quimper, ce qui inspira √† Jean de La Fontaine " la fable du chartier embourb√© " (1706) (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Retire-moi de la boue : la couronne bor√©ale).

L'association Moussoulens - Edern permet de lier la boue de la fable au signe du Taureau, celle-ci étant absente dans la strophe correspondante dans le Serpent rouge alors qu'elle se trouve dans celles de la Vierge et du Capricorne, signes de Terre :

TAUREAU : " Gr√Ęce √† lui, d√©sormais √† pas mesur√©s et d‚Äôun oeil s√Ľr, je puis d√©couvrir les soixante-quatre pierres dispers√©es du cube parfait, que les Fr√®res de la BELLE du bois noir √©chappant √† la poursuite des usurpateurs, avaient sem√©es en route quant ils s‚Äôenfuirent du Fort Blanc. "

VIERGE : " J'étais comme les bergers du célèbre peintre POUSSIN, perplexe devant l'énigme : " ET IN ARCADIA EGO... ". La voix du sang allait-elle me rendre l'image d'un passé ancestral. Oui, l'éclair du génie traversa ma pensée. Je revoyais, je comprenais ! Je savais maintenant ce secret fabuleux. Et merveille lors des sauts des autres cavaliers, les sabots d'un cheval avaient laissé quatre empreintes sur la pierre, voilà le signe que DELACROIX avait donné dans l'un des trois tableaux de la chapelle des Anges. Voilà la septième sentence qu'une main avait tracée : RETIRE MOI DE LA BOUE, QUE JE N'Y RESTE PAS ENFONCE. Deux fois IS, embaumeuse et embaumée, vase miracle de l'éternelle Dame Blanche des Légendes. "

CAPRICORNE : " Mon émotion fut grande, " RETIRE-MOI DE LA BOUE " disais-je, et mon réveil fut immédiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'était un songe que j'avais fait ce 17 janvier, fête de Saint SULPICE. Par la suite mon trouble persistant, après réflexion, j'ai souhaité vous le raconter à la manière d'un conte de PERRAULT. Cher lecteur, les pages qui suivent sont la conséquence d'un rêve m'ayant bercé dans les mondes de l'étrange et de l'inconnu. A CELUI QUI PASSE DE FAIRE LE BIEN. "

Villeneuve-Minervois - En Manche

Le sommet sur le cercle circonscrit au grand nonagone correspondant à Villeneuve (25 juin - 19 juillet) se situe dans la Manche entre Veules-les-Roses (Seine-Maritime) et Hastings (Sussex - Angleterre).

En 1066, Robert de Veules était à Hastings ; il fut gratifié par Guillaume-le-Conquérant, de nombreux biens en Angleterre. Grand sénéchal de Guillaume le Conquérant, il assista le 25 décembre 1066 à la cérémonie historique de Westminster. Mais il fut pourvu de fiefs si considérables en Angleterre qu'il ne revint pas en France. Il s'éteignit, sans doute sans postérité, en Angleterre (Saint-Valéry-en-Caux et ses alentours: pages d'histoire locale : les Cauchois à la recherche de leur passé, Association le Vieux Saint-Valéry-en-Caux, 1980 - books.google.com).

On the 14th, in 1066, was fought the celebrated battle of Hastings. The 15th of October was dedicated by the merchants of ancient times to the god Mercury, and is so noted in the calendar of Julius Cesar. This was because he was the god of merchandise, in which character he is represented with a cock perched on one hand and a purse of money in the other (Nast's Illustrated Almanac, 1871 - books.google.com).

La famille de Tosny, originaire vraisemblablement d'√éle de France, est un important lignage aristocratique de la Normandie ducale (Xe-XIIe si√®cles) m√™me si elle ne compta aucun comte ou vicomte. Son premier membre est Raoul Ier de Tosny (mort apr√®s 1024). Les Tosny ont probablement acquis une partie de leur fortune par des aventures lointaines. Raoul Ier et Roger Ier ont combattu en Apulie et en Espagne dans le premier quart du XIe si√®cle. Alors que le p√®re s'illustre en Pouille, Roger Ier, dit Roger d'Espagne, se fait un nom en combattant les Musulmans en Espagne. Les petits √Čtats chr√©tiens du Nord accueillent volontiers les aventuriers qui peuvent leur pr√™ter main forte pour la Reconquista. En 1018, le Normand est appel√© par Ermessende de Carcassonne, comtesse r√©gente de Barcelone apr√®s la mort de son mari Raymond Borrell de Barcelone (972-1017), fille de Roger Ier de Carcassonne et de son √©pouse Adela√Įde de Melgueil, car le roi musulman Musetus menace son pouvoir. Roger accourt, √©pouse la fille de la comtesse (fr.wikipedia.org - Ermessende de Carcassonne, fr.wikipedia.org - Famille de Tosny).

En 1066, on peut penser que Roger III était comte de Carcassonne, en partie (fr.wikipedia.org - Raimond-Bérenger Ier de Barcelone).

Les descendans de Raimond I, comte de Carcassonne, ne jouirent donc que d'une partie du comt√© de Carcassonne, quoique ce comt√© lui e√Ľt √©t√© donn√© en entier par le testament du comte Roger I, son p√®re. Il est certain d'ailleurs que Bernard, fr√®re de Raimond I, & ses descendans, en poss√©d√®rent la moiti√©, avec plusieurs autres biens qui avoient √©t√© destin√©s √† ce dernier; ce qui prouve, ou que Roger I changea la disposition de son testament, ou que pendant le bas √Ęge des enfans de Raimond I, leurs oncles s'empar√®rent d'une partie des domaines qui leur √©toient √©chus en partage. Pierre, comte de Carcassonne, fils de Raimond l, avoit en 1054 un fils nomm√© Roger & trois filles de Rangarde, sa femme, sŇďur d'Almodis, comtesse de Toulouse. Ce Roger succ√©da vers l'an 1060 au comte Pierre-Raimond, son p√®re, sous la tutelle de sa m√®re, dans une portion du comt√© de Carcassonne & dans les vicomt√©s de B√©ziers & d'Agde. Nous l‚Äôappelons Roger III, parce qu'il est certain que le comte Roger, son oncle √† la mode de Bretagne, avec lequel il s‚Äôaccorda sur le comt√© de Carcassonne, poss√©da la moiti√© du m√™me comt√©. Cet accord est sans date, mais il est post√©rieur √† l'an 1060 & ant√©rieur √† l'an 1067, puisqu‚Äėil y est fait mention, d‚Äôun c√īt√©, de Guillaume, comte de Toulouse, qui ne succ√©da au plus t√īt √† Pons, son p√®re, qu'en 1060, & que, de l‚Äôautre, Roger III mourut sans enfans avant l'an 1067. En effet, Rangarde, sa m√®re, & ses sŇďurs, qui lui avoient succ√©d√© apr√®s son d√©c√®s, vendirents cette derni√®re ann√©e le comt√© de Carcassonne au comte de Barcelone. Par l√† finit la post√©rit√© masculine (Claude Devic, Joseph Vaiss√®te, Histoire g√©n√©rale de Languedoc avec notes et pi√®ces justificatives..., Volumes 1 √† 2, 1872 - books.google.com).

Apr√®s la fin de la croisade albigeoise, quand les chanoines du chapitre Saint-Nazaire re√ßurent en don les biens confisqu√©s aux h√©r√©tiques situ√©s dans le terroir du petit village de Saint-√Čtienne-de-Clamous, ils firent √©difier un puissant ch√Ęteau-fort, sentinelle gardant l‚Äôentr√©e de la vall√©e de la Clamoux (www.tourisme-haut-minervois.fr - Villeneuve-Minervois).

Villeneuve est créée dans la paroisse de Saint Etienne de Clamous, donnée selon Etienne Griffe aux chanoines de Saint Nazaire de Carcassonne enn 1176. Auparavant Saint Etienne dépendait de l'abbaye de saint Pons de Thomières.

L'√©glise Saint-Etienne du Clamous figure d√©j√† dans un document de l'ann√©e 1102 (Gallia christ., t. VI, col. 82). Les revenus de son vicaire perp√©tuel furent √©valu√©s, √† la fin du XIIIe si√®cle, √† la somme de 80 livres (√Člie Griffe, Les Anciens pays de l'Aude: dans l'antiquit√© et au Moyen √Ęge, 1974 - books.google.com, Jean Martial Besse, Recueil historique des archev√™ch√©s, √©v√™ch√©s, abbayes et prieur√©s de France, Volume 4, Provinces eccl√©siastiques d'Alby, de Narbonne et de Toulouse, 1999 - books.google.com).

Ne parlons pas de l'extension prodigieuse que prit l'abbaye de Saint-Pons de Thomières sous l'abbé Frotard et qui lui permit en 1317 de fournir deux évéchés à l'Eglise catholique, ceux de Saint-Pons et de Lavaur ; mais , si on veut bien le remarquer, presque tous les princes qui se rencontrèrent dans la sphère d'action de notre légat, quels qu'aient été leurs commencements, finirent par être les champions dévoués de l'Eglise et du Saint-Siège. Ce fut dabord Bernard comte de Besalu qui s'en reconnut vassal ; puis Pierre de Melgueil qui se donna lui et son comté & à l'Eglise romaine: puis le comte Bérenger-Raymond de Barcelone qui suivit ces exemples; sans compter Raymond de Saint- Gilles qui, par son serment, scrupuleusement tenu, de ne plus quitter la Terre-Sainte et d'y mourir, contribua plus que personne, malgré mille désastres, à maintenir le flot sans cesse renouvelé de la croisade.

Nous sommes persuadés aussi, que ce fut un trait d'excellente politique de la part du Saint-Siege de favoriser les alliances des Norniands de Sicile et d'ltalie et même d'Angleterre avec les comtes de Barcelone, de Toulouse , de Saint-Gilles et les vicomtes de Narbonne. Nous avons vu, en effet, que Guillaume IV avait épousé Emme de Mortaing, nièce de Guillaume le Conquérant; que Raymond de Saint-Gilles, en épousant une cousine de sa belle-soeur Emme, devenait le gendre de Roger de Sicile, si dévoué au Saint-Siège que le pape Urbain , dérogeant à tous les précédents, le nomma son légat perpétuel pour la Sicile. Quant au comte de Barcelone et au vicomte de Narbonne, ils avaient cherché tous les deux l'alliance de Robert Guiscard. Lorsque l'on pense que ces princes avaient tous vécu dans la familiarité de Frotard, ou du moins s'étaient rencontrés avec lui dans toutes les transactions importantes de la province, on ne peut s'empècher d'imaginer qu'ils trouvèrent dans notre légat un grand encouragement à ces alliances, si l'on n'aime mieux supposer qu'elles naquirent de l'initiative de l'Eglise, cherchant à grouper autour de la Papauté, contre la tyrannie des Césars allemands, le dévouement traditionnel de la vieille France, qu'il vint des preux de la Normandie ou des fidèles du Languedoc (Abbé Bene, Recherches historiques sur Frotard, dixieme abbe de Saint-Pons de Thomieres, 1875 - archive.org).

Cancer

Le signe du Cancer est appelé aussi Ecrevisse.

Pêche aux écrevisses à Veules-les-Roses - www.delcampe.net

Station baln√©aire depuis le XIXe si√®cle, le village conserve dans son √©glise, d√©di√©e √† saint Martin, un ensemble de sculptures ex√©cut√©es sur une partie des supports int√©rieurs. Cette √©glise a √©t√© reconstruite dans sa presque totalit√© √† la fin du XVe si√®cle et au d√©but du si√®cle suivant. Il existait un p√®lerinage du Pr√©cieux Sang dans cette √©glise, gr√Ęce √† l'autorisation de l'abbaye de F√©camp, et une confr√©rie dite des ¬ęCinq Plaies¬Ľ y honorait tout particuli√®rement ce pr√©cieux symbole. Il nous faut maintenant revenir √† la pile A (nord du choeur), la plus ancienne selon notre chronologie. Nous avons d√©j√† insist√© sur les difficult√©s √† lire son d√©cor, constitu√© de sculptures ind√©pendantes. L'ensemble est de facture plus lourde, plus grossi√®re que dans le support B, et cela reste vrai pour la corbeille du chapiteau, o√Ļ nous trouvons ce qui peut √™tre une repr√©sentation de chapeaux de triomphes palinodiques, des sir√®nes, des dauphins, des cornes et des bourses... Cet archa√Įsme n'interdit nullement des r√©f√©rences au d√©cor italianisant ; ainsi, l'amour ail√©, agenouill√© sur un cul de lampe, d'inspiration lombarde, qui deviendra caract√©ristique de la d√©coration normande de cette p√©riode. Mais le courant traditionnel, populaire, utilise et r√©utilise un certain nombre de formes puis√©es directement dans le fond local : quadrup√®des affront√©s, sir√®nes, √©crevisse, chouette aux ailes d√©ploy√©es... (Yves Bottineau-Fuchs, Les piles figur√©es de l'√©glise Saint-Martin de Veules-les-Roses. In: Annales de Normandie, 30e ann√©e n¬į2, 1980 - www.persee.fr).

Mercure

A Saint Riquier ès Plain, près de Saint Valéry en caux, une statue du XVIème siècle de saint Hermès se trouve dans l'église, tandis qu'à Rouville, un peu plus loin au sud-ouest, l'église est consacrée à ce saint, et encore plus loin dans le Calvados à Fontenay-le-Marmion (Normandie, Les Guides bleus, 1965 - books.google.com).

Les incursions des Normands dans les ann√©es 880 dans la r√©gion des Flandres et des Pays-Bas, sous la conduite du chef Hastings, qui semble avoir √©t√© partout, et qui donna son nom √† la ville du Sussex, provoqu√®rent la fuite des moins de Renaix avec les reliques de saint Herm√®s pour Inde (Cornelism√ľnster, pr√®s d‚ÄôAix-la-Chapelle) en Allemagne. Les restes revinrent √† Renaix vers 940 (Archives, biblioth√®ques et mus√©es de Belgique, Volumes 21 √† 23, 1950 - books.google.com).

Hasting, sometime wrote Hastinge and Hastings, in Latin Hastingia and Hastinga. Cambden in his Britannia says, it seems to take its Name from the Arch-pirate Hasting, for being called in the Saxon Tongue Hastinga-Ceaster, is as much as Hasting's Town (Charters of the Cinque Ports, B. Lintot, 1728 - books.google.com).

A Villey-sur-Tille en Bourgogne, la DEA ARNALIA gu√©rissait les maniaques qui y venaient de loin; on b√Ętit depuis dans ce lieu une chapelle d√©di√©e √† ST HERMES et √† ST AVGVSTIN qui furent substitu√©s √† Mercure et aux dieux Augustes de l‚Äôinscription gallo‚ÄĒromaine. Le souvenir de la DEA resta √† la fontaine et aux arbres des f√©es, troncs √©normes que l‚Äôon visitait encore par curiosit√© au si√®cle demie (J.-G. Bulliot, L'ex voto de la Dea Bibracte, Etudes celtiques, 1870 - books.google.com).

Il y a un Hermès, martyr à Césarée sous Dèce, qui aurait tué Julien l'Apostat (Bibliothèque orientale, Moutard, 1783 - books.google.com).

Mais l'Herm√®s de Renaix est le saint romain, que quelques-uns appellent S. Helme, et qui souffrit la mort √† Rome pour la d√©fense de la foi dans le II√®me si√®cle, sous l'Empereur Hadrien, f√™t√© le 28 ao√Ľt comme Augustin.

La Mère de Cambry, renommée Soeur Jeanne de la Présentation mourut le 19 juillet 1639. Son frère le Père de Cambry était chanoine de l'église collégiale de Saint Hermès à Renaix (Pierre Hélyot, Maximilien Bullot, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, Volume 4, N. Gosselin, 1715 - books.google.com).

Mais le plus beau 19 juillet, est le début de l'année alexandrine.

Sous le nom d'Herm√®s, les manuscrits nous ont conserv√© un Organon, un Kanonion, et des Iatromath√©matika d'Herm√®s √† Ammon l'Egyptien (recettes pour pr√©dire l'issue d'une maladie selon l'√©tat du ciel au moment o√Ļ cette maladie commence), qui affirment la valeur th√©rapeutique du principe des similitudes.

Corpus hermeticum, Asklépios 31, le Poimandrès ou les Iatromathématika sont des écrits néoplatoniciens attribués à Hermès, révélés à Asklépios-Sauveur ; ils font partie de la Gnose magique.

Le calendrier √©gyptien est une institution qui remonte au moins jusqu'√† la VIII√®me dynastie. Nous verrons qu'elle peut √™tre plus ancienne encore, puisque, au dire des pr√™tres d'H√©liopolis et de Th√®bes, ainsi que nous le verrons bient√īt, le calendrier, dans la forme qui nous est connue, avait √©t√© institu√© par Herm√®s, c'est-√†-dire √† une √©poque ant√©historique.

L'astrologue H√©phestion de Th√®bes, en √Čgypte, √©crivit au plus t√īt sous Constantin. Dans un fragment de son trait√© sur les pronostics, √™trtamuzariat, il parle de Sirius et des pr√©dictions qui se fondaient sur les circonstances du lever de cet astre : il dit" que Sirius se l√®ve le 25 √©piphi, ce qui r√©pond, dans le calendrier fixe alexandrin, au 19 juillet. La diff√©rence du 19 au 20 tient sans doute √† la mani√®re de commencer le jour. Pour Censorin et Diophane, qui suivaient, l'un l'usage romain, de compter le jour de minuit, et l'autre l'usage grec, de le compter du coucher du soleil, la 11√®me heure de la nuit, √©poque du lever de Sirius, appartenait √©galement au 20 juillet. Les Egyptiens, au contraire, quoi qu'en aient dit par erreur Pline et Lydus, commen√ßaient le jour au matin, ainsi que l'a d√©montr√© M. Ideler ; la 11√®me heure de la nuit appartenait donc encore au 19, comme l'a marqu√© le Th√©bain H√©phestion (Jean-Antoine Letronne, L'ann√©e vague en Egypte, Le lever h√©liaque de Sirius, Histoire et m√©moires de l'institut royal de France, Acad√©mie des inscriptions et belles-lettres, 1861 - books.google.com).

Le kanonion ou organon d'Herm√®s Trism√©giste √©tait du m√™me go√Ľt : on comptait depuis le lever h√©liaque de l'√©toile du Chien, c'est-√†-dire depuis le 25 Epiphi (19 juillet), d√©but de l'ann√©e sothiaque, jusqu'au jour de l'alitement; on divisait le nombre ainsi obtenu par 36 (sans doute √† cause des 36 d√©cans) et on cherchait le reste dans la table (Andr√© Jean Festugi√®re, La R√©v√©lation d'Herm√®s Trism√©giste, Volume 1, 1944 - books.google.com).

Mayronnes - Saint André de Maurienne

Le correspondant de Mayronnes sur le cercle du grand nonagone est Saint André de Maurienne. L'église de Mayronnes est dédiée également à Saint André.

Maironnes (ou Mayronnes) existait d√®s l√ę commencement du 10√®me si√®cle, selon d'anciennes chartes. Mayronnes a √©t√© donn√© √† l'abbaye de Lagrasse en 956, donation reconnue par Bernard Aton, vicomte de Carcassonne, puis d√©pendit du prieur√© de Saint Martin des (ou du) Puits, lui-m√™me office claustral de l'abbaye (Alphonse Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien dioc√®se et de l'arrondissement administratif de Carcassone, Didron, 1857 - books.google.com).

L'√©glise Saint-Andr√© de Mayronnes √©tait une annexe de Saint-Martin-des-Puits. En 1404, elle avait un vicaire perp√©tuel d√©sign√© par le prieur : il y avait au dit lieu une maison presbyt√©rale. Le prieur √©tait tax√© pour un revenu de 160 livres, dont 30 pour l'√©glise de Mayronnes (√Člie Griffe, √Čtudes d'histoire audoise, IXe-XIVe si√®cles, Imprimeries Gabelle, 1976, p. 86).

Saint André de Maurienne se situe sur la rivière Arc. Il existe un lieu-dit L'Arc-d'en-haut à Mayronnes.

Sur la commune se trouve aussi la petite chapelle de Saint Clément de Jonquières de style roman primitif (XIème siècle) (www.lagrasse.com).

Il y a lettres communes entre Maurienne et Mayronnes, six sur neuf.

Deux actes publics, l'un de 588, l'autre de 1208, nous ont laiss√© les confins principaux de l'ancien dioc√®se de Maurienne. Contre le dioc√®se de Turin une limite √©tait plac√©e entre la Chiusa et Aveillane, Vologia ou Volovia, une autre √† la Cluse entre les vall√©es de Pragelas et du Cluson. Contre le dioc√®se d'Embrun la limite √©tait vers l'ancien village de Rama, au-dessus de Mont-Dauphin. Contre le dioc√®se de Grenoble c'√©tait la Breda et l'Is√®re, par La Rochette et Sainte-H√©l√®ne-du-Lac. Les cr√™tes des montagnes compl√©taient la ligne entre ces trois points. Enfin, la Maurienne a le titre de Marche, Marca Maurianensis, comme les Marches d'Italie et d'Espagne. C'√©tait, en effet, dans le dioc√®se de Maurienne que se trouvaient les deux plus importants passages des Alpes au moyen √Ęge, celui du Mont-Cenis et celui du Mont-Gen√®vre, aboutissant tous les deux √† Suse, dont les seigneurs furent ainsi Mark-Grafs, c'est-√†-dire comtes d'une marche, margrave, marquis. (C.-A. Ducis, La Maurienne, Revue savoisienne, Volumes 11 √† 13, 1870 - books.google.com).

Le Mont Genèvre était le Mons Matrona :

La table Th√©odosienne appelle le mont Gen√®vre Alpis Cottia, en l'honneur de Cottius qui, par de grands travaux, en avait rendu le passage praticable (quoique cette voie ait d√Ľ beaucoup aux soins d'Agrippa, et qu'Auguste y ait employ√© une partie de ses troupes, exemple que Probus a suivi). si l'Itin√©raire de J√©rusalem se sert du mot matrona que le Mont-Gen√®vre re√ßut √† la suite d‚Äôun accident mortel remarquable qui, suivant Ammien Marcellin (Histoire de Rome, XV, 10), y √©tait arriv√© √† une grande dame ; il est d√©nomm√© Mons-Janus, en 1125, dans un acte de partage des terres de Provence, fait entre les comtes de Toulouse et de Barcellonne, et en 1155, dans une ordonnance de Fr√©d√©ric Ier. Plusieurs auteurs le disent Mons-Janua, d'autres Genua ; et si l'on tenait √† avoir une √©tymologie, on pourrait croire que de janus ou janua on a fait successivement jan√®vre, jen√®vre, gen√®vre, ou que ce dernier mot vient de Genua, comme de Genua l‚Äôon a fait G√™nes (Jean-Charles-Fran√ßois Ladoucette, Histoire, antiquit√©s, usages, dialectes des Hautes-Alpes, 1820 - books.google.com, encyclopedie.arbre-celtique.com - Matrona-Montgen√®vre).

Sous l'empire de N√©ron, les Alpes cottiennes, dont la Maurienne faisait partie, lurent d√©clar√©es province romaine. Le proconsul Burrhus en eut le gouvernement, et vint se fixer √† Turin, capitale de la nouvelle province. On dit que Burrhus √©tait secr√®tement du nombre des n√©ophytes qui, du temps de saint Paul, √©taient dans la maison de C√©sar. N√©ron ayant ordonn√© la premi√®re pers√©cution contre les chr√©tiens, Priscille, dame romaine et parente du proconsul, vint, avec Elie et Milet, disciples de saintPierre, chercher un asile dans la province de Burrhus. La pieuse matrone ne s√©journa pas longtemps √† Turin, et, soit d√©go√Ľt du monde, soit d√©sir de se livrer plus librement √† la profession de sa foi, elle se retira √† la Novalaise, bourg situ√© dans un lieu agr√©able, au pied du Mont-Cenis. Pendant qu'elle s'adonnait aux exercices de la pi√©t√©, Elie et Milet se mirent √† √©vang√©liser les habitants de ce pays, et √† r√©pandre la lumi√®re de la foi dans les pays voisins. Ils pass√®rent le Mont-Cenis, et p√©n√©tr√®rent jusque dans la haute Maurienne, o√Ļ la tradition porte qu'ils b√Ętirent des oratoires dans des lieux d√©serts, pour y c√©l√©brer en secret les divins myst√®res. Ce que l'histoire nous dit de la vierge sainte Th√®cle, qui illustra la Maurienne par ses vertus, et lui apporta d'Orient les reliques de saint Jean-Baptiste, ne permet pas de douter que le christianisme n'y f√Ľt d√©j√† tr√®s florissant vers le milieu du sixi√®me si√®cle; mais, en ce temps-l√†, les pa√Įens y √©taient encore assez nombreux pour inqui√©ter les chr√©tiens et leur susciter des pers√©cutions. Jusqu'√† cette √©poque, la Maurienne avait appartenu au dioc√®se de Turin, et Gondran, roi de Bourgogne, √©tait √† la veille de lui donner un si√®ge √©piscopal, que Felmase devait occuper le premier (F. Grobel, Notre-Dame de Savoie, et vari√©t√©s historiques, 1860 - books.google.com).

Scorpion

L'association du scorpion et du peuple de la Synagogue ne caract√©rise pas uniquement un courant local savoyard. On la retrouve √©galement en Italie centrale, dans la plaine du P√ī, √† Aoste, dans le Comt√© de Nice, en Provence, dans le Tessin, au Tyrol et m√™me jusqu'aux Pays-Bas ! La premi√®re apparition du symbole du scorpion remonterait √† la Bible histori√©e manuscrite, toute figur√©e, de la Biblioth√®que Nationale de Paris (aussi appel√©e Bible de Jeanne d'√Čvreux d'apr√®s √Čmile M√Ęle), dont les miniatures, sans doute du d√©but du XIV√®me si√®cle, sont siennoises. [...]

Plusieurs animaux ont √©t√© utilis√©s pour repr√©senter le peuple de la Synagogue, comme la chauve-souris, l'ibis, voire le dragon... (on sait combien la fin du Moyen √āge aime orner les √©tendards d'animaux r√©els ou imaginaires). √Ä Lanslevillard [Haute-Maurienne] √† Sant'Antonio di Ranverso (dans l'√©glise abbatiale) et √† Bessans [Haute-Maurienne], c'est le scorpion que peint l'artiste Mais pourquoi cet insecte ? Il est ind√©niable qu'√† cette √©poque les sentiments des chr√©tiens √† l'√©gard du peuple juif n'√©taient gu√®re chaleureux. Aussi, vu l'aversion et la m√©fiance √©prouv√©es envers ce peuple, le choix du scorpion s'explique n'incarne-t-il pas la fausset√© qu'on attribuait aux Juifs de l'√©poque ? Noir, sournois et vivant le plus souvent cach√©, n'agit-il pas en tra√ģtre lorsqu'il vous pique de son dard mortel? Feignant de vous attaquer de face, ne vous envoie-t-il pas dans l'autre monde avec l'extr√©mit√© de sa queue, recourb√©e au-dessus de lui ? Le jaune de l'√©tendard manifeste que l'oriflamme appartient au peuple d'Isra√ęl, cette couleur ayant depuis toujours √©t√© attribu√©e √† la Synagogue (Michel Thomas, Tr√©sors de l'art sacr√© dans les hautes vall√©es de Maurienne, 2004 - books.google.com).

Lune

En partant du Monolithe de Sardières (Haute-Maurienne), on peut joindre deux des grands classiques du secteur : le monolithe de Sardières et le trou de la Lune ou roc de Corneilles, tous deux issus du travail d’érosion d’une roche de type dolomitique (legrosjerome.free.fr).

Le nom de Diane a √©t√© connu durant tout le moyen √Ęge, et l'on peut ais√©ment admettre que, dans notre nom de lieu, les scribes et m√™me les populations de Vuissens et des environs aient senti le Diana originaire, et qu'ainsi la forme du nom de lieu n'aurait pas √©volu√© normalement, et qu'elle aurait √©t√© au contraire influenc√©e par la forme litt√©raire, comme c'est le cas dans l'interjection par dienne, dans laquelle M. D√©sormaux voit tr√®s justement le nom de Diane, puisqu'un drame en vers, L'Hystoyre de Monseigneur Sainct S√©bastien repr√©sent√© au mois de mars 1567 √† Lanslevillard en Maurienne, appelle Diane pr√©cis√©ment Dienne, Dyenne, dans une suite d'invocations de divinit√©s (Paul Aebischer, La "fontaine de Diane" de Vuissens, Schweizer Volkskunde, Volume 18, Schweizerische Gesellschaft f√ľr Volkskunde Verlag G. Krebs., 1928 - books.google.com).

C√©ladon, h√©ros de l'Astr√©e (II, 10, 403-405), voyage de Lyon en Italie en passant par la vall√©e de la Maurienne, pays des Ceutrons et des Carroc√®les. [...] Honor√© d'Urf√© √©tablit une comparaison entre les passions et le paysage des monts du Valais, de la Maurienne, de la Tarentaise et le cours de l'Is√®re et de l'Arc (Epistres Morales, II, 7, 304-305). (Maxime Gaume, Les inspirations et les sources de l'Ňďuvre d'Honor√© d'Urf√©, 1977 - books.google.com).

En 1598, Honor√© saute √† cheval. Le sieur de Lesdigui√®re vient d'envahir la Maurienne. D'Urf√©, capitaine des gardes du duc de Savoie, lutte √† la t√™te de ses carabiniers contre les troupes fran√ßaises du spirituel Cr√©quy, gendre de Lesdigui√®re (tombant d'un escalier sans se faire mal : ¬ę Dieu vous a √©pargn√©, lui dit-on. - Oui, pas un √©chelon¬Ľ). D'Urf√© contribue √† repousser de la vall√©e de la Maurienne les soldats du Mar√©chal de Lesdigui√®res. La paix de Vervins (mai 1598) interrompt les exploits d'Honor√©. En 1600, il √©pouse la femme de son fr√®re (il a trente-trois ans, elle trente-huit), mariage avec Anne annul√© deux ans auparavant par le pape Cl√©ment VIII pour cause d'impuissance du mari. Le 18 mai 1599, l'ollicial de Lyon prononce l'annulation du mariage d'Anne d'Urf√© et de Diane de Ch√Ęteaumorand. Honor√© a obtenu de l'ordre de Malte la rupture de ses vŇďux. Les d'Urf√© ne pardonneront pas √† Diane d'avoir d√©voil√© publiquement la d√©faillance de l'a√ģn√© de la famille (Michel Chaillou, Mich√®le Chaillou, La fleur des rues: Petit guide p√©destre de la litt√©rature fran√ßaise au XVIIe si√®cle, 2000 - books.google.com, Honor√© d'Urf√© , Amours d'Alcidon, annot√© par Gustave Charlier, 1921 - books.google.com).

Apr√®s avoir servi le duc de Savoie par les armes, il d√©cide de le servir par la plume. Il ne compose pourtant pas une Amedeide, mais un po√®me fond√© sur la l√©gende de B√©rold, prince saxon qui serait √† l'origine de la dynastie ducale. Il commence en 1599 son po√®me, dont la premi√®re version manuscrite, qui comprend six livres, est achev√©e en 1605. Il intitule les trois premiers livres successivement La Beroldide, puis Berol, enfin La Savoye. Les trois derniers sont intitul√©s B√©rol. En 1606, le po√®me est remani√© en profondeur. Lorsqu'il est abandonn√© d√©finitivement le 29 novembre 1606, il porte le titre de Savoisiade ou de Savoysiade, il ne comprend que neuf livres et il reste inachev√©. [...] Le mythe de B√©rold a √©t√© cr√©√© au XV√®me si√®cle [...] surtout parce qu'Am√©d√©e VIII, qui avait int√©r√™t √† m√©nager ses relations avec le Saint Empire, y trouvait l'occasion de s'attribuer une ascendance germanique. Au XVIe si√®cle, cette l√©gende n'a pas perdu toute utilit√© diplomatique, puisqu'elle fait reconna√ģtre √† l'Empire de Rodolphe II, en 1582, la sup√©riorit√© de Charles-Emmanuel, ¬ęex sanguine germanico ducum SaxoniŇď oriundus¬Ľ, sur les autres princes italiens (Bruno M√©niel, Renaissance de l'√©pop√©e: la po√©sie √©pique en France de 1572 √† 1623, 2004 - books.google.com).

Brugairolles - Vendays

Le sommet correspondant √† Brugairolles se trouve dans l'Oc√©an Atlantique, entre Vendays sur la c√īte fran√ßaise, qui se trouve sur le Chemin des Anglais, qui d√©barquaient √† Soulac, de Saint Jacques de Compostelle, et Santillana dans les Asturies, o√Ļ se trouve la grotte peinte d'Altamira.

Il n'y a pas de doute que le monastère très riche et très puissant de Santillana aux Asturies, situé sur un des chemins secondaires du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, était un centre du culte de sainte Julienne de Nicomédie (Hans-Erich Keller, Autour de Roland: recherches sur la chanson de geste, 1989 - books.google.com).

Julienne (Juliana, 16 f√©vrier), vierge et martyre de Nicom√©die, refusa d'√©pouser le pr√©fet Eleusius. Sa r√©putation lui est venue de l'√©nergie avec laquelle elle combattit le d√©mon dans sa prison : elle ligota le diable avec la cha√ģne qui lui avait servi de lien. Plong√©e dans une chaudi√®re de plomb fondu, elle fut finalement d√©capit√©e : ce martyre doit √™tre situ√© vers 307, sous Gal√®re. Culte Son corps fut amen√© en Campanie : d'abord √† Pouzzoles, puis √† Cumes, en 568, et √† Naples en 1207. Un Crois√© rapporta le chef de la sainte au Val-Saint-Germain, pr√®s de Dourdan. Sainte Julienne est patronne de V√©rone et de Santillana (Sancta Juliana), dans les Asturies, o√Ļ ses reliques avaient √©t√© apport√©es d√®s le VIe si√®cle. Elle est invoqu√©e contre les maladies contagieuses. Iconographie Son attribut est un diable encha√ģn√© (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, Editions Cr√©er, 2006, p. 297).

Julienne était fêté le 21 mars à Paris.

Au nord de Vendays, à Soulac aurait abordé Véronique, sainte de la sainte Face, appelée aussi Vénice.

Véronique venue par la mer, offrant cheveux et lait de la Vierge ; voilà autant de thèmes qui la désignent comme une nymphe, comme une sirène, on est tenté de dire : comme Vénus elle-même. Par son nom populaire, Vénice, comme par son iconographie, c'est bien à cette déesse qu'elle s'assimile (Claude Gaignebet, À plus hault sens: l'ésotérisme spirituel et charnel de Rabelais, Volume 1, 1986 - books.google.com).

Ven-days, au nord Ven-sac, font penser √† Ven-us, m√™me si en g√©n√©ral on reconna√ģt en "ven" une vendo gaulois signifiant blanc. Port-Vendres est un Portus Veneris.

Le nom de Vendays est form√© de deux mots celtiques : giuenn ¬ę blanc ¬Ľ et la pr√©position suffixe marquant le lieu, dont la mutation en days est due √† une d√©formation idiosyncrasique du dialecte gascon. Vendays signifie donc ¬ę station des Blancs ¬Ľ (Revue de g√©ographie commerciale, Soci√©t√© de g√©ographie commerciale de Bordeaux 1903 - books.google.com).

Mais le nom de Vénus dérive d'une racine indo-européenne *wen signifiant "désirer" (Philippe Dain, Mythographe du Vatican III, 2005 - books.google.com).

La croupe dess√©ch√©e que nous avions sous les yeux se nomme San Giulaiano. Nous reconn√Ļmes, sans h√©siter, le mont √Čryx, d√©di√© a V√©nus, et c√©l√®bre autrefois dans la Gr√®ce enti√®re. Je ne sais pourquoi le moyen‚ÄĒ√Ęge catholique a plac√© sous l‚Äôinvocation de saint Julien tous les lieux consacr√©s par le paganisme √† Cyth√©r√©e. Qu‚Äôon veuille d√©signer dans, les fabliaux un logis mal fam√©, on le qualifie d‚Äôh√ītel Saint‚ÄĒJulien. Dans le conte de Courtois d‚ÄôArras, les courtisanes qui s‚Äôefforcent d‚Äôattirer chez elles l‚Äôenfant prodigue lui promettent a l‚Äôh√ītel Saint‚ÄĒJulien.¬Ľ J‚Äôavais con√ßu jusque-l√† que l‚Äôon se f√Ľt livr√©, en France seulement, √† une malicieuse interpr√©tation des fonctions ordinaires du bienheureux Qui h√©berge les crestiens; Mais, si l'on consid√®re que chaque peuple a son saint Julien √† qui l‚Äôon assigne partout le m√™me attribut, si l‚Äôon observe que saint Julien r√®gne sur le mont √Čryx o√Ļ il succ√®de √† V√©nus, le fait acquiert plus d'importance dans l'histoire des mythologies compar√©es. [...] Saint Julien du mont √Čryx n‚Äôest pas le premier √©v√™que du Mans, qui donna l‚Äôhospitalit√© √† Notre Seigneur, ni l‚Äô√©v√™que de Tol√®de qui porte aussi ce nom, ni le saint d‚Äô√Čgypte qui, ayant tu√© p√®re et m√®re pour ob√©ir √† la fatalit√©, se fit aubergiste et batelier en Italie. Le pa.. trou de San-Giuliano, de qui J .-J . de Voragine, Butler et les autres l√©gendaires n‚Äôont fait aucune mention, et qui eut √† lutter, ainsi que Diom√®de, contre les d√©it√©s de l'Olympe, √©tait fils d‚Äôun prince, comme tous les bienheureux de la contr√©e, d‚Äôun monarque byzantin parfaitement inconnu (Francis Wey, Les Calabres et la Siclie, V, Revue de Paris, 1841 - books.google.com).

Il existe un saint Julien d'Egypte, comme l'Hospitalier, martyrisé avec 5000 autres pendant le règne de l'empereur Dioclétien, sous la présidence de Marcien, et fêté aussi le 16 février comme Julienne.

L'église de Brugairolles est consacrée à saint Julien et sainte Basilisse. Basilisse en grec c'est la Reine.

A Vendays passait un chemin appelé de la Reyne, ainsi que le chemin royal de Bordeaux à Soulac et au Verdon (Paroisse Saint Seurin de vendays, Variétés bordeloises, Tome II, 1784 - books.google.com).

La gens Julia, dont faisait partie Jules César, prétendait descendre de Vénus par Ascagne, fils d'Enée, lui-même fils d'Anchise et de la déesse.

Il existe un fleuve "fossilisé" qui coulais à Vendays, l'Anchise.

Non loin de la plage de Montalivet o√Ļ fut d√©couverte d'une statuette romaine, √©taient le fleuve Anchise et le port du m√™me nom. Le citoyen Fleury de la Teste √©crit dans son m√©moire (1800) : " Il a exist√© autrefois des bassins tels, par exemple, que celui d'Arcachon, quoique peut-√™tre moins √©tendus. Quelques-uns avaient des issues assez consid√©rables pour la petite navigation. On en cite un dans la partie du nord, qu'on d√©signe sous le nom de port Anchise," Les cartes des XVI√®me et XVII√®me si√®cles marquent sur la c√īte du M√©doc aux environs ds Vendays et de Naujac cette rivi√®re d'Anchise. Elles lui donnent un estuaire assez spacieux et placent, les unes son embouchure, les autres plus en amont, la ville d'Anchise. Celte derni√®re figure dans diff√©rents portulans du XVI√®me si√®cle sous le nom de Balania Ballanas etc. (Pierre Buffault, Etude sur la Cote et les Dunes du Medoc, 1897 - www.forgottenbooks.com).

On retrouve Anchise, roi sarrasin de carcassonne qu'il aurait défendue contre Charlemagne, ou père d'Enée qui aurait fondé cette ville.

La notion d'une divinit√© androgyne est regard√©e comme un dogme fondamental des religions de l'Asie ant√©rieure ; tous les mythologues s'accordent √† reconna√ģtre l'existence d'une V√©nus hermaphrodite et m√™me m√Ęle chez les peuples qui occup√®rent cette r√©gion. Un texte assyrien expose ainsi les √©l√©ments de la doctrine androgyne-sid√©rale : L'astre parmi les femlles est la plan√®te V√©nus ; elle est femelle au coucher du soleil. ¬Ľ ¬ę L'astre m√Ęle est la plan√®te V√©nus; elle est m√Ęle au lever du soleil. ¬Ľ (Charles de Linas, Les origines de l'orf√©vrerie cloisonn√©e: recherches sur les divers genres d'incrustation, la joaillerie et l'art des m√©taux pr√©cieux, Volume 3, 1887 - books.google.com).

A Paphos, √† Amathonte, √† Idalie, dans toute l'√ģle de Chypre, Aphrodite Urania ou V√©nus c√©leste √©tait androgyne : ¬ę Sa statue, en Chypre, dit Macrobe, est barbue, mais avec un v√™tement de femme, le sceptre et la stature d'un homme. ¬Ľ (Jules Baissac, Les origines de la religion, Volume 1, 1899 - books.google.com).

En Médoc, les plus anciennes et les plus nombreuses églises portent le nom de saint Pierre : Jau ainsi appelé d'un temple de Jupiter sur les ruines duquel il s'éleva; Verteuil qui, selon plusieurs, reçut de Charlemagne un magnifique agrandissement mais non pas sa naissance; Dignac, Blagnan, Grayan signalés par des titres du XIIIe et XIVe siècles; Civrac qui a remplacé un temple de Diane dont les cerfs sculptés se voyaient encore au siècle dernier; Gaillan remarquable par son plan et ses détails romans; Vinsac, Vendays, Avensan, riches en vestiges d'antiquités; Lilhan entièrement envahi par la mer depuis le XVIe siècle, mais conservé dans des actes seigneuriaux de haute date, et qui dort probablement sous son immense dune; Parempuyre, Bruges, Hostens, Cazaux , Sales , Gradignan , Saucats, Lèges et Comparrian qui prolongent en tournant autour de Bordeaux le mouvement commencé à Soulac (Abbé Cirot de la Ville, Origines chrétiennes de Bordeaux on Histoire et description de l'église de St.-Seurin, 1867 - books.google.com).

Jau se trouve au nord-est de Vendays, à l'est de Vensac.

Poissons

Tous les étangs du littoral, jusqu'à Vendays près de Lesparre, seraient habités par un poisson, l'Aubour-lime (Squalius [Alurius] bearnensis), inconnu dans les eaux de la Garonne et très commun dans celles de l'Adour.

L'aubour est un cousin du chevesne, un petit poisson d'eau douce, et plus connu sous le nom de ¬ę vandoise ¬Ľ. Vandoise/Vendays, au bord de la mer comme Santillana del Mar (J. Blayac, Contribution √† l'√©tude du sol des landes de Gascogne. In: Annales de G√©ographie. 1916, t. 25, n¬į133 - www.persee.fr).

La Roque Mude - Rennes-le-Ch√Ęteau

Rennes le Chateau (famous for its mystery), Carcassonne (famous for its castle, Limoux (famous for its blanquette) (www.self-catering-breaks.com).

Dans la mise en correspondance des sommets du Sceau de Palaja avec ceux de l'hexagramme d√©fini √† partir du triangle Ban-Saint-Martin - Edern - Rennes-le-Ch√Ęteau, Rennes-le-Ch√Ęteau est proche de la Roque Mude (PS PRAECUM). PS PRAECUM qui pourrait se traduire par Psaume des pri√®res qui est le 42 (Vulgate) dit "Et ce sera encore par elles que j'entrerai jusqu'√† l'autel de Dieu, jusqu'√† Dieu m√™me qui, en me donnant cette esp√©rance, remplit de joie ma jeunesse." (traduction Carri√®res de "Et introibo ad altare...").

Or Rennes-le-Ch√Ęteau est align√© avec la Roque Mude et Palaja (pr√®s de Cazaban o√Ļ se trouve la Tour (pigeonnier) du prieur√© de Saint Foulc). Palaja est le centre du coeur, o√Ļ se trouve le ma√ģtre-autel, sur le plan de l'√©glise de Saint Sulpice de Paris projet√© √† l'envers sur la carte du d√©partement de l'Aude.

Au cours de la consécration d'un édifice religieux, église ou chapelle, le psaume 42 (Vulgate) entre en jeu au moins depuis le concile de Trente et avant le concile Vatican II :

En entrant, l'√©v√™que souhaite la paix √† cette maison. Le chŇďur chante d'abord une antienne de paix puis une antienne rappelant l'entr√©e de J√©sus chez Zach√©e et enfin le Veni creator pour demander la venue de l'Esprit Saint. Un clerc r√©pand deux bandes de cendre de la largeur d'un palme sur le pavage de l'√©glise, en forme de croix, un depuis l'angle nord-ouest jusqu'√† l'angle sud-est, l'autre depuis l'angle sud-ouest jusqu'√† l'angle nord-est. Si l'√©glise est grande, il suffira de faire, √† la place de la premi√®re bande, vingt-quatre carreaux (areole) dispos√©s √† √©gale distance, et, √† la place de la seconde bande, vingt trois carreaux. Puis on termine le chant des litanies des saints. Apr√®s quoi, l'√©v√™que √©tendant sa main droite fait trois fois le signe de la croix sur l'√©glise et l'autel. On chante le Benedictus " B√©ni soit le Seigneur, le Dieu d'Isra√ęl, car il a visit√© son peuple... " et l'antienne ¬ę O quam metuendus est ¬Ľ " O que que ce lieu est redoutable : vraiment ce n'est rien d'autre que la maison de Dieu et la porte du ciel ". Ce sont les paroles de Jacob dans le r√©cit mythique de la Gen√®se qui raconte le r√™ve dans lequel il vit une √©chelle relier la terre au ciel. L'√©v√™que, du bout de sa crosse, trace, sur la premi√®re bande de cendre, les vingt-quatre lettres de l'alphabet grec et sur la seconde bande les vingt-trois lettres de l'alphabet latin. Puis, √† genoux devant l'autel, il dit: ¬ęDeus in adjutorium.¬Ľ "Dieu, viens a mon aide ¬Ľ. La chorale r√©pond : ¬ę Domine ad adjuvendum ...¬Ľ " Seigneur h√Ęte-toi de me secourir " puis l'√©v√™que dit le ¬ę Gloria Patri ... ¬Ľ " Gloire au P√®re, au Fils et au Saint Esprit ". La chorale r√©pond ¬ę Sicut erat. .. ¬Ľ " Comme il il √©tait au commencement, maintenant et toujours et pour les si√®cles des si√®cles. Amen ". Ce dialogue se chante trois fois d'abord sur un ton grave, puis sur un ton moyen et enfin sur un ton aigu. Ce semblant de dialogue d√©bute chacun des offices du jour mais il n'y est alors chant√© qu'une seule fois. Apr√®s quoi, l'√©v√™que b√©nit un autre m√©lange de sel, d'eau, de cendre et de vin en disant des pri√®res diff√©rentes de celles qu'il avait employ√©es la fois pr√©c√©dente. Il se rend √† la porte de l'√©glise, √† l'int√©rieur, et du bout de sa crosse, trace le signe de la croix sur le haut puis sur le bas de la porte en disant une pri√®re. Il revient devant l'autel dire deux pri√®res. Il commence ensuite la cons√©cration de l'autel par la r√©citation du psaume 42 qui, dans le rit tridentin, est r√©cit√© au d√©but de chaque messe : ¬ę Intro√Įbo ad altare Dei¬Ľ, "Je m'avancerai jusqu'√† l'autel de Dieu... ". L'√©v√™que, dans une pri√®re, √©voque l'√©chelle de Jacob. Il trempe le pouce de sa main droite dans le m√©lange d'eau, de sel, de cendre et de vin, et en marque cinq croix grav√©es dans la pierre de l'autel, une au centre et les autres √† chaque coin dans un ordre d√©termin√©... (Maurice Gruau, L'homme rituel: Anthropologie du rituel catholique fran√ßais : Essai d'une ethnologie de l'int√©rieur, 1999 - books.google.com).

La Roque Mude se trouve près du hameau d'Arce sur la commune de Limoux.

La famille d'Arse, originaire d'Arsa près de Sournia dans le Fenolhedès ou d'Arce près d'Alet les Bains, implantée dès le XIIIème siècle en divers points du Termenès, restera en possession de la seigneurie jusqu'au XVIème siècle. Elle rendait hommage pour cette terre à la fois à l'archevêque et au roi (www.dernacueillette.fr).

Les registres paroissiaux de la communaut√© de Cascastel datent de 1643. Que l'on veuille bien se reporter √† l'√©tude pr√©sent√©e par nous dans le Bulletin T. XXXII de la Soci√©t√© d'Etudes Scientifiques de l'Aude, sur la commune de Castelmaure; on y lira que Fran√ßois d'Arsse √©tait seigneur de Castelmaure et de Saint-Jean de Barrou vers le milieu du XVIII√®me si√®cle, et les registres auxquels nous faisions allusion plus haut signalent ce m√™me Fran√ßois d'Arsse, seigneur de Cascastel. Des actes de bapt√™me de noble Guillaume d'Arsse, baron de Castelmaure (1650), noble Barth√©l√©my d'Arsse (1652), damoiselle Louyse d'Arsse (1653), y sont transcrits, de m√™me que le d√©c√®s du susdit, noble Fran√ßois d'Arsse, baron de Castelmaure, √Ęg√© de 35 ans, enterr√© dans la chapelle de Saint-Fran√ßois de l'√©glise de Cascastel. Nous y trouvons aussi couch√© le d√©c√®s de Marianne d'Arsse, d√©c√©d√©e en bas-√Ęge et ensevelie aussi dans l'√©glise. Ces m√™mes registres consignent en 1659, une visite √† Cascastel de Monseigneur Fran√ßois de Fouquet, archev√™que, primat de Narbonne qui confirma dans l'√©glise du dit lieu les trois enfants vivants de Fran√ßois d'Arsse et dans ces registres un ¬ę Etat de la famille d'Arsse ¬Ľ, est ainsi transcrit. Dame Tonette de Mayreville, veuve √† feu noble Fran√ßois d'Arsse, seigneur de Cascastel (√Ęg√©e de 39 ans), m√®re des suivants : Noble Guillaume d'Arsse, baron de Caslelmaure, son fils a√ģn√©, √Ęg√© de 18 ans; Noble Barth√©l√©my d'Arsse, √Ęg√© de 16 ans; Demoiselle Louyse d'Arsse, sa fille, √Ęg√©e de 15 ans. Il ne nous semble pas t√©m√©raire de conclure que Fran√ßois d'Arsse, seigneur de Castelmaure et de Saint-Jean de Barrou, dans lesquels lieux ne se trouvaient qu'une tour noble en ruines (V. Bull, de la Soc. d'Et. Scientif., p. 136), habitait surtout Cascastel, puisque ses enfants y ont √©t√© baptis√©s et confirm√©s, qu'il y est d√©c√©d√© et inhum√© dans la chapelle Saint-Fran√ßois de l'√©glise Saint-Julien. Il √©tait, √† l'√©gal de Raymond de Castro, Codominus de Cascastel, coseigneur de ce fief, en m√™me temps que l'abb√© de Lagrasse, peut-√™tre √©tait-il un feudataire de ladite abbaye. Aucun document connu ne nous a permis de suivre les enfants de Fran√ßois d'ArtssE. Les registres paroissiaux n'en portent pas trace apr√®s le d√©nombrement de 1668.

François d'Arsse, seigneur aussi de Cardières était à Cascastel en 1615, puisqu'il est porté sur le compoix général en langue romane de Cascastel.

La maison d'Arsse possédait depuis le 14e siècle le fief noble d'Arnecueillette (Dernacueillette). Hugues de Arcis (d'Arse), chevalier, en était le Seigneur de 1335 à 1358. En, 1523 et 1557, les d'Arsse dénombrent en toute justice Montrouch (Maisons), Félines, Laroque de Fa, Massac, Montgaillard, Davejean.

Pierre d'Arsse, d√©j√† seigneur de Castelmaure au milieu du 16e si√®cle, et par cons√©quent, l'a√Įeul de Fran√ßois d'Arsse de Cascastel, √©tait ch√Ętelain de Ternies (place forte royale) de 1563 √† 1574. Fran√ßois d'Arsse lui succ√©da comme capitaine du ch√Ęteau en 1576. Fran√ßois d'Arsse, √©cuyer, √©poux de Jeanne de Mage de Salsa et de Nouvelles, √©tait seigneur de S√©gure en 1564. Il est int√©ressant de signaler que Jean-Fran√ßois R√©gis naquit le 31 janvier 1597 √† Fontcouverte, fils de Jean R√©gis et de Madeleine d'Arsis, fille du seigneur de S√©gur (Voir la Vie de Saint Fran√ßois R√©gis, du p√®re Gros).

En 1564, la seigneurie de Ségure passa entre les mains de François d'Arcis (de Arcia ou d'Arse), seigneur d'Arnécuillède (Dernacueillète), écuyer, dont la femme fut Jeanne de Mage (de Nouvelles).

Les d'Arsse blasonnaient : ¬ę de gueules au lion d'or, arm√© et lampass√© de m√™me, soutenant un sautoir d'argent ¬Ľ. (D'Aubais: Pi√®ces fugitives et La Roque: Armoriai du Languedoc) (Excursion du 22 Avril 1934 dans la Corbi√®re orientale : Coustouje, Conqui√®res, Fontjoncouse, Albas, Cascastel, Bulletin de la Soci√©t√© d'Etudes Scientifiques de l'Aude, Tome XXXIX, 1935).

Un Hugues de Arcis précédent, sénéchal de Carcassonne, commanda le siège de Montségur en 1244.

Les d'Arce (de Limoux) furent représentés en 1227 par Arnaud Raymond qui fut témoin du traité entre Trencavel et le comte de Foix.

En 1227, Trencavel avait fait avec le comte de Foix, son cousin, un trait√© d'alliance sign√© en son nom par Boson, abb√© d'Alet, et Arnaud Raymond d'Arce. Quand le comte de Foix, suivant l'exemple de Raymond VII de Toulouse, eut fait sa soumission, le vicomte de B√©ziers dut se soumettre √† son tour, et ses domaines furent r√©unis √† la couronne. N√©anmoins plusieurs des anciens seigneurs de la contr√©e, qui √©taient rentr√©s en possession d'une partie de leurs domaines continuaient √† s'agiter : apr√®s lui avoir pr√™t√© leur concours et leur d√©vouement pendant la lutte, ils faisaient la guerre de partisans Joseph-√Čpiphane Darras, Histoire g√©n√©rale de l'Eglise depuis la cr√©ation jusqu'√† nos jours, L. Viv√®s, 1881).

Dom Vaissette cite un acte de serment, dat√© de 1172, par lequel Oton d'Aniort, Ugo de Caderone et Guillaume d'Arce jurent sur les saints Evangiles dans l'√©glise de Limoux, de conserver et de d√©fendre le ch√Ęteau de Coustaussa, au profit de son seigneur Pierre de Vilar, viguier de RhedŇď, et du comte Roger de B√©ziers (Louis F√©di√©, Le Comt√© de Raz√©s et le dioc√®se d'Alet: notices historiques, 1880 - books.google.com).

Le nom d'Arsse fut repris par les Duston ou D'Uston de Limoux qui subsistent à travers les D'Uston de Villeréglan.

Sur une hauteur voisine de Saint-Polycarpe, il existe un menhir de 1 m 45 de hauteur Il existe, au sujet de cette pierre, une l√©gende qui m'a √©t√© racont√©e par les habitants du pays : ¬ę Un g√©ant appel√© Marre jouait, un jour, avec cette pierre qu'il avait, dit-on, arrach√©e √† une cha√ģne de rochers appel√©e la Roquo-d√©-Broundo, pr√®s de St-Polycarpe. Il voulait la lancer, comme un palet, sur le village d'Alet situ√© √† 7 kilom√®tres, lorsque, dans le trajet, la pierre heurta la c√ģme de la montagne et s'y planta solidement.

Pr√®s du hameau d'Arce, dont le nom aussi est romain et signifie fort, sur une haute colline, il y a des ruines qu semblent √™tre les restes d'une forteresse romaine. Il ne reste de celte forteresse que quelques pans de murailles tr√®s √©paisses. construites en pierres taill√©es de petit appareil et reli√©es entre elles par un ciment ou mortier excessivement dur. On appelle ces ruines, dans le pays, la Tour d'Arce et l'on croit m√™me qu'il y avait, au pied de celle tour, une ville dont il ne reste aucun vestige. On a commenc√© √† faire, au milieu de ces ruines, des fouilles qui promettent d'√™tre int√©ressantes. Mais le temps et l'argent manquent pour les mener √† bonne fin. Jusqu'ici on n'a d√©couvert que des ossements et une esp√®ce de fer de lance. Il y a quelques ann√©es on trouva dans les environs de ces ruines une monnaie romaine. Elle portait un crocodile encha√ģn√© √† un palmier avec celte inscription abr√©g√©e : COL. NEM., qui signifie Colonie Nimoise. Probablement des soldais de la colonie romaine de N√ģmes ont tenu garnison dans ce fort. On dit, dans le pays, que la Tour d'Arce fut d√©truile par les Polacres (Sarrasins, en patois du pays). Du reste, le pays a √©t√©, dans les temps anciens, le th√©√Ętre de beaucoup de guerres, puisqu'on y trouve fr√©quemment, en d√©fon√ßant le sol un peu profond√©ment, des squelettes humains (M√©moires de la Soci√©t√© des arts et des sciences de Carcassonne, 1894 - books.google.com).

Mars

Mars est associ√© √† la Roque Mude (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Une √©toile herm√©tique √† deux niveaux).

En 118 une colonie romaine fut fondée à Narbonne, qui prit le nom de Narbo Martius, parce qu’elle était consacrée au dieu Mars (chalabremetaitconte.pagesperso-orange.fr).

Peut-√™tre cette protection s'√©tendait √† toute la Narbonnaise √† laquelle appartenait Rennes-le-Ch√Ęteau.

A l'√©glise de Rennes-les-Bains aurait √©t√© transport√©, d'apr√®s G. Lafont, un bandeau (haut. 0,40 m : larg. 0,30 m) portant l'inscription : 2. C. Pompeius / Quartus / l(ibens) a(nimo) M(arti) / Suo. ¬ę C. Pompeius Quartus, d'un cŇďur reconnaissant, au dieu Mars Suus ? ¬Ľ Sur la face oppos√©e, une branche de laurier : C.I.L. XII, n¬į 5377 : - H.G.L.. XV, n¬į 1322. (Eric Dellong, Narbonne et le Narbonnais, Carte arch√©ologique de la Gaule, 2002 - books.google.com).

Déjà nous avons eu l'occasion de noter, en étudiant le culte de Mars sans épithète dans la Gaule romaine, que chaque Gallo-romain invoquait son Mars, Mars suus, comme chaque Romain s'adressait à son Genius, et que néanmoins ce Mars protecteur, sorte d'ange gardien, était représenté sous les traits du dieu de la guerre (Jules Toutain, Les cultes indigènes nationaux et locaux, Afrique du Nord: Pénisule ibérique, Gaule, 1920 - books.google.com).

D'autres inscriptions, sur lesquelles le croyant appelle le dieu familièrement Mars suus, montrent que pour ces simples gens Mars doit avoir été un dieu tutélaire personnel. Ainsi donc, le dieu celtique qu'on a identifié avec le Mars romain ffère sensiblement de celui-ci. Cela est démontré encore d'une façon non équivoque par un assez grand nombre d'inscriptions dédiées par des militaires dans la région du limes germanique, à Mars militaris et à Mars arm[iger]. Ces deux qualificatifs jettent une très vive lumière sur la différence qui sépare le dieu paisible autochtone; du Mars des militaires (Werken uitgegeven door de Faculteit van de Letteren en Wijsbegeerte, Numéros 91 à 93, Rijksuniversiteit te Gent. Faculteit der Letteren en Wijsbegeerte, 1941 - books.google.com).

Selon le rapport Cholet, l'√©glise Marie-Madeleine de Rennes-le-Ch√Ęteau aurait √©t√© construite sur les ruines d'un temple consacr√© √† Mars.

Capricorne

La d√©mone Onoskelis ("jambes d'√Ęne" en grec) est cit√©e juste avant Asmod√©e dans Le Testament de Salomon dans les interrogatoires que fait subir Salomon aux d√©mons qui lui ob√©issent et qui contribuent √† construire le Temple. Asmod√©e rappelle son aventure avec Tobie et Rapha√ęl : la fum√©e du poisson "granos"(silure grane) grill√© sur des cendres de tamaris (Le Testament de Salomon, La L√©gende de Soliman (Salomon), Filbluz √Čditions, 2011 - books.google.com).

Apparently Onoskelis is referring to the constellation Capricorn, the Goat, which is the tenth sign of the zodiac. The ancients identified Capricorn with the god Pan, the god of forests and fields. Pan had goats' horns and hoofs, was a musician who played the pipes, and was always falling in love with the nymphs (James H. Charlesworth, The Old Testament Pseudepigrapha: Apocalyptic literature and testaments, Volume 1, 2010 - books.google.com).

Le Testament de Salomon am√®ne au premier une autre diablesse, dont le nom et apparition sont c√©l√®bres √† l‚Äô√©poque de la r√©daction du trait√©. Elle s‚Äôappelle Onoskelis, se pr√©sente sous la forme d‚Äôune femme tr√®s belle, mais aux pieds d‚Äô√Ęne et ses fonctions principales sont de s√©duire les hommes et de les √©trangler. La l√©gende de la naissance d‚ÄôOnoskelis est racont√©e par Aristokles, dans ses Paradoxa, qui est, √† son tour, cit√© par Plutarque. Un certain Aristonymos d‚ÄôEph√®se entretient des relations sexuelles anormales avec une √Ęnesse. Le fruit de cette union interdite est Onoskelis, une fille aux jambes d‚Äô√Ęne. Mais la vraie diabolisation d‚ÄôOnoskelis se produit dans le r√©cit parodique de Lucien, Verae Historiae, o√Ļ il est dit que les femmes d‚Äôune √ģle fabuleuse, Kabbalusa, dont les traits sont ceux d‚ÄôOnoskelis, mais qui parlent parfaitement le grec, s√©duisent les visiteurs, les enivrent et, finalement, les d√©vorent. Les milieux chr√©tiens connaissent, eux aussi, la figure d‚ÄôOnoskelis. Th√©odoret de Cyr, √©tablit la correspondance entre les onocentaures (traduction grecque du mot h√©breu lilin, dans la Septante, et les onoskelides, diablesses qui peuplent les ruines de Babylone et les lieux d√©serts (onokentaurous, tas para tinon onoskelidas kaloumenas). Sozom√®ne raconte, dans son Histoire eccl√©siastique que G√©rontios, √©v√™que de Nicom√©die, a √©t√© r√©voqu√© parce qu‚Äôil affirmait qu‚Äôune nuit, il avait vu une Onoskelis quadrup√®de dont il avait coup√© les cheveux et la t√™te.Tout en suivant la tradition aristophanesque, qui assimilait l‚ÄôEmpouse des Grenouilles √† une Onoskelis (cf. Scholie), la Suda renforce l‚Äôancienne √©quivalence : ¬ę Empousa : Oinopole; Onokole hoti onou poda ekhei ¬Ľ. K. Preisendanz d√©crit dans son article ¬ę Onoskelis ¬Ľ la fortune impressionnante que la figure de la diablesse du Testament de Salomon a eue dans les ouvrages byzantins et dans les croyances populaires du Moyen √āge et il serait superflu de reprendre ses arguments √©rudits. Nous nous bornerons √† constater que dans tous les d√©veloppements de l‚Äôarch√©type, Onoskelis, la diablesse aux sabots d‚Äô√Ęne, conserve son caract√®re de s√©ductrice des hommes. Toutefois, Peter Busch n‚Äôadmet pas le principe, mais il conf√®re √† la s√©duction de la diablesse un caract√®re plut√īt spirituel118. N√©anmoins les donn√©es textuelles confirment la th√®se de Preisendanz : voir la beaut√© concr√®te du d√©mon, ses pr√©f√©rences pour un certain type d‚Äôhommes (notamment pour les melikhrooi ), les illusions charnelles qu‚Äôelle donne et le signe astral qu‚Äôelle partage avec ses victimes (une allusion zodiacale subtile √† la constellation du Capricorne). Si l‚Äôont tient compte du contexte g√©n√©ral de l‚Äôapparition d√©moniaque, Onoskelis repr√©sente un cas flagrant de transgression du code sacerdotal juif. Son hybridisme suspect renvoie √† l‚Äôinterdiction ferme concernant les relations sexuelles anormales du L√©v. 18, 23 : ¬ę Tu ne coucheras point avec une b√™te, pour te souiller avec elle. La femme ne s‚Äôapprochera point d‚Äôune b√™te, pour se prostituer √† elle. C‚Äôest une confusion ¬Ľ. Un indice suppl√©mentaire de l‚Äôimpuret√© d‚ÄôOnoskelis est contenu dans l‚Äôinformation sur la naissance de la diablesse : elle est la fille d‚Äôune ¬ę voix sans age, l‚Äô√©cho du Plomb ¬Ľ. Le plomb, m√©tal aux propri√©t√©s magiques associ√© √† la plan√®te Saturne, √©tait consid√©r√© impur par les milieux l√©galistes juifs. Il est tr√®s important de souligner √† ce propos le symbolisme saturnien de l‚Äô√Ęne (Voir le c√©l√®bre jeux de mots : Kronos-Onos, qui circulait dans les milieux √©sot√©riques de l‚Äô√©poque imp√©riale (Diog√®ne Laerce, Vies des philosophes II,112,121) et la relation particuli√®re entre la constellation du Capricorne et la plan√®te de la m√©lancolie (Le Capricorne est la r√©sidence pr√©dilecte de Saturne) (Stefan Colceriu, L‚Äôespace dans le Testament de salomon et les manifestations d'une pol√©mique identitaire dans l'antiquit√© tardive, New Europe College Yearbook 2008-2009, 2009 - www.nec.ro).

Le diable du b√©nitier de Rennes-le-Ch√Ęteau a en effet l'aspect de Pan mis en rapport avec le Capricorne selon les mythographes.

Le Capricorne est, selon √čratosth√®ne, un √čgipan, c'est-√†-dire qu'il ressemble √† un bouc par en haut et √† un poisson par en bas. Il fut √©lev√© avec Jupiter dans l'√ģle de Cr√®te, et l'aida √† vaincre les Titans, en les effrayant par le bruit que lui et ses compagnons faisaient avec des fl√Ľtes √† sept tuyaux, et en leur jetant des coquilles de mer √† la t√™te; voil√† pourquoi ce dieu le pla√ßa au ciel, ainsi que sa m√®re la Ch√®vre Amalth√©e, qui fait partie de la constellation du Cocher. Hygin raconte que, les dieux s'√©tant r√©fugi√©s en Egypte pendant la guerre des G√©ans, Typhon les y suivit pour les faire prisonniers; mais Pan les tira de danger en leur conseillant de se changer en animaux, ce qu'ils firent. Pan lui-m√™me se jeta dans une rivi√®re , y prit √† moiti√© la forme d'un bouc et √† moiti√© celle d'un poisson. Jupiter prit tant de plaisir √† cette m√©tamorphose de Pan, qu'il pla√ßa au ciel le Capricorne, dont Pan avait ainsi rev√™tu la figure. Les Romains se servent tant√īt du mot grec AEgoceros, tant√īt du mot latin Capricornus, et quelquefois aussi du mot Caper, bouc, pour d√©signer le Capricorne Selon Horapollon, les anciens Egyptiens ont repr√©sent√© le cours du soleil par le signe du Capricorne, par deux pieds plac√©s l'un √† c√īt√© de l'autre (Fragmens, OEuvres compl√®tes de Cic√©ron, Panckoucke, 1839 - books.google.com).

Dans le livre de Tobie, VIII, 3, l'archange Rapha√ęl va lier le d√©mon Asmod√©e, dans le d√©sert de la Haute-Egypte, pr√©cis√©ment dans le lieu que les Egyptiens regardaient comme le s√©jour de Typhon (Louis-Ferdinand-Alfred Maury, Essai sur les l√©gendes pieuses du moyen-√Ęge, 1843 - books.google.com).

Asmodaios, fils d‚Äôun ange d√©chu et d‚Äôune fille des hommes, dit que le tr√īne de son p√®re se trouve encore aux cieux (T.Sal. 5,4) et que les hommes l‚Äôappellent La Grande Ourse (T.Sal. 5,3). Asmodaios pr√©dit la chute du roi, la ruine de son royaume et la diss√©mination universelle des d√©mons (T.Sal. 5,5). De m√™me, Belz√©bul annonce le triomphe total des derniers d√©mons (Abezethibou et Ephippas) dont Salomon sera la victime (T.Sal. 6,3.6) (Stefan Colceriu, L‚Äôespace dans le Testament de salomon et les manifestations d'une pol√©mique identitaire dans l'antiquit√© tardive, New Europe College Yearbook 2008-2009, 2009 - www.nec.ro).

Sylvain / Salvayre

L'origine de Sylvain est italique comme l'indique son nom. Il est le compagnon de Pan et des Nymphes, l‚Äôami du beau Cyparisse : il est surnomm√© : Pecufider, Conservator, Mars, Pater, Terminalis, Custos, Lactifer, Deus Agricola, Agrestis , Dendrophorus, Pomifer, Glandifer, Cannabifer, Linifer, Coelestis, Domesticus, Silumius, Lar, Dominus, Salutaris, Sanctus, Pollens, Aurelianus, Augustus, Sta√Įanus, Panthe√ľs, Caminensis, Eleutherius, Monolithus, Littoralis ; l'inscription Silvano Flaviorum annonce que la famille Flavia se mettoit sous sa protection. On le nommoit encore chasseur de loups, renverseur d'arbres. On appelle Sylvains les suivans de ce Dieu; les Romains en faisoient des G√©nies des bois, et leur associoient des Divinit√©s du m√™me nom Sylvan√¶. Autel √† Sylvain: il avoit des temples et des statues dans les temples des autres Dieux. Sacrifices √† Sylvain; bas-reliefs. Sylvain incube. Offrandes √† Sylvain. Des inscriptions associent ce Dieu √† Pan, √† Bacchus, √† Hercule et √† Minerve (A. L. Millin, Magasin encyclop√©dique, Tome VI, 1808 - books.google.com).

Dans le De agri cultura de Caton l'Ancien, il est fait au milieu d'une forêt une offrande à Mars Sylvanus pour la santé des bovins (fr.wikipedia.org - Sylvanus (mythologie)).

Silvanus (Sylvanus), en français Sylvain, comme divinité protectrice et bienfaisante, portait aussi le titre de Salutaris (www.cosmovisions.com - Sylvain).

Salutaris (adj. et subst.) et salvator, deux mots chr√©tiens qui se trouvent d√©j√† dans la langue vulgaire des anciennes versions de la Bible, ont √©t√© adopt√©s par Lactance. Quand il h√©site divin. inst. 4,12,6 entre salutaris (subst.) et salvator : "Emmanuel autem numquam vocitatus est, sed lesus, qui latine dicitur salutaris sive salvator, quia ... gentibus salutifer venit", il refl√®te l'usage de son temps: seulement vers la fin du quatri√®me si√®cle, chez Augustin, Ambroise et J√©r√īme, salvator l'a d√©finitivement emport√© sur salutaris.

"Atque etiam Iovem cum Optimum et Maximum dicimus cumque eundem Salutarem, Hospitalem, Statorem, hoc intellegi volumus, salutem hominum in eius esse tutela" (Des vrais biens et des vrais maux - De Finibus - Livre III) : C'est le seul passage o√Ļ Jupiter figure avec l'√©picl√®se de salutaris et on ne saurait dire, s'il s'agit ici d'une cr√©ation de Cic√©ron, ou bien d'une r√©alit√© cultuelle. En tout cas salutaris rend ici s√īter. L'id√©e de Jupiter Sauveur √©tait d'ailleurs d'ailleurs assez r√©pandue √† l'√©poque imp√©riale (Christine Mohrmann, √Čtudes sur le latin des chr√©tiens: Latin chr√©tien et liturgique, 1961 - books.google.com).

Dans sa version des Livres Saints, la Vulgate, saint J√©r√īme a employ√© quelquefois salutaris, surtout dans le livre des Psaumes o√Ļ il utilise une version plus ancienne ; mais salvator est le terme qui se forme d'ordinaire sous sa plume (Pierre de Labriolle, Salvator, Archivum latinitatis medii aevi, Bulletin du Cange, Tome XIV, 1939 - books.google.com).

Ainsi peut-on associer le Salvayre de Saint Salvayre d'Alet à Sylvain (Sylvanus) puis à Saint Sylvain.

‚ÄúSYLVANUS DEUS NEMORUM‚ÄĚ - Sylvain (dieu latin des For√™ts et des Champs) - Gravure sur cuivre de Hieronymus Cock (vers 1510‚Äď1570) (www.akg-images.fr

On trouve Sylvain repr√©sent√© tant√īt avec les cornes et la moiti√© du corps de ch√®vre, tant√īt avec toute la forme humaine. Les attributs de Sylvain, sous cette derni√®re forme, sont une serpe √† la main, une couronne grossi√®rement faite de feuilles et de pommes de pin, un habit rustique qui lui descend jusqu'aux genoux, un chien aupr√®s de lui,et des arbres A ses c√īt√©s, comme dieu des for√™ts. Sylvain, sous la forme de Pan, fils d'Herm√®s, √©tait avec les cornes, les oreilles, et toute la partie inf√©rieure du corps de ch√®vre, tout nu , et couronn√© de lierre, mais dont les cornes percent la couronne; portant de la main gauche une branche de pin, ce qui montre que le pin √©tait l'arbre favori de ce dieu. Souvent, au lieu de pin, c'est uuc branche de cypr√®s, √† cause de la tendresse qu'il avait pour le jeune Cyparisse qui fut m√©tamorphos√© en cypr√®s, ou , selon les historiens, parce qu'il apprit le premier √† cultiver cet arbre en Italie; c'est pour cela qu'on l'appelait Dendrophore. Il y a une troisi√®me mani√®re assez ordinaire de repr√©senter Sylvain; c'est en forme de Terme, o√Ļ l'on ne voit que la t√™te et la moiti√© du corps, sans bras. le reste se terminant en gaine, dont la grbsseur diminue toujours jusqu'√† la base.

Sylvain √©tait regard√© comme incube; aussi √©tait-il la terreur des femmes en couches, et fallait-il implorer contre lui la protection des divinit√©s Iutercido, Pilumnus et D√©verra (Fran√ßois-Joseph-Michel No√ęl, Dictionnaire de la fable ou mythologie grecque, latine, √©gyptienne, Volume 2, Le Normant, 1803 - books.google.com).

Sylvain faunesque se rapproche du diable du b√©nitier de Rennes-le-Ch√Ęteau et le Sylvain incube, d'Asmod√©e.

Entre No√ęl, ¬ę Chalando ¬Ľ (calendes de janvier, Dauphin√©), et les Rois, se situe la veill√©e de la Saint-Sylvestre, qui porte le nom d'un pape contemporain du Concile de Nic√©e (325). Il semble avoir pris dans le calendrier la place de Sylvain, dieu des for√™ts chez les Latins, repr√©sent√© sous les traits d'un vieillard jovial portant une serpe et une branche bourgeonnante : le bois qui reverdit, symbole du futur renouveau (Pierre-Louis Menon, Roger Lecott√© , Des moissons √† la No√ęl, Volume 2 de Au village de France: la vie traditionnelle, √Čditions Bourrelier, 1954, p. 5).

Selon M. Gaidoz, derri√®re le saint Sylvain auquel est assign√© comme compagnon √† saint Sylvestre sur le territoire de Bourges, on peut tr√®s bien soup√ßonner le Sanctus Silvanus qui √©tait ador√© sous le vocable de Silvestris chez les pa√Įens de la Gaule (Revue de l'histoire des religions, Volume 65, 1912 - books.google.com).

Dans le monde romain, les for√™t¬Ľ √©taient d√©di√©es au dieu Sylvanus, et ce nom nous le retrouvons sanctifi√© avec saint Sylvain, le jeune martyr d'Ahun (Creuse) et le saint berrichon, Sylvain de Levroux, tr√®s honor√© dans la Marche, notamment √† Bonnat et dans cinq autres paroisses. Le ch√™ne est le roi des for√™ts, et l'on sait quel rang, avec la cueillette du gui, il tenait dans la religion des druides. De nos jours, le gui est encore associ√© aux f√™tes de No√ęl et du Nouvel An (Bulletin de la Soci√©t√© scientifique, historique et arch√©ologique de la Corr√®ze, Volumes 87 √† 89, 1965 - books.google.com).

La Roque Mude, associ√©e sur le sceau de Palaja au 25 d√©cembre, et Saint-Salvayre sont dat√©es du 17 janvier sur le calendrier nonagonal, comme Rennes-le-Ch√Ęteau.

Palaja - Neuillay-les-Bois et l'année 1028

A titre indicatif, sachant qu'il y avait coseigneurie comme en 1389 entre les familles Dariete, de Saint Julian, Silva, et de Laselme :

Familles de Villeneuve (XIIIe-XIVe), hommes liges des comtes de Carcassonne, installés à Trèbes, de Roger (XVe), Dariete (XVIe), de Roger de Cahuzac (XVIe) (D'or à trois pals ondés d'azur), de Pruel (XVIIe-XVIIIe).

B√©renger-Raimond Ier de Barcelone (vers 1005 - Barcelone, 1035), comte de Carcassonne en 1028, soutient aussi la diffusion de la r√©forme gr√©gorienne, avec l'appui de l'abb√© Oliba. Le 29 juin 1022, il reconnait les droits de l'abbaye de Ripoll sur la montagne de Montserrat, o√Ļ est √©tabli un monast√®re en 1025. Vers la fin de 1032, B√©renger-Raimond se rend √† Rome, o√Ļ il rencontre Beno√ģt IX, afin de poursuivre la politique de son p√®re Borell d'alliance avec les papes (fr.wikipedia.org - B√©renger-Raimond Ier de Barcelone).

L'√©glise de Saint Hilaire, primitivement appel√©e Saint Saturnin, abbatiale renferme un sarcophage dit sarcophage de Saint-Sernin. Ce coffrage sculpt√© d'un seul bloc dans du marbre blanc des Pyr√©n√©es est attribu√© au ma√ģtre de Cabestany. On pense qu'il s'agit d‚Äôun devant d‚Äôautel datant du XIIe si√®cle. Les sculptures entourant l'autel racontent la vie de l‚Äô√©vang√©lisateur Saint-Sernin, premier √©v√™que de Toulouse au IIIe si√®cle.

L'abbaye est construite sur l'ancien emplacement de la chapelle Saint-Hilaire, premier √©v√™que de Carcassonne. Saint-Hilaire √©vang√©lisa la r√©gion du Carcass√®s au VIe si√®cle. La premi√®re mention √©crite de l'abbaye date de 825 et on apprend que celle-ci est d'abord d√©di√©e √† Saint-Saturnin, 1er √©v√™que de Toulouse. En 970 a lieu le transfert des reliques de Saint-Hilaire sous l'abbatiat de Beno√ģt et en pr√©sence du comte de Carcassonne Roger Ier. Jusqu'au XIIe si√®cle, l'abbaye b√©n√©ficie de la protection des comtes de Carcassonne (fr.wikipedia.org - Abbaye de Saint-Hilaire).

La dévotion de la famille comtale s'explique par le fait que l'abbaye fondée sur le tombeau de l'évêque Hilaire de Carcassonne est un des grands sanctuaires du Carcassès, avec Montolieu, autre monastère qui bénéficie des donations comtales. Mais ne pourrait-on attribuer cette piété particulière à une homonymie avec un autre évêque Hilaire, le grand saint de Poitiers ? Cela renforcerait l'hypothèse d'une origine guilhelmide de la nouvelle lignée comtale. Ces batailles des années 980, fondatrices dans la mémoire comtale, sont encore célébrées en 1002, lorsqu'un vicomte de Carcassonne au nom très comtal d'Arnaud fit à son tour une restitution à Saint-Hilaire (Hélène Débax, La féodalité languedocienne: XIe-XIIe siècles : serments, hommages et fiefs dans le Languedoc des Trencavel, 2003 - books.google.com).

Selon certains auteurs religieux (Adam d'Auvergne avant Bernard Guidonis, √©v√™que de Lod√®ve), saint Saturnin fut envoy√© en Gaule par Martial du temps de saint Pierre et des Ap√ītres. Comme Trophime √† Arles, Austremoine en Auvergne, Paul √† Narbonne, Ursin √† Bourges (Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de Saint Martial, ap√ītre des Gaules, ou la d√©fense de son apostolat, 1676 - books.google.com, Super-√©toile (Superstar in english) : Aigueperse, 9 novembre).

Le village de Cazilhac possède une église dédiée à Saint Hilaire de Carcassonne comme Neuillay-les-Bois à celui de Poitiers.

Régimbaldus fut abbé de Méobecq en 1023. Dans le concile de Limoges en 1031, il se montra très fervent défenseur des prérogatives de saint Martial, premier évêque du pays. De son temps, l'église du Monastère fut consacrée en 1048 ; Ce fut lui sans doute qui en entreprit la construction, la fit dédier et orner de peintures murales dont on voit les précieuxres les dans le sanctuaire. Le portrait de saint Pierre commence la série, puis celui de saint Martial.

En 1154, un abb√© de M√©obecq tenta, avec l'agr√©ment du pape Anastase V, de transporter l'abbaye de M√©obec dans le dioc√®se de Tours o√Ļ ce monast√®re avait des possessions nombreuses et des b√©n√©fices. Mais Adrien IV r√©voqua la sentence de son pr√©d√©cesseur, et dans sa bulle nomme ces possessions. En 1174 et 1183, Alexandre III lui adresse une bulle pour confirmer l'abbaye dans ses possessions du dioc√®se de Bourges et en donne le d√©nombrement: 1¬į le bien de M√©obec o√Ļ est situ√© l'abbaye; 2¬į l'Eglise Saint-Hiiaire de Neuillay ; 3¬į la chapelle de Saint-Jean de M√©bou- chet; 4¬į l'√©glise de Saint-Lactencin; 5¬į de Saint-Martin et de La P√©rouille; 6¬į de Saint-√Čtienne de Vendoeuvres, de Sainte-Marie sur Claise ; 7¬į de Saint-Pierre de Mign√© ; 8¬į de Saint-Pierre de Pouligny et de la chapelle de Saint-Pierre deB√©navant ; 9¬į de Sainte-Marie de Jovart ; 10¬į de Saint-Martin d'Oulches avec la chapelle de Cors et de Saint-Nazaire ; 11¬į de Saint-Christophe de Chezelles ; 12¬į de Saint-Martin de Villegongis ; 13¬į de Saint-Pierre de M√©n√©tr√©ols et d'Ecueill√©; 14¬į de Saint-Pierre d'Abrilly pr√®s de Buzan√ßais; 15¬į de Sainte-Marie de Buzan√ßais ; 16¬į l'√©glise et les chapelles de Saint-√Čtienne, Saint-Honor√© et Saint-Lazare de Buzan√ßais; 17¬į l'√©glise de Saint-Pierre de Ogni√Ę (Constantin Gaudon, Histoire des abbayes royales de M√©obecq et de Saint-Cyran, Revue du Centre (Ch√Ęteauroux), 1901 - www.lemaire1957.net).

La dédicace de l’église de Méobecq est le 3 septembre 1048, en présence des évêques de Tours et de Bourges. Elle est dédiée à Saint-Pierre et les paroisses de Méobecq et de Neuillay-les-Bois qui dépendent de l’abbaye forment désormais la terre de Saint-Pierre (http://www.cfqlmc.org - L'abbaye royale de Méobecq).

Neuillay dépendait-elle déjà de Méobecq en 1028 ?

Fulco ou Foulques succ√©da √† Adalbert, & fut Ev√™que de Carcassonne : la Chronique de Gaufredi Moine de saint Martial de Limoges, assure que l'an 1028. Cet Ev√™que fut pr√©sent √† la cons√©cration de l'Eglise de saint Sauveur de la m√™me Ville, faite par Gutifred Archev√™que de Bordeaux, assist√© des Ev√™ques Jordan de Limoges, Irembert de Poitiers, R√īhone d'Angoul√™me, Arnaud de Perigueux, Fulco de Carcassonne, Dieudonn√© de Cahors, Am√©lie d'Albi, & Arnaud de Rhodez. Devic ajoute que sous le r√®gne du Roi Robert, Gausclin Archev√™que de Bourges tint un Concile √† Limoge sur le fait de l'Apostolat de saint Martial, auquel Fulco Ev√™que de Carcassonne assista avec plusieurs autres Pr√©lats (Autour de Rennes le Ch√Ęteau : Les Bergers d‚ÄôArcadie et le Sceau de Palaja).

Différentes sources placent le concile de Limoges en 1028 ou en 1031.

Regembaldus est cité dans le concile de Limoges (vide en 1028, d'aprés l'hist. d'Henrion, édit. Migne, en 1031 d'aprés la Gall chr.) qui se préoccupa surtout de l'apostolat de saint Martial. Le pére abbé de Méobec se montra trés fervent défenseur de la prérogative du premier évêque de Limoges et il est fort loué d'avoir soutenu cette opinion depuis longtemps. Cette date et les détails qui s'y rattachent sont fort importants (Bulletin, Volumes 1 à 2, Académie du Centre, Chateauroux, 1895 - books.google.com).

Ainsi Foulc, évêque de Carcassonne, a pu rencontré Regembaldus, abbé de Méobecq, au Concile de Limoges, portant sur l'apostolat de saint Martial, au sujet duquel il ne fut rien décidé.

Seul l'affabulateur Antoine de Chabannes note un concile tenu le 18 et 19 novembre 1031 à Limoges concluant à l'apostolicité de Martial.

Le culte de saint Martial, dont la vigueur est bien attest√©e au VIe s., conna√ģt un moment fort aux environs de l'an mil. Consid√©r√© d'abord comme un des sept √©v√™ques √©vang√©lisateurs de la Gaule au milieu du IIIe s. (Gr√©goire de Tours), puis comme un des √©v√™ques d√©sign√©s √† Rome par saint Pierre pour porter la bonne parole en Gaule (Vita Martialis antiquior, des environs de 850), Martial devient alors un parent de Pierre, un compagnon de J√©sus, un v√©ritable ap√ītre (notamment Vita Martialis prolixior). Cette pr√©tention, d√©fendue avec fougue par les moines de Saint-Martial de Limoges et amplifi√©e par Ad√©mar de Chabannes, se heurte imm√©diatement √† une s√©rie d'objections lourdes... avant d'√™tre progressivement reprise, accept√©e et de trouver une ultime (et √©ph√©m√®re) cons√©cration au milieu du XIXe s. lorsqu'en 1854, le culte apostolique de Martial obtient une fois encore l'approbatur de Rome. [...]

Michel Sot a bien mis en √©vidence la tendance √† vieillir et √† ¬ę romaniser¬Ľ les √©vang√©lisateurs de la Gaule. Par le fait m√™me de recourir de plus fr√©quemment √† Pierre plut√īt qu'√† Cl√©ment, la tentation est grande de les rattacher directement √† l'action apostolique en Terre Sainte ou, √©ventuellement, en Asie Mineure (via saint Paul) et de les identifier avec certains de ces soixante-douze disciples dont parlent les √Čcritures (Luc 10 1 : ¬ę apr√®s cela, le Seigneur en d√©signa encore soixante-douze [disciples] et les envoya deux par deux en avant de lui ¬Ľ) ou avec l'un ou l'autre protagoniste des √©v√©nements rapport√©s par le Nouveau Testament. [...]

La Vita antiquior de Martial (vers 850) s'inscrit dans la m√™me tendance et insiste, par exemple, sur le r√īle thaumaturge du b√Ęton de saint Pierre. [...]

Aux XIe et XIIe s., la tendance historiographique √† rattacher les saints de Gaule √† la Terre Sainte ou aux P√®res du D√©sert s'accro√ģt encore. On le verra plus loin √† propos de la Vita prolixior de Martial.

Mais pourquoi le dossier de Martial, qui pr√©sentait un profil relativement similaire √† celui de Trophime, Sernin ou Austremoine, a-t-il soudain √©t√© d√©mesur√©ment grossi ? L'hypoth√®se la plus vraisemblable est li√©e au vrai danger que repr√©sentait pour les moines de Saint-Martial la concurrence de Saint-Jean d'Ang√©ly, o√Ļ venait d'avoir lieu l'√©l√©vation du chef de saint Jean-Baptiste [en avril 1016].

C'est devant cette r√©elle concurrence, politique et religieuse, que les moines de Saint-Martial auraient souhait√© ¬ę relancer ¬Ľ le culte. Le travail d'Ad√©mar n'en est que le superbe (et maladroit) point d'orgue. Alors que le dossier de Martial pr√©sentait, vers l'an mil, une originalit√© r√©elle mais limit√©e quant √† la place du saint dans l'√©vang√©lisation de la Gaule comme dans les rapports entre christianisme et pouvoir central romain, Ad√©mar a cru devoir donner un ¬ę coup de pouce ¬Ľ (Alain Dierkens, Martial, Sernin, Trophime et les autres : √† propos des √©vang√©lisateurs et des ap√ītres en Gaule, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

L'√©v√™que de Limoges, Jourdain, tout en croyant aux fausses traditions sur saint Martial, sa contemporan√©it√© des ap√ītres, se refusait au titre d'ap√ītre, disant que celui de confesseur √©tait seul connu dans son √Čglise.

Cette mode nouvelle de faire des saints locaux des personnages de l'Evangile n'est pas propre au Limousin et dans maintes autres r√©gions on proc√©da alors de semblable fa√ßon, telle, pour ne citer que l'un des cas les plus illustres, la Provence, avec Marie-Madeleine : "Il semblait, a pu √©crire plaisamment Emile M√Ęle, que tous les personnages de l'Evangile se fussent donn√© rendez-vous en Gaule" (Michel Aubrun, L'ancien dioc√®se de Limoges des origines au milieu du XIe si√®cle, 1981 - books.google.com).

Saint Agathe, la lessive, et le b√Ęton de Martial

A Limoges, placée au 5 février sur le calendrier nonagonal, qui est la ville de saint Martial, fêté le 30 juin, on note l'importance du culte de sainte Agathe, célébré le 5 février justement, par la confrérie qui lui est dédiée. Seule saint Eutrope avait aussi une confrérie à Limoges.

La chapelle Saint-Martial de la cathédrale Saint Sernin de Toulouse est toujours restée consacrée à ce saint, mais on lui adjoignit tour à tour saint Gaudens, sainte Agathe, sainte Jeanne, saint Guillaume puis saint Cyr et sainte Julitte (Pascal Julien, D'ors et de prières: art et devotions à Saint-Sernin de Toulouse XVIe-XVIIIe siècle, 2004 - books.google.com).

Jusqu'√† la R√©volution, le ¬ę beau reliquaire ¬Ľ de sainte Agathe √©tait conserv√© dans une armoire situ√©e dans le chŇďur pr√®s du tombeau du cardinal de Saragosse √† gauche du ma√ģtre-autel de la basilique. La sainte √©tait invoqu√©e pour √©teindre les incendies. Une confr√©rie de sainte Agathe, propri√©taire ou gardienne de la relique et du reliquaire, d√©tentrice des clefs de l'armoire, existait √† Saint-Martial jusqu'√† la R√©volution ; elle d√©tenait √©galement √† cette date la ceinture de sainte Val√©rie et son reliquaire (Bulletin de la Soci√©t√© arch√©ologique et historique du Limousin, Volume 134, 2006 - books.google.com).

Contrairement √† ce que l'on pouvait voir √† Grandmont o√Ļ presque chaque relique de saint s'accompagna d'un reliquaire, de nombreuses reliques d√©tenues √† Saint-Martial, y compris des reliques aussi importantes que celles de saint Pierre ou de la Vierge, furent n√©glig√©es et simplement conserv√©es au XIIIe s. dans un coffret argent√© Seules les reliques confi√©es √† des confr√©ries furent mieux trait√©es, comme celles de saint Eutrope ou sainte Agathe (Jean-Fran√ßois Boyer, Reliquaire et orf√©vrerie √† Saint Martial, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

Agathe de Catane est un copier-coller d'Isis, déesse honorée dans la ville (fr.wikipedia.org - Agathe de Catane).

Santo Gato (santa Gata en graphie occitane classique), litt√©ralement ¬ę Sainte Chatte ¬Ľ, est la d√©signation occitane d'Agathe de Catane. Par association avec les rituels suppos√©s de sorcellerie, o√Ļ les sorci√®res provoquaient orages et temp√™tes en faisant tourbillonner l‚Äôeau d‚Äôun √©tang ou m√™me d‚Äôun r√©cipient quelconque, il √©tait interdit de faire la lessive le jour de la f√™te de sainte Agathe. Cette superstition √©tait largement r√©pandue dans les Pyr√©n√©es et en Gascogne. A Catane, pour pr√©server l'efficacit√© de son intercession, il √©tait interdit aux m√©nag√®res de faire des miches le jour de sa f√™te. Car la sainte √©tait cens√©e, tous les 5 f√©vrier, appara√ģtre sous la forme d'un chat pour venir punir les femmes qui lui avaient d√©plu en travaillant en ce jour. Les pains de Sainte-Agathe √©taient cuits au four, le 4 f√©vrier, pour √™tre b√©nis le lendemain au cours de la messe (fr.wikipedia.org - Santo Gato).

On reconna√ģt une certaine homophonie entre le latin "catta" (chatte) et Catane, la Katane des Sik√®les et des Grecs, dont le nom signifie "r√Ępeux" (comme une langue de chat), "√©corch√©".

Le linge de l'enfant, le premier surtout, qui va entrer en contact avec son corps et remplacer la chaleur du ventre maternel, joue un r√īle protecteur √† la fois symbolique et concret. Il faut donc l'utiliser selon des r√®gles bien pr√©cises. En Limousin et dans le Confolentais, il ne faut pas retourner la chemise d'un enfant avant sept ans car cela lui tournerait l'esprit. Il faut aussi prendre beaucoup de pr√©caution moment de la lessive : puisque le linge est un √©l√©ment protecteur, la fa√ßon dont on va le laver va influencer la sant√© et le bonheur de l'enfant. En Limousin, il ne faut pas le laver √† la Saint-Martial sous peine de ¬ę feux ardents ¬Ľ. Il ne faut pas le laisser dehors la nuit pour √©viter les "frayeurs", les cauchemars (Sabine Bosio, La m√®re et l'enfant: dans l'ancienne France, 1988 - books.google.com).

Ainsi peut se comprendre l'interdit de faire la lessive : par un principe de magie imitative simple. En effet, dans beaucoup de civilisations, agiter de l'eau peut causer, par un principe de correpondance symbolique, des orages: troubler les "eaux d'en bas" peut entra√ģner des troubles dans les "eaux d'en haut", le firmament √©tant souvent consid√©r√© comme liquides dans l'imaginaire populaire comme dans l'imaginaire de l'√©crit (voir Gen√®se). Dans le Lauragais, on pr√©tendait autrefois que les pr√™tres pouvaient, en troublant une surface d'eau avec leur b√Ęton, provoquer des averses.

Il est dit que, si l'on transgresse ces lois, une personne de la maisonnée mourra dans l'année, et que l'on "lave son linceul"... Sainte Agathe sous sa forme animale, la chatte qui habite au "Cimetière vieux" selon les termes de la légende, a partie liée avec ce domaine de la mort, comme avec celui du religieux. Elle incarne la menace de mort qui pèse sur celui qui transgresse... (polymathe.over-blog.com).

En Sologne, au XIX√®me si√®cle, "la m√®re, Agathe Boucher, Agoy√© de son nom de fille, ployait sous le travail et n'avait jamais rien connu d'autre. Elle allait faire des lessives √† domicile, parfois √† plus d'une lieue √† la ronde [...] Elle avait en g√©n√©ral plusieurs paires de draps √† laver, de ces grands draps de toile comme on n'en fait plus. ¬ę Et pardi√©, l'blanc y faut ben qu'√ßa bouille ! ¬Ľ Elle allumait alors le feu sous la casse [...] Pendant que l'eau chauffait, Agathe s'activait au savonnage. [...] En m√™me temps, elle ne cessait d'activer le feu, et quand l'eau fr√©missait, notre laveuse y d√©layait une poign√©e de saponaire et quelques cristaux de soude m√©lang√©s √† de la cendre... ¬ę lessive maison¬Ľ, la lessive de l'√©poque. Au fur et √† mesure que les draps √©taient savonn√©s, Agathe les d√©posait dans l'eau de lessive bouillante, et pendant un bon moment elle agitait le tout √† l'aide d'un grand b√Ęton ‚Äď op√©ration qui n√©cessitait √©galement des bras solides. Quand le linge avait suffisamment bouilli, Agathe le sortait (encore une √©preuve de force !) et elle le tapait avec son grand battoir. Puis venaient les diverses op√©rations du rin√ßage (on imagine la quantit√© d'eau √† puiser une fois de plus). Puis venaient les diverses op√©rations du rin√ßage [...] Il s'agissait enfin de rassembler ce qui restait de force et de courage pour tordre les draps et les essorer le plus possible avant d'aller les √©tendre sur le fil, sur la haie ou dans le pr√©" (Janine Palacin, Le monde d'hier √† Chaumont-sur-Tharonne: m√©moires familiales et citoyennes, 2011 - books.google.com).

Faire la lessive pendant l'octave de la Toussaint porte malheur au ma√ģtre de la maison. C'est, d'autre part, un moyen presque s√Ľr d'attirer Herqueuche, une f√©e, une m√©chante sorci√®re, dont l'unique occupation est de malfaire. Grande, raide, s√®che, √©dent√©e, cachant sous un large chapeau de paille sa t√™te priv√©e de cheveux, et sous des guenilles immondes son corps d√©charn√©, Herqueuche s'attaque de pr√©f√©rence aux jeunes gens qui vont seuls √† la veill√©e et aux femmes qui coulent la lessive. Gare aux coups de b√Ęton pour les premiers;, tant pis pour les autres, si elles les √©chaude ! Quand elle rudoie les lessiveuses, il est rare qu'il ne lui prenne fantaisie de monter sur le cuveau, et, si elle y monte, l'une ou l'autre des personnes dont le linge y a √©t√© jet√© mourra sans faute avant la fin de l'an. Il n'est pas seulement imprudent, dangereux de couler la lessive pendant la semaine qui suit la Toussaint : une femme qui se livrerait √† ce travail serait une femme sans cŇďur, car elle tourmenterait les √Ęmes du purgatoire (L. F. Sauv√©, Le folklore des Hautes-Vosges, 1889 - archive.org).

Mais l'√©l√©ment le plus important √† notre propos actuel, est son nom : Herqueuche. N'est-ce pas l√† une d√©formation de hoche-queue ? On serait d'autant plus convaincu √† le croire, qu'il existe un oiseau surnomm√© hoche-queue, hoche-cul, et c'est la bergeronnette. Or, celle-ci porte aussi habit de moine, noir et blanc comme la pie. Mais le point qui emporte d√©finitivement l'adh√©sion, est le surnom donn√© √† la bergeronnette: lessiveuse, ou encore lavandi√®re, petite lavandi√®re ou batteuse du pr√™tre (kanneresic ar boelecq en breton), fo√ęteresec an dour ar belek (petite fouetteuse d'eau du pr√™tre), strinkerezik an-dour (petite √©clabousseuse d'eau) (√Čvelyne Sorlin, Cris de vie, cris de mort: les f√©es du destin dans les pays celtiques, 1991 - books.google.com).

Ion n'estoit qu'une courtisane qui par charmes s'esfor√ßoit de rendre Iupiter amoureux de sa personne: & pour ce faire, se seruoit de l'aide d'Iynx fille d'Echo (ou plustost de Suadele) & de Pan, de quoy Iunon ayant auis, transmua cette Iynx en oiseau de mesme nom qu'elle, que l'on dit seruir aux sorcelleries & enchantements : & pource qu'il remue & hoche tousiours la queue, on l'appelle commun√©ment Hochequeue, & Lavandi√®re, parce qu'il tient ordinairement compagnie √† telle mani√®re de femmes. C'est un petit oiseau, ayant le plumage de couleur, le col long pour la grosseur de son corps ; il tire la langue assez souvent, & retourne √† tous propos ou le col ou √Įe corps. Les sorci√®res rattachent √† une roue de cire, puis avec quelques parolles & coniurations le r√ītissent & bruslent sur les charbons, quelques unes n'en prennent que les parties de dedans. Voila ce qu'en dit Andretas. On dit que Venus donna un de ces oiseaux √† Iason lors qu'il fit le voiage de la Colchide √† fin d'attirer M√©dee √† son amiti√©. Ainsi donc Iupiter ensorcel√© par l'artifice d'Iynx, s'enveloppa d'une nu√©e, & veint embrasser Ion (Natale Conti, Montlyard, Couvent des Carmes d√©chauss√©s, Mythologie, Paul Frellon, 1612 - books.google.com).

Il semble bien, en effet, que sainte Agathe soit √† l'origine une divinit√© pa√Įenne (Agath√® Tych√®, Bonne Fortune, h√©riti√®re de la Pers√©phone grecque, d√©esse de la f√©condit√©). C'est ainsi que sainte Agathe est reconnaissable √† une poitrine importante, symbole de f√©condit√©. En Tarentaise et dans la r√©gion d'Albertville, sainte Agathe est la patronne des vignerons (Claude Terreaux, Pays de Savoie: petite encyclop√©die Savoyarde, 1985 - books.google.com).

Le culte de Saint-Jean Baptiste (qui donna son nom √† la ville de Maurienne en 581) est associ√© √† celui de Saint Gontran, roi de Bourgogne qui fonda l'√©v√™ch√© de Maurienne et √† celui de Sainte Th√®cle de Valloire qui ramena ses reliques d'Alexandrie. Marie-Madeleine est l'objet d'un culte populaire qui lui donne une fonction de protection des passages et des voyageurs (ses chapelles et oratoires sont √©tablis dans les tournants dangereux et les cols comme en vall√©e d'Av√©role). La protection des voyageurs est aussi demand√©e √† Saint Bernard de Menthon ; par contre Saint Michel Archange, le passeur par excellence, n'est gu√®re v√©n√©r√© en Haute- Maurienne. Citons encore les cultes des Saints Maurice et Lazare (associ√©s depuis la fondation de l'ordre chevaleresque par Am√©d√©e VIII en 1434), de Sainte Anne invoqu√©e pour la protection des chalets et villages contre les avalanches (√† partir du troisi√®me quart du XVe si√®cle en Haute-Maurienne). Sainte Agathe rappelle le culte d'une divinit√© pa√Įenne christianis√©e (Agathe Tyche), v√©n√©r√©e par les femmes qui l'honoraient chaque ann√©e par un banquet et invoqu√©e contre le feu, la foudre (M√©moires et documents, Volume 88, Soci√©t√© savoisienne d'histoire et d'arch√©ologie, 1983 - books.google.com).

L'hagiologie et l'hagiographie habituent √† de telles associations d'id√©es chez les fid√®les du peuple, et je crois cette explication meilleure, au moins pour ce qui concerne l'Europe centrale et occidentale, √©tant donn√©s les r√©sultats acquis par la comparaison, que celle qui se fonderait sur le rapprochement propos√© par Georg Thilenius (Congr√®s des Anthropologistes allemands √† Salzbourg, 1905) de sainte Agathe avec la Bonne Fortune, Agathe Tych√®, de l'antiquit√© classique. Cette explication g√©n√©rale ferait aussi rentrer dans un m√™me cycle l'invocation √† sainte Agathe en faveur des √Ęmes qui br√Ľlent dans le Purgatoire, dites ¬ę Ames de sainte Agathe ¬Ľ. La coutume, qui comprend √† peu de choses pr√®s les m√™mes c√©r√©monies que la Toussaint (v√™pres des Morts, glas fun√®bre, etc.), est certifi√©e pour toutes les communes de la Tarentaise, y compris Conflans ; mais si, dans certaines d'entre elles, elle a lieu le jour m√™me de Sainte-Agathe, dans d'autres, comme aux Br√©vi√®res, √† Peisey et √† C√©sarches, elle a lieu le lundi qui le suit. En outre, √† Montfort, hameau de la commune de Saint-Marcel, les femmes s'approchent hameau de la commune de Saint-Marcel, les femmes s'approchent de la Sainte Table, baisent un reliquaire, puis vident une bouteille de vin dans un r√©cipient pr√©sent√© par le cur√©, ¬ę afin de rafra√ģchir les √Ęmes du Purgatoire ¬Ľ ; et, √† Rognaix, chacun vide un petit sac de grains dans un sac commun tenu par le clerc, apr√®s avoir bais√© un reliquaire ; la valeur du grain sert √† racheter les √Ęmes en souffrance (Arnold van Gennep, Le Culte populaire de sainte Agathe en Savoie, Revue d'ethnographie et des traditions populaires, Volume 5, 1924 - books.google.com).

Le th√®me de la roue de Fortune est n√© d'une comparaison toute naturelle de l'√©coulement du temps, du caract√®re mouvant de la vie et des revirements du sort, avec la mobilit√© de la roue. Ce motif s'√©panouit, dans sa plus riche signification, , au Moyen Age, mais auparavant, il existe sous des formes moins √©volu√©es. Il semble que le fait de mettre la roue en mouvement conf√®re √† celle-ci un pouvoir prophylactique. D√©j√†, √† l'√©poque helstattienne, deux personnages font, probablement, tourner une grande roue. Les textes grecs qui font allusion √† ce th√®me sont peu nombreux, car les auteurs tragiques envisagent, plut√īt, les existences individuelles comme des forces aux prises avec la fatalit√©. Mais, Sophocle, dans un fragment conserv√© de Tantale fait cette remarque : ¬ę Comme une roue, la fortune tourne en cercle ¬Ľ. Sur une mosa√Įque d'Olynthe, une roue accompagne, comme un porte-bonheur, un souhait de bonne chance, ¬ę Agathe Tych√© ¬Ľ, qui, par ailleurs, s'incarne en une d√©esse all√©gorique, couronn√©e de cr√©neaux, pr√©sidant au sort de la cit√©, par exemple √† Antioche. Le th√®me lysippique de Kairos, l'occasion, jeune homme difficile √† saisir dans sa course rapide, le pied pos√© sur un globe ou, bien plus tard, exceptionnellement, sur des roues, repr√©sente un aspect apparent√© de la mobilit√© de la chance.

Mais, c'est dans les scènes figurées sur la céramique et quelques boucles d'oreilles que le sujet s'enrichit d'un sens de magie amoureuse : Eros le plus souvent, Aphrodite parfois, tiennent les cordons sur lesquels tourne la roue et en démontrent le maniement aux amoureux. Pour augmenter la puissance bénéfique, on associe un oiseau : l'iynx talismanique (au double sens de bergeronnette et de charme magique), qui se pose sur le tour ou sur les rayons de la roue. Un exemple particulièrement intéressant de ce type se trouve à Boston sous la forme d'un grand motif de céramique, muni de trous de suspension. Dans les Magiciennes de Théocrite, Simétha, pour faire revenir son amant infidèle, se livre à une incantation de ce genre, en faisant tourner un rhombos, objet (toupie ?) dont le sens est complexe et imprécis. Certains motifs de sommet d'étandard, en bronze, originaires d'Asie Occidentale, figurent des roues sur lesquelles sont posés des oiseaux et dont les rayons figurent des personnages (Odette Sargnon, Le symbolisme de la roue de Fortune au Moyen Age, Archéologia, Numéro 23, A. Fanton, 1968 - books.google.com).

C'est aussi l'une des significations que Giordano Bruno associait √† la Roue de Fortune lorsqu'il y voyait une image des m√©tamorphoses et de la roue des renaissances, marquant m√™me le passage √©ventuel de l'animalit√© √† l'homme ou le mouvement descendant inverse par le caract√®re semi-animal des cr√©atures, dont l'une monte et l'autre descend, repr√©sent√©es par l'image du Tarot de Marseille. Il est bon de rappeler que certains interpr√®tes du Tarot insistent sur l'√©troit rapport qui existe entre la symbolique du signe saturnien du Capricorne, l'id√©e de r√©incarnation des √Ęmes et la Roue de Fortune (rappelons que le Capricorne est la ¬ę porte des dieux ¬Ľ). J. Maxwell renvoie √† ce propos √† un passage du Livre VI de l'En√©ide (748-751) o√Ļ on lit : ¬ę Toutes ces √Ęmes, d√®s que la roue a tourn√© pendant mille ans, sont appel√©es par Dieu en nombreux bataillons aupr√®s du fleuve L√©th√© afin qu'elles retournent sur la terre, au-dessus d'eux et revoient la vo√Ľte des deux, sans conserver aucun souvenir du pass√©, afin qu'elles aient de nouveau le d√©sir de revenir dans des corps mat√©riels. ¬Ľ (James Dauphin√©, Jean Richner, Les Structures symboliques du "Roi Lear" de Shakespeare, 1979 - books.google.com).

Laver c'est chasser les miasmes, les parasites, les impuret√©s et nous revenons l√† au pouvoir de purification et de r√©g√©n√©ration de l'eau. Purgatura signifie d'ailleurs ¬ę lessive ¬Ľ en latin, et ce n'est pas par hasard si les lavandi√®res choisirent comme patronage la Purification de la Vierge. La lessive est donc une op√©ration magique et quelque peu sacralis√©e. A tel point que dans les temps anciens on n'effectuait, en milieu rural, la grande lessive (¬ębuie¬Ľ, ¬ębug√©e¬Ľ ou ¬ębu√©e¬Ľ) que deux fois par an et, qu'alors, toute la communaut√© √©tait mobilis√©e. Calchimie du lavage reste cependant un savoir-faire strictement f√©minin et la lessive est soumise √† un certain nombre d'interdits. Il ne faut surtout pas ¬ę couler la lessive ¬Ľ le vendredi (jour n√©faste), ni pendant la semaine des morts (la Toussaint), le Car√™me (entre le mercredi des Cendres et le jour de P√Ęques), la Semaine sainte ou les Rogations.

Dans la soci√©t√© paysanne, la laveuse √©tait d'ailleurs souvent ¬ę la femme qui aidait ¬Ľ aussi bien lors des accouchements que des d√©c√®s. Des pratiques divinatoires sont √©galement attach√©es √† la lessive. Ainsi, la fa√ßon dont le linge flotte ou s'enfonce dans l'eau quand la laveuse le lance pour le rincer est r√©v√©lateur : une chemise de malade qui coule est signe de mort prochaine. Des souillures du corps √† celle de l'√Ęme la translation est fr√©quemment effectu√©e. Cela nous renvoie √† la l√©gende des ¬ę lavandi√®res de nuit ¬Ľ qui voudrait que de myst√©rieuses laveuses se retrouvent la nuit aupr√®s des mares pour y laver les √Ęmes des enfants morts sans bapt√™me ou des damn√©s (No√ęl Cannat, L'honneur des pauvres: valeurs et strat√©gies des populations domin√©es √† l'heure de la mondialisation, 1997 - books.google.com).

L'Antiquit√© pa√Įenne avait pr√©par√© le terrain dans l'√©tablissement de la notion de purgatoire que le catholicisme a r√©cup√©r√©e.

L‚Äô¬ę Had√®s ouranien ¬Ľ est un th√®me de pens√©e qui caract√©rise tout un mill√©naire de la philosophie et de la religion de l‚ÄôAntiquit√© pa√Įenne. L‚ÄôHad√®s ouranien est un lieu de purification pour l‚Äô√Ęme et donc, un purgatoire. On peut distinguer en r√©alit√© trois lieux o√Ļ l‚ÄôHad√®s c√©leste a √©t√© situ√© : il y a d‚Äôun c√īt√© l‚Äôemplacement dans la Voie Lact√©e (H√©raclide du Pont) ; il y a aussi un effort, assez divers en ses formes, de situer ce Purgatoire entre la Lune et la terre ou aux alentours de la Lune (les acad√©miciens, les sto√Įciens, Cic√©ron, Virgile, Plutarque, les √©crits herm√©tiques) ; finalement, Num√©nius et les n√©oplatoniciens latins l‚Äôont situ√© entre la sph√®re des fixes et la terre. Le platonisme et le n√©oplatonisme ont fourni un milieu propice pour le d√©veloppement et la propagation dans l‚Äôempire gr√©co-romain des doctrines sur l‚ÄôHad√®s c√©leste. De plus, ces mouvements ont aid√© √† la spiritualisation progressive de cet espace purgatoire (Adrian Mihai, la naissance du purgatoire dans l'Antiquit√©, 2014 - papyrus.bib.umontreal.ca).

La purification a partie li√©e avec le feu que l'on retrouve dans le fait de faire bouillir le linge remu√© avec un b√Ęton.

Dans les rites grecs anciens, "l'effusion d'eau pure est la partie principale du sacrifice, parce que les morts, d'apr√®s les croyances religieuses, ont soif. [...] Les √Ęmes des morts se baignent aussi dans cette eau pure qui, ainsi a la fois, sert √† la nourriture et au bain des √Ęmes. Mais l'eau sale a aussi un r√īle particulier; les √Ęmes des morts vivent dans l'eau sale qu'elles rendent malpropre par leur contact, m√™me si elle est pure avant. Les √Ęmes aiment la salet√© comme les vivants la ha√Įssent; c'est pourquoi l'eau dans laquelle on s'est lav√© est jet√©e par terre pour servir √† nourrir les √Ęmes des morts.

Le feu a un caract√®re apotrop√©ique en repoussant les dieux m√©chants. De l'avis de l'auteur, le feu a servi dans le culte des morts √† consacrer le tombeau d'avance, comme on le voit dans les tombeaux o√Ļ le corps repose sur une couche de cendres. Les √Ęmes des morts, comme les dieux, aiment le feu qui a donc aussi un caract√®re hilastique, ce que nous voyons surtout par le r√īle du flambeau dans les croyances populaires. L'importance du feu dans le service religieux, surtout le feu de l'autel,tient au fait que le feu, c'est-√†-dire la lumi√®re, est le signe de la vie. Puis le feu a un caract√®re cathartique ; il rend tout ce qu'il touche rituellement pur (agna), mais laisse ce qu'il ne touche pas, souill√© (mimiasmina), comme l'eau. Le feu est souvent port√© en un cercle pour purifier ce qui est √† l'int√©rieur, comme on met du feu dans l'eau pour asperger les assistants d'eau bouillante (Paul Collart, Passages controvers√©s des Dionysiaques de Nonnos, Revue de philologie, de litt√©rature et d'histoire anciennes, Volume 41, 1917 - books.google.com).

La pratique de la lessive a donc un rapport avec les cultes des anciennes religions auxquelles le christianisme a succédé, interdisant pendant les temps sacrés le mélange des genres.

Ce qui n'empêchera pas les mystiques chrétiens d'en récupérer les thèmes :

Le feu de l'√Ęme : L'√Ęme de l'homme est ign√©e, elle attire √† elle les quatre √©l√©ments et fait ainsi en sorte que l'homme se serve de sa vue, de son ou√Įe et de ses autres sens. L'√Ęme est en l'homme une sorte de force, comme le feu dans l'eau, car, sans √Ęme, l'homme ne pourrait pas vivre, de m√™me que l'eau ne pourrait s'√©couler sans le feu, si elle ne sentait pas sa pr√©sence en elle (Hildegarde de Bingen, Les causes et les rem√®des, traduit par Pierre Monat, 1997 - books.google.com).

Le nom même d'Agathon nous est précieux, puisque comme celui d'Agde (Agatha Tyché), il désigne un bon mouillage : il sera vite christianisé en sainte Agathe (Jean Paul Clébert, Provence antique: L'époque gallo-romaine, 1970 - books.google.com).

Naujac ou Naviac (au sud est de Vendays), o√Ļ la f√™te de Saint-Martial attirait chaque ann√©e est attire encore un grand nombre de p√©lerins. La tradition fait consacrer par saint Martial l'√©glise de Naujac.

Apr√®s diverses conversions, op√©r√©es dans l'enceinte m√™me de la ville d'Else, Saint-Martial eut le bonheur d'y consacrer une √©glise qui devait √™tre plus tard le si√®ge √©piscopal de Bordeaux. Au moment de consacrer ce modeste sanctuaire qui n'√©tait, peut-√™tre, que la maison d'un nouveau converti, l'ap√ītre re√ßut du ciel, par une r√©v√©lation myst√©rieuse, la nouvelle de la mort du glorieux Saint-Andr√©, qui venait de souffrir en croix pour J√©sus-Christ, √† Patras, en Acha√Įe. Le pape Innocent VIII, dans une bulle o√Ļ il rappelle les circonstances que nous venons de rapporter, d√©clare que l'√©glise de Bordeaux est la premi√®re qui ait √©t√© fond√©e dans tout l'univers sous le vocable de Saint-Andr√©.

L'Italia sacra, qui correspond √† notre Gallia christiana, raconte qu'un grand prodige eut lieu dans cette ville, lorsque Saint-Martial, un des soixante-dix disciples de J√©sus-Christ, √† l'aide du b√Ęton de l'ap√ītre Saint-Pierre, ressuscita son compagnon Austriclinien, quarante jours apr√®s sa mort (Abb√© Mezuret, Notre-Dame de Soulac ou de la Fin-des-Terres: Le tombeau et le culte de Sainte-V√©ronique √† Soulac, 1865 - books.google.com).

Martial √©tablit un √©v√™que √† Bordeaux et y laissa son b√Ęton pastoral, que le chapitre de Saint-Seurin conserva comme relique. Autour de lui, la l√©gende groupe de saintes femmes, V√©ronique, B√©n√©dicte : celle-l√†, sa compagne de voyage, celle-ci, sa premi√®re disciple bordelaise devenue sa sŇďur d'apostolat. On montrait √† Saint-Seurin leurs sarcophages de marbre, tombes anonymes du VIe si√®cle que la foi du peuple transformait en s√©pulcres de saints (Camille Jullian, Histoire de Bordeaux: depuis les origines jusqu'en 1895, Laffitte, 1895, p. 116).

La source Figueyreau √† Bordeaux, jug√©e miraculeuse, poss√®de la particularit√© de faire pleuvoir, √† condition toutefois d'organiser une procession pour implorer le miracle. L'√©glise Saint-Seurin, toute proche, poss√®de une pr√©cieuse relique, le b√Ęton (ou verge) de Saint-Martial, b√Ęton remis par Saint-Pierre lui-m√™me √† Saint-Martial. Le protocole pour attirer la pluie doit √™tre strictement appliqu√©. Lors d'une grande s√©cheresse, la procession part de Saint-Seurin, des chants et des pri√®res accompagnent le b√Ęton de Saint-Martial qui doit √™tre pos√© sur une nappe tendue au-dessus de l'eau. Il ne faut surtout pas faire tomber le b√Ęton dans source sous peine d'inondation. ...] Le b√Ęton dispara√ģt en 1789 au cours des journ√©es r√©volutionnaires (Histoire des maires de Bordeaux, Les Dossiers d'Aquitaine, 2008 - books.google.com).

En 1063, à l'époque glorieuse du grand abbé de Cluny saint Hugues, le monastère de Saint-Martial a été rattaché au célèbre monastère bourguignon et le Limousin Adémar a été placé à sa tête (Janine Wettstein, La Fresque Romane, 1971 - books.google.com).

A l'occasion de la consécration de l'église restaurée par l'abbé Adémar, consécration à laquelle présida le Pape Urbain II, l'autel de sainte Agathe fut revêtu de reliefs de cuivre doré et émaillé (Jacques Remy Antoine Texier, Dictionnaire d'orfévrerie, de gravure et de ciselure chrétiennes, Volume 27 de Encyclopedie theologique, 1857 - books.google.com).

L'abbé Legros a relevé une mention concernant la confrérie de Sainte-Agathe à Saint-Martial, qui offrait deux fois l'an, la veille de la fête de Sainte-Agathe et la veille de la Fête-Dieu, une collation au clergé de l'abbaye. confrérie ait absorbé celle de la Fête-Dieu, plus ancienne, puisque ses bailes sont chargés de porter le poêle et les panonceaux à la procession du Saint-Sacrement (Jean Levet, Histoire de Limoges: Des origines à la fin de l'Ancien Régime, 1974 - books.google.com).

Valérie, jeune vierge, martyrisée à Limoges sous Claude Tibère, en l'an 46, fut pour la ville de Limoges ce qu'avaient été sainte Cécile et sainte Agnès pour Rome, sainte Agathe pour Palerme ou Catane, sainte Catherine pour Alexandrie. Fille spirituelle de saint Martial, elle se rattache par lui à l'histoire évangélique, puisque, d'après une antique tradition, saint Martial fut envoyé par saint Pierre dans les Gaules (Le Contemporain: revue d'économie chrétienne, 1867 - books.google.com).

Tout √† coup, du milieu des flammes, on vit s'√©lancer un ma√ģtre chat qui gravit jusqu'√† la plus fine pointe du m√Ęt, et qui, de cette hauteur, tournait autour de lui des yeux aussi flamboyants que le feu lui-m√™me, et en m√™me temps on entendit par-dessus les rires de la multitude la voix d'une vieille femme qui criait de toutes ses forces: ¬ęLe voil√† Martial, mon chat Martial, Martial! Martial! ¬Ľ La vieille avait reconnu son chat. L'animal reconnut aussi la voix de sa maltresse; car au moment o√Ļ il √©tait pr√®s de dispara√ģtre dans les tourbillons de flammes, il se lan√ßa d'un bon prodigieux et tomba au del√† du cercle de feu qui entourait l'arbre. Les sergents qui veillaient autour pour l'attiser, voulurent frapper le chat; mais il s'enfuit du c√īt√© de sa ma√ģtresse au milieu des rires de la cour et du peuple, ravis de voir cet animal sauv√© par son intr√©pidit√© (Fr√©d√©ric Souli√©, Aventure du Chat galant, L'homme de lettres, Volume 2, 1838 - books.google.com).

Frédéric Soulié est un romancier, auteur dramatique, critique et journaliste français, né à Foix le 23 décembre 1800, mort à Bièvres le 23 septembre 1847. Il fut, avec Honoré de Balzac, Eugène Sue et Alexandre Dumas, l'un des quatre grands feuilletonistes de la monarchie de Juillet (fr.wikipedia.org - Frédéric Soulié).

A Vitrac, à l'est de Rouziers, l'église est vouée à saint Martial.

Guillaume le Conquérant

C'est autour de l'ann√©e 1028 que Guillaume le Conqu√©rant na√ģt √† Falaise, d'un adult√®re entre Robert le Magnifique et sa ma√ģtresse Arlette, pour mourir en 1087 (Carole Schreuder, La bataille d‚ÄôHastings: Guillaume le Conqu√©rant, un Normand sur le tr√īne anglais, 2014 - books.google.com).

Ce serait en 1035 que le duc Robert serait parti pour la Jud√©e. On sait qu‚Äôil mourut la m√™me ann√©e, √† Nic√©e, au retour de J√©rusalem. Guillaume-le-Conqu√©rant √©tant √Ęg√© de 7 √† 8 ans, selon Robert Wace, en 1035, serait donc n√© en 1027 ou 1028 au plus tard ; ce qui justifie d√©j√† le dire de Guillaume de Jumi√®ges, de Guillaume de Malmesbury, de la chronique de Tours, et d√©truit celui d"Orderic Vital et de Robert Wace (M√©moires de la Soci√©t√© des Antiquaires de la Normandie, Volume 11, 1840 - books.google.com).

Onfroi de Vieilles ou de Veules (vers 995 - 1044), proche du duc Robert Ier de Normandie, √©tait le fils de Thorold Giffard de Bolbec (vers 965 - apr√®s 1040) et de Duvelina Seinfira de Cr√©pon (vers 974 - 999), belle sŇďur du duc Richard Ier. Thorold fut pr√©cepteur du jeune Guillaume, futur Conqu√©rant. Onfroi devint moine de Saint Pierre de Pr√©aux, qu'il avait fond√©, vers 1040.

Suivant D. Toussaint Duplessis, cet Onfroy aurait été à tort désigné par les historiens français, et même par Orderic Vital, sous la dénomination de Vieilles. Le véritable surnom du fondateur des deux abbayes de Préaux était Veules, d'un petit bourg situé près de Valery-en-Caux, et dont Onfroy était seigneur.

Veules, en latin Vetulae, serait pr√©f√©rable de ne pas √™tre traduit Vieilles (gw.geneanet.org - Onfroy de Veules, gw.geneanet.org - Humphrey de Vieilles, Gilles A. de La Roque de la Lonti√®re, Histoire g√©n√©alogique de la maison de Harcourt, Volume 2, 1662 - books.google.com, Delphine Lema√ģtre Philippe, La Normandie an Xe si√®cle, suivie des Recherches sur les droits des rois de France au patronage d'Illeville, 1845 - books.google.com, Revue critique d'histoire et de litt√©rature, recueil mensuel, 1907 - books.google.com, M√©moires, Volumes 35 √† 37, Soci√©t√© historique et arch√©ologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 1918 - books.google.com).

Sym√©on, n√© √† Syracuse, devint moine du Mont-Sina√Į, et fut charg√© de r√©cup√©rer les subsides vers√©s par le duc de Normandie Richard II √† son monast√®re. Il passa par l'Aquitaine o√Ļ il t√©moigna aupr√®s du duc Guillaume de l'appartenance aux 72 disciples du Christ au temps des Ap√ītres de saint Martial, suivant l'opinion de l'Eglise orthodoxe. Il parvint en Normandie en 1027, alors que le duc √©tait d√©j√† mort et remplac√© par son fils Robert le Magnifique, ou le Diable, car il cessa la contribution normande. Sym√©on passa √† Verdun, puis √† Tr√™ves dont l'√©v√™que Popon partit en p√©lerinage en Terre-Sainte avec lui. Revenus tous deux √† Tr√™ves, Sym√©on se fit reclus dans une tour de la ville, la Porte Noire, le jour de la saint Andr√© 1028. Il mourut le 1er juin 1035, et fut canonis√© en 1042. Le jour de sa f√™te est celui de sa mort (Ren√©-Fran√ßois Rohrbacher, Histoire universelle de l'√©glise catholique, Volume 13, 1845 - books.google.com).

Il ne faut pas confondre Poppon, archevêque de Trêves, et Poppon, abbé de Saint Maximin de Trêves et de Stavelot qui échangea des possessions, vers 1033, avec Nanthère, abbé de Saint Martin de Metz (Ban-Saint-Martin).

Vers 1028, Thierry Ier de Haute-Lotharingie meurt et lui succ√®de son petit-fils mineur Fr√©d√©ric III √† l'√Ęge de 8 ans. Mort en 1033, la Lorraine est donn√©e au duc Gozelon Ier le Grand, aussi duc de Basse-Lotharingie, qui avait succ√©d√© √† son fr√®re Hermann √† la vicomt√© de Verdun en 1028. Les duc de Lorraine comtes de Bar √©taient avou√©s de l'abbaye de Saint Martin l√®s Metz. C'est comme avou√© de l'abbaye que Gozelon assiste √† l'√©change de 1033. (Augustin Calmet, Notice de la Lorraine, 1840 - books.google.com).

Les Asturies

Les Asturies, unies au royaume de Léon, formèrent le royaume des Asturies et de Léon. En 1230, la Castille réunissait définitivement ce royaume au sien. Les rois de Castille portèrent dorénavant le titre de rois des Asturies, de Léon et de Castille pour se simplifier avec le temps en simple rois de Castille.

N√© de la r√©union de plusieurs ch√Ęteaux (castillos d'o√Ļ le nom de Castille), le comt√© de Castille fit son apparition √† la fin 9√®me si√®cle. La capitale de cette "vieille Castille" √©tait Burgos fond√©e en 884 par le comte Diego Rodriguez. Mais c'est sous l'impulsion de son fils et successeur, Fernan Gonzalez que la Castille devint un √©tat pratiquement ind√©pendant. Quand Garcia II Sanchez fut assassin√© vers 1028, la branche masculine de Fernan Gonzalez s'√©teignit. La Castille passa alors sous la coupe du puissant royaume de Navarre alors dirig√© par le roi Sanche III le Grand. Son fils Ferdinand Ier annexa le L√©on (regroupant la Galice et les Asturies) en 1037. A sa mort, les √©tats furent divis√©s entre ses diff√®rents enfants dont Sanche II qui h√©rita la Castille et le L√©on. Mort pr√©matur√©ment assassin√© c'est son fils cadet, Alphonse VI qui maintint non seulement l'h√©ritage paternel mais qui reconquit Tol√®de tenue par les musulmans. La "nouvelle Castille" √©tait n√©e. Guerres, unions et h√©ritages rythmeront ainsi le royaume jusqu'√† ce que, en 1516, Charles Quint en d√©poss√®de sa m√®re Jeanne la Folle, qui en √©tait souveraine pour ainsi constituer d√©finitivement le royaume d'Espagne (www.tombes-sepultures.com).

Garcia Sanchez II est le dernier comte de Castille, assassiné par les fils du comte Vela (ou Vigila) le Jeune en 1028 (ou 1027) lors de son mariage avec Sancha, fille d'Alphonse V de Léon et soeur de Bermude III, qui fit des donations à l'abbaye Sainte Julienne de Santillana del Mar en 1018 (ou 1017) ou en 1028 (ou 1027) (Antonio Linage Conde, Los orígenes del monacato benedictino en la Península Ibérica, Volume 2, 1973 - books.google.com).

On a bien souvent parl√© de l'influence de Sancho el Mayor et de ses fils sur la relance de l'art roman en Espagne. Sancho el Mayor r√©organisa √©galement le Chemin de Saint-Jacques, le dota de ponts et en assura la s√©curit√©. Gr√Ęce √† lui p√©n√©tr√®rent en Espagne toutes les id√©es novatrices d'outre-Pyr√©n√©es et parvinrent en Europe les curiosit√©s de ce pays hispanique √©nigmatique et inconnu. Le Chemin des p√®lerins forme une croix couvrant toute l'√©tendue du roman l√©onais (Antonio Vinayo Gonzalez, L'ancien royaume de L√©on roman, 1972 - books.google.com).

Au d√©but du XIe si√®cle, Sanche III de Navarre, √† son tour, fait appel aux clunisiens qui, en 1028, prennent possession du monast√®re de San Juan de la Pe√Īa (Joseph P√©rez, Histoire de l'Espagne, 1996 - books.google.com).

Le grand abb√© de Cluny que fut Odilon eut-il le sentiment de la n√©cessit√© de faire reprendre aux constructeurs le chemin initiatique pu donner au roman, naissant du byzantin et du romain, la base de science traditionnelle qui lui manquait ? C'est possible. Tout ce qui touche √† la construction religieuse est toujours et en tous lieux demeuir√© extr√™mement secret, mais toujours est-il que nous voyons se d√©velopper, √† partir d'Odilon, une subtile politique √† laquelle participe Don Sanche [...]. Des moines espagnols se rendent √† Cluny et des novices clunisiens √† San Juan, puis les √©changes s'√©tendent √† Leyre qui embrasse bient√īt √©galement la r√®gle clunisienne (Louis Charpentier, les Jacques et le myst√®re de Compostelle, J'ai lu, p. 146).

La via Lemovicensis (ou voie limousine ou voie de V√©zelay) est le nom latin d'un des quatre chemins de France du p√®lerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle passe par Limoges, d'o√Ļ son nom, mais son lieu de rassemblement et de d√©part est l'abbaye de la Madeleine √† V√©zelay.

Le Chemin de Vézelay ou Via Lemovicensis est jalonnée de nombreux sanctuaires parmi lesquels : Sainte-Madeleine de Vézelay, Saint-Martial de Limoges, avec sa basilique au plan compostellan, Saint-Léonard de Noblat (fr.wikipedia.org - Via Lemovicensis, www.chemins-compostelle.com - Voie de Vézelay).

Si le Liber sancti Iacobi, traitant du chemin, ne parle pas de Limoges et conseille Saint Léonard de Noblat, "les preuves de relations entre Saint-Martial et la route de Galice ne manquent pas depuis l'an mil. Dans l'abbatiale elle-même, la référence à saint Jacques existait explicitement, mais surtout par la position des autels dédiés à des saints hispaniques, et peut- être par la pose, au sommet du clocher, d'un coq, une croix et... de coquilles , ce qui donne un indice sur les correspondances suggestives pour un homme du Moyen Age" (Claude Andrault-Schmitt, L'architecture de la grande église en question, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

En Savoie

La Savoie faisait partie du second royaume de Bourgogne, qui fut cédé en 1028 à l'empereur Conrad II.

Humbert aux Blanches-Mains, premier prince de la Maison de Savoie, a commenc√© √† para√ģtre vers l'an 1020; dans l'origine, cette Maison ne poss√©dait que le Comt√© de Maurienne, dont Humbert avait re√ßu l'investiture de Conrad-le-Salique, vers 1034, et que c'est d√®s cette √©poque seulement que ce nouvel Etat s'est agrandi sur les d√©bris du royaume de la Bourgogne Transjurane. (Xavier de Vignet, M√©moire sur Humbert aux blanches-mains, M√©moires de l'Acad√©mie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, 1828 - books.google.com, fr.wikipedia.org - Humbert Ier de Savoie).

N√© √† Aoste en 1033 dans les futurs √Čtats de Savoie (Aoste appartient d√®s 1024 au domaine constitu√© par la maison de Savoie) du Royaume d'Arles, en Empire, Anselme, futur √©v√™que de Cantorb√©ry, est le fils d'Ermenberge et de Gandulf, noble lombard, parent du comte Humbert de Maurienne. Anselme est √©v√™que de Cantorb√©ry en 1093, succ√©dant √† Lanfranc (Pavie, 1010 - Cantorb√©ry, 1089) qui l'√©tait depuis 1070, rempla√ßant l'anglo-scandinave Stigand, mort emprisonn√© en 1072.

Ayant su que Benoit de Cluse contestait l'apostolat de saint Martial, Antoine de Chabannes, qui l'avait si fort √† cŇďur, √©crivit l√†-dessus une grande lettre adress√©e √† Jourdain, √©v√™que de Limoges; √† Odolric, abb√© de Saint-Martial; √† Itainald, et aux autres chanoines de la cath√©drale; √† G√©rald, abb√© de Saint-Augustin de Limoges; √† un autre G√©rald, abb√© de Solignac; √† Thierry, √©v√™que de Metz; √† l'imp√©ratrice Cun√©gonde; √† l'empereur Conrad; √† Guillaume, duc d'Aquitaine; au pape Jean XIX, et √† quelques autres d√©nomm√©s dans l'inscription. La plupart avaient assist√© au concile de Limoges, et il √©tait de l'int√©r√™t d'Ad√©mar de r√©pondre aux difficult√©s que le prieur de Cluse avait oppos√©es √† son sentiment. Mais pr√©voyant que sa lettre pourrait parvenir jusqu‚Äôau pape, √† l‚Äôempereur et au duc d‚ÄôAquitaine, ce lui fut une raison de la leur adresser, pour les engager par cette politesse √† lui √™tre favorable (Remy Ceillier, Bauzon, Histoire g√©n√©rale des auteurs sacr√©s et eccl√©siastiques qui contient leur vie, le catalogue de la critique,... des diff√©rentes √©ditions de leurs ouvrages, Volume 2, 1863 - books.google.com).

Jean XIX, n√© Romanus, pape de 1024 √† 1032, issu des comtes de Tusculum, √©leva la f√™te de saint Martial, disciple r√©put√© des Ap√ītres et fondateur de l'√Čglise de Limoges, au rang d'une f√™te d'ap√ītre. Il couronna aussi empereur le 26 mars 1027 √† Rome Conrad le Salique, √©lu roi d'Allemagne apr√®s la mort d'Henri II le 1er juillet 1024, qu'il avait invit√©, avec l'archev√™que de Milan Heribert, √† se rendre en Italie et qui avait re√ßu en 1026 la couronne de fer de Lombardie apr√®s avoir travers√© les Alpes, accompagn√© de deux rois, Rodolphe des Burgondes et Canut du Danemark et d'Angleterre (fr.wikipedia.org - Jean XIX).

La ville de Saint-Jean-de-Maurienne est situ√©e sur une voie de passage importante en direction de l'Italie et de ses centres religieux prestigieux, particuli√®rement celui de Rome. La cath√©drale de Maurienne constitue un lieu d'√©tape pour les p√®lerins, qui viennent v√©n√©rer la relique de saint Jean-Baptiste. En 1312, le tr√©sor conserve deux exemplaires du b√Ęton du p√®lerin (bourdon) et une coquille de cuivre √† mettre en rapport avec le p√®lerinage √† Saint-Jacques-de-Compostelle. Ces objets servent peut-√™tre lors des c√©r√©monies liturgiques qui accompagnent le d√©part en p√®lerinage (Gabrielle Michaux, Le chapitre cath√©dral de Saint-Jean-de-Maurienne du XI√®me au XIV√®me si√®cle, 2003 - books.google.com).

D'autres encore n'h√©sitent pas √† associer les deux hauts lieux occidentaux de la chr√©tient√© : Rome et Compostelle. En ce cas, on emprunte : le Grand Saint Bernard, et son c√©l√®bre hospice, que le Pape place au m√™me rang que ceux de J√©rusalem et de Sainte Christine du col du Somport ; la vall√©e de Chamonix, (√©glise Saint Jacques de Sallanches) ; le Petit Saint Bernard et la Tarentaise : on y comptait seize chapelles d√©di√©es √† Saint Jacques ; le Mont Cenis et la Maurienne (douze chapelles Saint Jacques) ; le Mont Gen√®vre et le Brian√ßonnais (fresques de la chapelle Saint Jacques de Prelles et de Saint Antoine d'Eygliers) ; d'autres p√®lerins, en moins grand nombre car la route ligure n'offre pas la m√™me s√©curit√©, longent la c√īte m√©diterran√©enne, trouvant abri, en Provence, dans de nombreux √©difices romans (Jean Boyer, Saint Jacques de Compostelle: l√©gendes et chemins d'hier et d'aujourd'hui : essai, 1999 - books.google.com).

C'est en Maurienne, assure-t-on, que Roland a pour la premi√®re fois ceint sa fid√®le √©p√©e Durandal, √† la suite d'un songe de Charlemagne, et la ville de Pavie conserve l'une de ses reliques (Raymond Oursel, Les p√®lerins du Moyen-√Ęge: les hommes, les chemins, les sanctuaires, 1963 - books.google.com).

Selon la légende, la mythique épée de Roland, Durandal, lui aurait été remise par Charlemagne. Ce dernier l'aurait lui-même reçu, dans la Maurienne, des mains d'un ange envoyé par Dieu, avec comme recommandation de la transmettre à un comte et capitaine (Jean-Pierre Colignon, Curiosités, jeux et énigmes de la Bretagne, 2014 - books.google.com).

Roland renvoie à Roncevaux, lieu de passage du chemin de Saint Jacques.

Arnold von Harff qui ne nous a laissé qu'un seul texte (un récit de pélerinage), est un noble qui a vécu entre 1471 et 1505. Il est originaire d'une famille du Rhin inférieur (région de Julich).

Comme les p√®lerins traditionnels, A. v. Harff embarque √† Venise. Lui aussi nous d√©crit ses pr√©paratifs: √©quipement pour le voyage en bateau, provisions, argent. Puis c'est le trajet par voie de mer par la c√īte dalmate (Pula), le sud du P√©lopon√®se (Methoni), Cyth√©re, la Cr√®te, Rhodos, Alexandrie puis le Caire dont il nous fait un tableau tr√®s pr√©cis dans tous les domaines, politique, √©conomique, g√©ographique, historique et folflorique. Notre p√©lerin poursuit ensuite son voyage avec les √©missaires du souverain indien et leur caravane jusqu'au Mont Sinai et au Couvent Sainte Catherine. Puis par Thor il poursuit vers la Mecque, Aden, Ceylan, les Indes (province de Madras), le tombeau de Saint Thomas. Le bateau le m√®ne ensuite aux Comores, √† Madagascar et enfin √† la c√īte africaine dans la r√©gion de Zanzibar. Apr√®s plusiers jours de marche, il escalade le Kilimandjaro et le Kenya. Il affirme y avoir d√©couvert les sources du Nil. Il descend ensuite le Nil, contourne les diff√©rentes chutes et parvient ainsi au Caire. Apr√®s la travers√©e du d√©sert et les difficult√©s classiques (3 semaines encha√ģn√© en prison) il visite J√©rusalem, fait avec application le p√©lerinage traditionnel en Terre sainte : Ebron, J√©rusalem et toutes les stations, le Mont des oliviers, Getzemaneh, la mer morte, Nazareth, le Mont Thabor, Tib√©riade. Il reprend ensuite la route pour Damas, Beirouth, Halep, l'Arm√©nie, Constantinople, (description de la ville et audience chez l'empereur qui craint une croisade du roi de France), Andrinople, la Thrace, Bulgarie, Dalmatie, Slavonie, Istrie, Venise, Padoue, Milan, Turin. Il passe les Alpes au col du Mont Cenis, Saint Jean de Maurienne, Pont Saint Esprit, Bearn, Roncevaux, pamlubne en Navarre, Brugos, le L√©on et enfin Saint Jacques de Compostelle et le cap Finist√®re (Annie Faug√®re, Arnold von Harff, un homme du monde, Nouveaux mondes et mondes nouveaux au Moyen Age: actes du colloque du Centre d'√©tudes m√©di√©vales de l'Universit√© de Picardie Jules Verne, Amiens, mars 1992, 1994 - books.google.com).

Sur une fausse carte datée de 1648 des chemins de Compostelle, réalisée en fait en 1970, Briec de la paroisse de laquelle Edern est un démembrement (1008), se trouvait sur un chemin partant de Landerneau et se poursuivant vers Quimper, Brech, Vannes, La Roche-Bernard, Nantes (www.infobretagne.com - Edern).

En Angleterre

Conrad II le Salique, saint empereur romain, entretient des relations amicales avec Knut, et son jeune fils Henri le Noir √©pouse la fille de Knut, Cun√©gonde (Gunhilda). L'empereur laisse Knut gouverner sur le Schleswig et la Pom√©ranie. Celle-ci est probablement le fief de Knut, puisque Boleslas Ier le Vaillant envoie son arm√©e aider Knut √† conqu√©rir l'Angleterre sur √Üthelred, puis √† partir d'avril 1016, son fils Edmond II ‚ÄĒ jusqu'√† sa victoire √©crasante en octobre 1016 √† Assandun (aujourd'hui Ashingdon ou Ashdon, dans l'Essex). Edmond doit partager le royaume mais meurt si bien que Knut est proclam√© seul roi par le Witenagemot (conseil des sages) des nobles anglais.

En 1018 (ou 1019), Knut succ√®de √† son fr√®re a√ģn√© Harold II comme roi du Danemark, et en 1028 il conquiert la Norv√®ge avec une flotte de 50 navires anglais. Avant cette exp√©dition, il est all√© se recueillir sur la tombe d'Edmond √† Glastonbury. Sa conversion au christianisme est mentionn√© par Ad√©mar de Chabannes dans sa Chronique (Laurence Marcellus Larson, Canute the Great The Rise of Danish Imperialism during the Viking Age, 2014 - books.google.com, fr.wikipedia.org - Knut II de Danemark).

The story of St Martial as close friend of Christ and the Apostles, created by Ademar of Chabannes, first appears at the same time at Limoges (and a grand new basilica was dedicated to him in 1028). In England the legend that Joseph of Arimathea, who had provided the tomb in which Jesus was buried, came to Glastonbury with the Holy Grail, the cup used by Jesus at the Last Supper and then by Joseph to catch the blood of Jesus as he hung from the Cross, appears not much later (Charles Freeman, Holy Bones, Holy Dust: How Relics Shaped the History of Medieval Europe, 2011 - books.google.com).