Photo des Jumeaux Halambique, Sceptre d'Ottokar page 61 - www.guidedesegares.info
25 juin
Page 61, une photo représentant Nestor Halambique et son frère jumeau, Alfred, qui se fit passer pour lui, porte la date du 25 juin (19)34.
Le 25 juin est la date de la fête de sainte Fébronie, date que l'on trouve sur un écriteau du cachot de Milou dans l'album Tintin en Amérique. L'un des émaux formant la reliure du manuscrit Textus primus Evangeliorum de tempore, ad usum monasterii sancti Petri Remensis, 1591 représentait sur sa septième tablette : Fébronie conduite au supplice précédée de son petit chien blanc (Louis Hardouin Prosper TARBÉ, Trésors des églises de Reims, 1843) (nonagones.info - Tintin - Transversales - Tintin et ses Sept Châteaux ou plus).
Dans les miracles d'Artémios, saint dont les reliques se trouvent dans l'église Saint-Jean-Baptiste de l'Oxeia à Constantinople et qui soigne les affections des organes sexuels masculins, écrits au VIIe siècle, le saint donne (en rêve) à un malade un sceau de cire à son effigie; mais ce n'est pas l'image du saint qui guérit, car le malade fait fondre la cire pour s'appliquer sur la partie malade la pâte mélangée d'huile de lampe et qui constitue la kérôtè.
Les neuf décennies qui séparent la victoire d'Héraclius sur les Perses en 627 de l'avènement de Léon III en 717 sont une période difficile pour le pouvoir impérial byzantin. La victoire de 627 constitue un triomphe pour l'empereur, qui peut réinstaller la Croix in situ à Jérusalem : il est bien alors le guide naturel du peuple chrétien. Mais ce triomphe est de courte durée; l'Empire est déjà menacé de perdre la quasi totalité des Balkans face aux Avars et aux Slaves. La foudroyante conquête arabe, qui prive l'Empire de ses plus riches provinces, Syrie, Palestine, Égypte et, finalement, Afrique, ébranle profondément le pouvoir impérial. Dieu a manifestement abandonné le nouveau peuple élu. À ces revers militaires et à la profonde rétractation (Michel Kaplan, Les moines et les pouvoirs, Monachesimi d'Oriente e d'Occidente nell'alto Medioevo, 2017 - books.google.fr).
Les reliques de saint Artémios, patrice martyrisé à Antioche par Julien l'Apostat, furent apportées à Constantinople par la diaconesse Aristé et déposées à Saint-Jean-Baptiste de l'Oxeia. Les miracles opérés par ces reliques donnèrent à saint Artémios une vogue telle que l'église prit son nom. C'est du moins ainsi qu'il faut expliquer les dires des patriographes. Quoi qu'il en soit de cette origine, il est certain que l'église existait dans la première moitié du VIe siècle, comme on le voit par un recueil de miracles de saint Artémios qui remonte à cette époque. Malgré l'affirmation des patriographes, la substitution du vocable de saint Artémios à celui de saint Jean-Baptiste dut s'opérer assez tard, si tant est qu'elle fût complète. Il semble bien en effet que l'église Saint-Jean-Baptiste de l'Oxeia était encore appelée ainsi à la fin du XIIe siècle. L'anonyme anglais de 1190 signale près du monastère "ta Narsou" une église Saint-Jean-Baptiste qui doit être celle d'Oxeia : Et in ipsa parte est ecclesia sancti Iohannis Baptistae.
La chapelle de Fébronie était à droite du sanctuaire. Le soir du samedi on permettait aux malades de passer la nuit dans la crypte. Ils attendaient leur guérison d'un procédé bien connu dans l'antiquité : l'incubation. Quant au saint, il opérait ses miracles de diverses manières : emplâtre fait avec de la "kerôtè", friction avec du vinaigre, du sel ou de l'huile de la lampe du sanctuaire, imposition des mains, martelage du ventre, etc. Les synaxaires signalent deux fêtes dans l'église Saint-Jean-Baptiste de l'Oxeia : le 25 juin, celle de saint Fébronie, le 20 octobre, celle de saint Artémios. Il faut y ajouter sans aucun doute celles du Précurseur (R. Janin, Géographie ecclésiastique de l'empire byzantin, 1953 - books.google.fr).
Malgré son arianisme, Artémios est considéré comme un saint martyr par les Églises catholique et orthodoxe (saint Artème d'Antioche), fêté le 20 octobre. Dans Hergé plutôt le 25 juin alors, date plus cacatholique (fr.wikipedia.org - Artème d'Antioche).
Le culte de Fébronie était plus important que celui d'Artemios. Sa fête se situe le lendemain de celle du Prodrome, qui donne lieu à une procession particulièrement solennelle durant la veillée qui précède le 24 juin. Nul doute que, par cette proximité, qui fournit d'ailleurs peut-être une raison pour l'installation d'une chapelle de Fébronie dans l'église de l'Oxeia, Fébronie récolte, le jour de sa fête, dont la vigile est une fête particulièrement illustre, le bénéfice de ce rapprochement. Dans le Synaxaire, Artemios a une colonne, Fébronie trois.
Dans le recueil de miracles d'Artémios, le saint renvoie à Fébronie une femme dont la fille est malade des parties génitales. Lorsque saint Jean Baptiste intervient dans les miracles d'Artemios, Fébronie est présente.
Le culte de Fébronie du fait de la présence byzantine en Italie se répand dans la péninsule. Dans le Sud, à Naples l'évêque Athanase II qui évince son frère Sergius II du pouvoir fait traduire la Passion de la sainte. A Milan une chapelle dans l'église Saint Portais cohabite avec saint Georges; en Sicile (Patti). En Bohême et en Hongrie, il existe des manuscrit de sa vie, comme un à Florence (Michel Kaplan, Fébronie, Byzantine Religious Culture, 2011 - books.google.fr).
Le culte d'Artemios et de Fébronie devrait son origine à celui de la divinité poliade de Byzance Artémis Phoshoros, déesse guérisseuse des femmes. Artemios est un doublet d'Artemis et Phoshoros est un personnage de la Passion de Fébronie (Aude Busine, Julien et les martyrs d’Antioche. L’exemple du dux Artémius. In: Une Antiquité tardive noire ou heureuse ?, 2015 - www.persee.fr).
Une fresque de la salle du Trésor du château de Kropow reproduit une mosaïque de la basilique Saint Vital de Ravenne. Le cortège est dirigé par Justinien, portant les attributs impériaux ainsi qu'une tunique et des chaussures de pourpre, un diadème et un bijou précieux fixant sa chlamyde. Il offre une patène d'or au Christ, et est suivi de l'évêque Maximien et de sa garde impériale, dont les boucliers sont ornés d'un chrisme. Sa démarche symbolise le rétablissement de la communion et le chrisme rappelle le souvenir de Constantin (fr.wikipedia.org - Basilique Saint-Vital de Ravenne). La peinture de saint Georges terrassant le dragon orne encore la salle.
Le roi de Syldavie s'appelle Muskar ("Brave roi" selon la brochure) XII.
Dans les langues scandinaves norv. mod. dial. musk «bruine; obscurité», dan. mod. dial. musk «moisi», mais en moyen néerlandais mosch/mosx «mare, bourbier; mousse», (musch : moineau en néerlandais) d'où encore aujourd'hui, au figuré, moosch «gribouillage, gribouillis» à Gand et mooschen «tripoter, farfouiller, partouiller dans l'eau, dans la boue» à Anvers. A notre avis, le germ. *musa «mousse; marais; moisi» représente donc le même radical mus- que celui que nous avons découvert dans le nom d'oiseau muska «moineau». L'apocope de l'e final dans une bonne partie des parlers néerlandais nous est un critère précieux pour déterminer à quelle déclinaison germanique le mot appartient : *muska a dû être décliné autrefois comme les substantifs féminins faibles en -ô, donc nom. *muska, gén. dat. acc. *muskun (en ancien francique), car c'est pour cette cette déclinaison que l'apocope de l'e du nom sg. est particulièrement caractéristique (Hans-Erich Keller, Quelques noms du Passer domesticus dans la Gaule septentrionale, Travaux de linguistique et de littérature, Volumes 4-5, Par Université de Strasbourg. Centre de philologie et de littératures romanes, 1966 - books.google.fr, Germain Benoît Joseph Raingo, Nouveau dictionnaire hollandais-français, 1827 - books.google.fr).
Les Sylves de Politien (Agnolo Poliziano, né Angelo Ambrogini, 1454 - 1494), contemporain de Laurent le Magnifique, écrites comme des préfaces poétiques à ses cours du Studio Fiorentino, demandent à l'Ecole un motif original d'inspiration. La poétique, et même la philologie deviennent la matière même de la poésie : tout à la fois célébration et réévocation des oeuvres antiques, senties et aimées comme un monde d'images splendides et de formes raffinées. Mais ici la sincérité exclut tout pédantisme; le titre, emprunte à Stace, n'a pas d'autre objet que de souligner le caractère de savante improvisation. Il est vrai que ce n'est pas à Stace qu'on pense, mais à Callimaque, comme on l'a dit, ou encore a l'Horace des meilleures épîtres (P.L. et C. Balavoine, Musae Reduces, Tome 1, 1975 - brill.com).
Une certaine présence de Plaute et de Martial dès le début du texte vient corriger ce que l'accumulation des termes de tendresse catulliens ou élégiaques aurait pu avoir de trop doux. Politien évite le mièvre par le piquant de Plaute et le sel de Martial. Ainsi le passerculus du v. 6 vient de l'Asinaria (v. 666); le sciurus vient de Martial (dans la pièce qui célèbre la beauté d'Érotion : 5,37,1-2) et le verbe qui décrit ses ébats (lusitans) est emprunté aux Captiui (v. 1003). La douceur du miel, en particulier celui de l'Hybla, est légendaire (ThLL mel, 606,54 sqq.; dulcis 2192,83 sqq.) et nous avons vu que, chez Virgile, elle caractérise la beauté de Galatée (ecl. 7,37); mais, dans une comparaison amoureuse, l'emploi est plautinien : «o melle dulci dulcior tu es» (As. 614; cf. Truc. 371). La neige (Ov. am. 3,5,11) et le lys sont des symboles traditionnels de blancheur pour décrire la femme dans la poésie élégiaque (Lygd. 4,34; Prop. 2,3,10; Ov. am. 2,5,37; cf. aussi Claud. c.min. 25,126). Mais, puisque la puella rappelle Galatée, Politien et son lecteur ne peuvent pas ne pas penser aussi à la parodie du chant du Cyclope pour Galatée écrite par Martial : «Candidior puella cycno,/argento, niue, lilio, ligustro» (1,115,2-3). Avant de décrire les cheveux de la puella, Politien les compare à ceux de Bacchus et d'Apollon (vv. 13-25). Lyaeus puer (v. 14) est une retractatio mignarde de la formule rituelle Lyaeus pater et l'Amphryse (Pastor Amphrysius, v. 15) est le fleuve de Thessalie sur les bords duquel Apollon, pour l'amour d'Admète, accepta de garder des troupeaux.
ODAE VIII IN PVELLAM SVAM
O fille plus délicieuse
Qu'un levraut et qu'un lapereau,
Plus douce qu'un tissu de Cos
Et qu'une plumule d'oison ;
O fille qui es plus lascive
Qu'un petit moineau de printemps
Ou qu'un écureuil qui s'ébat,
Câlin, sur le sein d'une enfant;
O fille mille fois plus douce
Que miel de l'Hybla ou que sucre,
Blanche comme le lait caillé...
(Jean-Louis Charlet, L'Ode 8 de Politien, Homo sapiens, homo humanus: Letteratura, arte e scienza nella seconda metà del Quattrocento. Individuo e società nei secoli XV e XVI, 1990 - books.google.fr,
Pierre Laurens, MVSAE REDVCES, Anthologie de la poésie latine dans l'Europe de la Renaissance, Tome I, 1975 - ebin.pub).
Cf. la fleur blanche Bianca Castafiore.
L'idée que le mot «passer» dans les chants 2 et 3 de Catulle soit un euphémisme pour «pénis» remonte apparemment à l'Antiquité classique (cf. Martial et son «Je te donnerai le moineau de Catulle»). Les érudits ont débattu de cette interprétation pendant des siècles, depuis le milieu du XVIe siècle, lorsque Muretus s'opposa à l'opinion du Politien (XVe siècle) selon laquelle «passer» était un code pour l'obscénité. (fr.wikipedia.org - Catulle 3).
Pontano (Églogues, 1, 5) et Politien (Miscellanea, 1, 6) avaient suggéré une lecture scabreuse des deux textes catulliens, inspirée par l'imitation obscène que Martial en donnait dans deux de ses épigrammes (11, 6 et 13, 14) : l'oiseau était alors identifié au membre viril et le texte ironisait sur l'impuissance du poète. À l'inverse, Jacopo Sannazaro (Épigrammes 1, 61) réfutait cette interprétation pour lire le poème comme un epicedion inspiré par la tradition alexandrine (Virginie Leroux, Etude d'ensemble sur la poétique de Jean Second, Opera omnia / Œuvres complètes de Jean Second (1511 - 1536), 2025 - books.google.fr).
Le sceptre d'Ottokar, qui apparaît et disparaît, peut marquer la défaillance du roi Muskar (au début de l'album il n'est au courant de rien) qui est soigné par Tintin par l'intermédiaire de la sigillographie, comme Artémios soigne l'impuissance par des sceaux ou emplâtres de cire. La fin de l'album montre dans la grande salle du palais la femme du roi que l'on a vue auparavant que lors du concert de la Castafiore au palais.
Le gardien du trésor
L'immatriculation de l'avion qui conduit le jumeau de Nestor et Tintin porte 487 - 00 - AGE.
En 487, Clovis, roi des Francs, appela ses leudes au Champ de Mars, où il punit d'un coup de sa francisque (hache d'armes) le soldat qui lui avait refusé sa part du vase de Soissons (Etienne-Léon baron de Lamothe-Langon, Histoire religieuse, monarchique, militaire et littéraire de la Révolution Française et de l'Empire, Tome 1, 1840 - books.google.fr).
C'est ce qui se passe entre Ottokar et le baron Staszrvich. Un vase se trouve posé à terre dans la miniature qui illustre l'épisode dans la brochure lue par Tintin dans l'avion qui le conduit à Prague.
Détourné de Constantinople, Théodoric fit la conquête de l'Italie en 487 et gouverna aussi le royaume des Wisigoths comme tuteur de son petit-fils Amalric, leur roi. Il mourut à Ravenne, où il s'était fait élever à l'avance un magnifique tombeau qui existe encore (Ch. Thierry-Mieg, Jean Thierry de Venise, Revue d'Alsace, Volume 44, 1893 - books.google.fr).
Ottokar is a German name of Germanic origin. It is a two-element name derived from the words 'uod' + 'wacar' meaning wealth, fortune + vigilant, watchful (www.babynamespedia.com - Ottokar).
Ottokar est donc le gardien du trésor.
Le nom Ottokar est la forme médiévale du nom germain Odoacre (allemand moderne : Odoaker). Le plus célèbre Odoacre est le chef barbare d'origine Skire qui met fin à l'Empire Romain d'occident en 476. Théodoric tue Odoacre de sa propre main le 16 mars 493 (fr.wikipedia.org - Odoacre).
Cf. le nom de Muskar Ier avant d'être roi : Hveghi :
"Veghe" signifie en roumain à la fois «veille», au sens de «surveillance, garde de nuit», et «veillée», au sens de «veillée funèbre» (Thomas Pavel, La Sixième Branche, 2003 - books.google.fr).
La vallée du Moltus où se fait la reconquête de la Syldavie par Hveghi est l'anagramme de Tmolus, montagne de Lydie.
Théophraste VII, 47 mentionne le Tmolus comme un fleuve, qu'il confondrait avec le fleuve Pactole qui en sort, où on trouve les pierres de touches noires (latin "coticula"; grec "basanos"); ailleurs (Hist. plantar. IV, 5, 4) il en parle comme d'une montagne; seul après lui Hesychius dit que le Tmolus est à la fois l'un et l'autre (Charles Daremberg, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines: d'après les textes et les monuments, Tome 1, Partie 2, 1887 - books.google.fr).
Hélas! c'est le Pactole, descendant du Tmolus, et qui, en place de paillettes d'or, court mêler à l'Hermus ses flots rouges et bourbeux. Sur la gauche, dans la plaine moins fertile, on distingue au loin un groupe nombreux d'éminences arrondies. Ce sont les tombes des vieux rois des Lydiens, de Crésus et de ses pères ! C'est au retour que nous devons visiter les ruines de Sardes (Gustave Léon Schlumberger, Les Iles des Princes, 1884 - books.google.fr).
L'essai du titre à la pierre de touche, ou essai au touchau, est un procédé destiné à vérifier le titre d'un objet en alliage ou en métal précieux en orfèvrerie ou monnayage. Connu depuis l'Antiquité, l'essai consiste à frotter la pièce à vérifier sur une pierre dure et à comparer les réactions de l'acide sur ce résultat et sur une marque produite par un métal de référence. Au IIe siècle av. J.-C., Pline l'Ancien y fait référence dans l'Histoire naturelle en désignant la pierre de touche sous le nom de lapis Lydius.
La pierre de touche, minéral très dur (jaspe noir de type cornéen lydien). Le jaspe est connu pour avoir été le bijou préféré dans le monde antique, son nom peut être retracé en arabe, en persan, en hébreu, en assyrien, en grec et en latin. Sur l'île minoenne de Crète, le jaspe a été sculpté pour produire des sceaux vers 1800 av. J.-C., comme en témoignent les découvertes archéologiques dans le Palais de Knossos. (fr.wikipedia.org - Pierre de touche).
Vitruve appelle donc la pierre de touche, qui éprouve l'or, "Index", le doigt de la main que tend vers le haut du tableau ou son extérieur le Saint Jean Baptiste de Léonard de Vinci. La tête de ce saint fut retrouvé à Emèse en 453. Le sujet de la Vierge aux rochers illustre la rencontre apocryphe de Jean baptiste et de la sainte famille dans le désert au retour d'Egypte à laquelle assiste l'ange Uriel.
Il existe une pierre de touche dans la mythologie, c'est celle de la métamorphose de Battus (Battos) opérée par Mercure (Hermès). Battus (le Bègue) était Berger de Pylos au service de Nélée, père de Nestor l'argonaute. Il vit Mercure dérober les troupeaux d'Apollon, et, moyennant le don de la plus belle des vaches volées, il s'engagea par serment à ne pas trahir le voleur : "Cette pierre, répondit il, vous décelera plutôt que moi : ne craignez rien." Cependant le dieu, ne se fiant pas a la discrétion de Battus, revint sous la forme d'un paysan, et pour le tenter, il lui offrit un bœuf et une vache, s'il voulait lui dire ce qu'était devenu le troupeau dérobé. Mercure doublait la récompense pour la révélation et Battus répéta deux fois le lieu où se trouvait le troupeau volé "sub illis montibus, inquit, erant, et erant sub montibus illis." Battus céda à l'attrait de la récompense, et dit tout ce qu'il savait. Alors Mercure le changea en un rocher, qui fut appelé le guet de Battus; ou bien en pierre, de touche. (Ovide et Antoninus) (nonagones.info - La Croix d’Huriel et pierres noires - L’index ou la pierre de touche).
Les mythes du bélier de Phryxus et de la biche aux cornes d'or que poursuit Hercule, aussi bien que celui de la Toison d'or et de l'expédition des Argonautes, font allusion à la découverte de l'or dans la Colchide et les contrées hyperboréennes, ainsi qu'au procédé à l'aide duquel on récoltait les paillettes Hérodote nous informe que les colonies grecques de la côte septentrionale de la mer Noire, dont les plus importantes étaient Panticapée et Olbia, tiraient leur or du pays des Scythes Issedones et Arimaspes : les mines étaient, croyait-on, gardées et exploitées par des griffons redoutables. Dans le Pont, le mont Paryadrès fournissait à Mithridate de l'argent et du cuivre; il y avait aussi, dans les montagnes de la Cilicie et dans les îles de l'Archipel, des mines d'argent exploitées pour le compte des Phéniciens. D'autres régions de l'Asie mineure étaient fertiles en or, jaune ou pâle. La Phrygie avait des mines d'or auxquelles se rattachait la légende du roi Midas. Non seulement le Pactole, mais tous les torrents qui descendaient du Sipyle et du Tmolus roulaient des sables aurifères. Aussi, cette dernière montagne était-elle surnommée "chrusorroos", et le Pactole, "chrusorroas" (Traité des monnaies grecques et romaines, Partie 1, Tome 1,1901 - books.google.fr).
Virtus malis arguitur : Ovide, Tristes Livre IV Elégie III : L'adversité est la pierre de touche de la vertu (François Joseph Michel Noël, Dictionarium Latino-Gallicum, 1800 - books.google.fr).
Ars tua, Tiphy, jacet, si non sit in æquore fluctus:
Si valeant homines, ars tua, Phœbe, jacet.
Quæ latet, inque bonis cessat non cognita rebus,
Apparet virtus arguiturque malis.
...ton art, Tiphys, est super flu, si la mer était sans orage; et, si la santé de l'homme était inaltérable, ton art est superflu, ô Phébus! Cachée, oisive, inconnue dans la prospérité, la vertu paraît et se révèle dans le malheur. [...] Tiphy : ce fut lui qui fit construire le vaisseau des Argonautes; il en fut le pilote (Émile Pessonneaux, Les fastes: Les tristes d'Ovide, 1860 - books.google.fr).
Faust médite sur la vanité de son savoir, et s'apprête à boire un poison quand résonne le chant de Pâques. Mais c'est Satan qu'il invoque: Méphistophélès (ou Méphisto) se présente et lui fait signer le pacte qui donne la jeunesse à Faust en échange de son âme. Lors d'une kermesse, Valentin s'inquiète de laisser sa soeur Marguerite en partant à la guerre. Celle-ci est convoitée par Faust qu'amène Méphisto, lequel nargue la foule, et écarte le jeune soupirant de Marguerite, Siebel. Pendant une valse, Faust aborde Marguerite. Dans le jardin de Marguerite, Siebel dépose un bouquet, cependant que Méphisto procure un coffret de riches bijoux à Faust, qui se recueille devant la demeure et se retire. Marguerite égrène les couplets de la «ballade du roi de Thulé» tout en songeant à sa rencontre avec Faust. Puis, découvrant la cassette, elle se pare des bijoux (www.josedarioinnella.com).


A gauche : Anton Kaulbach (1864–1934), Faust und Mephisto, fin XIXe-début XXe siècles, pt.wikiquote.org - à droite : Anonyme, John Dee, 1594 - Ashmolean Museum, es.wikipedia.org
Italie
Les allusions littérales de l'Italie dans l'album : le doge de Venise Gradenigo (page 2); la Scala de Milan (page 29) et Christophe Colomb (Gènes, page 44).
Le restaurant syldave de Bruxelles se trouve dans la rue des Ecureuils au n° 38 et est tenu par M. Kroïszvitch (page 6) : le fils du frisé . (Albert Algoud, Alain Bouldouyre, Dictionnaire amoureux de Tintin, 2016 - books.google.fr).
"kraes" frisé cf. Boche, frizou, fridolin.
"crolé" : qui a les cheveux qui bouclent, qui frisent : lu Batisse dou crolé = Baptiste, le fils du frisé (Bulletin, Volumes 75-76, Société de langue et de littérature wallonnes, 1974 - books.google.fr).
...frisé comme le saint Jean-Baptiste des processions... [patron de la ville de Florence] (A. Sluys, Lectures belges à l'usage des écoles primaires et des écoles moyennes morceaux d'auteurs belges, choisis et annotés, 1887 - books.google.fr).
Le mot écureuil vient du latin sciurus, du grec skiouros, de skia, ombre, et oura, queue, l'animal qui se fait de l'ombre avec sa queue (Grand dictionnaire universel du 19. siècle, Larousse, Tome 7, 1870 - books.google.fr).
Laurent le Magnifique réunit à grands frais des médailles et des inscriptions, confie à Politien le soin de classer toutes ses collections, et, pour les compléter, fait fouiller la Péninsule, la Grèce et l'Orient par des savants tels que Hieronimo Donato, Ermolao Barbaro, Paolo Cortesi, Jean Lascaris, etc. Il confie la garde des sceaux de la république à Bartolommeo Scala, digne successeur des Benedetto Accolti, des Poggio Bracciolini, des Carlo Marsuppini, des Leonardo Aretino et des Coluccio Salutati. [...] Marullus, un des favoris de Laurent, épousa Alessandra Scala, renommée pour sa science. Alessandra était aimée de Politien. De là vinrent les querelles entre ces deux savants (François-Anatole Gruyer, Raphaël: Peinture de Portraits, Volume 2, 1881 - books.google.fr).
SCALA (BARTHÉLEMI), connu aussi sous le nom de Vopiscus, qu'il avait pris, étant né jumeau, homme d'état et homme de lettres, né en 1430, à Colle de Valdelsa, en Toscane, vint à Florence pour y étudier le droit, et prendre le degré de docteur. Fils d'un pauvre meunier, sans relations et sans appui, il sut, par son propre mérite, s'élever aux premières charges de la république, dont il mania longtemps les affaires. Aspirant à la réputation d'écrivain, après avoir franchi tous les degrés de l'ambition, il se montra jaloux du mérite de Politien, auquel il enviait peut-être la faveur des Médicis. Scala avait composé, à ce que l'on prétend, un poème philosophique dans le genre de celui de Lucrèce, et quelques apologues, maintenant ignorés, mais qui, par la gravité des préceptes et par la bizarrerie de l'invention, obtinrent alors un succès universel. Il entreprit aussi d'écrire l'histoire de la ville de Florence, et s'était proposé de la diviser en vingt livres, dont il n'a laissé que les quatre premiers, avec le commencement du cinquième : sa mort, arrivée en 1495, l'empêcha de la continuer (Biographie universelle, ancienne et moderne, Tome 41, 1825 - books.google.fr).
B. Scala est qualifié de «Vopiscus» (en souvenir d'un frère plus aîné prénommé comme lui et décédé en bas âge), une épithète que l'on ne trouve en général associée à son nom que dans les années 1450-60 (Frank La Brasca, Marina Marietti, Echos du moyen âge à la Renaissance, une lettre pro-guelfe de Cristoforo Landino, L'amato alloro, 2000 - books.google.fr).
Il est frappant, et les mythographes chrétiens ont dû faire le rapprochement, que le nom hébreu de Bar Tholomai, «Fils de Tholomée» soit à la fois proche certes du grec Ptolémée «le Belliqueux, Massacreur et Razzieur» qui offrira une partie du butin, «humain» ou non, en sacrifice, mais surtout du grec "thuléma" «offrande sacrifiée sur l’autel fumant», "thulakos" «peau de la bête vidée pour le sacrifice», comme le fut Saint Barthélemy. L’ensemble vient du verbe grec "thuô" «égorger une victime et l’offrir en sacrifice sur l’autel fumant des dieux», qui a pour étymologie une racine de Vie et donc «religieuse» par excellence, symbole de la «civilisation du Feu», omniprésente dans toutes les langues d’origine indo-européennes, la racine *dhew-, *dheu- «faire fumer par le feu, transformer en cendres» comme la dernière cérémonie religieuse sur le «bûcher» le faisait des «Mortels Humains» (*dheu-n donne duine en vieil irlandais, cornique, breton dyn «homme»), dans certaines civilisations (LE CRU ET LE CUIT - www.mythistoria.org).
Il ne faut pas croire que tous ceux qu'on voit à la louange d'Alexandra Scala, dans les poésies de Marulle, aient été faits depuis qu'elle fut mariée avec lui; on ne pourrait tout au plus le soupçonner que de cette petite épigramme :
Quòd tam tota decens, formosaque tota venusta,
Rara quidem, sed non unica Scala mea es;
At quòd casta, decens, at quòd formosa, pudica,
Dispeream si non unica Scala mea es :
Nam cum Pieridum reputo commercia sacra,
Jam non ulterius unica, Scala dea es
(Pierre Bayle, Dictionnaire historique et critique, Tome 30, 1820 - books.google.fr).
Cf. Scala (de Milan).
Vopiscus : les circonstances du décès de l'enfant varient selon les auteurs. Pour Pline, un des jumeaux est mort lors d'une fausse-couche : «On appelait Vopiscus l'enfant qui, retenu dans le sein maternel, parvenait à terme, quand l'autre avait péri par avortement (spontané)». Mais les circonstances du décès varient selon les auteurs. Plutarque reste vague : Vopiscus désigne «celui des jumeaux qui survit à l'autre». Isidore de Séville semble évoquer un accident au cours de l'accouchement : «Si, parmi les jumeaux, l'un est mort-né, l'autre, qui sera né normalement, est appelé Vopiscue». Chez Quintilien, le nom se réfère à «des incidents postérieurs à la naissance». Quelle est la signification de ce terme ? Son étymologie pourrait se rapporter au lien unissant les jumeaux au-delà de la mort. Selon Joseph Vendryès, le terme serait issu du dialecte celtique ou ligure du nord de l'Italie, *uo-pit-sko ou *uo-peit-sko, et signifierait «celui qui a deux âmes», c'est-à-dire la sienne et celle du jumeau mort-né (Véronique Dasen, Jumeaux, jumelles dans l'antiquité Grecque et Romaine, 2005 - books.google.fr).
A Manilius Vopiscus, Stace dédie une épître des Silves (I, III). [...] Vopiscus est sage, ne désirant que les vrais biens. Macte bonis animi, lui dit Stace : Toi qui mérites les biens de Midas et de Crésus, et les trésors de Perse, sois béni dans tous les biens de l'âme ... Jouis amplement de tes doctes loisirs; et, le cœur libre de tout nuage, atteins et dépasse la vieillesse de Nestor ! (105-110). Au premier rang de ces biens, naturellement, sont la poésie et la philosophie (99-104) conseillères de «vertu sereine»; la philosophie est même nommée ici avant la poésie (André Pézard, Un Dante épicurien, Mélanges offerts à Etienne Gilson, 2024 - books.google.fr).
Bianca et la conjuration des Pazzi
Malgré la rivalité entre les Pazzi et les Médicis, les deux familles ont établi un lien matrimonial, puisque Bianca de Médicis (1445-1505), fille de Pierre Ier et sœur de Julien et de Laurent, a épousé Guglielmo de Pazzi. Mais cela ne fait pas disparaître toutes les rancœurs.
Bianca de Médicis (Florence, 10 septembre 1445 - 20 juillet 1505) Bianca était musicienne, en fait en 1460 a joué de l'orgue pour le pape Pie II et le futur pape Alexandre VI, et propriétaire terrienne.
La conjuration des Pazzi est un complot fomenté en 1478 par la famille Pazzi contre les Médicis, devenue la famille dominante de la république de Florence. Cette tentative de coup d'État se solde par un échec : Laurent de Médicis échappe à l'attentat perpétré le 26 avril 1478, jour de Pâques, durant la messe dans la cathédrale Santa Maria del Fiore, contrairement à son frère Julien, et organise la répression contre les conjurés. Cette répression est à l'origine d'un conflit entre les Médicis et le pape Sixte IV, qui suscite une guerre contre la république de Florence, la «guerre des Pazzi».
La guerre des Pazzi se termine par des pourparlers difficiles (accords du 13 mars 1480, immédiatement contestés de toute part) ; l'attaque turque contre Otrante en juillet 1480 accélère le règlement du conflit : les Médicis recouvrent tous leurs biens, en échange de compensations financières et d'une participation à la défense d'Otrante. (fr.wikipedia.org - Ange Politien, (fr.wikipedia.org - Bianca de Médicis).
Laurent de Médicis fut deux fois sauvé par le poète Ange Politien, qui l'aida à se réfugier dans la sacristie, puis livra au grand public une version autorisée de l'événement. Une fois les Pazzi massacrés, l'accent fut placé sur le caractère exogène de l'attentat, imputé au pape et à ses sbires (Les collections de l'histoire, Numéros 30-33, 2006 - books.google.fr).
Scala, who had been in the government through the crisis of 1478-80, wrote of the monster Eritus and his vicious uncle and the ravages they committed on the flocks of peaceful shepherds. (Vopisci Bartholomaei Scalae Egloga Eritus, Laur. MS Ashb). Eritus looks very much like Girolamo Riario, the nephew of Pope Sixtus IV who, with his uncle's blessing, organized the conspiracy against Lorenzo and Florence (The Art Quarterly, Volume 24,,1961 - books.google.fr).
Dans la mythologie grecque, Eurytos ou Érytos (Eritus, Erithus, Eurytus) est un héros, fils d'Hermès et frère d'Échion, membre de l'expédition des Argonautes (fr.wikipedia.org - Eurytos (fils d'Hermès), Publii Ouidii Nasonis Opera omnia 4. voluminibus comprehensa, Tome 2, 1727 - books.google.fr).
The tutor of Giuliano de'Medici was Gentile de'Becchi. Distinguished in appearance, a keen horseman, he enjoyed hunting and jousting; after the jousts in his honour of 1475 Poliziano sang his praises in the celebrated poem Stanze per la Giostra. He also enjoyed painting and music, according to Poliziano, and wrote poetry in the vernacular, which he recited on occasion with much feeling (Letters, I, 72). Giuliano and Lorenzo were referred to as the twins Castor and Pollux on account of the harmony which prevailed between them (Letters, 2, 54). Although Giuliano took no part in affairs of state, he did go on minor diplomatic missions, one being to the Gonzagas of Mantua. Lorenzo tried to obtain the Cardinal's hat for Giuliano, without success. Giuliano was a member of Ficino's Academy, and Ficino dedicated the first book of his letters to him. Giuliano was patron (governatore) of the Compagnia de'Magi, a lay confraternity to which members of the Medici family belonged. One letter of Ficino's to Giuliano (Letters, I, 72) mentions an oration delivered by Giuliano at such a gathering which had a profound effect on those present (The Letters of Marsilio Ficino, Tome 4, 1975 - books.google.fr).
Devises
Dans la version couleur, les magnifiques armoiries, qui en ornent à la fois la page titre et la dernière planche, sont véritablement somptueuses : au centre se trouve un écu écartelé d’or et de gueules avec, aux premier et troisième quartiers, un pélican sablé et, aux deuxième et quatrième, deux croissants de lune argent. Si ces derniers rappellent de manière plutôt transparente l’ancienne domination ottomane (Rainier Grutman, «Eih bennek, eih blavek» : l’inscription du bruxellois dans Le sceptre d’Ottokar, Hergé reporter : Tintin en contexte, Études françaises, Volume 46, numéro 2, 2010 - www.erudit.org).
Musset, auteur du drame Lorenzaccio (1835) qui se déroule à Florence, a pu avoir plusieurs sources pour sa Nuit de mai (1835 - 1837), mais certainement une source religieuse, telle que cette Crucifixion par Beato Angelico (Musée Saint-Marc de Florence). On est conduit à le penser par le caractère religieux qu'il a donné par endroits à sa description, résumée dans les mots de divin sacrifice; et il avait sans doute vu, pendant ses séjours à Florence, ce tableau où le Christ en croix est dominé par la scène même du dévouement du Pélican à ses cinq petits. C'est une longue tradition qui a lié l'idée du Sacrifice du Pélican à l'idée du Sacrifice du Christ (Les Grands écrivains de France illustrés, morceaux choisis et analyses (classes de lettres), 1948 - books.google.fr, www.ashmolean.org).
Le roi Édouard III d'Angleterre crée ainsi l'ordre de la Jarretière le 23 avril 1348, le jour de la Saint-Georges (cf. fresque de la salle du Trône syldave), en pleine guerre de Cent Ans «Honi soit qui mal y pense» (en français dans le texte) en est la devise (fr.wikipedia.org - Honi soit qui mal y pense).
Cette devise est prononcée par Ottokar IV quand on veut lui piquer son sceptre (brochure dans l'avion, après l'an 1360).
D'après un article du Bulletin de numismatique et d'archéologie de Bruxelles, René II aurait, pour ainsi dire, pu prendre à son terrible adversaire le symbole qui devait si bien traduire l'héroïque résistance de son peuple et durer jusqu'à nos jours dans les armoiries de la capitale du duché. L'auteur de cet article affirme, en effet, mais sans indiquer de sources, que Charles le Téméraire «se donnait pour devise : Qui s'y frotte s'y pique». En même temps, il attribue à ce prince un manuscrit qui est orné, dit-il, de ses armoiries ainsi que d'une «lettrine» représentant une fleur de chardon. Cependant les armoiries en question ne sauraient convenir qu'à Marguerite d'York, troisième femme de Charles le Téméraire. Dès lors, on peut se demander si la prétendue fleur de chardon du manuscrit n'est pas une marguerite, comme il en existe sur des jetons de cette princesse; et, si c'était bien une fleur de chardon, il resterait à établir qu'elle joue réellement là le rôle d'une devise (Léon Germain, Le chardon lorrain, Mémoires de l'Académie de Stanislas, 1885 - books.google.fr, J.-F. Dugniolle, Le jeton historique des dix-sept provinces des Pays-Bas, Tome 1, 1876 - books.google.fr).
«Eih bennek, eih blavek» signifie "j'y suis j'y reste" et nom "qui s'y frotte s'y pique". Cette dernière formule apparaît à la fin du XVIe siècle étant associée aux Orléans, à Louis XII et à son père (fin XVe et début XVIe). Louis XI dont l'emblème est un fagot d'épines, adopte la devise latine Non nu tus premor[réf. à confirmer] (« on n'y touche pas impunément ») (fr.wikipedia.org - Qui s'y frotte s'y pique (devise)).
Nous avons vu dans la collection de feu M. Giat, de Gannat. Ce sceau ovale porte pour légende : SCEAV DE LA VILLE DE GANNAT. Le chardon était l'un des emblèmes des ducs de Bourbon, on le trouve fréquemment accompagnant les armoiries de ces princes depuis le duc Louis II qui confirma, en 1367, les franchises de Gannat; il est donc probable que les armoiries de la ville datent de cette époque. Le gant fait naturellement allusion au nom de Gannat. Nous trouvons, dans le deuxième volume des «Tablettes d'Auvergne», une notice sur Gannat de M. Peigue, il y est dit qu'au XVe siècle, l'une des portes de la ville était surmontée de l'écu écartelé du chardon et du gant, avec cette devise : Qui s'y frotte s'y pique si gan n'a (Georges de Soultrait, Armorial du Bourbonnais, 1857 - books.google.fr).
Kaviarovitch : un miracle de Tintin
Ce curieux moustachu à lavallière qui fait une apparition brutale dans l’appartement de Tintin à la page 7 du Sceptre d’Ottokar est chargé par les services secrets de son pays de surveiller les organisations syldaves à l’étranger. Alors que Tintin le ramasse pour l'allonger, les Dupondt arrivent et demandent s'il est mort. "Son coeur bat" répond Tintin. Ainsi, sous les traits d’un artiste peintre, ressortissant balkanique, Kaviarovitch est sur la piste des conspirateurs qui tentent de renverser la monarchie syldave au profit de la Bordurie. Malencontreusement frappé d’amnésie, ce pittoresque moustachu ne peut dévoiler à Tintin le complot qui se prépare avec l’aide du faux professeur Halambique. Un rapport précis établi par cet imposteur concernant les activités de l’agent secret syldave sera découvert après l’arrestation d’Halambique (tintin.ir).
Zuliano Caviaro di Cologna abitante in Vicenza aveva un figlio infermo e languido come presso alla morte; lo raccomandò al Beato (S. Lorenzo da Valrovina), e tosto si riebbe Le risano. Presenti Biagio Cavioni di Vicenza, e Bernardino Coquinato di Marostica (Compendio della vita, martirio e miracoli del beato Lorenzino di Valrovina, 1863 - books.google.fr).
Lorenzino Sossio è il nome tardivamente attribuito al bambino il cui cadavere fu rinvenuto nel 1485 nei pressi di Marostica. La popolazione ritenne il bambino vittima di un infanticidio rituale attribuito agli ebrei di Bassano e tale accusa portò all'espulsione degli ebrei da Vicenza e dal suo territorio, decretata dal doge Marco Barbarigo il 21 aprile 1486 (it.wikipedia.org - Lorenzino Sossio).
I Barbarigo furono una famiglia patrizia di Venezia, del cui patriziato fecero ancora parte anche dopo la serrata del Maggior Consiglio del 1297 (it.wikipedia.org - Barbarigo).
La volonté des familles aristocratiques et du doge Pietro Gradenigo d'assurer une plus grande stabilité et une plus grande continuité à la tête de la République, donne lieu le 28 février 1297 à la «fermeture» du Maggior Consiglio (Serrata del Maggior Consiglio) : les mesures prises permettent l'accès au Maggior Consiglio à seulement ceux qui en ont déjà fait partie au cours des quatre années précédentes et chaque année, à quarante personnes issues de leurs descendants par tirage au sort (fr.wikipedia.org - Maggior Consiglio).
Comment expliquer la lavallière de Kaviarovitch si on le met en rapport avec Lorenzo Sossio ?
9 volumes forment le catalogue complet de la fameuse bibliothèque du Duc de La Vallière (Catalogue de la collection précieuse de livres anciens et modernes formant la bibliothèque de feu M. S. Sobolewski, 1873 - books.google.fr).
Le catalogue de La Vallière attribue à Gérard de Flandre le Libro de la divina providentia composto in volgare de la seraphica vergene sancta Catherina da Siena suore del terzo ordine di sancto Dominico et in esso se contienne alti et suavissimi secreti divini. (Sine ulla indic.) In-folio. Les caractères n'ont cependant aucune ressemblance avec ceux dont cet artiste se servait; ils ressemblent plutôt à ceux qu'employait Paul Azzoguidi, imprimeur à Bologne, vers 1472.
Joh. Mathie Tiberini liberalium artium et medicinae doctoris ad magnificos rectores senatum populumque brixianum relatio de Judeorum quorundam malitia in puerum christianum facta. (Tarvisii, Gerardus de Lisa, 1475). In-4°. Cet ouvrage a été imprimé plusieurs fois dans le dernier quart du XV° siècle, notamment à Rome, Nuremberg, Vicence, Venise, etc. Cependant l'édition de Gérard de Flandre est regardée comme la première. Il publie encore De immanitate Judeorum in Simonem Tridentinum infantem carmen Thomae Prati Tarvisani. Tarvisii per Gerardum de Lisa, 1475. In-4°.
Gérard de Flandre est un des hommes les plus remarquables, qui presqu'au début de l'imprimerie, allèrent porter dans les pays ultramontains dans la deuxième partie du XVe siècle, un art qui devait si puissamment contribuer au développement de toutes les branches des connaissances humaines. Il est vrai qu'il n'a pas été le premier qui ait doté l'Italie de cet art admirable, Sweynheym et Pannartz, Jean de Spire et autres, ont été ses devanciers, mais au moins a-t-il la gloire d'avoir pris la plus large part à son introduction dans les différentes villes de ce pays et surtout à sa prompte propagation dans les états vénitiens. Gérard de Flandre (son nom l'indique assez) était originaire de la Flandre; il reçut le jour dans une des villes ou des villages qui bordent la Lys, c'est de là que lui vint le nom de Gerardus de Lisa (Gérard de la Lys, Geeraerd van de Leye) (Messager des sciences historiques de Belgique, 1844 - books.google.fr).
Matthieu Tiberini dans sa Relatio de Simone puero Tridentino traite des meutres riuels reprochés aux Juifs au sujet de la mort de Simon, enfant de la ville de Trente, en 1475 (Marie-France Rouart, Le crime rituel, ou, Le sang de l'autre, 1997 - books.google.fr, Benedetto Bonelli, Dissertazione apologetica sul martirio del beato Simone da Trento nell'anno 1475. dagli ebrei ucciso, 1747 - books.google.fr).
Stassanow : du lait
Yegor Stassanow, de la marque belge de lait Stassano (www.gorianet.it).
L’histoire de la laiterie qui produisait la marque «Stabilac» remonte à 1933. C’est la laiterie «Lacsoons», située en Belgique à Rotselaer (au nord de la ville de Louvain), qui utilise d’abord le nom de «Stassano» comme logo sur ses bouteilles de lait. Enrico Stassano inventa un procédé de pasteurisation. Après la deuxième guerre mondiale, la laiterie développe le lait stérilisé. Elle garde alors le nom «Stassano» pour le lait frais et crée la marque «Stabilac» pour le lait avec une durée de conservation plus longue (www.facebook.com - belgitude.be).
Le chauffage du lait appelé de ce nom se distingue d'autres méthodes (pasteurisation lente, à haute température, stérilisation) parce qu'il a lieu dans un système de tuyauterie complètement fermé à travers lequel le lait passe en couche très mince (environ 1 m/m), ce qui a pour effet un chauffage rapide et effectif sans admission d'air et sans qu'aucune partie du lait ne soit trop chauffée (TRAITEMENT DU LAIT PAR LA CHALEUR (Stassanisation) Laiterie d'essais d'Etat à Hillerod (Danemark) - lait.dairy-journal.org).
Le carnet d'Alfred Halambique rassemblant des informations lui permettant de joue le rôle de son frère apparaît à la page 60. La photo de Stassanow précède la case de celle de Kaviarovitch.
The murdered child’s name was Lorenzino, or Lorenzo, which is Lawrence in English. The title of ‘Friar’ in the play of Romeo and Juliette b Shakespeare was later confirmed by Lorenzino’s veneration as a saint by the Roman Catholic Church on 15 April 1867. Ben Marcuccio the ‘moneylender at Bassano’ may also be an alternate to Antonio Bassano’s father-in-law characterized as Shylock in The Merchant of Venice. It is clear from the above ecclesiastical record that Rabbi Mordecai Bassano must have testified against Ben Marcuccio (Peter Matthews, Bassano Legal Case in Romeo and Juliet,2015 - petermatthews.com.au).
Le comte de Messire Luigi da Porto (né en 1485 à Vicence et mort le 10 mai 1529) n'offrait à Shakspeare qu'un prêtre complaisant et commode qui faisait entrer dans son confessionnal, d'un côté l'amant, d'un autre la maîtresse, et qui bénissait leurs entrevues. [...] Ce pauvre personnage est devenu le Friar Lawrence de Shakspeare, philosophe comme un vieillard et s'étonnant que les battements d'un cœur jeune puissent étouffer la raison et la prudence. [...] Il ne s'occupe point de prêcher ceux qui ne l'écouteraient guère; seulement il dit à Roméo : "Jeune homme, l'adversité est une dure nourrice, dont le lait fortifie et donne la sagesse." (Philarète Chasles, L'Angleterre au seizième siècle, 1879 - books.google.fr).
Cf. Virtus malis arguitur : Ovide, Tristes Livre IV Elégie III : L'adversité est la pierre de touche de la vertu.
Les modèles pour le personnage de Nestor Halambique
Auguste Piccard (1884-1962). Ce fameux savant helvétique est le modèle du non moins célèbre professeur Tryphon Tournesol qui apparaît pour la première fois dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Cependant, comme il avait un frère jumeau, je me demande s’il ne serait pas également à l’origine du professeur Nestor Halambique (Jean Stouff, Tintin et le monde réel : deux exemples d’inspiration pris par Hergé dans l’actualité de son temps, 26 février 2016 - biblioweb.hypotheses.org).
J’émets une supposition que je n’ai pas trouvée exprimée ailleurs pour l’instant. Je viens de relire hier soir le sceptre d’Ottokar et je m’interroge fortement sur le personnage du professeur Halambique que rencontre Tintin. Je lui trouve une ressemblance avec Paul Otlet. Il consacre quelques remarques sur l’étude des sceaux dans son Traité de documentation (www.guidedesegares.info).
L’usage des sceaux et des cachets remonte à une haute antiquité. Ils étaient gravés souvent sur le chaton des bagues, sur des émeraudes, etc. Il y a cette différence entre les sceaux et les cachets que ceux-ci sont employés par les particuliers et ceux-là par les souverains ou d’autres autorités publiques. Les empereurs romains se servaient d’un sceau d’or pour authentiquer les actes importants. Le pape se sert de deux sceaux : l’un pour les brefs (anneau du pêcheur sur cire rouge), l’autre pour les bulles (sceau de plomb). [...] On donne aujourd’hui le titre de Garde des sceaux ou Chancelier au ministre de la Justice. La connaissance des sceaux (sigillographie, sphragistique) est l’une des branches de la diplomatique, de l’archéologie et de l’histoire (Paul Otlet, Traité de documentation, 1934 - fr.wikisource.org).
L'Hôtel Otlet a été construit de 1894 à 1898 pour le juriste et documentaliste Paul Otlet, plus de dix ans après l'Hôtel Goblet d'Alviella, construit en 1882. C'est un bâtiment Art nouveau édifié à Bruxelles par l'architecte Octave Van Rysselberghe. L'hôtel est situé à Bruxelles, à l'angle des rues de Livourne (no 48) et de Florence (no 13) dans la rue même où Van Rysselberghe construisit sa maison personnelle (maison Van Rysselberghe rue de Livourne no 83), au cœur d'un quartier qui abrite de nombreux chefs-d'œuvre de l'Art nouveau bruxellois comme l'hôtel Solvay, l'hôtel Tassel, la maison Hankar, etc. (fr.wikipedia.org - Hôtel Otlet).
C’était ce même architecte qui s’était plié de bonne grâce aux desiderata de la famille Otlet en imaginant l’urbanisation, puis la construction de la station balnéaire de Westende, ce premier village de vacances en bord de mer du Nord, édifié intégralement sur fonds privés. Ce n’était pas rien. Imaginer le plan de cette station future alors qu’il n’y avait que du sable, y bâtir des dizaines de maisons toutes différentes, sans oublier les infrastructures, le système de distribution et de traitement des eaux, la production d’électricité, le bureau de poste, la surveillance des bains de mer, les tennis, une chapelle, et j’en oublie. Des années plus tard, en travaillant sur un scénario qui racontait l’amitié amoureuse qui avait enflammé Maria Van Rysselberghe, la femme du peintre, et Aline Mayrisch, j’ai eu un nouveau choc. C’était ce même Octave qui avait construit à Dudelange (Grand Duché de Luxembourg) un vaste manoir pour le responsable de la sidérurgie moderne, l’industriel Émile Mayrisch, mari d’Aline. C’est encore Octave qui avait dessiné leur maison de vacances à Bormes-les Mimosas, dans le sud de la France (Françoise Levie, L’ARCHITECTE FANTÔME, À la recherche d’Octave Van Rysselberghe, 2023 - excerpts.numilog.com).
Dans les années `20, Florence fut même une des bases du fascisme et dans la décennie suivante son support à Mussolini fut récompensé avec la construction de la gare de Santa Maria Novella (1933-1935) et du stade dans le quartier de Campo di Marte (1932) (www.florenceholidays.com).
Géopolitique du Sceptre d'Ottokar : Otler et Jean Pélissier
The global solutions to the national question that were put forward during the War by several transnational organizations, in search for a solid base for world peace, were extremely variegated. The Belgian pacifist thinker Paul Otlet, who inspired the Declaration of the Rights of Nationalities (1914, 1916), established that the diverse range of solutions encompassed full independence, federative autonomy and asymmetrical decentralization (in current phraseology), or what he labelled as 'personal statute regimes', i. e. cultural autonomy based on individual adscription. Occasionally, some innovative proposals suggested that nationalities become subjects of international law regardless of whether they had a State or not. However, they found little echo in the main European chancelleries. The evolution of the Union des Nationalités illustrates the ambiguous use of the nationality principle during the Great War and its aftermath (Nunez Seixas, Wilson's unexpected friends, The First World War and the Nationality Question in Europe, Global Impact and Local Dynamics, 2020 - books.google.fr).
On remarquera que l'Office des nationalités regroupait largement la gauche radicale internationale. En France, on y comptait des républicains-socialistes comme Painlevé et des radicaux-socialistes opposés à Poincaré et à sa politique d'alliance prioritaire renforcée avec la Russie qui fut pratiquée entre 1912 et 1913. Ils préconisaient une autre orientation, certes nationale, mais au nom de la France émancipatrice des peuples. Pélissier lui-même pense que la France doit prendre la tête des nationalités en Europe au nom de sa mission émancipatrice. Elle remettrait ainsi en cause l'ordre de 1871 en prenant la tête des petites et moyennes puissances contre les Empires et, en particulier, contre l'Allemagne. C'est cette option que Pélissier entend défendre en entrant à La Dépêche de Toulouse, grand quotidien de province radical. Le patriotisme de Pélissier est ardent et son républicanisme est complet. Pendant les guerres balkaniques de 1912-1913, Pélissier est le correspondant de ce journal. Il en profite pour établir un carnet d'adresses avec toute une série de Serbes, Bulgares, Grecs et autres responsables balkaniques qui lui seront hostiles par la suite. Surpris à Athènes par la mobilisation, Pélissier se retrouve à l'Etat-major de la Première armée dans les Vosges, dans les services de la Sûreté aux Armées. Son journal ne commençant qu'en mars 1915, il est difficile de savoir exactement dans quelles conditions. On peut néanmoins penser qu'il avait été repéré avant la guerre par les services de sécurité. Il avait "un peu le sentiment de s'agiter dans le vide". Il regrettait que la Sûreté ne l'employât pas, comme il l'avait proposé, pour faire de la «police politique» en Suisse, c'est-à-dire pour y suivre les mouvements des nationalités qui y entretenaient pratiquement tous des représentants. C'était en effet le véritable centre d'intérêt de Pélissier. C'était là qu'il pouvait se rendre utile. Il lui faudra toutefois attendre 1917 pour voir son vœu exaucé. Puis il proposa à son principal protecteur dans les milieux politiques, Painlevé, le 27 juin 1915, «d'organiser une mission dans les Balkans pour tâcher de travailler à la reconstitution de l'Alliance balkanique et d'amener l'entrée en scène, à côté des Alliés, de la Bulgarie, de la Grèce et de la Roumanie». La réalité allait être beaucoup plus modeste : en décembre 1915, il fut nommé inspecteur auxiliaire de la Sûreté, mis à la disposition de l'attaché naval à Athènes, le fameux commandant Roquefeuil qui a dirigé les services secrets en Grèce jusqu'en 1916. Pélissier remplit très consciencieusement son rôle de chef de la Sûreté à Argostoli : chasse à la contrebande, aux sous-marins allemands, sécurité de l'armée navale... Mais depuis le mois de juillet, il savait que sa place n'était plus en Grèce et souhaitait aller en Suisse pour y reprendre la propagande en faveur des nationalités. Le 18 novembre, il partait en permission et n'était pas en Grèce lors des événements de décembre 1916 qui détruisirent le réseau du service secret établi par Roquefeuil. De retour à Paris, en décembre, Pélissier fit des pieds et des mains pour être envoyé en Suisse reprendre le contrôle de l'Office Central des Nationalités (OCN), dirigé depuis le début de la guerre par le seul Gabrys et installé à Lausanne. Pélissier craignait de voir cet organisme tomber sous l'influence allemande. En effet, les Lituaniens pouvaient être tentés de s'appuyer sur l'Allemagne pour échapper au joug russe. Pélissier vit dès son retour qu'Albert Thomas était intéressé et que le chef de cabinet de Briand, Berthelot, et son adjoint restaient sceptiques. Mais il dut attendre six semaines, jusqu'au 15 janvier 1917, pour être reçu par Painlevé, qui n'était plus ministre depuis le remaniement du 12 décembre. Il lui donna un mot de recommandation pour le Colonel Goubet, chef du 5e bureau de l'Etat-major, c'est-à-dire des services du renseignement. Pélissier avait en effet proposé à Goubet de mettre l'OCN au service du 5e bureau et aussi, semble-t-il, de faire du renseignement en Autriche-Hongrie. Le même jour et le lendemain, le Colonel Goubet et le capitaine Ladoux, chef du contre-espionnage, virent Pélissier et se montrèrent très intéressés par la perspective d'utiliser l'OCN. Ils estimèrent néanmoins que Pélissier étant une personnalité fort connue qui pouvait fournir des renseignements de nature politique mais pas militaire, il était indispensable de l'envoyer en Suisse avec une «couverture» du Quai d'Orsay au titre de la Direction de la Propagande. Pélissier fit sonder dans ce but le Général Berthelot par le professeur Haguenin, chef du Service de presse de l'ambassade de France à Berne. Malgré les appuis dont Pélissier disposait, le directeur de cabinet de Briand manifestait une méfiance caractéristique de l'attitude de la diplomatie française à l'égard des nationalités auxquelles Pélissier était très favorable. Pendant plus d'un mois, Pélissier fut ballotté entre Goubet, qui comprenait l'intérêt de l'OCN, qui était prêt à envoyer Pélissier en Suisse, mais qui estimait qu'une couverture diplomatique était nécessaire, et Berthelot, hostile au projet lui-même et qui refusait d'accorder la couverture souhaitée par Goubet. Finalement, une dernière intervention auprès de Doumergue de retour de Russie, emporta la décision. Le 6 mars, Doumergue obtint l'envoi de Pélissier en Suisse. Il semble avoir été rattaché au Centre de renseignement d'Annemasse, c'est-à-dire au 2e bureau. Retenons dans cette affaire la très grande réticence du Quai (Georges-Henri Soutou, Jean Pélissier et l'Office central des nationalités, Le renseignement à la française, 1998 - books.google.fr).
Jean Pélissier est né à Aigues-Vives en Ariège en 1883 et mort en 1939. Il publie Souvenirs d'un reporter en 1934 al:ors qu'il est en poste à La Réunion.
Licencié ès lettres, typique représentant des "couches nouvelles" républicaines, homme de gauche, esprit romantique et passionné, voire exalté, il commença en 1908 une carrière de journaliste avec une interview retentissante d'Aerenthal, ministre des Affaires étrangères d'Autriche-Hongrie, dans l'Indépendance Belge : il y dévoilait son intention d'annexer la Bosnie-Herzégovine (Georges-Henri Soutou, Jean Pélissier et l'Office central des nationalités, Recherches sur la France et le problème des nationalités pendant la première guerre mondiale, 1995 - books.google.fr).
Dernière heure LA GUERRE ACTUELLE et l'avenir des nationalités. Une fort intéressante réunion, organisée par l'Office des nationalités, fondé il y a trois ans, s'est tenue, hier après midi, à l'école des Hautes études sociales. Y ont assisté des représentants de toutes les nationalités ayant adhéré à ce groupement : Belgique, Bulgarie, Bohème, Catalogne, Roumanie, Arménie, Alsace-Lorraine, Danemark, Irlande, Finlande, Lithuanie, Lettonie, Liban, Serbie, etc. Cette conférence a été ouverte par un vibrant discours de M. Painlevé, membre de l'Institut, député de Paris, fréquemment interrompu par les applaudissements de son auditoire. L'éminent orateur rappelle, tout d'abord, les circonstances dans lesquelles fut inauguré l'Office des nationalités. Il s'agissait alors de collaborer à une politique européenne, à la fois clairvoyante, énergique et juste, qui permit de résoudre les problèmes que posaient, à la civilisation, les peuples asservis. Depuis qu'il existe, l'Office a suivi obstinément la méthode positive, précise, à la fois scientifique et générouse. La valeur et la sincérité de cette méthode - à laquelle ont contribué, pour chaque peuple, des représentants des plus qualifiés, et, en France, des hommes tels que M. Arnaud, M. Gabrys et le vaillant journaliste Pélissier - se sont imposées à tous; récemment encore l'Action française, sous la signature de M. Charles Maurras, rendait hommage aux fortes enquêtes de M. Jean Pélissier : L'information sur les étrangers, disait-il, est une pièce de la politique extérieure. L'Office s'est efforcé, selon la mesure de ses propres moyens, de contribuer, dans l'intérêt de la France comme de l'Europe, à cette information exacte. L'espoir qui doit nous soutenir à travers les hideux massacres qui durent depuis dix mois, a dit en terminant M. Painlevé, c'est que l'équilibre qui sortira de cette guerre sera un équilibre stable et juste et qu'il n'existera plus, ni en Europe, ni dans la Turquie d'Asie, un coin de terre où un peuple puisse se dire opprimé, fait appel à la fraternité des peuples balkaniques, qui ne sauraient s'entéter dans une sorte de vendetta enfantine et barbare. C'est la France qui leur adresse cet appel et qui a le droit de le leur adresser, elle qui supporte volontairement, pour la liberté du monde, les plus cruelles épreuves et dont chaque citoyen, les dents serrées dans un sublime silence, porte au fond du cœur la devise des ancêtres : Vaincre ou mourir. Après M Painlevé, M. Charles Seignobos, professeur à la Sorbonne, a traité, à son tour, les questions si complexes qui se poseront, plus tard, devant le congrès chargé de discuter les conditions de la paix européenne. D'autres discours ont été prononcés : par M. Mateï Gheroff, qui s'est placé au point de vue bulgare; par M. Novakovitch, fils de l'ancien président du Conseil des ministres de Serbie, professeur à l'Université de Belgrade; enfin, par M. Paul Otlet, de Bruxelles. L'orateur belge a été particulièrement acclamé. La deuxième séance de la conférence organisée par l'Office des (L'Indépendance tchèque: bulletin officiel du Comité de la colonie et des volontaires tchèques de France et du Conseil national des colonies tchéco-slaves, Numéros 1 à 14, 1915 - books.google.fr, Paul Otlet, Les problèmes internationaux et la guerre: Tableau des conditions et solutions nouvelles de l'économie, du droit et de la politique, 1916 - books.google.fr, Georges-Henri Soutou, Jean Pélissier et l'Office central des nationalités, Recherches sur la France et le problème des nationalités pendant la première guerre mondiale, 1995 - books.google.fr).
Les origines des Sciences de l’Information et de la Communication sont incontestablement attribuées à Paul Otlet et à la création de l’institut international de bibliographie en 1895, comme le souligne M. Buckland et L. Zimming dans leurs recherches sur l’histoire de la science de l’information. Paul Otlet (1903) emploie le terme de documentation pour désigner le processus de fourniture de documents aux chercheurs d’information, et souligne que ce terme de documentation deviendra le principal terme européen pour désigner le travail des bibliothécaires puis des documentalistes (Paul Otlet, Traité de documentation : le livre sur le livre, Bruxelles : Editiones Mundaneum, 524 p, 1934) (Cécile Gardiès, De la mouvance identitaire à l’ancrage scientifique des professionnels de l’information-documentation dans l’Enseignement Agricole, 2009 - theses.hal.science).
La photo des jumeaux Halambique : Lorgues
La "maison" de plain-pieds avec toit à deux pans derrière les jumeaux Halambique présente un porche, ou ce que l'on peut appeler un auvent ajouré par des arcades à travers lesquelles on voit la végétation au loin. Il existe des bâtiments avec ce type d'architecture : ce sont des chapelles, et souvent provençales. En restant dans le Var, suite à la présence des Ruysselberghe au Lavandou, des chapelles de Lorgues correspondent à ces critères : Saint Honorat et Saint Jaume, Benva. Elles ont des clochetons vers leur milieu mais la tête d'Alfred pourrait les cacher.
Petite chapelle provençale du XIVème siècle, avec son auvent, Saint Honorat a d’abord été chapelle de pénitents avant d’être abandonnée parce que trop exigüe. Affectée au culte catholique (la messe y est célébrée notamment pour la Saint-Honorat et pour la Saint-Honoré, par assimilation), la chapelle est régulièrement prêtée par la paroisse à la communauté Réformée et à la Communion anglicane qui y célèbrent également le culte de temps à autre (www.lorguesparoisse.fr).

Chapelle Saint Honorat, Lorgues - www.sauvegardeartfrancais.fr
Selon l'abbé Bérard, dans un article de 1881, la chapelle de Benva a été bâtie vers 1468 à la suite d'un voeu par les parents d'une jeune fille enlevée par un dragon ou un serpent et retrouvée vive. C'est à l'époque du rattachement de la Provence, autrefois partie de la Francie médiane, à la France (1481). Le serpent, parmi les fresques du XVIe siècle, a été peint sur la voûte du porche, sous lequel passe la route d'Entrecasteaux, puis badigeonné au XIXe siècle car il effrayait les mules (Louis Nardin, Histoire de Lorgues, cité franche en Provence, 1999 - books.google.fr).

Chapelle de Benva, Lorgues - www.lorgues-patrimoine.fr, lorgues.free.fr
A Saint-Jaume, et ce n'est pas nouveau, il n'y a pas que la chapelle (construite au XIVème siècle). Nous avons un autre trésor, le dolmen de PEY-CERVIER (qui signifie la colline des loups ou plus exactement la colline des loups-cerviers ou lynx), édifié entre 3000 et 2000 ans avant notre ère, et qui se trouve juste au des sus du hameau.
La chapelle a été construite et rachetée à la Révolution par les habitants de Saint-Jaume et ceux des hameaux voisins : Vignaubière, Pont d'Argens, les Maunier, les Miquelet, les Girard. En 1842 une nouvelle cloche fut installée, des messes régulières y ont été célébrées jusqu'en 1910. En 1954, le porche s'est écroulé. Jusqu'en 1950 (environ) on sonnait l'unique cloche à chaque évènement et en particulier lors d'obsèques de l'un des habitants du secteur. A ce moment là, tous les habitants du hameau s'arrêtaient de travailler et veillaient tour à tour le(la) défunt(e) jusqu'au jour de l'enterrement (Jean-François Humblot) (Vivre à Lorgues, 2017 - www.mairiedelorgues.fr).

Chapelle Saint Jaume, Lorgues - chapelles.provence.free.fr
Saint Nestor, que l'Eglise invoque comme Martyr de Gaza, le 8 septembre, lequel, après avoir été cruellement battu par une populace impie, à cause de sa Foi, et après avoir été porté, par des fidèles, chez un hôte charitable appelé Zénon, ne pouvant guérir des plaies qu'il avoit reçues, y rendit son âme à Dieu (Euseb., Hist. Eccles., 1. V, C. IX.).
En latin "gaza" veut dire trésor même si l'étymologie du nom de la ville n'est pas en réalité latine.
Notre-Dame-de-Florièye est mentionnée à la fin du Moyen Âge. La petite chapelle a été construite sur un site plus ancien, à un carrefour près d’un gué sur la rivière Florièye. On peut encore voir les vestiges de l’ancien porche qui enjambe la route. Il a été détruit parce qu’il obstruait la route, et pour faciliter la célébration des fêtes locales (www.lorgues-patrimoine.fr).
En 1927 les prieurs Chieusse et Gaymard firent réparer la toiture et blanchir l'intérieur grâce à une souscription de 750 francs. La messe y était célébrée deux fois par an : en mai à Saint-Pons et le 8 septembre jour de Notre-Dame de la Nativité. Après la mort des prieurs la chapelle fut abandonnée (Louis Nardin, Histoire de Lorgues, cité franche en Provence, 1999 - books.google.fr).
Saint-Barthélémy [cf. Bartolomeo Scal] est une chapelle de campagne, en mains privées, qui témoigne de la christianisation des campagnes. Bien qu’elle se trouve à une certaine distance de Lorgues, sur le versant ouest de la vallée de la Florièye, elle est mentionnée en 1421 comme étant rattachée à l’ancienne collégiale Saint-Martin. Cependant, aujourd’hui, la chapelle est un exemple classique de chapelle tombée en ruine. Située à proximité de la route médiévale de Draguignan à Lorgues, lorsque le tracé de la route a été modifié, elle n’avait pas l’avantage d’être en bordure de route ni à proximité d’un hameau. Elle est enfouie dans un bois, qui l’engloutit rapidement (www.lorgues-patrimoine.fr).
Lorgues et Christophe Colomb
L'Eureka lancé par Tintin à la page 44 joint aux trois jours de Christophe Colomb des Dupondt, devant la fresque de la salle du Trésor, représentant un cavalier, tel que furent Castor et Pollux, pointent sur la mythologie grecque. L'"eureka" se double de l'oeuf dur de Colomb. C'est d'un oeuf que sont nés Castor et Pollux, célèbres jumeaux mythologiques. Ceux-ci sont opposés à deux autres jumeaux Idas et Lyncée, à la vue perçante : les yeux lynx.
Idas et Lyncée sont les fils d'Apharée, roi de Messénie, et d'Aréné (fr.wikipedia.org - Idas et Lyncée).
La selva oscura de la Divine Comédie, où Dante, au jour du jubilé se sent menacé par le lynx, le léopard et le loup, avant que Virgile ne le sauve et que Béatrice ne le guide, a hérité de ces «gastes» forêts pleines d'embûches, comme le labyrinthe intérieur (Alice Planche, Charles d'Orléans, ou, La recherche d'un langage, 1975 - books.google.fr).
La famille Roselly de Lorgues, dont le nom s'écrivait autrefois Rosselli et Roselli, est originaire d'Itaie. Cesare Rosselli, embrassa fort activement le parti du roi René. Antonio Rosselli, fils de Cesare, se fixa dans la petite ville de Seillans, où il acquit une grande partie des terres de la seigneurie. Sa charge de notaire, dont le titre changea en 1486 par la réunion du comté de Provence à la France, s'est perpétuée dans sa famille et a été transmise de père en fils par rang d'aînesse, depuis le XVe siècle, jusqu'à Pierre Rosselly, grand-oncle de M. Rosselly de Lorgues, représentant actuel du nom. En 1756, Antoine Léger Rosselly, fils de Joseph César Rosselly, notaire royal à Seillans, s'établit à Lorgues et acheta, pour les réunir dans ses mains, plusieurs études de notaire. On le désigna du surnom de Lorgues pour le distinguer des membres de sa famille restés à Seillans et de ceux qui s'étaient établis sur divers autres points de la Provence. C'est sous ce nom que M. Antoine François Félix Roselly de Lorgues, américaniste français, petit-fils du précédent, né à Grasse le 11 août 1805. En 1833, il fonda le Journal des instituteurs primaires; puis il écrivit un livre : le Christ devant le siècle, qui fut suivi de plusieurs ouvrages importants, dont le dernier, la Vie de Christophe Colomb, mit le sceau à sa réputation littéraire. Cet ouvrage, publié en 1856, contient les candides paradoxes du postulateur officiel de la cause en béatification de Colombo devant la cour de Rome. Mais la critique américaniste a dû attribuer aux voyages d'exploration du célèbre navigateur d'autres causes que l'inspiration divine (gillesdubois.blogspot.com, Désiré Pector, Le Comte Antoine-François-Félix Roselly de Lorgues. In: Journal de la Société des Américanistes. Tome 2, 1898 - www.persee.fr).
Les Roselli seraient toscans.
Le comte Antoine Roselli, originaire d'Arezzo, surnommé le Monarque de la Sagesse, fut, quoique laïque, cinq fois Légat du Saint-Siége sous les Papes Martin V et Eugène IV (Antoine-François-Félix Roselly de Lorgues, L'Ambassadeur de Dieu [Christophe Colomb] et le pape Pie IX, 1874 - books.google.fr).
PIERO DI COSIMO ROSSELLI est né à Florence en 1441 et mort en 1521. Son père, qui était orsévre, s'appelait Lorenzo; le vrai nom de Piero est donc Piero di Lorenzo; cependant il n'est connu que sous celui de Piero di Cosimo Roselli, parce que Cosimo Roselli fut son maître. Il l'aida dans ses travaux de la chapelle du Vatican à Rome et dans plusieurs peintures exécutées à Florence. C'est après la mort de son maître qu'il s'abandonna à l'étrangeté de ses goûts et aux bizarreries les plus fantasques, dont il donna des preuves surtout dans plusieurs mascarades singulières et lugubres qu'il organisa à l'époque du carnaval. Parmi ses nombreux élèves, Andrea del Sarto brille au premier rang (Frédéric Villot, Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée national du Louvre, Partie 1, 1876 - books.google.fr).
Améric Vespuce, natif de Florence, était venu à Séville occuper l'emploi de teneur de livres chez son compatriote, l'armateur Juanito Berardi. Ce fut là qu'il eut l'occasion de voir Colomb, dont la conversation et l'exemple lui inspirèrent la passion des entreprises maritimes. Il fit successivement, à partir de 1497, quatre voyages maritimes, dont deux pour le compte du roi Ferdinand, dit le Catholique.
Amerigo (Améric), qui après tout n'était pas un homme sans valeur, avait eu pour condisciples à Florence, chez son oncle Georges-Antoine Vespucci, savant religieux, plusieurs jeunes gens d'illustre naissance, entre autres le futur gonfalonier Soderini, le futur duc de Lorraine René II, et Laurent de Médicis, depuis Laurent le Magnifique. Il rédigea l'historique de ses quatre voyages d'exploration, et en adressa des copies, les unes italiennes, les autres françaises à ses anciens compagnons d'études, entre autres aux trois que nous venons de nommer. Cette relation, datée de Lisbonne, le 15 septembre 1504, fut aussitôt traduite de l'italien en latin sur la copie envoyée à Soderini, et imprimée à Augsbourg avant la fin de l'année. Une autre édition parut quelques mois après à Strasbourg, chez Mathias Hupsoff (M. Ernouf, Histoire posthume de Christophe Colomb de M. Roselly de Lorgues, Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1885 - books.google.fr).
Présence de Christophe Colomb à Madère, où il épouse Philippa Perestrello, dont la famille, originaire de Plaisance en Lombardie, est très intéressée par les découvertes africaines (fr.wikipedia.org - Année 1478).
Lorgues et pélican
Cité dans la Bible au Livre des Psaumes («Je suis devenu semblable au pélican qui habite dans la solitude», Ps. 101, 7), le pélican a fait l'objet de nombreux commentaires théologiques et représentations au Moyen Âge. Isidore de Séville raconte que dans leur nid, les petits prennent et attaquent leur père quand ils le voient. En colère, celui-ci les tue, jusqu'à ce que leur mère, revenue au nid, les découvre sans vie. Folle de douleur, elle se perce le poitrail à coups de bec et fait jaillir son sang. Ce sang répandu sur les petits les fait revenir à la vie. Par conséquent, pour les chrétiens, le pélican est une image symbolique du Christ et de son sacrifice (Duchet-Suchaux et Pastoureau 2002, p. 106-108). D'ailleurs, l'étymologie montre que le pélican a été considéré comme un double «tranchant». Le bas latin, pelecanus «pélican», lui-même emprunté au grec, est en effet tiré de pelekus «double hache», en raison de la forme de son bec.
Dans sa rubrique «Toponomastique», Eugène Rolland cite le Pélican, nom de diverses localités, Le Grand Pélican, localité de la Drôme, Pelicant dans l'Hérault et la Butte du Pélican dans le Maine-et-Loire (Rolland 1967, IX, p. 22-23). Mais dans la plupart des cas, les toponymes actuels sont issus du nom de famille Pélican, Pélicant, Pellicant, Pelliquant, etc. À propos du lieu-dit Pélican à Gignac (Pelican 1770-1772), Fr.-R. Hamlin propose «sobriquet (occ. pelican «homme de néant, mendiant») ou nom de famille» (Hamlin 1983, p. 278). C'est probablement l'origine des Péliquants, hameau de Lorgues (Var) (Stéphane Gendron, Animaux et noms de lieux, 2021 - books.google.fr).
Le roi Jean II de Portugal pendant le règne duquel Colomb "découvrit" l'Amérique était surnommé Pélican (Roselly de Lorgues, Satan contre Christophe Colomb: ou, La prétendue chute du serviteur de Dieu, 1876 - books.google.fr).
Lorgues et Florence : l'ordre des Servites
L'ordre est fondé le 15 août 1233 à Florence par sept marchands, Bonfils Monaldi, Bienvenu Manetti, Manet dell’Antella, Amédée Amidei, Sostène Sostegni, Hugues Uguccioni et Alexis Falconieri. Après avoir obtenu l'accord d'Ardengo Trotti, évêque de Florence, ils se retirent d'abord dans un ermitage en dehors de la ville appelé la Camarzia, puis s'installent sur le Mont Senario pour fonder l'abbaye de Monte Senario. Ils fondent ensuite un petit hospice à Florence qui devient le monastère et la basilique de la Santissima Annunziata. Ils diffusent le culte de Notre-Dame des sept Douleurs avec des dévotions comme le chapelet des sept Douleurs ou le scapulaire de Notre-Dame des sept Douleurs (fr.wikipedia.org - Ordre des Servites de Marie).
Les Servites s'installèrent à Lorgues en Provence en 1607 à l'ermitage Saint Ferréol. Il y restèrent jusqu'en 1742, date de la suppression de leur ordre. Il y avait trois foire dans le village, le 18 septembre justement à la saint Ferréol, le 28 octobre à la saint Simon et saint Jude et le 28 décembre aux saints Innocents (Claude-François Achard, Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs de la Provence ancienne et moderne, 1787) (nonagones.info - La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet - Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique 2 - Le calendrier et l’église Saint Sulpice de Paris, fr.wikipedia.org - Ermitage Saint-Ferréol de Lorgues).
Lorgues et Fébronie : le père Joannès (Jean-Baptiste Thibaut)
Le père Joannès naît le 5 octobre 1872 sous le nom de Jean-Baptiste Thibaut à l’état civil, et c’est par ce nom qu’il signera ses travaux; mais son identité sera celle du moine missionnaire. Il quitte très tôt son pays natal, Saint-Chamond. A Constantinople, Jean?Baptiste prend l’habit assomptionniste le 27 septembre 1891, et bénéficie ainsi, avec de nombreux autres novices, de l’exemption du service militaire alors en vigueur. Ses vœux perpétuels sont prononcés le 1er novembre 1893 à Jérusalem, où il poursuit des études philosophiques. C’est justement l’année où l’Église latine y organise un «congrès eucharistique international», dont le but explicite est le changement de politique introduit par le pape Léon XIII vis?à?vis de la chrétienté d’Orient. Il s’agit d’un grand tournant dans les relations de l’Église catholique avec les «schismatiques» orientaux : plutôt qu’un mouvement global de convergence improbable, on favorise les points d’union, en créant les conditions culturelles de rapprochement sur le terrain.
La nouvelle stratégie délègue à Constantinople le rôle de l’institution hiérosolymitaine établie depuis 1882, ainsi que sa revue les Échos de Notre-Dame de France à Jérusalem. Au sein du foyer intellectuel assomptionniste constantinopolitain, celle?ci prendra pour nom les Échos d’Orient. La nouvelle revue, qui publiera les premiers travaux de Thibaut, devient très vite un couvoir de la byzantinologie naissante.
Dans cet environnement studieux, Thibaut se construit une érudition aussi solide que vaste, qui embrasse entre autres la philologie et l’archéologie. Mais c’est au contact des sources et des documents sur la musique byzantine qu’il déploie sa véritable vocation.
Le père Joannès ne reste pas confiné à Constantinople. Il passe plusieurs années à enseigner à Philippopoli (1898-1899), à Varna (1901-1903) et à Karagatch (1903-1905). De fait, la terre bulgare, où la tradition orthodoxe est la règle, accueille une très active fondation assomptionniste dans l’actuel Plovdiv, qui précède historiquement celle d’Istanbul.
En 1903, il est de passage à Bucarest, dont la communauté catholique souffre de forts antagonismes ethniques. [...] Après la Bulgarie, en 1907, sa mission apostolique le conduit en Russie, d’abord à Odessa, où il est aumônier d’un pensionnat de sœurs polonaises jusqu’en 1911. Ensuite, il gagne la capitale Petrograd, approfondissant ses recherches et profitant de la collaboration avec des byzantinistes distingués, comme l’historien Boris Michailowitsch Melioranskij.
Ce parcours de Thibaut vers le Nord slave, en passant par la Bulgarie et la mer Noire et jusqu’à la capitale russe, confirme sa volonté de s’initier à tous les versants de la tradition orthodoxe, qu’il essaye de comprendre à travers la culture musicale ecclésiastique.
Les sources dont dispose le père Joannès pour étudier la musique byzantine sont de trois types : a) la pratique liturgique contemporaine, b) les manuscrits liturgiques, témoins de l’évolution de la notation, c) les traités théoriques et dogmatiques d’auteurs consacrés, comme ceux de Georges Pachymère (XIIIe-XIVe siècles), Manuel Bryenne (XIVe siècle), Chryssanthos (XIXe siècle). Il les interroge toutes avec la même attention, sans sous-estimer l’une ou l’autre.
Au temps de la Grande Guerre, il est mobilisé sur le front et, en 1919-1920, il reçoit la médaille des blessés à Bourville. Dès que l’armistice le permet, il retourne à Kadiköy, mais au bout de deux ans il est rattrapé par la révolution kémaliste. Le nouveau régime change tout pour les Assomptionnistes qui se trouvent forcés de quitter la Turquie.
Thibaut retourne alors en France; il se retire à Bourville en Normandie (1922-1927), puis aux Essarts, près de Rouen (1927-1929), et finalement à Lorgues dans le Var, où il passe les dix dernières années de sa vie, de 1929 à sa mort, en 1938.
L’aventure personnelle de Thibaut, comme celle de la plupart de ses frères, toute missionnaire qu’elle soit, n’aspire pas à ce geste épique. Elle s’engage sur une terre dont l’appréhension occidentale est jusqu’alors façonnée par les récits de voyage, par le guide Joanne et par l’esthétique du romantisme. Elle se confronte à des basculements historiques dramatiques, entremêlant conflits et intérêts politiques et religieux de premier ordre. Elle relève de «l’illusion de l’universalité chrétienne», qui motive une vision unificatrice des pratiques byzantines et latines jusque dans le passé (Maria Zoubouli, Le père Joannès et la musique byzantine, Musiques grecques en représentation (XIXe et XXe siècles), BCH N° 5, 2021 - journals.openedition.org).
Nous ne savons rien de la patrie de Gabriel l'hymnographe. Suivant l'eveque Chryssanthos, G. Papadopoulos et E. Wellesz font de Gabriel - est-ce le nôtre ? - prêtre-moine du IXe siècle. Le premier précise même que Gabriel est mort en 880, mais sans dire d'il avait tire ce renseignement. Lui-même, dans son oeuvre, ne donne aucun élément sur lequel nous pourrions nous appuyer. L'histoire cité son nom quand elle par1e de son oeuvre, sans aucune autre précision renseignement. De la qu'il montre dans ses hymnes pour parler des personnes qui ont vécu connu le martyre dans la region d'Antioche (Syméon salos, Fébronie, Théophylacte, Théopempte, Photius et Anicet) de ne faire que des suppositions quant à son origine d'Emèse, de Nicomédie d'une autre partie, peut-être, de l'Asie Mineure orientale.
Le kontakion de Gabriel que nous editons mentionne presque tous les éléments des synaxaires connus. Après le qui, comme toujours, est d'un caractère général, et l' invocation à la sainte, passent devant rapidement son enfance pieuse (str. 1), son désir de la vie monacale (str. 2-4), entree dans 1e monastere et la vie vertueuse qu'elle à vécue (str. 6-7), et enfin, ses supplices et son martyre (str. 8-10). Evidemment, les expressions qui nous rappellent les écrits aréopagitiques, la démonologie habituelle et les passages didactiques, d'un caractère théologique parfois n'manquent pas. (P.B. Paschos, Gabriel l'hymnographe : kontakia et canons, 1977 - ecclesiagreece.gr).
Archimandrite Chrysanthos of Madytos (vers 1770 - 1846) was a monastic of the Church of Constantinople who, with Gregory the Protopsaltes and Chourmouzios the Archivist, pioneered and was primarily responsible for the reform of the notation system for chanters of the Byzantine ecclesiastical music. They became known as the three teachers (orthodoxwiki.org - Chrysanthos of Madytos).
Hergé et Lorgues
Le Professeur Yves Rocard venait au cours des années 1960-70 à Lorgues pour suivre son équipe en charge de la détection des explosions nucléaires. Nous avons montré qu'il avait très probablement inspiré Hergé pour créer ses personnages de savants dans ses albums et, plus particulièrement, le Professeur Tryphon Tournesol.
L'album «L'Etoile Mystérieuse» part d'un fait divers : le 12 février 1936, un astéroïde frôlant la Terre a Hergé, au courant de cet évènement rare, a rencontré Alexandre Ananoff et Lucien Rudaux dans le cadre de l'exposition universelle de Paris en 1937.
Yves Rocard achètera en 1961, le terrain de la Cabrière et des Maneous pour créer la station de détection couvrant le sud de la France. Toutefois, sou haitant associer son amie Marie Louise Cloche à cet achat, il créera une nouvelle société écran au nom proche de Radio Mana : la société Mana Domaine. Lucien Rudaux l'astronome méconnu, ami de Rocard et époux de Marie Louise Cloche, est mort brutalement en 1947 (François Lenglet, LES 90 ANS DE TINTIN ET MILOU, Vivre à Lorfues N° 145, 2020 - www.mairiedelorgues.fr).
Présente à Lorgues depuis 1922, la congrégation des Augustins Assomptionniste a toujours tenu un rôle important dans la vie de la paroisse. En 1951, l'administration de celle-ci, auparavant assurée par les chanoines de la Collégiale, leur a été confiée. Le pére Jean de Matha fut en 1947 administrateur apostolique pour tous les catholiques de Russie, supérieur de la maison des pères, et curé de Lorgues de 1951-1962 (www.lorgues.info).
L’Église perdant une partie de son emprise sur l’éducation des jeunes Chrétiens se devait de trouver d’autres instruments pour la perpétuer. La Congrégation religieuse des Augustins de l’Assomption, dont l’activité éditoriale date précisément de 1870, lança ses propres journaux dans ce contexte : Le Pèlerin (1873) et La Croix (1883) se destinaient à défendre des valeurs, selon eux, menacées par la République. Lors de l’Affaire Dreyfus, La Croix s’enorgueillissait alors d’être «le journal le plus antisémite de France». En 1895, leur émanation, les pères assomptionnistes de la Bonne Presse, publient la revue illustrée pour enfants Le Noël devenu L’Echo de Noël en 1906. Cet illustré pour la jeunesse est le point de départ d’un groupe qui prend le nom, en 1969, de Bayard-Presse. L’atmosphère bien pensante de la « Bonne Presse » imprima longtemps sa marque sur la création de la bande dessinée. En Belgique, le journal catholique Le Vingtième Siècle créa lui aussi son supplément illustré, Le Petit Vingtième, où Tintin voit le jour en 1929, tandis que Le Croisé, l’organe de «La Croisade eucharistique», puis Petits Belges publient les premiers travaux de Jijé dès la fin des années trente (www.actuabd.com).
34, dragon et dinosaure
La date "34" de la photo des Halambique est associée à la page 34 de l'album où apparaît le Dinosaure Gigantibus.
Les légendes médiévales ont également colporté dans les contes et les fabliaux le récit de chevaleresques combats contre le dragon. Au point que cette bête pharamine finit par prendre corps dans l'esprit des masses fascinées par Jason aux prises avec le dragon veillant sur la Toison d'Or (Félix Benoit, Bruno Benoît, Hérésies et diableries à Lyon et alentours, 1987 - books.google.fr).
La vouivre est tout simplement le motif mythologique bien connu du dragon, gardien de trésor. On a la Wivre du Mont Beuvrey, la Bête Faramine dans le Poitou, la vouivre très présente dans la Nièvre... (www.garnat-sur-engievre.com).
Le nom (populaire) de Ben-Va donné à la chapelle des Salettes, édifiée, telle une auberge, au bord d'une route de pèlerinage sinueuse qui s'enfonce et serpente dans ces collines couvertes d'épais taillis de chênes et de pins, note déjà un dangereux passage placé sous la protection des saints voyageurs ou hospitaliers peints sur les fresques des piliers de l'arcade-auvent et sur le porche : saint Christophe passant le divin Enfant et s'appuyant sur un palmier qui plonge dans l'eau (pilier nord-ouest); saint Bernard des Alpes, un tueur de dragon et fondateur du célèbre hospice alpin, à gauche du porche; saint Hospice, saint niçois tueur de démons et saint patron de Lérins, au nom significatif; et la Sainte Famille en route pour l'Égypte. Tandis qu'à l'intérieur, derrière le porche, on verra saint Jacques en pèlerin. C'est que, dans ce lieu, jadis hostile, est née, non loin de Draguignan, une légende de dragon : Espérite Peissonel, fille d'un bûcheron du Thoronet et fiancée au berger (ou meunier) Honoré Laugier, s'en allait en pèlerinage à Sainte-Anne-d'Entrecasteaux avec un bocal de câpres, quand, au quartier des Salettes, elle rencontra la Dragonasse pharamine (merveilleuse) qui l'emporta dans une grotte Pendant que le père priait saint Georges tueur de dragon titulaire de l'église de Lorgues, Honoré trouve les câpres et tue le monstre (légende sans source ni date : Honoré pourrait être une image du célèbre saint Honorat, de Lérins, tueur de serpents). La chapelle Notre-Dame-de-Ben-Va fut élevée, dit le texte, «à partir de la grotte du dragon», à l'origine de laquelle se trouve peut-être la cavité dans le rocher, à droite de l'escalier latéral de la chapelle (cette dernière datée de 1468, mais signalée en 1252, peut-être comme grotte cultuelle). Le peintre a d'ailleurs, «sur les instances d'Honoré», beaucoup brodé sur le thème du dragon : en effet, la fresque du porche, très abîmée, laisse apercevoir un énorme crocodile vert aux dents impressionnantes, badigeonné par la suite «parce qu'il faisait peur aux mulets». Le monstre est, pour des raisons de place, commun à saint Georges (sur son cheval blanc) et à sainte Marguerite (en robe violette), célèbres sauroctones. Une coulée de vert semble même (la fresque est très abîmée) vouloir cerner, vers le bas, la Vierge de l'Annonciation (à droite), allusion peut-être à «la Femme» qui enfante, assiégée par le dragon tueur (Apocalypse, XII). Est-ce un hasard si, juste derrière le mur, à l'intérieur, est peint un colossal saint Michel ailé, l'autre héros de la scène de l'Apocalypse, piquant de sa lance crucifère une pieuvre verdâtre à plusieurs têtes, pendant que les diables de l'enfer se dragonifient, et que le mur d'en face montre la Tarasque domptée par sainte Marthe ? (Bernard Sergent, Le guide de la France mythologique, 2007 - books.google.fr).
Les fresques de Ben-Va répondent à celles de la salle du Trésor de Klow, dans le château de Kropow. Le serpent vert à tête de crocodile de Ben-Va se retrouve dans le dragon serpentiforme de Kropow. Les peintures byzantines (icônes) et d'Europe orientale (Cerin en Slovaquie) ont la même disposition que celles de Ben-Va et de Kropow, cette disposition évolue avec la peinture italienne de la Renaissance (Uccello) (warfare.6te.net).

Le tympan, au-dessus de la porte (qui est un rajout tardif), se partage entre l’Annonciation, à droite, et à gauche Saint Georges terrassant le dragon, et à l’arrière-plan, Sainte Marguerite - www.lorgues-patrimoine.fr, commons.wikimedia.org
Raimond Feraut au XIVe siècle écrit une Vida de saint Honorat qui devient fils du roi de Hongrie Andrioc prince de Coumanie, du nom du peuple des Coumans installés en Hongrie et autour de Nicomédie en Bithynie (Turquie actuelle). Il dédie son pouvrage à Marie, épouse de Charles II d'Anjou et soeur de Ladislas IV de Hongrie qui était marié avec Elisaeth d'origine coumane (Robert Bossuat, Saint Honoré, saint Honorat ? Centre de recherche scientifique de Chypre, 1969 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Raymond Féraud).
Honorat avait de bonnes relations avec Léonce de Fréjus dont le frère s'appelait Castor, originaires de Nîmes. [...] Honorat fonde l'abbaye de Lérins avec un vieillard appelé Capraise (Revue d'histoire de l'Église de France, Volume 74, Numéros 192-193, 1988 - books.google.fr).
Le mot 'abiyyônâh, qui signifie «câpre», ne se rencontre qu'une seule fois dans la Sainte Écriture; c'est dans la célèbre description de la vieillesse faite par Salomon. Eccle., XII, 5. [...] Les Septante traduisent : «Avant le temps où la câpre se brise, éclate.» [...] N'est-ce pas l'image du corps qui se brise par les maladies et va laisser échapper l'âme ? L'idée de mort qui suit dans la description est ainsi tout naturellement amenée : «Car, l'homme s'en va dans sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues.» (Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible, Tome 2, 1899 - books.google.fr).
Le conseil départemental de l'instruction publique du Var, dans sa séance du 19 novembre 1879, a prononcé la peine de l'interdiction absolue contre M. Durand, en religion frère Caprais instituteur à Lorgues, pour distribution de brochures politiques aux élèves de son école (L'Anti-clerical N° 30, 14 décembre 1879 - books.google.fr).
L'île de Saint Honorat fait partie de l'archipel de Lérins avec celle de Sainte Marguerite où fut détenu le Masque de Fer, qui pour Voltaire, Hugo, Pagnol était un jumeau de Louis XIV dont la naissance fut implorée, en particulier, à Cotignac (Var), par le couple Louis XIII Anne d'Autriche (Max Chamson, Les hauts lieux de l'histoire en France, 1986 - books.google.fr).
Le psychanalyste Serge Tisseron est l'auteur d'une théorie selon laquelle Hergé livre dans Les Aventures de Tintin, de manière inconsciente, des éléments relatifs à un lourd secret familial : Alexis et Léon Remi, son père et son oncle, tous deux jumeaux, seraient nés d'un père inconnu mais probablement de famille illustre. Serge Tisseron affirme que l'utilisation des sons "kar" dans les différents patronymes trahit la présence de la figure paternelle supposée royale (fr.wikipedia.org - Le Sceptre d'Ottokar).
Dans le matin aux brumes légères, Esprite, les yeux agrandis, revint au bras de Laugier. Ils trouvèrent tout Lorgues en prières autour de Peissonnel qui sanglotait sur les marches de la Collégiale. - «Une bête pharamine, expliqua Laugier. Six pattes à treize griffes, l'échine en serro (scie), la queue en daio (faux), le ventre coquelicot. Une dragounasso. Je l'ai tuée. Avant de mourir, elle est rentrée dans sa baume. Sale bête !... Un peu de plus et elle me mangeait Esprite !... Qu'elle y pourrisse dans sa baume... Et remerciez-moi, braves gens, vous auriez tous péri !...» Le jour de l'Annonciation, Esprite épousa Honoré et Peissonnel passa commande à un maître-maçon dracénois. Ces Messieurs de la Collégiale décidèrent que la chapelle serait dédiée à Notre-Dame de Benva ou de Bonne Route, en souvenir de l'extermination de la bête (Hubert Dhumez, Chapelles en Provence, 1934 - books.google.fr).
Les Nibelungen de Fritz Lang (1924) utilisent aussi une marionnette pour le dragon. Celle-ci ressemble d'ailleurs plus à un gros lézard ou à un dinosaure. Une dialectique commence d'ailleurs à s'opérer entre l'animal fantastique et la créature disparue. Un fossile de dinosaure est repéré dès le XVIIIe siècle dans la Meuse. Georges Cuvier le baptise Mosasaure. Ce n'est qu'au début du siècle suivant que le terme «dinosaure» est inventé pour nommer ce nouveau groupe de reptiles préhistoriques. Le terme est composé à partir du grec et signifie pour Richard Owen «sauriens terriblement grands». Les premières reconstitutions de dinosaures par des artistes comme Charles Robert Knight (1874-1853) leur prêtent souvent des mœurs violentes. Est-ce dû à un préjugé sur l'époque, la préhistoire vue comme un âge farouche, ou bien a-t-on du mal à distinguer les dinosaures de leurs proches parents imaginaires, les dragons ? L'analyse des images reproduites dans les pulp et les comics américains dévoile combien la confusion est assumée dans les œuvres de fiction. Les films d'animation et les séries mettant en scène des dragons ne cessent d'ailleurs de jouer sur cette ambiguïté (Hélène Bouillon, Une histoire des animaux fantastiques : Dragons, licornes, griffons..., 2023 - books.google.fr).

Diplodocus gigantibus, Sceptre d'Ottokar page 34 - tintin.fandom.com
A Rognette (Pontevès) près de Lorgues, des ossements de dinosauriens sont repérés (Albert-F. de Lapparent, Suir l'allure dy synclinal de Rognette et l'enracinement du pli couché des Bessillens (Var), Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, Volume 198, 1934 - books.google.fr).
Dans le Var, le gisement fossile le plus intéressant noté en 1947 est celui de Fox-Amphoux où l'état de conservation est remarquable (Albert F. de Lapparent, Marja de Cizancourt, Les dinosauriens du Crétacé supérieur du Midi de la France, 1947 - books.google.fr).
Albert Félix de Lapparent - www.geosoc.fr
Albert Félix de Lapparent est né à Le Mont-Dieu, Ardennes, 9 septembre 1905 et mort à Paris, 28 février 1975. Petit-fils d’Albert de Lapparent, l’abbé Albert-Félix de Lapparent vécut dans son village natal jusqu’à la Première Guerre mondiale. En 1914, sa famille se réfugia à Paris, puis à Cannes (Var). Après son baccalauréat (1923), le jeune Albert entra au séminaire d’Issy-les-Moulineaux et fut ordonné prêtre en 1929. En raison de la vacance de la chaire de géologie de l’institut catholique de Paris, due au départ en Chine de Pierre Teilhard de Chardin, on lui demanda de se former pour lui succéder. Après avoir obtenu en 1931 sa licence ès sciences, il commença son enseignement dès l’année suivante et entreprit la préparation d’une thèse consacrée à des Etudes géologiques dans les régions provençales et alpines entre le Var et la Durance, qu’il soutint en 1938 (www.geosoc.fr).
En 1942, Lapparent fut chargé s'assurer le cours d'apologétique scientifique, en remplacement du père Chinchole qui se retirait à soixante-quinze ans. Les Sulpiciens avaient une certaine tradition dans ce domaine. L'abbé J. Guilbert, théologien, géologue et ancien élève d'Albert-Auguste, avait publié un ouvrage, Les origines (Éd. Letouzet, 1896), qui jouit longtemps d'une certaine autorité dans les séminaires. Guilbert fut aussi le maître et l'ami des abbés Breuil et Bouyssonnie dont il encouragea les vocations de préhistoriens. Prudent dans la forme, ce livre était assez audacieux pour l'époque. Des scientifiques tels que M. Boule l'appréciait pour le sérieux de sa documentation et son objectivités. Un tel exemple ne pouvait que conforter Albert dans son projet. Son cours comportait cinq parties : la science et les savants; l'univers astronomique; le problème de l'évolution; l'origine de l'homme. Une conclusion concernait des applications pratiques dans le ministère sacerdotal, la catéchèse notamment. Des visites étaient aussi au programme : l'astronomie au palais de la Découverte, la galerie de paléontologie du Muséum, le musée de l'Homme au palais de Chaillot, son laboratoire de géologie à la Catho. Le tout était complété par une excursion géologique dans la carrière de Cormeilles-en-Parisis. Une bibliographie étoffée était aussi proposée et la lecture de certains chapitres fortement recommandée (Christian Montenat, Une famille de géologues, les Lapparent, un siècle d'histoire et d'aventures de la géologie, 2008 - books.google.fr).
Il y a une succession de d'abbés qui se sont intéressé à l'art des sourciers, aqvec pendule ou sans : abbé Paramelle (curé dans le Lot en 1818), abbé Richard (1822 - 1882), abbé Caudéran qui recueille les papiers du précédent (Georges Surbled, Le secret des sourciers, 1908 - books.google.fr).
Le lecteur «tintinophile» saisira d’emblée la valeur de la démarche puisque le professeur Tournesol, qui apparaît dans la bande dessinée à partir de 1943, doit beaucoup à l’intérêt d’Hergé pour les radiesthésistes de cette époque. Mais mon dévolu s’est porté sur un autre personnage tout aussi fascinant. L’abbé Alexis Timothée Bouly (1865-1958) est selon plusieurs sources le créateur du terme «radiesthésie» à la fin des années 1920. Formé au petit séminaire de Boulogne, il est nommé, à partir de 1910, curé d’Hardelot, une station balnéaire propulsée par un industriel anglais, John Whitley. L’érudit local se prend de passion pour la pratique des sourciers au contact de la famille de Lapparent, dont plusieurs membres sont géologues (Hervé Guillemain, L’abbé Alexis Timothée Bouly (1865-1958) et la radiesthésie médicale, 2022 - ams.hypotheses.org).
En avril 1913, il rencontre la famille Lapparent. Le père, Albert de LAPPARENT, décédé en 1908, avait été géologue, membre de l’Acédémie des Sciences et président de la Société Géologique de France. L'Abbé Bouly s’aperçoit qu’il a un don de sourcier : «La baguette tournait mieux avec moi qu’avec lui.» Albert ALGOUD voit en lui l’un des modèles du Professeur Tournesol (Abbé Bouly (1865 - 1956) - www.amis-eglise-wirwignes.fr).
Lucien Rudaux est le fils d'Edmond Rudaux (1840 - 25 juin 1908), peintre et illustrateur de nombreux auteurs français comme Gustave Flaubert, Émile Zola ou George Sand. C'est un touche-à-tout, féru d'astronomie qui devient membre de la Société astronomique de France dès ses dix-huit ans (www.wikimanche.fr - Lucien Rudaux).
L'abbé GRISON, professeur au Grand Séminaire, LE PUY, 4, rue St-Georges (Haute-Loire) fut présenté comme nouveau membre de la Société astromique de France par MM. l'Abbé de Lapparent et Rudaux (Bulletin de la Société astronomique de France et revue mensuelle d'astronomie, de météorologie et de physique du globe, Volumes 58-59, 1944 - books.google.fr).
Apparemment l'abbé de Lapparent était membre de la Société astronomique (depuis quand ?) et connaissait Lucien Rudaux, ami d'Yves Rocard. La présence de Rocard dans le Var et son intérêt pour la radiesthésie peuvent être liés.
Le Toison d'or
Créé au début de l'année 1430 par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, l'ordre de la Toison d'or a largement été copié sur l'ordre de la Jarretière (même nombre de membres par exemple, "Honni qui soit..."), avec des réminiscences, semble-t-il, de l'ordre de l'Étoile. Son originalité, qui a choqué dès le premier jour, a été son "patron", l'adultère Jason. L'ordre de la Toison d'or suscita des épigones, tels la Fraternité de Saint-Antoine fondée par le duc Adolphe de Clèves avant 1435, la Société de Notre-Dame ou du Cygne fondée par le marquis Frédéric VII de Brandebourg en 1440, l'ordre de Saint-Georges au pélican, ou du Pélican, par le duc Louis IV de Bavière en 1444, l'ordre de Saint-Hubert fondé par le duc Gérard de Juliers et de Berg en 1444-1445, la Société de Saint-Jérôme fondée par le duc Frédéric de Saxe en 1450, la Fraternité du Couvent de Notre-Dame au sable fondée par le duc Adolphe de Gueldre en 1468. L'ordre du Croissant fondé en 1448 par le roi René est un exemple singulier qui reprend un autre modèle du XIVe siècle, où le fondateur n'est pas le chef, mais un senator élu annuellement (Jacques Paviot, Les ordres de chevalerie à la fin du moyen âge, Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 2001 - books.google.fr).
Charles le Téméraire, fils de Philippe le Bon, est mort en 1477 à la bataille de Nancy, son corps dévoré par les loups, un an avant la conjuration des Pazzi. La miniature de la brochure illustrant la bataille de Zileheroum est du XVe siècle.
Baron Staszrvich : fils de Staszr
C'est lui qui reçoit le coup de sceptre donné par Ottokar IV pour lui avoir disputé le trône.
Le patronyme Stasser est la forme flamande d'Eustache, comme Stassen en allemand et Stacey en anglais. Le cerf crucifère de Saint-Eustache, très présent en héraldique, s'impose donc naturellement (Blason Stasser, 2023 - mosnier.blogspot.com).
Notre confrère M. Prinet a bien voulu identifier le blason qui figure dans ce frontispice : coupé, au 1, d'azur au cerf naissant d'or, issant d'une terrasse du même; au 2 bandé d'or et d'azur. Ces armes (la terrasse, ou peut-être fasce, d'or, doit être une brisure) sont celles des Maffei de Volterra, Vérone et Rome (Bibliothèque de l'École des chartes, Volume 70, 1909 - books.google.fr).
Antonio Maffei da Volterra (1450 – 3 May 1478) was an Italian presbyter, clergyman, and Papal notary. He was born into a noble family in the town of Volterra, then part of the Florentine Republic ruled by the Medici family. Maffei was exasperated against Lorenzo since the sacking of Volterra.
On Easter Sunday, 26 April 1478, Maffei and other conspirators attempted to assassinate Lorenzo de' Medici and his brother Giuliano inside the Santa Maria del Fiore cathedral in Florence. Together with fellow conspirator Stefano da Bagnone, Maffei tried to strangle Lorenzo and managed to wound him in the throat. However, while Giuliano was successfully killed, Lorenzo survived his injuries. After the failure of the assassination plot, Maffei found refuge in the Badia Fiorentina church in Florence, but was later arrested and hanged from the Palazzo della Signoria on 3 May (en.wikipedia.org - Antonio Maffei da Volterra).
AGAPIS (saint), martyr à Rome, était fils de saint Eustache et de sainte Théopiste, avec lesquels il fut condamné aux bêtes par ordre de l'empereur Adrien; mais sorti sain et sauf de cette épreuve, il fut enfermé dans un bœuf d'airain, sous lequel on alluma un grand feu. 20 septembre (Abbé Pétin, Dictionnaire hagiographique, Tome 1, Encyclopédie théologique, Tome 40, 1850 - books.google.fr).
Ce qui peut expliquer la tête de taureau ou de boeuf qui décore la poitrine de Staszrvich étendu sur le carreau.
Il y a encore un notaire Stasse dans le Trésor de Rackham.
Dans le Lay 307, Eustache Deschamps (Vertus en Champagne, 1340 - vers 1405) écrit :
Par Medea qui enseigna l'adresse
Au fort Jason qui les toreaulx dompta (v. 215-216)
(Miren Lacassagne, Thierry Lassabatere,n Les "dictez vertueulx" d'Eustache Deschamps, forme poétique et discours engagé à la fin du moyen âge, 2005 - books.google.fr).
Comme Ottokar dompte Staszrvich.
Six carreaux : cicaro
La maison ou chapelle de la photo des jumeaux Halambique a une fenêtre avec 6 carreaux. Elle n'existe pas dans le cas des chapelles Saint Honorat ou Saint Jaume.
"cicaro" est un terme propre à Pétrone dans son Satyricon, livre auquel le LUXOR, nom de la compagnie de dépannage du Crabe aux pinces d'or, peut se référer puisque ce verbe latin signifie "vivre dans la débauche" et on serait dans l'allusion de la panne sexuelle, ou impuissance soignée à Constantinople par Artemios, parèdre de Fébronie.
"Cicaro meus" : Echion appelle ainsi son fils Primigenius, XLVI, p. 131, 8. Trimalcion emploie le même mot : LXXI, p. 48, 19, pour désigner sans doute son mignon Croesus (Emile Thomas, Pétrone, l'envers de la société romaine, 1912 - books.google.fr).
ECHION : nom propre d'origine grecque qui renvoie comme le précédent à la mythologie : Echion est un Argonaute; comme pour Seleucus, il s'agit d'un nom mimétique, qui reporte sur le référent les connotations attachées ici à un Argonaute connu. Cela crée un effet de parodie car l'argonaute est chez Pétrone chiffonnier, par antithèse de la toison d'or. Mais c'est également un "nom propre signifiant" si Echion est écrit avec omicron, "la vipérine" qui est une plante; ce nom renvoie étymologiquement à echis "le mâle de la vipère". Or le métier de cet affranchi lui permet de fréquenter des libres, de se faufiler à travers la société et d'être le premier informé des intentions des grands (45.5) (C. Brunet, La vision de l'affranchi chez Pétrone : terminologie et discours, La fin du statut servile: affranchissement, libération, abolition, Tome 1, 2008 - books.google.fr).
Zileheroum et Argo
Zille et Zülle : bateau, nacelle (Jules Fabre d'Envieu, Le dictionnaire allemand, Tome 2, 1882 - books.google.fr).
Herum, adv : autour. Um die Stadt herum; autour de la ville (Christian Friedrich Schwan, Wörterbuch der deutschen und französischen Sprache, 1811 - books.google.fr).
Suivant les uns, ce serait parce qu'un certain Argus en aurait été le constructeur; si l'on en croit Diodore de Sicile, son nom serait l'expression de sa vitesse et de sa légèreté, du mot grec "argos", prompt; selon Cicéron, ce nom lui eût été donné du nom même de ceux qui le montaient, qui étaient des Grecs nommés Argivi. Les poètes ont attribué l'invention de ce vaisseau à Pallas, qui l'aurait doué du don de prophétie. C'est ce qu'attestent Sénèque et Claudien, qui ajoutent qu'après son retour en Grèce, il aurait été par elle transporté au ciel, près du pôle méridional. Hygin en assigne la place, liv. III des Signes celestes; et Aratus en ses Phénomènes. Lycophron, fameux poète et grammairien grec, surnommait cette galère la Babillarde, à cause du prétendu don de prédire qu'elle tenait de la déesse (Les amours d'Ovide, 1824 - books.google.fr).
Les prêtres d'Hermès sont représentés parmi les Argonautes par les jumeaux Echion et Eurytus, ceux du dieu suprême Zeus par les jumeaux de Léda Castor et Pollux, et ceux d'Apollon par Idas et Lyncée (André de Paniagua, Les temps héroïques, étude préhistorique d'après les origines indo-européennes, 1901 - books.google.fr).
Byzance, en 1423, envoyait à Florence un de ses plus précieux manuscrits, encore inconnu de l'Occident, les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes. Désormais, la légende argonautique pouvait être connue dans son ensemble, par un texte excellent, commenté par d'abondantes scholies. Une heureuse chance nous a ainsi conservé un auteur de premier ordre, en l'absence des Argonautiques d'un Epiménide, d'un Hérodore, d'un Denys de Mytilène, devant la disparition des récits argonautiques d'Hésiode, de Phérécyde et de Callimaque (René Roux, Le problème des Argonautes, Recherches sur les aspects religieux de la légende, 1949 - books.google.fr).
Philippe le Bon crée un nouvel ordre et un nouvel idéal de chevalerie, la Toison d'Or, en l'honneur de «Monseigneur Saint André», patron de Byzance, afin de susciter dans la noblesse d'Occident un esprit de nouveaux Argonautes décidés à épargner la chute de Constantinople à un Occident moins désuni et plus éclairé... En vérité «toute l'histoire de Byzance n'est qu'une longue négociation diplomatique : la voie diplomatique était toujours préférée à l'agression». C'est au nom de dix siècles de cette tradition que, dix ans après le geste de Philippe le Bon, en 1439, l'empereur Jean VIII proposait aux diplomates et prélats d'Occident rassemblés à Florence un projet d'Europe unie sous son hégémonie arbitrale. Cet empereur sans puissance et sans argent avait un sens d'unité et d'universalité singulièrement supérieur aux politiques à courte vue qui paralysaient l'Occident (René Roux, La diplomatie byzantine, Revue d'histoire diplomatique, 1950 - books.google.fr).
L'union finira comme Charles le Téméraire.
Échion, fils d'Hermès et d'Antianira, est un des Argonautes. Il est le frère jumeau d'Eurytos. En tant que conteur d'aventures, il remonte plus d'une fois le moral des troupes. Il participe aussi à la chasse du sanglier de Calydon. Il est l'ambassadeur auprès des peuples abordés (fr.wikipedia.org -Echion fils d'Hermès).
«Cléopatre était appelée alors Alcyoné dans le palais de son père, parce que sa mère avait éprouvé le triste sort d'Alcyon, et qu'elle avait bien pleuré quand Phébus Apollon, qui lance au loin les traits, l'avait ravie». Marpessa avait en effet été enlevée par Apollon à son époux Idas, qui osa lutter contre le dieu pour la lui reprendre; et, quand il lui fut permis de choisir entre son époux et son amant, elle revint à Idas. Sa fille Cléoaptre hérita du nom d'Alcyoné, qui semblait lui convenir mieux à elle-même, en raison de l'analogie de son aventure avec le sort de la malheureuse Alcyoné, fille d'Éole, et femme de Céyx, qui avait été ravie aussi par Apollon, et qui, après la mort de Céyx, son époux, se précipita dans la mer, où elle fut changée en oiseau par Thétis. (Les auteurs grecs, expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaises : Homère, Tome 6, 1877 - books.google.fr).
Les fils d'Apharée, Idas et Lyncée, dont les noms ont été expliqués par des racines indo-européennes en rapport avec l'idée de lumière (vid et luk), ne sont peut-être que les Dioscures messéniens, opposés aux Dioscures de Laconie Castor et Pollux. Comme les Dioscures, auxquels ils étaient apparentés, ils avaient pris part à l'expédition des Argonautes et à la chasse de Calydon. Un jour, les Apharides et les Dioscures emmenaient des troupeaux dont ils s'étaient emparés en Arcadie. Idas, chargé du partage, décida que la moitié du butin appartiendrait au premier qui aurait mangé un quartier d'un taureau qu'il avait coupé en quatre; le second recevrait l'autre moitié. Comme il réussit à manger avant les autres non seulement son quartier, mais celui de son frère, Idas, avec Lyncée, poussa tout le troupeau vers la Messénie. Les Dioscures les suivirent, reprirent le troupeau avec d'autre butin et épièrent les ravisseurs. Lyncée, dont la vue était perçante, aperçut Castor et Pollux (ou Castor seulement) dissimulés dans le tronc d'un arbre. Un combat commença, au cours duquel Idas tua Castor et Pollux tua Lyncée : mais Idas, après avoir tué Pollux d'un coup de pierre, fut frappé de la foudre par Jupiter, qui enleva Pollux au ciel (Charles Daremberg, Edmond Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments, Tome 2, 1892 - books.google.fr).
La famille d'Apharéis se trouva éteinte faute de mâle. Alors l'empire des Messéniens passa à Nestor fils de Nélée, qui réunit en sa personne le royaume d'Idas et tout ce qui en avoit été démembré, à la réserve de cette partie qui reconnoissoit la domination des enfans d'Esculape (Pausanias, Ou Voyage Historique De La Grèce, Tome 2, 1794 - books.google.fr).
Nestor, jeune, Idas et Lyncée font partie de la troupe des Argonautes conduite par Jason pour conquérir la Toison d'or.
Beaucoup moins connus sont les cinq fragments empruntés au Second Faust par Karl Loewe en 1834. Seuls ont été enregistrés les deux chants de Lyncée le guetteur, malheureuse créature asservie par Faust. Au cours du premier lied, Lass mich knien, Lyncée implore le pardon d'Hélène dont il n'a pas su prévenir l'arrivée. Au long du second, Zum Sehen geboren, Lyncée médite sur sa condition d'homme «né pour regarder, voué à veiller, assermenté à la Tour» (Jean-Louis Dutronc, Goethe et le musiciens, Le Mythe de Faust, Tome 1, 1976 - books.google.fr).
Le rôle de Faust est joué par Müsstler, chef du ZZRK, inspiré par le "mal". Le jumeau Alfred Halambique a une très bonne vue contrairement à son frère. C'est ce qui met la puce à l'oreille à Tintin.
Le mythe de Saint Jacques le présenterait comme le frère mortel du Christ, comme Castor de Pollux.
Le soi-disant Codex Calixtinus, faussement attribué au pape Calixte II, et composé au XIIe siècle, fait encore coïncider leur deux passions le 25 mars. C'est plus tard qu'on renvoya au 25 juillet la fête de saint Jacques, soit parce qu'on avait cessé de s'intéresser à la divine fraternité de l'apôtre, soit parce qu'on avait senti l'inadmissible d'une telle parenté. Mais ce n'est pas tout : si saint Jacques de Galice représente une fusion entre les deux saint Jacques évangéliques, l'activité militaire et équestre de Santiago Matamoros ajoute à l'apôtre chrétien des traits entièrement étrangers à ce que disent de lui les Évangiles, les Actes des apôtres, l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée et les autres sources hagiographiques. Le saint Jacques en qui croyaient les Espagnols du IXe siècle est celui dont la description apparut ensuite dans la Crónica General d'Alphonse le Sage, lorsqu'elle raconte l'intervention miraculeuse de l'apôtre pendant la bataille de Clavijo (822), en des termes qui correspondent à ce que désirait la population, habituée par la tradition à imaginer un saint Jacques (comme elle voyait, des siècles auparavant, les Dioscures) descendant du ciel sur un cheval blanc pour secourir ses protégés. [...]
En 449 avant Jésus-Christ, les jumeaux Castor et Pollux étaient également apparus sur leurs chevaux blancs, et avaient ainsi décidé de la victoire en faveur du dictateur Postumius près du lac Regillus. Strabon (VI, 261) parle d'un autel érigé sur les bords de la rivière Sagra pour commémorer la victoire gagnée grâce à l'aide des Dioscures, et où 10.000 Locriens battirent 130.000 Crotoniates (Américo Castro, Réalité de l'Espagne, histoire et valeurs, 1963 - books.google.fr).
Neptune donne aux Dioscures les chevaux aussi bien que le pouvoir de secourir les naufragés. On leur donnoit le plus beau titre qu'une divinité pût recevoir en Grèce, celui de dieux hospitaliers et d'amis du genre humain. Voilà pourquoi l'on racontoit qu'ils ne se bornoient pas à préserver les mortels des dangers qu'ils pouvoient avoir à craindre dans les voyages maritimes, mais qu'ils les sauvoient aussi dans d'autres occasions (Petrus van Limburg Brouwer, Histoire de la civilisation morale et religieuse des Grecs, Tome 7, 1841 - books.google.fr).
Czarlitz
L'électricité répandue à la surface de la terre peut atteindre en certaines circonstances une tension énorme. Elle s'échappe alors sous forme d'aigrettes lumineuses ou de phosphorescences brillantes que les anciens connaissaient parfaitement. Ce phénomène qui tenait du prodige était désigné sous le nom de Castor et Pollux; il est connu aujourd'hui sous l'appellation de feu Saint-Elme; les Italiens le nomment feu de Saint-Pierre ou de Saint-Nicolas. [...]
César, dans ses Commentaires, raconte que pendant la guerre d'Afrique, après un violent orage, la pointe des dards de ses soldats brilla d'une lumière spontanée. [...]
Dans la nuit du samedi (octobre 1493, pendant le second voyage), lisons nous dans la Vie de Christophe Colomb, il tonnait et pleuvait très fortement. Saint-Elme se montra alors sur le mât de perroquet avec sept cierges allumés, c'est-à-dire que l'on aperçut ces feux que les matelots croient être le corps du saint. Aussitôt, on entendit chanter sur le bâtiment force litanies et oraisons, car les gens de mer tiennent pour certain que le danger de la tempête est passé dès que saint Elme paraît (Théophile Moreux, La foudre, les orages, la grêle, 1912 - books.google.fr).
Le photographe de la cour s'appelle Czarlitz (lumière de César), et il utilise le flash (Pierre Ajame, Hergé, 1991 - books.google.fr).
Recherche Alfred désespérément
La réplique «T'as le bonjour d'Alfred», dite régulièrement après que Zig et Puce ont défait un adversaire, devient une expression du langage courant utilisée lorsqu'on vient de donner une leçon à quelqu'un. Dans le n° 148 du 27 décembre 1925, Zig et Puce font la connaissance du pingouin Alfred, qu'ils adoptent. La série Zig et Puce sert de modèle à Hergé, jeune débutant, créateur de Tintin, qui vient rendre visite à Alain Saint-Ogan à Paris en 1931.
Alain Saint-Ogan est le dessinateur des insignes de poitrine des 3 hydravions de l'escadrille E6 de l'Aéronavale (Marine Nationale) frappés par la maison Arthus Bertrand à Paris. Cette unité éphémère, créée le 10 janvier 1939 et dissoute le 15 octobre 1940, était en effet composé de 3 hydravions de reconnaissance et de patrouille Latécoère L523 dénommés : Aldebaran, Algol et Altaïr (fr.wikipedia.org - Alain Saint-Ogan).
Les Alcidés (Alcidae) sont une famille d'oiseaux constituée de 10 genres et de 24 espèces existantes. Les termes «alques», «alciformes», «alcidés» et «alcinés» ont été construits sur la racine «alc-», un terme dérivé du norique alka, terme que l'on retrouve dans le norvégien alke pour désigner le petit pingouin, ou l'anglais auk pour désigner n'importe quel alcidé en général. La racine alc- dériverait d'une racine indo-européenne signifiant «crier». Alcyon se serait formé en latin d'une manière analogue, d'où les Alcedininae (fr.wikipedia.org - Alcidae).
Un alcyon, selon Stésichore, vient tourner autour d'un navire [Zille herum] pour disparaître aussitôt. Cet épisode appartiendrait plutôt au départ des Argonautes : l'alcyon vient tourner autour du navire Argo quittant le port. Le passage décousu de Stésichore concernant l'alcyon, qui est rapporté par Aristote, n'a pas encore été placé, c'est-à-dire on ne sait de quelle œuvre du poète il a été tiré. Il se pourrait qu'il vienne des Athla, où les Argonautes ont été chantés (N. Plaoutine, La représentation de Thersite par le peintre des hydries dites de Caere, Revue des études grecques, Volume 55, 1942 - books.google.fr).
François Van Rysselberghe (1846-1893), frère d'Octave l'architecte et de Théo le peintre, professeur aux écoles spécialisées de l'Université de Gand, docteur en sciences et mathématiques, inventeur dans le domaine de la téléphonie et de la météorologie.
François Van Rysselberghe, éprouvait des difficultés pour entrer en contact avec l'opérateur du télémétéorographe basé à Ostende. Cet appareil était en liaison avec celui de Bruxelles via un câble télégraphique dédié d'où l'idée qui lui vint d'investiguer pour voir dans quelle mesure un même câble ne pourrait-il pas transmettre à la fois des signaux télégraphiques et téléphoniques. Ceci sera à l'origine de sa plus importante contribution au déploiement de la téléphonie longue distance en mettant au point un système anti-inducteur qui permettait de se dispenser d'avoir à tirer de nouveaux câbles téléphoniques entre deux points éloignés géographiquement puisque le signal empruntait le câblage télégraphique déjà existant. En France, une première liaison fut établie sur la base de ce procédé entre Reims et Paris puis, en 1882 entre Bruxelles et Paris, ce qui contribua grandement à la notoriété du Système Van Rysselberghe. En 1884, l'ensemble du réseau inter-urbain belge devint ainsi opérationnel sur cette base (fr.wikipedia.org - Famille Van Rysselberghe).
Marcelle Bourragué fit vraisemblablement la connaissance d’Alain Saint-Ogan au début de l’année 1922 par l’entremise d’amis communs, les Theunissen, qui habitaient la villa Montmorency à Paris. Les noms de Marcelle Bourragué et Renée Autié, nées à Toulon (Var) au début du XXe siècle, apparaissent en effet pour la première fois en janvier 1922 dans l’agenda manuscrit de Saint-Ogan (www.citebd.org).
Durant l'âge d’or culturel de la Villa au début du XXe siècle, les personnalités artistiques et intellectuelles se côtoient comme l’illustrateur de mode Félix Fournery, le philosophe Henri Bergson, le dessinateur Alain Saint-Ogan, le basse de l’Opéra de Paris Marcel Journet, le couple Chagall, les sculpteurs Léopold Savine et Corneille Theunissen, etc. C’est dans les allées sinueuses de la Villa qu'Apollinaire se lie d’amitié avec André Gide lors de son passage à la villa Molière, une maison de soin adjacente. Durant la seconde guerre mondiale, une pouponnière, la Fondation d’Heucqueville s’organise et accueille près de trois cents nourrissons, qui pour beaucoup sont le fruit d’une union entre des françaises et des soldats allemands. En 1942, un certain George Pompidou y viendra adopter son fils, Alain (www.admagazine.fr).
Le Caïn jaloux, première oeuvre significative de Paul Theunissen datée de 1900 pourrait laisser croire à une rivalité entre les deux frères, ce qui est loin d'être le cas comme le démontre l'étude de la vie dans l'atelier de Corneille Theunissen, rue de Vaugirard, puis Villa Montmorency à Paris et l'activité de Paul Theunissen après la mort de son frère en 1918 (www.fnac.com - Catherine Limousin, Corneille Theunissen et Paul Theunissen, catalogue raisonné, 2014).
On compte parmi les Assomptionnistes un Emmanuel-Marie de l’Immaculée-Conception THEUNISSEN (1912-2004) (Jean-Paul Perier-Muzet, L’ASSOMPTION : LES ASSOMPTIONNISTES, LES OBLATES, 2009 - www.assomption.org).
Saint Altfrid ou Altfrid ou Alfred de Hildesheim, né vers 800 et mort le 15 août 874, est un homme d'Église de l'époque carolingienne, fondateur de l'abbaye d'Essen et évêque de Hildesheim de 851 jusqu'à sa mort. Il est fêté le 15 août. Une figure majeure de la Francie orientale au IXe siècle, il fut également un proche conseiller du roi Louis II le Germanique. En 860, il a offert son entremise en négociant un accord de paix entre les deux monarques, conclu lors d'une réunion à la basilique Saint-Castor de Coblence.
La basilique Saint-Castor est intimement liée à l'histoire de l'Empire, car c'est là que sont signés le traité de Verdun, puis la paix de Coblence, résultat d'une rencontre royale entre Charles le Chauve, Lothaire II et Louis le Germanique à la Pentecôte 860.
En août 843, par le traité dit de Verdun, les trois petits-fils de Charlemagne, issus de son fils (loi salique), se partagent les territoires de l'Empire que ce dernier avait fondé : Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, appelée France vers 1200; Lothaire Ier, à qui échoit le titre impérial, reçoit la Francie médiane, du centre de l'Italie à la Frise; Louis le Germanique reçoit la Francie orientale (communément nommée Germanie, noyau du futur Saint Empire romain germanique).
La Francie médiane disparaît rapidement. Dès la mort de Lothaire en 855, par le traité de Prüm, elle est partagée entre ses trois fils : l'aîné, Louis II a la partie sud, le royaume d'Italie, et le titre impérial, Lothaire II a la Lotharingie partie nord et Charles le centre, le royaume de Provence. L'empereur n'était plus qu'un souverain secondaire, beaucoup moins puissant que ses oncles Louis le Germanique et Charles le Chauve (fr.wikipedia.org - Traité de Verdun).
Les ducs de Bourgogne Valois essaieront de reconstituer cette France médiane. Leur projet disparaîtra avec Charles le Téméraire en 1477.
Le 15 août est la date de fête de l'Assomption (cf. Assomptionnistes de Lorgues).
Alfredo Casella (né le 25 juillet 1883 à Turin et mort à Rome le 5 mars 1947) est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste italien de la première moitié du XXe siècle. (fr.wikipedia.org - Alfredo Casella).
La Favola di Orfeo di Alfredo Casella, Op. 51 Opera da camera in un atto su libretto di Corrado Pavolini, sul testo del Angelo Poliziano, dedicata "a Marcella e Corrado Pavolini", era rappresentata nel 1932 al secondo Festival di Venezia e nel 1933 nel Teatro Grande di Brescia (Carlo Gatti, Il teatro alla Scala, nella storia e nell'arte, 1778-1958, 1963 - books.google.fr, www.youtube.com - Favola di Orfeo).
La Fabula di Orfeo ou la Favola di Orfeo (la Fable d'Orphée) est un drame en un acte d'Ange Politien, composé de 401 vers, écrit et créé en 1480 à Mantoue et publié en 1494. Il s'agit du premier drame profane en italien. Certains vers sont cependant en latin. Le poème est principalement composé sous la forme d'une ballade en tercets et en octosyllabes, les passages en latin prenant la forme de strophes saphiques. Le texte était entrecoupé d'intermèdes musicaux, comportait un chœur et des solos chantés. Il s'agit de la première représentation théâtrale du mythe d'Orphée et du premier drame pastoral, genre dérivé de l'églogue, La Fabula d'Orfeo suit le schéma des mystères : dans les mystères c'est traditionnellement un ange qui fait la présentation de l'histoire, ici ce rôle est tenu par Mercure; on retrouve notamment à travers l'organisation sous forme de tableaux successifs la linéarité temporelle et le mouvement dramatique assez lâche.
A la fin, comme Orfeo a agi contre le commandement de Plutone, Euridice lui est arrachée à nouveau. Lorsqu'il veut retourner dans le monde des morts pour la reprendre une Furie lui barre la route. Sa douleur est tellement amère qu'il dit ne plus jamais vouloir aimer ni entendre une femme et encore moins en parler. Il ne s'intéressera désormais qu'aux jeunes garçons. Les Bacchantes se vengent de son mépris pour les femmes. Après l'avoir décapité et déchiré son corps en lambeaux elles s'enivrent et chantent une ode à la gloire de Bacchus (fr.wikipedia.org - Fabula di Orfeo).
Composée en 1482, la préface de la silve Manto propose à travers la figure d'Orphée la première représentation concertée du poète-philologue. [...] Ouvrant son cours sur les Bucoliques de Virgile, l'humaniste décrit deux petites scènes empruntées à la mythologie : le banquet des argonautes, avant le départ de la nef Argo, dans l'antre de Chiron et les premiers essais du jeune Achille sur la lyre d'Orphée. [...] Le contexte du banquet, l'antre de Chiron, lui-même pédagogue d'Hercule, conduisent à voir dans la relation entre Orphée et Achille l'échange intellectuel et affectif qu'impliquait l'enseignement dans l'Antiquité. [...] Le couple du maître et de l'élève est l'occasion d'exposer une théorie de l'imitation : d'une mosaïque des textes de l'Énéide, d'Apollonios de Rhodes, des Argonautiques orphiques et de Silius Italicus, le passage devient une véritable création originale. [...] Cette fable est aussi l'illustration d'une conception de la philologie, car Orphée et Achille sont, chacun à leur manière, des interpretes (Emile Séris, Représentations du philologuie chez Politien, La Philologie Humaniste et ses Representations dans la theorie et dans la Fiction II, 2005 - books.google.fr).
Bembo et de Paolo Giovio, donnent chacun une lecture différente du décès du maître. Si les deux admettent que Politien a succombé de façon subite à un excès d'émotion provoqué par la mort d'un être aimé, ils ne s'accordent en revanche pas sur l'objet de cet amour. Pour Bembo, c'est la disparition du patron de Politien, Laurent de Médicis, qui affecte fatalement le poète, tandis que selon Giovo, c'est le décès d'un jeune garçon dont était épris le Florentin. Avec prudence, Alan Stewart choisit de ne pas décider entre ces deux versions, mais de les considérer comme deux expressions complémentaires du caractère inacceptable, pour l'époque, de la relation affective dans laquelle était engagé Politien. La version de Bembo souligne le fait que le Politien s'est comporté comme une femme devant la disparition de son mari. Celle de Giovio, en supprimant toute référence aux rapports entre le patron et le poète et en convoquant le motif de la pédérastie, accentue le scandale que représente une telle relation entre deux amants.
La poésie d'Ange Politien, poète humaniste florentin (1454-1494), présente la topique caractéristique des arts de mémoire (calendrier liste de vertus, catalogue d'hommes illustres...) qu'il avait appris des orateurs antiques. Cette étude montre que toute l'œuvre d'Ange Politien est un travail de mémoire, que ce soit à une fin politique l'histoire, éthique la quête individuelle du bonheur - ou poétique – la transmission des belles lettres. (Compte rendu : Les Etoiles de Némésis. La rhétorique de la mémoire dans la poésie d'Ange Politien d'Emilie Séris, Bibliothèque d'humanisme et Renaissance, Volume 64, Numéro 3, 2002 - books.google.fr).
ALFRED est un nom d'étymologie germanique : de al, tout et frido, paix. Cf. Alfred de Musset (1810-1857) (Jean-Maurice Barbé, Tous les prénoms, 1994 - books.google.fr).
Sixte IV, apprenant la mort de Galéas Maria Sforza, s'était écrié : «C'en est fait de la paix de l'Italie !» Désormais, en effet, aucun prince n'était assez riche et assez puissant pour contrebalancer l'ambition du roi de Naples et le geste des trois jeunes nobles qui venaient de poignarder le tyran de Milan sous le porche de l'église Saint-Étienne était un fâcheux exemple. Par ailleurs, depuis des mois on s'inquiétait à Rome de la puissance des Médicis, et dans Florence même la haine de leurs adversaires avait peine à se dissimuler. Nourri des principes de Valla sur le pouvoir temporel, Laurent pensait, comme l'auteur du pamphlet Sur la donation de Constantin, que la corruption de l'Église et tous les maux qui désolaient l'Italie, n'étaient que le résultat de ce pouvoir usurpé. Il faut dire d'ailleurs que cette thèse avait trouvé de brillants défenseurs au concile de Bâle et qu'elle était partagée par les hommes les plus éminents et par Ficin lui-même. Après le sac de Volterra (1472) où l'on avait vu Laurent abuser sans vergogne du nom du pape et trahir ses engagements, Rome s'était montrée sévère et le pape ayant retiré aux Médicis l'administration des finances pontificales au profit des Pazzi, les incidents se multipliaient chaque jour plus graves et plus dangereux. C'est ainsi que ni la République florentine, ni Laurent ne voulurent reconnaître la nomination au siège de Pise de François Salviati (14 octobre 1474) qu'ils avaient évincé de Florence pour imposer à sa place Rinaldo Orsini, neveu de Laurent. L'incident, hélas ! ne devait pas rester sans lendemain. Les Pazzi, qui depuis longtemps attendaient l'heure de la revanche contre les Médicis, se posèrent en défenseurs du pouvoir temporel et ayant trouvé des alliés dans les rangs de la vieille noblesse qui s'était vue peu à peu privée de ses charges, ils décidèrent, sous prétexte de restaurer les libertés florentines, de passer à l'action pour assouvir leur haine et reprendre le pouvoir. Telle fut l'origine de cette conjuration des Pazzi qui, en un instant, aurait pu ruiner tous les espoirs (Raymond Marcel, Marsile Ficin, 1433-1499, 1958 - books.google.fr).
Alfred et Lorgues
Le Var historique et géographique. Année 1934. Cruvès, Cannes : Alfred Matheron : les Fresques de la chapelle de N.-D. de Ben-va il y a cinquante ans et aujourd'hui, p. 154-161. Chapelle située sur la route entre Lorgues et Saint-Antonin. Ses fresques datent du XVIe siècle (Chronique d'histoire régionale. In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 21, n°92, 1935 - www.persee.fr).

Le mess des sous-officiers probablement pendant le 2ème semestre 1916, toujours à Lunéville. De gauche à droite : assis en train de lire un journal, l'adjudant Alfred Matheron, pilote né le 2 janvier 1885 à Entrecasteaux (Var) et décédé à Riez (Alpes-de-Haute-Provence), le 25 novembre 1935 - albindenis.free.fr
Alfred Matheron (né le 2 janvier 1885 à Entrecasteaux (Var), mort le 25 novembre 1955 à Riez (Alpes de Haute-Provence)) s’intéressait à la défense de la langue provençale. Socialiste et coopérateur, il donnait en 1927-1928, dans Le Réveil du Var, hebdomadaire SFIO de Toulon, une chronique régulière qu’il signait «Fredo, lou félibré des ped-terrous». Le journal le présentait comme «le plus provençal de nos camarades» (10 novembre 1927). Il travaillait alors à un recueil de dictons et de proverbes provençaux. Les instituteurs de la région trouvaient toujours un bon accueil dans sa bibliothèque. Franc-maçon, Matheron présenta un rapport à la loge «l’École de la Sagesse» de Brignoles sur les «réalisations des doctrines socialistes pour la coopérative». Ce texte fut transmis au congrès maçonnique du Sud-Est en 1930.
Le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès ou Parti socialiste de France (PSDF) est un parti politique français d'orientation socialiste constitué en 1933 à la suite de l'exclusion de la SFIO de plusieurs représentants du courant néo-socialiste, en particulier les Varois Pierre Renaudel, Hubert Carmagnolle, Léon Chommeton, Auguste Reynaud auxquels s'adjoint Alfred Matheron qui resta membre du comité fédéral pendant quelques années (Jacques Girault, Alfred Matheron, 2024 - maitron.fr, fr.wikipedia.org - Parti socialiste de France-Union Jean Jaurés).
Le diable quoi !
De nombreux hameaux ou lieux-dits portent en effet le nom de Matheron en Provence, par exemple à Coudoux (13), à Vidauban et Méounes-lès-Montrieux (83). Le toponyme désigne une colline (peut-être une colline boisée), sens attesté pour les collines du Matheron à Solliès-Ville (83) et de Materon à Propiac (26) et à Entrages (04). On signalera enfin que, selon F. Mistral, le mot "materon" aurait désigné un maçon en ancien occitan." (www.geneanet.org).
Philippe Matheron (montage photo)
Le tout premier œuf de dinosaure au monde a été découvert en 1846 par le Français Philippe Matheron (1807 - 1899), le roi des dinosaures, à Rognac (Grégoire Aubron, Des millions d’œufs de dinosaures !, 2025 - nicepresse.com).
À partir de 1859, Pierre Émile Philippe Matheron se consacrera à la géologie et s’impose dès le milieu du 19e siècle comme l’une des grandes figures de la géologie et de la paléontologie françaises. En 1860, il se rend en Algérie et notamment en Kabylie étudier le terrain dans la province de Constantine. Les années suivantes il parcourt la France et la Belgique pour ses recherches géologiques. Philippe Matheron nomma les taxons des dinosaures Hypselosaurus et Rhabdodon en 1869 (tourisme-marseille.com).
La Méyère, au NW de Lorgues : Jurassique sur sables bleutés et argiles ferrugineuses autrefois exploitées, lesquels recouvrent du Rognacien à œufs de Dinosaures (Bulletin de la Société géologique de France, 1969 - books.google.fr).
Hydravion et pélican
Le pélican vole comme un hydravion ! (Léon Lippens, Parmi les bêtes de la brousse/instantanés, 1938 - books.google.fr).
Le comte Léon Lippens, né le 6 septembre 1911 à Beernem et mort le 16 juin 1986 à Knokke-Heist, est un industriel belge, fondateur du parc naturel du Zwin et bourgmestre de la commune de Knokke.
Après des études de sciences humaines à l'école abbatiale de Zevenkerken, Lippens obtient un doctorat en droit et part pour le Congo belge pour y gérer une plantation de la famille Lippens. Il étudie la faune dans le parc national Albert à proximité. De retour en Belgique en juillet 1936 pour s'y marier en novembre, il publie plusieurs livres de descriptions d'animaux et de paysages du Congo (Instantanés des animaux dans les Wildernis, Gand, 1938). En 1952, il fonde le parc naturel du Zwin à Knokke, inspiré de la réserve naturelle de Slimbridge créée par Sir Peter Scott en 1946 en Angleterre (fr.wikipedia.org - Léon Lippens).
L'Aéronavale, chargée en octobre 1921 par le sous-secrétariat de d'aéronautique d'ouvrir la ligne Antibes-Ajaccio, a été en fait chargée de créer l'hydraviation commerciale française. A-t-elle réalisé son but et rempli cette mission ? Il suffit, pour répondre à cette question, d'examiner les résultats obtenus. Après une mise au point d'un an et demi, mise an point qui a porté à la fois sur le matériel volant, les engins de mise à l'eau, les postes de T.S.F., les procédés d'exploitation, le service de dépannage et l'utilisation des renseignements météorologiques, l'exploitation régulière a pu commencer le 1er mai 1923. Depuis cette date : 244 traversées ont été accomplies en 1923, et 229 voyageurs ont été transportés; 281 traversées ont été accomplies en 1924, et 296 voyageurs ont été transportés; 295 traversées ont été accomplies en 1925, et 524 voyageurs ont été transportés, sans qu'aucun accident corporel se soit produit. Les deux années 1924 et 1925 se sont écoulées en entier sans que le service de dépannage ait eu à intervenir une seule fois. Forte de ces résultats, la Compagnie l'Aéronavale travaille maintenant à l'ouverture de sa véritable ligne, celle d'Ajaccio - Tunis et Bône, dont la ligne Antibes - Ajaccio n'est que le premier tronçon. A défaut d'entente avec le gouvernement italien pour une escale en Sardaigne, l'Aéronavale a résolu d'établir un hydravion nouveau dont les établissements Liore et Olivier ont accepté d'entreprendre l'étude et la construction. Cet appareil sortira des ateliers vers fin avril prochain, et l'inauguration de la ligne de Tunis pourra être faite dès le 1er juin prochain. La liaison aérienne avec la Tunisie et le département de Constantine sera donc un fait accompli dans quelques mois. Poursuivant son effort en Méditerranée, l'Aéronavale se propose également, en liaison avec la compagnie Air Union, d'étendre son réseau vers l'Orient, et de relier la France à l'Italie, la Grèce, l'Asie Mineure et l'Egypte. Ainsi sera constituée la grande artère aérienne Londres - Paris - Marseille - Ajaccio Naples - Athènes - Smyrne et le Caire, qui utilise l'avion terrestre entre Londres et Marseille, et l'hydravion à partir de Marseille (L'Europe nouvelle, Volume 9, Partie 2, 1926 - books.google.fr).
En 1933, Air-Union met en service le H-242 sur les lignes Marseille - Alger, Marseille - Tunis via Ajaccio et Marseille - Naples, puis Athènes et Tripoli. Ses quatorze H-242 passent à Air France en 1934, après que la compagnie ait réuni Air Orient et Air-Union (www.hydroretro.net).
Les immatriculations des Lioré et Olivier
F-AMOU Ville de Tunis; F-AMUL Ville d’Alger; F-ANPA Ville d’Oran; F-ANPB Ville de Bône; F-ANPC Ville de Marseille; F-ANPD Ville d’Ajaccio; F-ANPE Ville de Tripoli; F-ANPM Ville de Beyrouth; F-ANQF Ville de Toulon; F-ANQG Ville de Nice; F-ANQH Ville de Cannes; F-ANQI Ville de Bizerte; F-APKJ Ville de Casablanca; F-APKK Ville de Rabat (www.hydroretro.net).
Il porte une immatriculation (fictive) SY-AMO indiquant son appartenance à la flotte aérienne de la Syldavie (tout aussi fictive) (fr.wikipedia.org - Lioré et Olivier - LeO H-242).
Le premier hydravion au monde a été produit par Henri Fabre (1882 - 1984) qui était marseillais (Jacques Noetinger, Non à l'oubli !, L'incroyable aventure française dans le ciel, 2001 - books.google.fr).
Dans la scène finale de l’album, quand les Dupontd, tombent dans l’eau, Hergé a représenté un hydravion de Type Lioré et Olivier H-24 (en abrégé : LeO H-24). Cet hydravion de transport est l’aboutissement d’une brillante série d’études entreprises chez Lioré et Olivier à Levallois puis à Argenteuil entre 1928 et 1930 pour la construction d’un hydravion de transport moderne. De 1929 à 1936, le projet H-24 est remanié plusieurs fois et donne naissance à une série de huit variantes d’hydravions remarquables, construits au total à vingt et un exemplaires, tous fabriqués à Argenteuil (tintinomania.com).
Pélican et vol à voile, Florence et Léonard
Léonard de Vinci a écrit le Codex autour de l'année 1505, quand il est revenu à Florence, après avoir passé une longue période à Milan. Le Codex peut être considéré comme la somme des pensées de Léonard sur le vol, mais pas seulement. Parmi les textes, les dessins, commentés et exceptionnellement abondants, se cache le projet de la machine volante la plus avancée de Léonard, qui tire son nom de l'oiseau qu'il déclare observer: le grand milan, (il grande nibbio) c'est-à-dire le milan noir. (fr.wikipedia.org - Codex sur le vol des oiseaux).
Léonard invoque un principe de similitude pour calculer la surface portante nécessaire à l'homme volant : Les ailes étendues, le pélican (anigrotto) mesure 5 brasses et pèse 25 livres; ainsi éployé, ses mesures représentent donc la racine carrée de son poids. L'homme pèse 400 livres et la racine carrée de ce chiffre est 20; dès lors l'envergure des ailes sera nécessairement de 20 brasses. La largeur des ailes du pélican étant de 3/4 de brasse, tu diviseras donc par quarts les 5 brasses, de manière que sa longueur comprenne 20/4 et sa largeur 3/4 et que tu pourras dire que la largeur équivaut aux 3/20 de la longueur. Si donc l'envergure des ailes de l'homme est de 20 brasses, tu diras qu'elles ont aussi 3 brasses de large, et 3/20 de cette longueur de 20 brasses, à l'endroit de leur plus grande largeur (Codex Atlanticus, 302 ?) (André Chastel, Léonard de Vinci et l'expérience scientifique au XVIe siècle, 1953 - books.google.fr).

Codex Atlanticus, feuillet 843 - codex-atlanticus.ambrosiana.it, www.instagram.com
Le Codex Atlanticus, et ses fameuses notes écrites en miroir, contient plus de 1100 feuillets, noircis entre 1478 et 1519.
La feuille 843 n'est pas datée.
On suppose que l'"anigrotto" est le pélican (Sophonie, II,14 ; Genoude et Fillion rendent "kath" par pélican) (La Bibia, 1538 - books.google.fr).
Le professeur Halambique habite au n° 24 de la rue du Vol à Voile. L'album se termine sur l'image de l'hydravion.
Dans la soirée du 14 Mars 1506, à Florence, Léonard de Vinci, rassemblant ses parchemins, commença l'ébauche d'un grand traité s'intitulant : Del volo senza batter ali per favor del vento (Du vol sans battements d'ailes avec l'aide du vent). Exactement un mois plus tard, le 14 Avril, Vinci terminait le premier texte se rapportant au vol à voile qui soit connu dans le monde. Nous reproduisons la conclusion de l'ouvrage, malgré son extraordinaire aridité et ses erreurs probables. Voici la traduction du toscan original : «Je conclus que la montée des oiseaux, sans battements d'ailes, ne naît pas d'autre chose que moyennant leur mouvement circulaire dans le mouvement du vent, mouvement qui, quand il part de l'arrivée de ce vent, vient déclinant jusqu'à la place où se crée le mouvement réfléchi après lequel, et circulant ainsi, il a décrit un demi-cercle et se retrouve avec le visage tourné au vent et suit le mouvement réfléchi, sur le vent toujours circulant, jusqu'à ce que, avec l'aide du vent il fasse sa plus grande hauteur entre sa plus grande bassesse et l'arrivée du vent et reste avec l'aile gauche au vent; et de cette plus grande hauteur de nouveau circulant, il redescend au dernier mouvement incident, restant avec l'aile droite au vent.» Certains croquis parus en marge de cette analyse sont reproduits ici. Ils sont d'une impressionnante signification (Eric Nessler, Histoire du vol à voile de 1506 à nos jours, 1948 - books.google.fr, Teodoro Sabachnikoff, Giovanni Piumati, Charles Lacher Ravaisson-Mollien, I manoscritti di Leonardo da Vinci, 1893 - books.google.fr).
Kropow et le sceptre
Il existe la ville de Kropow, nom allemand de Chropov en Slovaquie (fr.wikipedia.org - Chropov).
"Chrop" en langue tchèque : der heisere Ton der Kehle (Frantisek Stepan Kott, Cesko-nemecky slovník zvlaste grammaticko-fraseologicky, Partie 1, 1878 - books.google.fr).
C'est-à-dire "rauque" qui se dit en grec "branchos".
Parmi les autres oracles qui se recommandaient du nom d'Apollon, l'oracle de Didyme, près de Milet, auquel était préposée la race des Branchides, est celui qui rivalisa le mieux avec l'oracle de Delphes. Les Branchides tenaient leur nom d'un personnage mythologique, Branchos, fils ou favori d'Apollon, que ce dieu avait lui-même institué prophète, en lui conférant la couronne et le sceptre (Georg Friedrich Schömann, Antiquités grecques, Tome 2, 1885 - books.google.fr).
Les noms Didyme et Thomas signifient tous deux «jumeau», respectivement en grec et en araméen.
Jude et Thomas apparaissent comme deux apôtres différents en Lc 6,16; Ac 1,13, tandis qu'un frère de Jésus du nom de Jude est cité en Mc 6,3; Mt 13,55; et la lettre pseudépigraphe de Jude (cf. infra p. 152-153) se présente comme son œuvre. L'identification de Jude avec Thomas et sa désignation comme frère jumeau de Jésus semblent propres au christianisme syriaque. C'est en Syrie orientale que Jude, jumeau de Jésus, acquiert une grande importance dans la tradition (Claudio Moreschini, Enrico Norelli, ,Histoire de la littérature chrétienne antique grecque et latine: Da Paul à l'ère de Constantin, 2000 - books.google.fr).
Le nom de l'opposant à Muskar XII (comme le nombre des apôtres) se nomme Müsstler : leurs noms ont le même début mais pas la même fin.
On a accumulé autour de la personnalité de Branchos des légendes de plusieurs époques; la série principale serait datée de plusieurs générations après le temps de Néoptolème et d'Oreste, postérieurs l'un et l'autre à Mopsos. Mais, par ailleurs, d'autres traditions faisaient passer Branchos pour antérieur à la fondation de la cité; Neleus l'aurait consulté, en effet, avant de créer la ville (Tzetzès, ad Lycophron, Alex., v. 1385; cf. v. 1379). Il est juste de remarquer que le Didymeion semble inconnu d'Homère, qui parle de Milet comme d'une cité déjà puissante. Sur la complication de ces légendes, enjolivées de contes étymologiques, cf. A. Bouché-Leclercq, Hist. divinat., III, p. 232-236. Branchos aurait été roi-prêtre à Milet; il aurait prophétisé le premier, couronne en tête, et sceptre à la main; il aurait délivré Milet d'une peste; Varron, apud Lutat., ad Statii Thebaïd., VIII, v. 98 (Charles Picard, Ephèse et Claros, recherches sur les sanctuaires et les cultes de l'Ionie du Nord, Tome 1, 1922 - books.google.fr).
La fresque de saint Georges de Kropow
A Ben-Va, Georges sembler piquer de sa lance la bouche du serpent, comme cela se voit habituellement : dans la Genèse on écrase la tête du serpent avec le talon. Alors qu'à Kropow c'est au milieu du corps (ou presque). Un texte de Voltaire est une référence inattendue pour rechercher une signification au geste de Georges. La symbolique sexuelle de la lance, présentée en plus dans la bouche, aurait pu être considérée comme trop suggestive dans le cadre de la littérature pour la jeunesse.
Le 19 janvier 1772. Figuier, chirurgien, atteste avoir tué des serpents, "en mouillant un peu avec ma salive un bâton ou une pierre, et en donnant, sur le milieu du corps du serpent, un petit coup, qui pouvait à peine occasioner une petite contusion." Je voudrais le voir [...]; car j'ai avoué, dans plusieurs endroits de nos Questions, que j'avais pris pour mon patron saint Thomas Didyme, qui voulait toujours mettre le doigt dessus.
Lucrèce, au livre IV (vers 642-5), rapporte cette manière de tuer les serpents comme une chose très connue :
Est utique ut serpens hominis contacta salivis
Disperit, ac sese mandendo conficit ipsa.
(Crachez sur un serpent, sa force l'abandonne;
Il se mange lui-même, il se dévore, il meurt).
Nous sommes dans l'hiver, au 19 janvier : c'est le temps où les serpents restent chez eux. Je ne puis en trouver au mont Krapack (Oeuvres complètes de Voltaire, Tome 8 : Dictionnaire philosophique, 1876 - books.google.fr).
Le nom Karpak, Krapak, Krepak (cf. germ. krappa «zusammenrollte, runde Masse»), donné aux XVIe-XVIIIe s. aux Tatras et même aux Carpathes polono-ruthènes n'est-il pas tout à fait sûr (Stanislaw Lukasik, Pologne et Roumanie, aux confins des deux peuples et des deux langues, 1938 - books.google.fr).
"crachat" : Plaque qui distingue les grades supérieurs dans les ordres de chevalerie (Ac.) (www.cnrtl.fr).
Un roi des arbalétriers eut l'idée de fixer son Saint-Georges sur la chaîne du collier au moyen d'un médaillon portant le Saint-Georges au milieu et une inscription au bord. Plusieurs rois imitèrent cet exemple, la compagnie elle-même ajouta quelques médaillons et ainsi la chaîne se trouva après quelque temps chargée de quinze médaillons. Quatorze de ceux-ci restent encore. Le plus ancien a été enlevé; on a fixé le Saint-Georges (de 1572) sur une croix pattée moderne. Cette décoration appelée crachat du roi fut ainsi arrangée au commencement de ce siècle, pour être portée par le roi du tir comme les Saint-Georges l'avaient été par ses devanciers (Histoire de la paroisse de Visé : extrait du Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, Tome VI, 1891 - books.google.fr).
L'expr. tout craché (A 2) «très ressemblant» s'explique plutôt par le fait que l'action de cracher peut symboliser l'acte de génération (Nyrop ds Bulletin de l'Académie du Danemark, 1900, p. 343; FEW, loc. cit., note 3) que par un rapprochement entre crachat et goutte d'eau (se ressembler comme deux gouttes d'eau; G. Paris ds Romania, t. 30, pp. 432-433).
1757 «projeter ou laisser échapper de la matière» (ici du métal en fusion) (Encyclop. t. 7, p. 154 a) (www.cnrtl.fr).
On a deux mots proches dans la forme en allemand Speiche (rayon, rais) et Speichel (salive) en relation avec un verbe norrois "spian" projeter en en jet radial, cf. Speer (lance) (Karl Faulmann, Etymologisches Wörterbuch der deutschen Sprache nach eigenen neuen Forschungen, 1893 - books.google.fr).
On connaît dans la mythologie celte les lances qui dégouttent du sang empoisonné : Celtchar en meurt. La lance est un symbole des rayons solaires. Elle peut projeter des étincelles comme les feux de Casor et Pollux dans les Commentaires de Jules César (Jean Chevalier, Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, 1982, p. 559).
Au Ve siècle, Didyme l'Aveugle écrit un traité Contre Eunomios, qui préchait la dissemblance du Fils d'avec le Père (selon Les Miracles d'Artémios, 41), et que le Verbe était une création du Père. A Constantinople, une tradition rapporte qu'un bas-relief représentant Arius avec Sabellios, Makédonios et Eunomios était l'objet de crachat, défécation, miction... (André Mandouze, Sylvain Destephen, sopographie chrétienne du Bas-Empire, 1982 - books.google.fr).
On pense aux insectes ou autres animaux qui piquent ou mordent et injectent leur salive dans l'épiderme de leur victime. Celle du vampire est anticoagulante (Le Courrier de la nature, Numéros 161-174, 1997 - books.google.fr).
Vlad Dracul est un "héros" anti-musulman.
L'ordre du Dragon (allemand : der Drachenorden; latin : Societas Draconistarum) est un ordre de chevalerie créé en 1408 par Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie, et par son épouse, Barbe de Cilley. Il perdit de son activité parès la mort de l'empereur en 1437. Pour symbole, l'ordre choisit un insigne composé d'un dragon avec la queue enroulée autour du cou. Sur le dos du dragon, de la base du cou jusqu'à la queue, est posée la croix de saint Georges sur un drap d'argent. Le père de Vlad Tepes, Vlad II, était membre de cet ordre depuis 1431 (fr.wikipedia.org - Ordre du Dragon).
Tour et peupliers
On peut voir dans la fresque de saint Georges une tour dans le fond avec trois peupliers à gauche.

A gauche : Jan Stanislawski (Olszana Ukraine, 1860 - Cracovie 1907), Peupliers, 1900, Muzeum Narodowe w Krakowie, www.pinakoteka.zascianek.pl, en.wikipedia.org - A droite : Tour Sandomierska, Wavel, Cracovie - POCZTÓWKA 1935, allegro.pl
Au XIIIe siècle, sur le Wavel, s'élevaient au moins cinq églises, grandes ou petites : la cathédrale, Saint-Géréon, Saint-Georges, Saint- Michel et la Rotonde. La cathédrale, la plus vaste de ces églises, avait été précédée d'une autre. De cette deuxième cathédrale fondée par Ladislas Herman on a conservé jusqu'à nos jours la crypte de saint Léonard et la Tour des Cloches d'argent, incorporées dans la cathédrale gothique bâtie par Casimir le Grand. Construite en blocs de calcaire taillés avec soin en carrés, ornée de nombreuses sculptures en grès, elle représentait bien le type de la basilique romane, suivant la formule occidentale. Elle est indubitablement l'œuvre d'un architecte étranger et prouve l'influence de l'étranger dont témoigne également Saint-Géréon, église romane du XIe siècle, vestige de la première cathédrale. Quant à Saint-Michel et Saint-Georges, ce furent jusqu'au XIVe siècle, de modestes constructions en bois, dont rien ne subsiste. La Rotonde seule nous offre des éléments de comparaison. A notre avis, même la cathédrale du XIe siècle n'était pas la première église construite sur le Wawel. L'évêché de Cracovie fut fondé en 1001, cent ans après l'introduction du christianisme dans la région de la Haute-Vistule. Avant la cathédrale, il y avait sur la colline une ou deux petites églises (A. Dzysko-Bohusz, La rotonde des Saints Felix et Adaucte ou de la Vierge sur le Wawel, Actes du Congrès d'histoire de l'art, Volume 2, 1924 - books.google.fr).
Le pape Damase (366 - 384) fit la promotion du culte des saints et orner leurs sépultures d'inscriptions en lettres "philocaliennes" par le graveur Furius Dionysus Philocalus. 8 groupes de saints appariés ont bénéficié de cet ornement dont Félix et Adaucte : la leur affirme qu'ils ont méprisé le Prince de ce monde et sont égaux par la vertu, et qu'Adaucte est "vir pariter" à défaut d'être jumeau car il s'agirait d'un anonyme joint au supplice (ajouté, adauctus) (Jean Eracle, A quels saints se vouer ? Ou les martyrs jumelés des prùmiers siècles, Des jumeaux et des autres, Musée d'ethographie de Genève, 1995 - books.google.fr).
Aux X-XIIe siècle, appartiennent différents détails trouvés autour de l'église Saint-Georges et de la rotonde, près de la tour Sandomierska. Il faut souligner que les matériaux de construction des bâtiments anciens furent réemployés pour des édifices postérieurs; ainsi, par exemple, de grands fragments de murs de la cathédrale gothique rappellent, à s'y méprendre, l'appareil roman du XIIe s.
Saint-Georges apparaît pour la première fois dans un document de 1229 où elle est notée comme une chapelle, propriété des bénédictins de Tyniec. D'après la chronique de Jan Dlugosz du XVe s., les deux églises furent fondées en même temps que la cathédrale de Cracovie (Zbigniew Pianowski, L'architecture pré-romane et romane au château royal de Cracovie, Cahiers de civilisation médiévale, Xe-XIIe siècles, Volume 38, 1995 - books.google.fr).
La légende de la fondation de Cracovie (Krakow, Krakau) fait mention d'un corbeau qui croasse, cri à mettre en rapport avec le mot tchèque "chrop" (son rauque) (André Cherpillod, Dictionnaire étymologique des noms géographiques, 1990 - books.google.fr).
La Chapelle Saint-George est un édifice de culte pré-roman situé dans le château de Wawel avec une seule nef et un sanctuaire rectangulaire orienté vers l'est. Une grande crypte souterraine s'étend sous le plancher et crée un espace à deux niveaux. La chapelle est mentionnée pour la première fois en 1243 et a été construite en brique sous le règne du roi Casimir III le Grand. Elle s'est effondrée en 1804 lors de l'occupation autrichienne (fr.aroundus.com).
L'abbé de Tyniec était chanoine de Cracovie; d'autre part l'abbaye possédait une église de Saint-Georges au Wawel, proche de la cathédrale (Pierre David, Les bénédictins et l'Ordre de Cluny dans la Pologne médiévale, 1939 - books.google.fr).
L’abbaye bénédictine de Tyniec fut fondée en 1044 par le duc de Pologne Kazimierz Ier le Restaurateur après que Cracovie fut devenue la capitale de son royaume. Les premiers moines s’y établirent vers 1050. Tyniec jouissait d’une grande faveur auprès des princes de Cracovie, puis des rois polonais et possédait une réelle puissance économique au Moyen Age.
L’évêque de Cracovie Adam Sapieha fait venir en 1939 des bénédictins de Belgique pour reurerl'abbaye. Les bénédictins de la congrégation de l'Annonciation s'y installent et leur premier prieur est le P. Karl van Oost avec une communauté de onze moines (fr.wikipedia.org - Abbaye de Tyniec).
En 1928, le révérend père Charles Van Oost, de l'abbaye de Saint-André-de-Bruges (Zevenkerken), commença la restauration de la vie bénédictine en Pologne, interrompue depuis cent vingt ans. Le père Van Oost, avec quatre autres bénédictins : un moine de Maredsous, un moine de Prague, deux moines Tchèques, s'installa dans une petite maison à Lublin. En 1930, le père Van Oost, supérieur de la petite communauté, envoya douze jeunes religieux polonais à Maredsous, afin d'y recevoir la formation monastique nécessaire. En 1936, ils ouvrirent un internat près de Cracovie. Le cardinal Sapieha, archevêque de Cracovie, leur donna l'antique abbaye de Tyniec devenue propriété de l'évêché. L'inauguration officielle des premiers bâtiments eut lieu le 30 juillet 1939 et la communauté fut érigée en prieuré simple. La guerre de 1939-1945 fut particulièrement éprouvante pour les moines qui subirent un terrible siège en mars-avril 1945. Les moines étaient enfermés avec des soldats allemands, dans l'abbaye assiégée par les troupes soviétiques (Catherine de Bar, En Pologne avec les bénédictines de France, documents originaux, 1984 - books.google.fr).
Le jeune Van Oost, alors professeur à l'Ecole abbatiale, prit contact avec la Pologne par l'intermédiaire du Père Szczerbinski rencontré à la porterie de Saint André. Le Père Abbé nomma le premier prieur, le P. Charles Van Oost et le P. Pierre Rostworowski, sous-prieur. Prieuré simple dépendant de l'abbaye de St-André, Tyniec obtint d'avoir son noviciat propre. Selon les Constitutions de la congrégation bénédictine belge, le candidat, après quelques mois de postulat et l'année canonique du noviciat, prononce des vœux triennaux, après un vote favorable du chapitre local et le consentement du chapitre de St-André. Un premier postulant entra dès le début de la guerre, mais il ne persévéra pas (M. Kanior, Retour des bénédictins à Tyniec, Revue d'histoire ecclésiastique, Volume 73, Numéros 1-2, 1978 - books.google.fr).
"Considering the antiquity of Tyniec Abbey in our country says Zakrzewski the matter could be explained only by the fact that the relics of St. George were in the Monastery's possession before those of St. Adalbert, which leads us again to a very distant past, actually to the moment when the cult of St. Adalbert was born". [...]
In a less distant past, already embraced by the memory of history, there was a close and well known connection between Tyniec and Cracow. A fresh examination of those links can shed some light both upon the problem of Tyniec and the ecclesiastical origins of Cracow, although again their history is full of contradictory elements. In the already mentioned document relating to the Monastery's estates, reference is made to three Cracow churches of ancient tradition and dedication, as belonging to Tyniec. They are the churches of St. Nicholas, St. Andrew near the Castle, which later became the property of the abbey of Sieciechow, and in the first place St. George in the Castle itself. The fact that the last, one of the most ancient sanctuaries in Poland, had been for many centuries the property of Tyniec, is an additional proof of the close connection which linked the Monastery with the "Cathedral group", as the complex of the Wawel churches is rightly described by Rev. David. It is generally known that performance of Divine Service in the Wawel Cathedral was originally entrusted to Benedictines (Karolina Lanckoronska, Studies on the Roman-Slavonic Rite in Poland, 1961 - books.google.fr).
On avait oublié que Hergé c'est Georges Rémi.
Hergé met Father Édouard Neut right after his studies at Saint-Boniface, on a retreat at the Abbey of Saint-André-lez-Bruges, where lived several monks who had served in China and were versed in Chinese history and culture (Pierre Assouline, Charles Ruas, Herge, The Man Who Created Tintin, 2009 - books.google.fr).
On a trouvé par exemple, que la pensée de Mao Tsé-toung ressemblait à celle de Saint Thomas d'Aquin ; Edouard Neut, moine bénédictin, Le président Mao Tsé-toung face à nous tous, Bruges, 1974, page 27 (Tche-hao Tsien, Mao Zedong sixiang neirong yu xingshi (The Thought of Mao Tse-toung. Form and Content) de Steve S.K. Chin. In: Revue d'études comparatives Est-Ouest, vol. 8, 1977 - www.persee.fr).
L'Eglise cacatholique : combien de morts ? Plus que Mao sans doute.
Don Edouard Neut (1890-1975) qui fonde le Bulletin des missions de l’abbaye bénédictine de Saint André-lez-Bruges en 1922, condamne toute méthode de colonialisme et faisant campagne pro-sioniste, rêvant d’une «Église catholique juive de Palestine» (Philippe Chenaux, La fin de l’antijudaïsme chrétien, L’Eglise catholique et les Juifs de la fin de la Révolution française au Concile Vatican II, 2023 - vies-consacrees.be).
Quelle contradiction ! Le sionisme ne serait pas un colonialisme ? Il ne s'occupait donc pas que de la Chine.
On ne possède qu'une image incomplète de Cracovie, quand on n'a pas remonté la Vistule et qu'on n'a pas vu les tableaux qui se déroulent sur ses rives. Le professeur de géologie, qui préside l'association sportive des étudiants, m'a emmené un jour en bateau pour me montrer ces paysages. Nous sommes partis dans un outrigger à huit rames, en compagnie d'étudiants et d'étudiantes. On m'a confié l'aviron no 3 et nous voici en route par un beau soleil, en bande joyeuse et enthousiaste de la nature. Nous sortons de la ville. Un monastère de l'époque romane aligne des murailles fortifiées qui se mirent dans les vagues. Au loin le Wawel se profile dans le ciel bleu. Puis nous entrons dans la campagne. Sur la rive s'alignent «les peupliers de la Vistule», c'est une espèce à part, le fleuve royal veut une garde du corps qui lui soit particulière. Des vaches viennent s'abreuver dans les ondes. Ce sont des paysages de calme idyllique, de bonheur immuable, ce sont des paysages d'éternité, tels que maître Cuyp de Dordrecht a su les peindre (Le Correspondant, Volume 307, 1927 - books.google.fr).
Cracovie et Florence
L'émigration toscane au XVe iècle en Pologne est illustrée par Antoine de Florence, sous Ladislas le Varnénien, mentionné en 1434, administrateur des salines de Bochnia, près de Cracovie, ainsi que des salines de la Russie Rouge; et par Jacques-Publicius, en 1469, étudiant à l'Université Jagellonne de Cracovie. Un assez grand nombre d'autres étudiants sont inscrits sur ces registres comme étant de Florence, de Florentia. Ce ne font point des Florentins comme on pourrait le supposer de prime abord, mais bien des Polonais originaires de Kleparz, commune alors distincte de Cracovie, située au nord & sous les murs de cette capitale. Au XIVe siècle, le roi Casimir le Grand avait eu la singulière fantaisie d'imposer le nom de Florence à cette petite ville à cause du nom du patron de l'église collégiale de cette localité, saint Florian. Cette appellation finit du reste par tomber peu à peu en défuétude & le nom polonais seul est resté (Louis Fournier, Hippolyte André Suzanne de Charpin-Feugerolles, Les Florentins à Lyon, 1893 - books.google.fr).
Cracovie et Provence
Raimond Bérenger III ou II (né vers 1136, tué en 1166) fut comte de Provence et Gévaudan et de Melgueil, vicomte de Carlat et de Millau de 1144 à 1166. Son père fut tué lors d'un affrontement contre la république de Gênes, et son oncle Raimond-Bérenger IV, comte de Barcelone, prit la régence du comté de Provence pour le défendre. C'est ainsi que l'oncle est le plus souvent désigné comme Raimond-Bérenger II, comte de Provence, et le neveu comme Raimond-Bérenger III. Les Guerres Baussenques, entamées sous son père, continuèrent jusqu'à la mort de son oncle, en 1162. En août 1161, il se rendit avec son oncle à Turin pour obtenir de l'empereur Frédéric Barberousse la confirmation de la possession du comté de Provence, lequel était en droit fief du Saint-Empire. Il y rencontra Richezza (Richilde) de Pologne, veuve d'Alphonse VII de Castille, roi de Castille et de León, et fille de Ladislas II le Banni (1105 - 1159), duc de Cracovie et de Silésie. Il l'épousa en 1162, mais son oncle mourut pendant le voyage de retour. Il eut une fille, Douce II, qui lui succéda. Il reprit la guerre contre Gênes, mais mourut au printemps 1166, alors qu'il assiégeait Nice (fr.wikipedia.org - Raimond-Bérenger II de Provence).
Raymond Bérenger II, dit Le Vieux, comte de Barcelone, marquis de Provence, fonda une abbaye cistercienne dans la paroisse de Tourtour, près du Florieyes. Les vestiges qui en subsistent donnent à penser qu'il ne s'agissait pas d'une construction importante et qu'elle devait donc avoir un caractère provisoire. En effet, en 1146, Raymond Bérenger donna de nouvelles terres aux Cisterciens sur le terroir du Thoronet. L'ordre fit appel à des moines de l'abbaye de Mazan, du diocèse de Viviers, lesquels entreprirent la construction du nouveau couvent. En 1176, Ildefonse, roi d'Aragon et comte de Provence, confirma la donation faite par son prédécesseur. Enfin, en 1186, l'abbaye fut terminée et les bâtiments de Tourtour abandonnés. Néanmoins, elle conserva le nom de «Notre-Dame de Florieyes» au lieu-dit «du Thoronet». Notons en outre que dans le catalogue des maisons de l'ordre de Citeaux elle est dénommée «Filia Mansiadae» (de Mazan). Elle était alors dirigée par l'abbé Paulin (Louis Nardin, Histoire de Lorgues, cité franche en Provence, 1999 - books.google.fr).
La chapelle de Florieyes à Lorgues près d’un gué sur la rivière Florièye ne serait pas liée à la première abbaye cistercienne du même nom à Tourtour, mais toutes deux proches de la rivière La Florièye (www.lorgues-patrimoine.fr, fr.wikipedia.org - Florièye).
La Provence est une des régions où le peuplement cistercien est le plus clairsemé. Dans la première moitié du XIIe siècle, elle compte trois abbayes : Sénanque (Vaucluse), Silvacane (Bouches-du-Rhone) et Le Thoronet (Var) où des moines s'installent après avoir vécu pendant une dizaine d'années dans la haute vallée de la rivière Florieye, sur des terres qu'ils avaient reçues en 1136. Vers 1160 commence la construction de l'église du Thoronet au nord de laquelle s'ordonnent les bâtiments monastiques (Congrès archéologique de France, Numéro 160, 2005 - books.google.fr).
Richezza est la fille de Ladislas II (1105-1159), princeps de Pologne et duc de Silésie, et de son épouse Agnès de Babenberg (morte en 1163), fille du margrave Léopold III d'Autriche. Par sa mère, elle est une cousine de l'empereur Frédéric Barberousse. En 1146, son père est excommunié par Jakub de nin, archevêque de Gniezno, et évincé par ses demi-frères cadets. Entre octobre et décembre 1152, elle épouse en premières noces Alphonse VII (1105-1157), roi de León et Castille. En 1161, Richezza épouse Raimond-Bérenger II (v.1135–1166), comte de Provence, neveu de Raimond-Bérenger IV de Barcelone. En 1167, Richezza épouse Albert II (1135–1197/1202), comte d'Everstein en Saxe, un partisan de Frédéric Barberousse dans le conflit avec le duc Henri le Lion (fr.wikipedia.org - Richezza de Pologne (v.1140-1185)).
Zileheroum / Jerusalem
Une anagramme donne Hieruzolem (Hierosolyma en latin) / Jerusalem.
La fête de Saint Waldimir au 15 juillet correspond à la date de la prise de Jérusalem en 1099 par les croisés de Godefroy de Bouillon. La bataille de Zileheroum est datée de 1127 soit 28 ans de décalage avec 1099. Si l'on reprend la datation de la brochure de l'avion sur la Syldavie, certaines dates correspondraient à peu près à celles de l'histoire de la Valachie.
Un ancêtre des Pazzi, Pazzo aurait été le premier à escalader les murs de Jérusalem et à y planter sa bannière. On raconte aussi qu'en récompense il reçut de Godefroy de Bouillon trois pierres du tombeau du Christ qu'il rapporta à Florence et qui servaient à allumer le feu qui embrasait un chariot lors de la fête du samedi saint. On dit encore qu'il prit une partie du feu qui brûle au Saint Sépulcre et le conduisit en Italie à reculons le protégeant du vent dans le creux de sa main, ce qui le fit appeler le fou des fous (pazzo de'pazzi).
Pourquoi 28 ? C'est l'âge de Dominique de Wespin, élevée en Ukraine avec son père connsul de Belgique, en 1939, à l'époque où elle rencontre Hergé ? Journaliste dans la revue maurrassienne nationaliste et antisémite Candide, elle rencontra Teilhard de Chardin en Chine dans les années 40, et fonda une société en son honneur. Lapparent succéda à Teilhard en 1932 à la chaire de géologie de l'Institut catholique (P. TEILHARD DE CHARDIN et ALBERT F. DE LAPPARENT : Sur la découverte d'un Rongeur du genre Paramys dans l'Eocène inférieur de Provence. C. R. Soc. Géol. France, 1933, 26-27). Elle est la mère d'Alain Baran, dernier secrétaire d'Hergé (Georges Junior Rémi, Un oncle nommé Hergé, 2013 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Candide (1924-1944), Bulletin du Service de la carte géologique de la France, 1938-39, 1938 - books.google.fr).
Hergé rencontre Tchang Jon Jen en 1935 par l'intermédiaire de l'abbé Léon Gosset, directeur en 1936 de la revue de la SAM (Societas auxiliarum missionum) fondée en 1930 par André Boland, missionnaire en Chine, disciple du père Lebbe et qui connaissait très bien Teilhard selon Han Suyin (Histoire et Missions Chrétiennes N-023. Missions, conversions et dialogues : questions, dilemmes et choix, 2013 - books.google.fr, Les essais catholiques, Numéros 2-8, 1936 - books.google.fr).
Ces éléments sont un peu le haut de l'iceberg.
Selon l'historien roumain du XIXe siècle, Mihail Kogalniceanu, le «prince Rodolphe le Noir» ou en roumain Radu Negru Voda, en 1245 [1275 - 28 = 1247], étend son pouvoir sur l'ensemble de la Valachie et il bâtit les villes de Pitesti, Curtea de Arges, Târgoviste et Bucarest. Il établit sa capitale à Curtea de Arges. C'est lui qui aurait adopté pour les armoiries de sa principauté l'«Aigle romain». Il meurt après 24 ans de règne en 1265 [1298 - 28 = 1270]. L'historien français Alfred Rambaud assimile «Radu Negru» au voïvode historique Tihomir/Tugomir et le fait vivre vers 1290 (fr.wikipedia.org - Rodolphe Bessaraba).
Le premier Ottokar fut Almazout (Produit pétrolier liquide, de couleur noire et d'aspect visqueux, russe "mazat" graisser ou turcotatare "restes, déchets"), le tout noir ! «Ottokar» c'est bien sûr kar c'est-à-dire noir, mais c'est encore otto, huit (Bertrand Portevin, Le démon inconnu d'Hergé, ou, Le génie de Georges Rémi, 2004 - books.google.fr, www.cnrtl.fr).
L'invasion des Tartares en 1241 mit fin à cette courte indépendance; mais après leur départ, un chef roumain, Rodolphe-le-Noir, fonda une principauté entre l'Otto, la Sereth et le Danube qui jouit de quelque stabilité, quoiqu'elle eut à soutenir des guerres sans fin avec les Hongrois (R. Meyer, G. Ardant, Le Mouvement agraire dans la péninsule des Balkans. L'Angleterre et ses colonies. La plaine saxonne. Les États-Unis, 1889 - books.google.fr).
Bataille de Posada (1330) - Enluminure du Chronicon Pictum, XIVe siècle
Basarab le fondateur de la principauté de Valachie est fils et successeur de Tihomir (ou Togomer, Latin Thocomerius) voïvode du banat de Severin, un duché valaque vassal du royaume de Hongrie, s'étendant sur les régions actuelles du Banat et de l'Olténie, et dont la capitale était Severin, cité et port danubien, aux Portes de Fer. En vieux-slave Tihomir signifie «paisible». En 1330, Basarab et le roi de Hongrie Charles Robert d'Anjou entrent en conflit. Entre le 9 et le 12 novembre 1330 [1360 - 28 = 1332], Basarab bat l'armée de Charles Robert d'Anjou à la bataille de Posada. Un des plus précis témoignages de cette bataille est la Chronique enluminée de Vienne (Chronicon Pictum). Étant catholique, sa sépulture se trouvait peut-être dans le couvent des Dominicains de Campulung, à moins qu'il n'ait péri sur un champ de bataille (en.wikipedia.org - Chronicon Pictum).

Blason de la Valachie - Stefan Dimitrie Greceanu (heraldist, 1825-1908) year 1872
200000 Coumans s'installent en Géorgie après que son roi David II a fait alliance avec le roi couman Etrek en 1118 (Elizabeth A. Zachariadou, Noms coumans à Trébizonde. In: Revue des études byzantines, tome 53, 1995 - www.persee.fr).
La Colchide des Argonautes se trouve en Géorgie actuelle.
MINGRELIE, province d'Asie dans la Georgie, est proprement la Colchide des anciens. [...] On y voit beaucoup d'aigles & de pélicans, & une infinité de bêtes feroces, qui se retirent dans le mont Caucase, comme des tigres, des leopards, des lions & des chacals (Le Grand Dictionnaire historique, Tome V, 1725 - books.google.fr).
On passe ainsi du corbeau noir au pélican noir.
P. Chihaia, La vraie identité de Négru Voda, fondateur de cités et d'églises (en roumain), p. 99-166, montre, sur la base de chroniques et autres documents, que Négru Voda est un personnage imaginaire, inventé pour expliquer la présence d'un oiseau sur les armoiries de la Valachie (Revue des études byzantines, Volumes 29-30, 1971 - books.google.fr).
La Valachie de Vlad l’Empaleur, qui compte 2100 villages et 17 bourgs et villes, pourrait être peuplée de 400000 habitants, vivant en grande majorité dans les campagnes. Ce dernier réprima durement les boyards, rompit tout lien avec les Ottomans et les vainquit, en 1462, lors de l'offensive de Mehmed II (l'Attaque de nuit), avant d'être forcé à retraiter à Targoviste et à accepter de payer un tribut plus élevé. Il meurt en 1476, ou en janvier 1477 selon certaines sources. L'hypothèse d'un assassinat politique est envisagée (fr.wikipedia.org - Principauté de Valachie).
On parle aussi de 1478, rarement, année de la conjuration des Pazzi (Jean-Baptiste Melin, Histoire de l'Europe et de la France de 1270 à 1610, programme du 28 janvier 1890, 1895 - books.google.fr).
Alfred Nicolas Rambaud, né à Besançon le 2 juillet 1842 et mort à Paris le 10 novembre 1905, est un historien et homme politique français. Historien spécialiste de la France, de l'Empire byzantin et de la Russie, ses travaux étaient très appréciés à la fin du XIXe siècle (fr.wikipedia.org - Alfred Nicolas Rambaud).
Michael Tarchianota (Michel Marulle dans les lettres françaises), né à Constantinople en 1453, dans une famille notable, était un érudit de la Renaissance, poète néolatin, humaniste et soldat. Juste après sa naissance, sa famille doit fuir Constantinople, tombée aux mains des Turcs.
Il partit combattre en Scythie (c'est-à-dire, pour traduire son langage humaniste, en Moldavie) dès 1471, participa à la bataille de Vaslui (1475), puis à la guerre contre les Goths (c'est-à-dire les Tatars de Crimée) à Mangoup (1475), la guerre avortée de Sixte IV contre Florence (1478), la Bataille d'Otrante contre les Turcs (1480), la guerre de Venise contre Ferrare (1482), la bataille de Villach contre les Turcs (1492) et finalement la campagne d'Italie du roi Charles VIII (1494-1495) à Naples. En 1497, il revient à Florence où il se fait rapidement connaître par ses suaves élégies latines et où il fit rapidement partie du cercle de Laurent le Magnifique. Il épousa dans cette ville la grande érudite Alessandra Scala, fille du chancelier florentin Bartolomeo (surnommé Vopiscus). Il meurt en 1500 (fr.wikipedia.org - Michel Marulle).
Marulle combat en "Bessarabie" ou en Valachie sous les ordres d'un prince "ferox" qui serait Stephane le Grand de Moldavie plutôt que Vlad III prisonnier à l'époque. On a supposé que Marulkle combattit à Vaslui en 1475, bataille à laquelle participa Vlad Dracul, le Dracula des légendes (Jean Paul Barbier, Ma bibliothèque poétique: Quatrième partie, Contemporains et disciples de Ronsard, Partie IV, Tome I, 1998 - books.google.fr).
Les premières dates historiques de la brochure semblent se référer à la Terre sainte 1127/1099 et 1168/1140.
La conquête de la Palestine sur les Turcs Seldjoukides est homologue à la défense de l'Europe de l'Est contre les Turcs ottomans, musulmans aussi. En effet, l'invasion turque du Xe siècle en Syldavie n'est pas une réalité historique et renverrait à la croisade de 1095. A moins qu'il s'agisse de populations assimilées aux Turcs comme les Kiptchaks associés aux Coumans qui atteignent le Bas-Danube mais au XIe siècle. Les Coumans auraient pu être à l'origine de la dynastie des Basarab en Valachie.
Sous les deux successeurs de Godefroy de Bouillon le royaume de Jérusalem se maintint et s'accrut : dès 1140 [1168 - 28] la décadence le travaille. En 1144 un premier désastre fond sur lui, Édesse est prise, la population chrétienne massacrée et un nouveau cri de détresse est poussé en Europe (Jules Doublet, Leçons d'histoire ecclésiastique: L'église de Saint Grégoire VII à la révolte religieuse, Tome 3, 1888 - books.google.fr).
Il est probable que Godefroy mourut à Jaffa, dont il avait fait relever les murs. Il eut pour successeur Beaudouin, son frère, comte d'Edesse. Celui-ci expira au milieu de ses victoires, et laissa, en 1118, le royaume à Baudouin du Bourg, son neveu. Mélisandre, fille aînée de Baudouin II, épousa Foulques d'Anjou, et porta le royaume de Jérusalem dans la maison de son mari, vers l'an 1130. Foulques étant mort d'une chute de cheval en 1140, son fils Baudouin III lui succéda. La deuxième croisade, prêchée par saint Bernard, conduite par Louis VII et par l'empereur Conrad, eut lieu sous le règne de Bandouin III (François René de Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris, 1886 - books.google.fr).
L'invasion bordure de 1195 se rapporterait à 1167.
Le nom géographique de Valachie n'apparaît pas avant 1166 environ, quand le rabbin Benjamin de Tudèle parle des Valaques de Lamia ("Sinon Potamon", par déformation du vieux nom de Zitouni). C'est là, dit-il, que commence la Valachie. Lamia est située au nord des Thermopyles, à un important croisement des routes mêmes de la Thessalie. Dorénavant le terme géographique apparaîtra dans d'autres sources, comme le chrysobulle d'Alexis III Ange de 1198 pour Venise (Provintia Blachie) : l'énumération des terres fiscales permet de suivre l'étendue de la province. A l'origine elle embrassait le territoire montagneux de l'Othrys, entre Lamia, Domokos et Halmyros. Les Croisés qui se partagèrent en 1204 l'ex-empire romain d'Orient (Romanie) utilisèrent la charte d'Alexis. De son côté Nicétas Choniatès est le premier à mentionner le nom de Grande-Valachie, laquelle était dominée par un toparque : ce titre, porté d'ordinaire par des chefs étrangers à l'autorité byzantine, peut marquer que la Thessalie s'était détachée, à la suite de la chute de Constantinople, de toute autorité. Le fait est que, selon Soulis, ce toparque détenait l'ouest et le nord-ouest du pays, la région maritime ayant échu à Boniface de Montferrat. En d'autres termes, il exerçait son autorité sur ce qui allait devenir le petit État de Néo-Patras, en Phocide. [...] La dispersion de l'élément valaque dans le monde byzantin affecte des territoires divers et relativement éloignés de ces noyaux primitifs signalés par Kékauménos : ils proviennent surtout d'essaimages de loin en loin. En dehors de ces zones de fixation et d'irradiation des Aroumains, il nous faut dire deux mots d'un autre apport ethnique et linguistique, celui des Mégléno-Valaques ou Méglénites. Certains auteurs byzantins, Manuel Straboromanos et, surtout, Jean Zonaras, parlant des succès militaires d'Alexis Comnène sur les Petchénègues qu'il écrasa à la journée sanglante de Lébounion qui sauva l'empire le 29 avril 1091, retiennent que le basileus fit choix parmi les captifs d'un grand nombre de "Scythes" particulièrement vigoureux qu'il colonisa avec femmes et enfants dans le thème de Mogléna (l'antique Almopie, auj. Ardéa) et dont il constitua, à des fins militaires, un corps (tagma) spécial. Du temps de Zonaras (première moitié du XIIe siècle) leurs descendants s'appelaient les Petchénègues du Moglène. La bataille de Lébounion marqua pratiquement l'élimination des Petchénègues de l'arène politique des Balkans (Petre S. Nasturel, Les Valaques de l'espace byzantin, Cahier, Volumes 7-9, 1988 - books.google.fr).
Les régions nord-danubiennes semblent avoir été, en 1166, contrôlées par les Byzantins et l'on ne saurait donc parler de leur «envahissement» par les troupes de Vatatzès ou de Doukas. Pour cette même raison, le recrutement, au nord du Danube, de Vlaques appelés à prendre part à l'expédition contre la Hongrie ne saurait être considéré comme un phénomène «insolite». [...]
Nous croyons aujourd'hui que le corps de Roumains de l'armée de Vatatzès était composé d'habitants établis les uns au sud, les autres au nord du Danube. Ces derniers pouvaient être de tout aussi bons soldats - ou «interprètes» au besoin que leurs frères balkaniques, sans parler de leur connaissance des lieux par où devait passer l'armée byzantine. En participant à l'action de Vatatzès, ils n'en étaient d'ailleurs pas à leur première mission au service de l'empereur Manuel Ier. [...]
Gh. Stefan, dans Dinogetia, I, p. 381, ecrit : «Les Vlaques mentionnés ici (c'est-à-dire dans Cinnamus, 260, 8-9, n.n.) sont naturellement les descendants de la population autochtone romanisée. Ce sont les autochtones qui ont continué à vivre sur le territoire de la Dobroudja, sans interruption, de même que sur la rive gauche du Danube, en Munténie et Moldavie (Petre Diaconu, Les coumans au Bas-Danube aux XIe et XIIe siècles, 1978 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Coumans).
Jean Cinnamus, né en 1143 ou en 1144, mort après 1185, fut secrétaire particulier de l’empereur byzantin Manuel Ier et de ses successeurs. Il est connu par une Histoire des faits et gestes de Jean et Manuel Comnène qui débute avec l’avènement de Jean II en 1118 et se termine abruptement en 1176, laissant penser que le manuscrit est incomplet (fr.wikipedia.org - Jean Cinnamus).
Vole à voile et résurrection : Luc 24 et la "résurrection" du roi
Le n° 24 de la rue du Vol à Voile croisé avec le 24,7 km inscrit sur le panneau indicateur indiquant à Tintin la distance le séparant de Klow réfère au chapitre 24 de l'évangile de Luc. Sur le panneau opposé, la ville d'Istow est à 31,2 km.
Luc 24 est le vingt-quatrième et dernier chapitre de l'Évangile selon Luc dans le Nouveau Testament de la Bible Chrétienne. L'auteur du livre contenant ce chapitre est anonyme, mais la tradition chrétienne primitive affirmait uniformément que Luc l'Évangéliste avait rédigé cet Évangile ainsi que les Actes des Apôtres. Ce chapitre narre la découverte de la résurrection de Jésus-Christ, ses apparitions aux disciples et son ascension au ciel (fr.wikipedia.org - Luc 24).
"24,7" est une indication décimale un peu étonnante que Tintin arrondit à 25 km, comme cela se voit sur les panneaux habituellement.
5 Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers la terre quand ils leur dirent : «Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? 6 Il n'est pas ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous comment il vous a parlé quand il était encore en Galilée; 7 il disait : “Il faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des hommes pécheurs, qu'il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite.” (chretien.news).
A mettre en rapport avec la citation de Christophe Colomb par les Dupondt : "donnez moi trois jours..." (page 44). A partir de cette instant sur trois jours se déroule l'aventure jusqu'à la parade royale avec le sceptre.
La sagesse, chez Bovelles (De sapiente), prend bien, au fur et à mesure que se déploie le traité, une dimension mystique qui rejoint l’aspiration exprimée par le poète. Connaissance immatérielle de soi, la sagesse spéculative est en même temps assimilation de la connaissance divine, processus exprimé à l’aide d’innombrables locutions verbales suggérant l’élévation et l’union : in Deum scandere («monter en Dieu»), Deo copulari («s’unir à Dieu»), unus cum Deo fieri («devenir un avec Dieu»), ou encore in Deum ueliuolare atque remigare, verbes qui n’auraient pas dû être traduits par «voler et ramer» mais plus exactement par «s’envoler vers Dieu en planant ou battant des ailes», car Bovelles montre ici un regard exercé à la volerie. Alors que l’élévation spirituelle implique chez Bigi un rejet du corps que véhicule tout naturellement certaines expressions néo-platoniciennes, elle assure au contraire chez Bovelles une place discrète mais ferme au corps. En effet, si l’espérance de l’immortalité (spes immortalis) contribue aux délices éprouvées par le sage dès cette vie - elle est non seulement qualifiée de beatissima, mais également de gratissima, elle n’est jamais dissociée de l’assurance, empruntée à la révélation chrétienne, de la résurrection du corps. Le chapitre XX du De sapiente fait d’ailleurs se correspondre terme à terme une vingtaine de couples de propositions relatives au devenir conjoint de l’âme et du corps humains. La philosophie de Bovelles assure à ce dogme une place remarquable et constante, jusqu’à ses derniers dialogues de 1551-1552. Elle lui accorde autant, sinon plus d’importance, qu’à l’immortalité de l’âme qui constitue à l’inverse l’essentiel de la démonstration philosophique de Marsile Ficin dans la Théologie platonicienne
Veliuolare (le vol à voile, quand les ailes s’appuient sur le vent) et remigere (le battement d’ailes des oiseaux ramiers) désignent deux modes de propulsion des oiseaux (voir Jules Duhem, Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier, Paris, Sorlot, 1943); ces notations de volerie sont fréquentes dans la littérature de la Renaissance (Marie Madeleine Fontaine, «Nager, voler», dans Ronsard et les éléments, A. Gendre (éd.), Droz, 1992, p. 67-124). (Anne-Hélène Klinger-Dollé, Les plaisirs du sage : délices intellectuelles ou juste rapport du corps et de l’esprit dans le De sapiente de Charles de Bovelles (1479-1567) ?, Hédonismes, 2007 - books.openedition.org).
Charles de Bovelles, latinisé en Carolus Bovillus (né en 1479 à Sancourt, mort à Ham vers 1553, cf. infra), est un philosophe et mathématicien français, professeur au Collège du Cardinal-Lemoine, puis chanoine de Noyon, qui composa notamment une Géométrie en françoys (1511), premier ouvrage scientifique imprimé en langue française. On lui doit également de nombreux traités philosophiques, mathématiques, théologiques et mystiques, mais aussi philologiques. Charles de Bovelles est aujourd'hui considéré comme «peut-être le plus remarquable penseur français du XVe et du début du XVIe siècle» (Albert Rivaud) (fr.wikipedia.org - Charles de Bovelles).
Dans la version courante du mythe, au retour de l'expédition Médée utilise un stratagème machiavélique pour châtier Pélias, roi d'Iolcos, qui a envoyé son neveu Jason accomplir une mission où normalement il aurait dû trouver la mort. Devant les filles de Pélias elle égorge un vieux bélier, le dépèce, le fait bouillir dans une marmite emplie d'une décoction d'herbes magiques : aussitôt un fringant agneau bondit hors du chaudron. À l'incitation de Médée, les Péliades, encouragées par cet exemple, tuent leur père, que Médée se garde bien de ressusciter. Le chaudron bénéfique qui redonnait vigueur et jeunesse à Jason, Aeson et aux Hyades s'est métamorphosé en tombeau sacrilège. Mais l'épisode du meurtre de Pélias n'appartient pas à la version ancienne (Odile Cavalier, Silence et fureur, la femme et le mariage en Grèce : les antiquités grecques du Musée Calvet, 1996 - books.google.fr).
Si le "24,7" se rapporte à Luc, "31,2" peut se référer à Proverbe 31, 2 dans le chapitre consacré aux enseignements faits par sa mère au roi de Massa Lamuel, qui consituent un programme d'action royale (roi de justice). Ils sont mis en relation avec Luc 24 chez Rupert de Deutz (Robert de Liège), De glorificatione Trinitatis et processione Spiritus Sancti, paru en 1127 ou 1128, sa dernière grande œuvre.
Il y effectue une lecture chronologique et synthétique des Écritures, tout en réfutant à la fois les juifs et les orthodoxes, ainsi qu'un remarquable Commentaire sur le Cantique des cantiques (Commentarium in Canticum canticorum), interprété dans une perspective nouvelle qui met en évidence la Mère de Dieu dans son rôle d'idéal et de modèle (Benoît Patar, Dictionnaire des philosophes médiévaux, 2006 - books.google.fr).
Cf. la maîtresse-femme des Proverbes 31, 10-31 suite aux préceptes de Lamuel (saintebible.com).
Rupert y oppose le nouvel Adam à celui qui a perdu la gloire de la ressemblance. La foi, l'espérance, la charité que possédait l'homme raisonnable (à l'image de Dieu), lui permettaient d'être à la ressemblance de la Trinité créatrice (Robert Javelet, Image Et Ressemblance Au 12e Siècle, de Saint Anselme À Alain de Lille, 1967 - books.google.fr).
Comme les œuvres théologiques, les commentaires scripturaires voient les vestiges de la Trinité dans les trois facultés de l'âme, dont la formule la plus courante est livrée par deux sentences de l'école de Laon : l'âme est image de la Trinité puisqu'elle possède une triple nature - intellect, volonté et mémoire. [Parmi] les principaux commentaires qui consacrent quelque place à ce thème, Rupert de Deutz développe le Faciamus hominem en «Faisons l'homme qui possède l'évidence de notre triple opération (puisque le pluriel de Faciamus renvoie à la Trinité) : vivant (comme les animaux), rationnel (comme l'ensemble de l'humanité), semblable à Dieu (les saints et les justes)». En fait, ici nous sommes plus près de la hiérarchie des niveaux de l'être, d'origine aristotélicienne, que des puissances de l'âme (Gilbert Dahan, L'exégèse de Genèse 1,26 dans les commentaires du XIIe siècle, Revue des études augustiniennes, Volume 38, 1992 - books.google.fr).
Le semblable aime le semblable, ce qui est saint est aimé de la source de toute sainteté, qui est essentiellement lumière. Car vous étiez ténèbres et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur (Clément d'Alexandrie, Le pédagogue) (Histoire de l'Église, depuis les origines jusqu'à nos jours, de la fin du 2° siècle à la paix constantinienne, 1934 - books.google.fr).
Item de eadem dignatione spirantis ubi vult, juxta illud in proverbiis: «Noli regibus, o Lamuel, noli regibus dare vinum; date sicerum mærentibus, et vinum his qui amaro sunt animo.» Igitur quod dictum est : «Spiritus ubi vult spirat,» sic venerabiliter intelligitur, quod non casu, sed cum ratione judicii alias spirare velit, et alias spirare nolit, quam videlicet judicii rationem Sapientia nobis insinuat in parabolis Salomonis verbis hujuscemodi. «Noli regibus, o Lamuel, noli regibus dare vinum, quia nullum secretum est ubi regnat ebrietas, ne forte bibant et obliviscantur judiciorum, et mutent causam filiorum pauperis. Date siceram mærentibus, et vinum his qui amaro sunt animo. Bibant et obliviscantur egestatis suæ, et doloris non recordentur amplius (Prov. XXXI).» Lamuel quippe, quod interpretatur in quo Deus, ipse est Christus in quo revera Deus, quemadmodum Apostolus dicit: «Deus erat in Christo, mundum reconcilians sibi (II Cor. V). Nec vero ita Deus in illo, sicut in nobis, sed multo differentius, ita videlicet ut verbum Deus, et assumptus homo unus Christus, una personasit. Vinum quod dat iste Lamuel, sine dubio hic Spiritus sanctus est, qui cum datus esset apostolis ab ipso dicente : «Ego mittam promissum Patris mei in vos (Luc. XXIV);» et illi loquerentur linguis, stupentes, qui audiebant, nescientes quidem ipsi quid dicerent, sed tamen verum dixerunt, quia musto pleni sunt isti (Act. II) (Patrologiae cursus completus, Series Latina, Tome 169, 1894 - books.google.fr).
Le De glorificatione trinitatis et processione s. spiritus date de 1127-1128 (Max Manitius, Paul Lehmann, Geschichte der lateinischen Literatur des Mittelalters, Partie 9, Volumes 2-3, 1931 - books.google.fr).
1127 : date de la bataille de Zileheroum.
Le chapitre 24 clot l'évangile de Luc, le 31 le livre des Proverbes (Klow ?).
Pour confirmation, le sens de "Istow" indiqué sur le panneau à 31,2 km est peut-être à chercher dans la langue roumaine :
"ístov", s., fin, terme; "de istov" tout-à-fait, complètement; "istovesc, i", finir, achever, terminer, liquider, pressurer (fig.) (Alexandre de Cihac, Dictionnaire d'étymologie daco-romane, Tome 2, 1879 - books.google.fr).
SY-AMO
"sy" (et "si") sont des abréviations pour, "symiles" (et "similes") elles désignent des passages parallèles (E. M. Meijers, Études d'histoire du droit: Le droit romain au moyen âge, 1959 - books.google.fr, Librum Genesis ex interpretatione sancti Hieronymi cum prologis variisque capitulorum seriebus adiectis prolegomenis, 1926 - books.google.fr).
Similis similem amat (soort zoekt soort) (Jacques Hubert Michael Aerssen (1806 - 1878), De wijsgeer Don Quichotte, of De lotgevallen van den advocaat Hablard, Tome 2, 1854 - books.google.fr).
Rappelons-nous que la cause la plus féconde de complaisance et d'amour, c'est la ressemblance, la conformité qui existe entre deux êtres. L'homme aime son semblable, il aime tout ce qui a un rapport de conformité avec sa nature, parce que, dit saint Thomas, il y trouve ce qui le complète, parce qu'il s'y trouve lui-même d'une certaine façon. Les êtres, dit Aristote, aiment ce qui leur ressemble (H.A. Montagne, Le sentiment esthétique, Revue thomiste;: revue doctrinale de théologie et de philosophie, 1900 - books.google.fr).
Le semblable aime le semblable (Platon, Lysis 214 a b). Opinion que partagent les physiciens, et notamment Empédocle, en étendant la loi humaine (cf. Gorgias, 510 b) à l'univers tout entier. La thèse opposée peut également s'appuyer sur la sagesse traditionnelle. Témoin Hésiode, Travaux, 25 s., qui soutiendrait que le semblable est ennemi du semblable, et le dissemblable, ami (215 c-d). Là encore les physiciens, et les mêmes, apportent le renfort voulu, s'ils déclarent que le sec convoite l'humide pour s'en nourrir (215 e), désir qui revient, chez Empédocle, à l'Amour de l'autre (voir aussi Eryximaque, Banquet, 186 d-e). Pour Platon, les deux thèses restent fausses, aussi longtemps qu'on les oppose et les isole. D'où le postulat, dans les Lois, 837 a-d, d'une amitié mixte qui, poursuivant l'autre dans le corps plus jeune, mais plus beau, conduit l'âme semblable, mais moins belle, vers sa propre perfection L'affinité absolue ne mérite pas le nom d'amitié. Le méchant nuit au méchant (Lysis, 214 b-d). Mais le bon même, bien qu'il soit prédestiné à aimer le bon, n'apporterait rien à qui serait aussi parfait que lui (Lysis, 214 e-215 c). Les contraires, cependant, ne peuvent pas être absolus non plus, sous peine de s'anéantir mutuellement (216 a-b). Platon restitue à l'argument éristique (216 a 7) de l'amitié ennemie de l'inimitié sa portée dialectique.
Dans l'Ethique à Nicomaque, la discussion d'Aristote fait apparaître un arrangement de la doxographie dont Platon a dû se servir lui-même. Mais, au lieu d'opposer les thèses du même et de l'autre et d'en faire la critique séparément, Aristote décompose la présentation : réservant aux poètes l'énoncé de chaque opinion, il l'analyse et l'approfondit en un deuxième temps par la confrontation des physiciens : A) Homère, rho 218, et le proverbe des corneilles, pour le même (1155 a 32-35). B) Hésiode, Travaux, 25, pour l'autre (a 35 b 1). B1) Les physiciens, du côté de l'autre : Euripide et Héraclite (b 2-6). A1) Empédocle, du côté du même (b 6-8). Il semble qu'Aristote ait choisi cette présentation pour que la première position, combattue d'abord par un autre poète, puis, sur un plan plus philosophique, par Héraclite, s'impose en définitive par les arguments du plus compétent en la matière. Aristote, quant à lui, tourne le dos à ces spéculations (b 8) (Jean Bollack, Empédocle, Tome 3, 1992 - books.google.fr).

