Franquin
André Franquin, né le 3 janvier 1924 à Etterbeek (Belgique) et mort le 5 janvier 1997 à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes, France), est un auteur belge francophone de bande dessinée, principalement connu pour les séries Spirou et Fantasio, Gaston, Modeste et Pompon et les Idées noires; il est aussi le créateur du Marsupilami, animal imaginaire.
En 1942, après ses humanités à l'Institut Saint-Boniface-Parnasse, fréquenté peu avant lui par Hergé, qui y est une véritable star, arrive pour lui le moment de choisir ses études supérieures. Choix dont son père lui a d'ores et déjà épargné l'embarras : le jeune homme sera ingénieur agronome. Mais Franquin a une tout autre idée de son avenir et parvient, avec l'aide de sa mère, à infléchir la position paternelle et à s'inscrire à l'école Saint-Luc, une école catholique d'art dont il se lassera très vite. Il y pratique plusieurs activités comme la technique de la couleur, le dessin au fusain, le dessin à partir de motifs romains ou byzantins, des cours d'hagiographie et le dessin à partir de modèles vivants. La morale stricte qui règne permet cependant la pratique du nu masculin : ce sont les étudiants eux-mêmes qui doivent poser à tour de rôle. Pendant la guerre, il n'est pas inquiété grâce à son statut d'élève à Saint-Luc qui lui permet d'échapper aux restrictions et surtout au travail obligatoire. Cette école est en effet bien vue par les Allemands car l'homme politique et collaborateur Léon Degrelle y enseignait avant guerre (fr.wikipedia.org - André Franquin, x.com, www.franquin.org).

Le comte de Champignac : Pacôme
Henri Gillain dit Jean Darc ou Luc Bermar, né le 3 janvier 1913 à Gedinne (province de Namur) et mort le 10 août 1999 est un scénariste de bande dessinée belge francophone.
D'une lignée de 8 enfants (deux de ses trois frères sont prêtres et deux de ses quatre sœurs sont entrées dans les ordres), frère aîné de Jijé pour qui il réalise quelques scénarios, il est surtout connu pour avoir créé l'univers de Champignac dans une longue histoire adaptée par André Franquin pour les aventures de Spirou et Fantasio, Il y a un sorcier à Champignac.

La famille Gillain en 1938
Il est enseignant et, à l'époque, un professeur qui collabore à une bande dessinée, ce n'est pas très bien vu. Il signe donc d'un pseudonyme, Jean Darc.
En 1950, André Franquin en panne d'idées vient voir son mentor, Jijé, en espérant qu'il pourra l'aider. Celui-ci l'oriente vers son frère, bouillonnant d'idées, qui lui compose un long scénario que Franquin va adapter. Pour le village de Champignac, Henri Gillain s'inspire de son propre village natal, Corbion, tout près de Bouillon dans la province de Luxembourg.
- J'ai vu arriver Franquin un jour de juin, se souvenait-il. Il en avait assez de dessiner des buildings ou des décors du Far West, et il m'a dit qu'il aimerait bien un récit campagnard. J'étais professeur de math à l'époque, dans un établissement religieux. Pendant les examens, en surveillant les élèves, j'ai tout à coup eu une idée. Il y avait au mur une grande planche avec des champignons. Pourquoi ne pas faire une histoire avec des champignons magiques ? J'ai écrit tout le scénario dans un cahier. Franquin avait l'air assez content, bien que plus tard, il ait dit qu'il avait dû fameusement élaguer : il paraît qu'il y avait trois scénarios dans mon récit.
- Henri Gillain m'avait envoyé un carnet épais comme une bible, si j'ose dire, vu le contexte, évoquait avec humour André Franquint. Si j'avais voulu le réaliser, j'y serais encore actuellement ! J'ai taillé dedans, car c'était une espèce de roman-fleuve. L'idée des champignons s'y trouvait, et c'est ce qui m'a d'abord séduit. Je suis parti de son histoire, mais j'ai beaucoup trié pour en dégager le récit définitif. Jusqu'alors, je n'avais réalisé que des histoires courtes, j'avais envie de m'attaquer à une longue série; alors, je me suis lancé, bravement.
Pour se documenter, Franquin cherche un décor qui pourrait abriter le singulier comte de Champignac (Philippe Gillain et Romain Gillain, Essai de chronologie de Joseph Gillain, André Franquin, Spirou et Fantasio - L'intégrale - Tome 2 : De Champignac au Marsupilami, 2022 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Henri Gillain).
En janvier 1920, il quitte Gedinne pour Florennes où son père est nommé receveur des contributions. Florennes se trouve à côté de Biesmerée ancien Bermar-iacas (C.G. Roland, Toponymie namuroise, Annales de la Société Archéologique de Namur, Volume 23, 1899 - books.google.fr).
Biesmerée (en wallon Biemrêye) est une section de la commune belge de Mettet située en Wallonie dans la province de Namur. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
C'est Liliane, la femme de sa vie, qui va lui fournir les clefs de la demeure dans laquelle le comte de Champignac exercera ses talents d'inventeur. «Ce château, je le connaissais depuis que j'étais petite. Un ami de mon père habitait par là, et on était allés, André et moi, plusieurs fois dans la région. Alors, quand on a eu besoin d'un château pour son histoire, il a tout naturellement pensé à celui-là...» Le château de Skeuvre est situé à Nattoye, dans le Condroz namurois. «Franquin n'a jamais vu cette demeure quand il en fit celle du comte de Champignac», précise le vicomte de Beaudignies, l'actuel maître des lieux. Alors, pourquoi cette concordance surprenante entre les deux architectures ? II prit pour modèle un château qui figurait sur des photographies appartenant à son épouse. «Quand elle était encore jeune fille, elle était en effet venue à Nattoye et avait ramené de ce séjour quelques photos montrant le château inoccupé, qui avait été ravagé par un incendie allumé par les Allemands. Dès lors, il respecta scrupuleusement le document, reproduisant les ouvertures des fenêtres obturées par des planches ou encore le dessin exact des portes des annexes.» Mais que serait Champignac sans son comte ? «Pacôme, Hégésippe, Adélard, Ladislas, comte de Champignac. C'est en fouinant dans des calendriers que nous avons trouvé, ma femme et moi, ces prénoms à rallonge.» Car le personnage se trouvait déjà dans l'épais cahier remis par Henri Gillain. Longtemps après avoir abandonné la série, Franquin continuera à avoir une pensée émue pour le mycologue. «Il y a un personnage que j'aimais beaucoup et que je regrette très souvent : le comte de Champignac. Même si ce personnage de savant très créatif est un cliché... Dans une bande dessinée, un personnage tel que lui devient un peu un père parfait. J'aimais bien Champignac... (soupir)». En attendant, quand Numa Sadoul lui demande si, cet album terminé, il pensait réutiliser Champignac, Franquin répond : «Je ne pensais à rien, tu dois te pénétrer de cette idée ! Quand on fait de la bande dessinée, comme quand on écrit des bouquins, je suppose, il y a des personnages imprévus qui s'imposent à vous et que vous reprenez d'instinct, car vous sentez qu'ils sont valables. On avance un peu à l'aveugle et, finalement, rien n'est programmé, les créations se font au fur et à mesure, et parfois elles restent.» (José-Louis Bocquet, Eric Verhoest, Franquin, chronologie d'une œuvre, 2007 - books.google.fr).

Skeuvre
Pour skobar, le seul cas d'application qu'a pu relever M. Gamillscheg est le nam. Skeuvre; mais cette étymologie n'est pas sans présenter une sérieuse difficulté phonétique, car la diphtongue sc, en dehors des cas d'emprunt au picard, passe régulièrement à la chuintante, même devant o, en wallon namurois (L. Roger, La frontière linguistique et la colonisation germanique en Belgique wallonne et en France septentrionale, ZFSL, Zeitschrift für französische Sprache und Literatur, Volume 63, 1940 - books.google.fr).
skobar (west.), meule de foin, de paille, de blé (vha. scobar, scober, mha., nha. schober). Ce mot a donné Skeuvre, toponyme de la province de Namur que Gamillscheg tient pour francique. Comme le montre la diphtongaison de o après son allongement en syllabe ouverte, cette dénomination est létique (Bibliothèque française et romane, Manuels et études linguistiques. Série A, 1982 - books.google.fr).
Skeuvre fut aussi incorporé dans la prévôté de Poilvache au XIVe siècle. Les de Gesves furent les seigneurs de Skeuvre au XVe et XVlle siècle. Ensuite, la terre de Skeuvre devint propriété des de Mozet, Tamsin pour aboutir en 1690 dans la famille de Thiers (www.hamois.be).
Dans l'histoire de la Wallonie, les lètes (laeti) étaient des colons d'origine germanique installés par l'Empire romain dès la fin du IIIe siècle (notamment en 291 après J.-C.) dans les zones dévastées des Nerviens et des Trévires.
Pacôme, Lefort et les Gillain
La mère d'Henri Gillain est originaire de Corbion dans les Ardennes et son père du petit village de Sart-Saint-Laurent, aux environs de Namur. Employé aux contributions, ce dernier ajoutait à ses fonctions le talent de poète en wallon (Philippe Gillain et Romain Gillain, Essai de chronologie de Joseph Gillain).
Corbion et Petit-Fays sont deux villages ardennais proches situés dans la vallée de la Semois et la commune voisine de Bièvre en Belgique. Petit Fays, entre Gedinne et Corbion, est le lieu de la sépulture de Mgr Lefort (1879-1959), né à Orchimont à 8 km, célébrité cacatholique dans le domaine des études religieuses, qui a étudié l'oeuvre du moine égyptien Pachôme.
Amélineau avait édité en 1889 divers morceaux des vies de Pachôme, et c'est sur ce travail, dont la qualité est discutable, qu'avaient dû se fonder, depuis, les essais de solution du problème pachômien : entre autres le travail capital de P. Ladeuze (Élude sur le cénobitisme pachômien pendant le IVe s. et la première moitié du Ve. Louvain, Paris, 1898) à la mémoire de qui M. Lefort dédie aujourd'hui son ouvrage. Une édition complète du dossier pachômien était indispensable. En 1909, à la demande de M. Hyvernat, Th. Lefort commença l'étude de tout ce qui subsistait en copte : fouillis de feuillets dépareillés où il put immédiatement reconnaître plusieurs recensions. Manuscrits bohaïriques et sahidiques furentpourchassés et rassemblés selon une méthode rigoureuse; tandis que M. Lefort faisait connaître l'avancement de ses recherches par une série d'articles et de volumes successifs. C'était, dès 1919, la communication capitale : Un texte original de la règle de Saint Pachôme (Comptes rendus de ? Académie des Inscriptions..., 1919, p. 341-346), suivie d'une dizaine d'articles et de deux publications : la vie bohaïrique, et les vies sahidiques de S. Pachôme (dans le Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium, Scriptores Coptici, Series III, 1925, 1933-1934, 1936), auxquelles venait s'ajouter en dernier lieu l'important article : Les premiers monastères pachômiens. Exploration topographique (dans Le Muséon, 1939, LII, p. 379-407), par lequel Pachôme et ses compagnons étaient enfin replacés sur le sol réel- où ils avaient vécu. En même temps, les recherches de Th. Lefort avaient déjà permis aux Bollandistes de publier avec sûreté les vies grecques dans un volume magistral : Sancti Pachomii vilae graecae, dû au P. Halkin (Bruxelles, 1932). Aujourd'hui (en 1943), l'œuvre de M. Lefort vient d'aboutir à la publication du volumineux recueil où les vies de Pachôme et de ses successeurs sont classées et analysées dans une introduction de près de 80 pages : l'histoire des diverses recensions est enfin établie en lignes simples et nettes. Puis viennent 400 pages d'une traduction méticuleuse du dossier copte, dont M. Lefort, après en avoir démontré la valeur historique,- veut faire sentir la valeur spirituelle, donnant ainsi, si besoin en était, le dernier coup aux derniers détracteurs de S. Pachôme et des lettres coptes. [...]
Antoine avait institué la vie anachorétique, Athanase avait été «le héraut et le théologien» du monachisme naissant : Pachôme comprit qu'il importait de discipliner et d'assouplir la. volonté des membres de sa communauté, et prit l'initiative de les soumettre à une règle minutieuse. Cette formule devait assurer au monachisme pérennité et stabilité, de sorte que Pachôme mérite bien «d'être considéré comme le fondateur du monachisme chrétien dans le sens actuel du mot» (p. 1). (Jean Doresse, L. Th. Lefort. Les vies coptes de Saint Pachôme et de ses premiers successeurs. In: Revue de l'histoire des religions, tome 133, n°1-3, 1947 - www.persee.fr).
Pachôme à Chénoboskion
Le Codex IX de la bibliothèque de Nag Hammadi a reçu la numérotation VIII en 1949 par les chercheurs Jean Doresse et T. Mina. Il a ensuite été désigné comme le codex X en 1950, IV en 1958, avant que la numérotation IX de M. Krause en 1962 ne devienne officielle. Le Témoignage Véritable/ou de la Vérité (IX, 3) est un traité polémique qui critique vivement les autres formes de christianisme (notamment l'orthodoxie naissante), le baptême d'eau et les opinions des hérétiques, tout en exaltant la quête de la vérité intérieure.
La critique a généralement entériné les seuls renseignements dont on dispose sur ces questions, c'est-à-dire les résultats, publiés dans le Bulletin de la Classe des Lettres en 1950, de l'enquête menée sur place 4 ou 5 ans après les faits. Vers 1945, à quelque 50 km à vol d'oiseau au nord-ouest de Louqsor, à une quinzaine de km au nord-est du bourg de Nag Hammadi, non loin du village d'Es-Sayyad, qui est l'ancienne Seneset-Chénoboskion, localité illustrée par les fondations monastiques de saint Pachôme au début du IVe siècle et que Mgr Lefort avait explorée en 1939, des fellahs auraient exhumé, sur le site d'un cimetière antique, une grande jarre contenant les manuscrits. Ces renseignements remontent à deux sources, qui pourraient bien se réduire à ure seule : les dires des trafiquants du Caire et les indications, assez vagues, des habitants de la région de Chénoboskion. Il n'est peut-être pas défendu de traiter ces sources avec quelque circonspection. On peut remarquer en tout cas que l'endroit précis de la découverte n'a jamais pu être indiqué par les autochtones; de plus, comme l'a objecté le savant danois Søren Giversen, rompant l'unanimité de la critique, il peut paraître étrange que l'on n'ait pu trouver sur place le moindre reste de la jarre, qui doit avoir été grande, ni le moindre débris de papyrus; ici encore, le rapprochement avec les manuscrits de Qumrân donne à penser, et le P. North, qui a fait deux visites à Chénoboskion, affirme qu'il lui a été impossible d'y trouver une seule personne à même de fournir des renseignements sur la trouvaille. D'autre part, on peut se demander s'il n'existerait pas quelque rapport entre la découverte des manuscrits gnostiques et celle des manuscrits, grecs et coptes, qui sont aujourd'hui la propriété de Martin Bodmer. Il est en tout cas bien regrettable que, n'ayant aucune certitude sur les circonstances de la découverte, nous ne puissions en avoir non plus sur les conditions dans lesquelles les manuscrits ont été enfouis il y a plus de quinze siècles. Ce point n'est pas sans importance pour l'appréciation du caractère de la collection, voire pour l'interprétation des textes eux-mêmes. On parle couramment, depuis le début, de la «bibliothèque gnostique de Nag Hammadi»; l'expression suggère qu'il s'agit d'un ensemble homogène de livres sacrés ayant appartenu à une communauté gnostique précise; c'est là ce que beaucoup admettent plus ou moins explicitement, quitte à s'étonner ensuite du peu d'homogénéité, tant linguistique que doctrinale, de la collection, de l'absence de tout écrit historique, biblique ou liturgique, et de la présence de traités hermétiques. A vrai dire, personne ne sait ce que représente l'ensemble de 13 manuscrits en question, ni comment ils ont été réunis, ni pourquoi ils ont été cachés. Assurément, on peut imaginer qu'il s'agit des livres de chevet d'un groupe déterminé de sectaires, mais ce n'est là qu'une hypothèse, qui se heurte d'ailleurs à plus d'une difficulté, et on peut en forger d'autres, non moins plausibles; on pourrait songer, par exemple, à un ensemble de manuscrits collectionnés par un chasseur d'hérésies ou par un hérésiologue, à un pêle-mêle de livres hérétiques promis à l'autodafé, ou même, qui sait, à un stock de libraire. La prudence, en tout cas, est ici de rigueur; en l'absence de toute indication d'ordre externe, le dernier mot ne pourra être dit qu'après la publication et l'étude de tous les textes; il importe, en attendant, de ne point s'embarrasser de postulats, surtout de postulats déguisés en données de fait (Gérard Garitte, Scripta disiecta, 1941-1977, Tome 2, 1980 - books.google.fr).
Nag Hammadi. La jarre avait été enfouie dans un cimetière à l'orée du hameau de Hamra Doum. Un des membres du groupe, Mohammed Ali, ramena les manuscrits chez lui à Al-Qasr, un village à deux kilomètres et demi du site de la découverte et à proximité de l'ancien Chenoboskion ou mieux Chenoboskia («pâturages d'oies»), situé dans le voisinage de la Basilique de saint Pacôme et des anciennes tombes royales des falaises du Djebel al-Tarif. Mohammed Ali mit sa précieuse découverte dans sa cour sur de la paille servant de combustible, et il est possible que certains feuillets de papyrus servirent à alimenter le four qui s'y trouvait. Mais la majeure partie en fut préservée et vendue à des antiquaires qui la revendirent Musée Copte du Vieux-Caire. En 1948, H.-Ch. Puech, de l'Institut, Jean Doresse, du Centre National de la Recherche Scientifique, et Togo Mina, alors Directeur du Musée Copte, furent parmi les premiers à annoncer la découverte au monde scientifique. Le travail de conservation fut poursuivi par le Professeur Martin Krause de Münster avec l'aide du nouveau Directeur du Musée, Pahor Labib et, enfin, mené à terme par les membres du projet américain de l'Institut de l'Antiquité et du Christianisme du Graduate School de Claremont en Californie (Les papyrus de Nag Hammadi et la Gnose, Histoire et archéologie, Numéros 70-78, 1983 - books.google.fr).
Hégésippe et les champignons
La significatiuon du nom Hégésippe provient du grec "conducteur de chevaux" : "hégeomai", je conduis, "hégesis", conduite (L. Grimblot, Vocabulaire synthétique de la langue française, étymologie lexique et graphique, racines synonymes, dérivés français, noms de personnes, de lieux et de peuples, locutions latines, grecques, etc., 1902 - books.google.fr).
Hégésippe (vers 180), dans un ouvrage perdu mais dont plusieurs fragments sont cités par Eusèbe (HE IV,22,5), énumère les sectes hérétiques : Simoniens... Ménandrianistes, Marcianistes, Carpocratiens, Valentiniens, Basilidiens, Satorniliens. On a observé depuis longtemps la parenté de cette liste avec celle de Justin et l'on en a inféré avec raison que Justin devait être la source d'Hégésippe. Ce témoignage d'Hégésippe, qui sera confirmé par celui d'Irénée, permet de réparer une faute dans l'unique manuscrit qui nous a conservé le Dialogue de Justin; il faut lire en 35,6 : Marcioniens, (Carpocratiens,) Basilidiens, Satorniliens. Dans une telle série de noms ayant la même finale, l'omission de l'un d'eux était facile.
Irénée, dans la troisième partie du livre I de son traité intitulé : La prétendue Gnose démasquée et réfutée, donne une série de notices sur tous les hérétiques depuis Simon le Mage : nous y retrouvons (et cela aussi a été remarqué depuis longtemps) les mêmes hérésies que chez Justin et Hégésippe, et rangées dans le même ordre, sauf que pour les dernières, de Marcion à Satornil, l'ordre est inversé et Valentin omis (parce qu'il avait été traité spécialement plus haut); on a donc : Simon (23,1-4), Ménandre (23,5), Satornil (24,1-2), Basilide (24,3-7), Carpocrate (25,1-6), Marcion (Pierre Nautin, Conférence de M. Pierre Nautin. In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 90, 1981-1982. 1981 - www.persee.fr).
Nous lisons au début de 1, 29 d'Haeresis d'Irénée : «En plus de ceux-là [de I, 23-28], issus de ces gens que nous avons appelés Simoniens, la multitude des Gnostiques de Barbelo a surgi : ils sont apparus comme des champignons qui sortent de terre... Je ne reviens pas sur la fameuse question de l'appellation des «Gnostiques». Mais on peut au moins affirmer ici qu'Irénée a vu un rapport certain entre Valentin et les sectes de 1, 23-30, y compris 1, 29-30, et que même, très vraisemblablement, il a mis l'accent sur ces dernières (François Louis Marie Matthieu Sagnard, La gnose valentinienne et le témoignage de saint Irénée, 1947 - books.google.fr).
"Grâce aux champignons, la science va bouleverser la vie moderne !", explique Adélard Ladislas, comte de Champignac fièrement à Spirou. "Après dix ans de recherches, j'extrais, des champignons, des substances miraculeuses ! Je peux faire grandir un veau en quelques heures, décupler la taille ou la force des animaux.
Adelard
Adélard de Bath (environ 1085-1135) traite dans Quaestiones Naturales des végétaux dans ses Questions naturelles, série de 76 questions rédigées au début du XIIe siècle. Ses considérations restent très générales et s’intègrent dans une étude globale de la nature. Les questions sont réparties en trois ensembles qui traitent de botanique et de zoologie (questions 1 à 14), de la nature de l’homme (questions 15 à 47), et de la terre, de l’eau, de l’air, du feu, des météores et de l’astronomie (questions 48 à 76). Le traité se présente sous la forme d’un dialogue entre Adélard et son neveu (Ariane Forot Rabatel, Du végétatif au végétal, l’essor de l’intérêt pour la plante à la fin du Moyen Age, 2019 - books.google.fr).
The great traveller, Adelard of Bath (c. 1130), visited Spain, Greece, Asia Minor and Egypt. He was one of the earliest translators of Euclid from Arabic into Latin; he also endeavoured to reconcile the opinions of Plato and Aristotle on the question of 'universals" (John Edwin Sandys, A History of Classical Scholarship, Tome 1, 1921 - books.google.fr).
Trois mss. possèdent des traductions d'ADÉLARD DE Bath : le ms. d'Oxford (dans une partie plus récente) et celui de Chartres sa traduction des tables astronomiques d'Al-KHOWARISMI, celui d'Avranches son Liber prestigiorum Thebidis (A. Van de Vyver, Traductions médiévales de traités d'astronomie, A Volume of Studies on the History of Mathematics and the History of Science, 1936 - books.google.fr).
The original Arabic author of the text is given as "Thebidis" (in the genitive) in the Avranches manuscript; the forms found in later manuscripts – "Colotidis" and "Elbidis" are clearly corruptions of the same name. As in the case of prestigium, there may be an assimilation to classical culture here, since "Thebidis" could be intended to imply that the author was "a man of Thèbes", the city in Egypt, a land associated with magic and with Hermes. The title in the lost Amplonian manuscript appears actually to make "Thebidis" an epithet of Hermes/Mercury, while the Lyons manuscript uses "Thebidis" ("Elbidis") and "Mercurii" interchangeably. This may be compared to Hermann of Carinthia's assignment of the ancient sage associated with Hermes, Apollonios of Tyana (Balinus), the supposed author of the Sirr al-hal?qa, also to Thebes. But the fuller title "Liber prestigiorum Thebidis secundum Ptolomeum et Hermetem" implies that the "Theban" belongs to remote antiquity, and that his talismans have been interpreted by Ptolemy and Hermes (Charles Burnett, Thabit ibn Qurra the Harranean on Talismans and the Spirits of the Planets, La Corónica, Volume 36, 2007 - books.google.fr).
Adelard ne parle pas des champignons végétaux. Mais il parle des "fungi" au sens médical : excroissances, tumeurs, lésions humides, ainsi que de phénomènes proches de la moisissure (inmusia (immusia), humidité corrompue) soignées par des remèdes composés de miel.
"pulverem de favo mellis super carnem ei prebe et mutabitur" (Adelard of Bath, On Birds (De avibus tractatus 203) - dokumen.pub).
Dans la médecine vétérinaire médiévale, le favus mellis (rayon de miel) est utilisé comme stimulant, comme excipent pour faire avaler un remède, comme tonique digestif, et comme agent adoucissant. Adelard suit ici une tradition anglo?saxonne et anglo?normande de fauconnerie, où le miel apparaît parfois dans les remèdes. C’est un usage médical très ancien (Celse, Pline, Galien), repris dans les textes monastiques et vétérinaires.
Ladislas
Nous entrouvriions à peine le splendide numéro que Les Cahiers Blancs de Bruxelles viennent de consacrer à Milosz que nous apprenions brutalement la mort du poète (2 mars 1939) par la rubrique nécrologique d'un grand quotidien. Né le 29 mai 1877 en Lithuanie (à ce moment province russe), Oscar-Ladislas de Lubicz-Milosz appartenait à une noble famille de grands propriétaires terriens. Plus de 30.000 hectares étaient, paraît-il, soumis à la juridiction de sa famille dont les noms héraldiques sont Lubicz-Bozawola, ce qui veut dire Volonté de Dieu. En 1917, les domaines des Milosz furent confisqués par le Gouvernement Soviétique. Oscar de Milosz arriva à Paris en avril 1889. Il fit ses études au Lycée Janson-de-Sailly, puis à l'Ecole des Langues Orientales et à l'Ecole du Louvre. Il voyagea beaucoup et fit de longs séjours en Russie, en Pologne, en Allemagne, en Angleterre en Italie, en Espagne et en Afrique française. Pendant la guerre de 1916 à 1919, il fut attaché au Bureau d'Etudes diplomatiques de la Maison de la Presse à Paris. Nommé en 1919, Ministre-résident de Lithuanie en France, il garda ce poste jusqu'en 1926. En 1930, il avait obtenu la nationalité française. La mort le frappe alors qu'il n'avait pas encore 62 ans. Il était Grand Officier de l'ordre de Gediminas de Lithuanie et chevalier de la Légion d'honneur. Son œuvre n'est pas de celles qui conquièrent un large public, mais elle est d'une haute et rare qualité. Secrète et toute imprégnée du mystère initiatique, elle est rempli de beauté et d'originalité. Une grande partie en est consacrée à l'évocation gnostique et illuminée des grands mystères d'au-delà de la vie. Ailleurs pourtant, Milosz est plus humain et on l'entend alors se plaindre de l'impossibilité pour l'homme d'atteindre au grand secret du monde. La solitude, la mort et la résignation sont les trois sources de son inspiration. Hautaine et immatérielle, l'œuvre de Milosz restera , comme l'a écrit Jean Cassou, «l'honneur de la poésie française». Voici, empruntée comme la plupart des renseignements ci-dessus, au numéro spécial des Cahiers Blancs dont nous parlions plus haut, la bibliographie des ouvrages de Milosz : Le Poème des Décadences (1899), Les Septs Solitudes (1906), L'Amoureuse initiation roman (1910); Les Eléments (1911); Miguel Manara, mystère (1912); Mephisobeth, mystère (1913); Chefs-d'œuvre lyriques du Nord (1913); Poèmes (1915); L'Alliance des Etats Baltiques (1917); La Confession de Lemuel (1920); Ars Magna (1921); Le Poème des Arcanes (1927); Daïnos (1928); Poèmes, florilège (1931); Les Origines Ibériques du Peuple Juif (1932); L'Apocalypse de Saint-Jean déchiffrée (1933); Contes et Fabliaux de la Vieille Lithuanie (1935); Contes Lithuaniens de Ma Mère Loye Loye (1936); Dix-Sept Poèmes de Milosz (1937); Les Origines de la Nation Lithuanienne (1937); La Clef de l'Apocalypse (1938); Poèmes (1938) (Critique 38, Numéros 1-15, 1939 - books.google.fr).
Converti à la religion cacatholique en 1927 (Irène Mainguy, 3 minutes pour comprendre la signification et le symbolisme des contes merveilleux, 2020 - books.google.fr).
Mais il a rencontré aussi Karomama. Elle était célèbre. Elémir Bourges avait pour elle un culte. Elle aiguilla la pensée de Milosz vers l'Egypte, vers le Louksor du microcosme humain (André Lebois, L'oeuvre de Milosz, 1960 - books.google.fr).
Mes pensées sont à toi, reine Karomama du très vieux temps,
Enfant dolente aux jambes trop longues, aux mains si faibles
Karomama, fille de Thèbes,
Qui buvais du blé rouge et mangeais du blé blanc
Comme les justes, dans le soir des tamaris.
Petite reine Karomama du temps jadis...
(O. V. de L. Milosz, POÈMES 1895-1927, 1929 - books.google.fr).
Né le 25 novembre 1882 à Sart-Saint-Laurent, près de Namur, partie aujourd'hui de Fooses-la-Ville, Eugène Gillain, père de Henri et Jijé, épouse Marie Doffagne en 1908 (fr.wikipedia.org - Eugène Gillain).
Un Olivier Gillain nait à Fosses en 1877 (gw.geneanet.org - Gillain Constant Joseph, gw.geneanet.org - Gillain Eugène).
Un Olivier Gillain publie La science égyptienne. L’arithmétique au Moyen Empire (1927), publié par la Fondation Égyptologique Reine Élisabeth à Bruxelles. C’est un ouvrage de 326 pages consacré aux mathématiques égyptiennes du Moyen Empire. Gillain était belge, lié à la Fondation Reine Élisabeth (institution scientifique prestigieuse). Il travaillait sur l’histoire des sciences en Égypte, pas sur l’archéologie de terrain. Son domaine était l'arithmétique, le calcul, les papyrus mathématiques (Rhind, Kahun, etc.). Son nom apparaît dans une controverse sur la Grande Pyramide, ce qui confirme son activité scientifique (La Grande Pyramide d’Égypte — Réponse à M. Olivier Gillain, par Paul Graeffe (1927).
R.A. Schwaller que Milosz avait accueilli par adoption dans le clan des Lubicz, avait été amené à l'étude de la pensée pharaonique par sa vocation de philosophe. Il avait séjourné seize années en Égypte, dont treize à Louxor même où, été comme hiver, avec l'aide du regretté Alexandre Varille, il scrutait les monuments thébains. Si ses théories dites «symbolistes» n'ont pas convaincu les égyptologues, ceux-ci reconnaissent néanmoins que, sur certains points, de Lubicz pourrait avoir ouvert la voie à des recherches fécondes. Les remarques sur la mathématique égyptienne, qu'on lira ci-dessous, ont été grandement inspirées par le précieux ouvrage d'O. Gillain dont Jean Capart avait pressenti l'importance en le publiant dans nos éditions. Ces pages sont donc comme un hommage à la mémoire de savants qui se sont consacrés passionnément à l'Égypte antique (Chronique d'Égypte, Bulletin périodique de la Fondation égyptologique reine Élisabeth, Numéros 73-74, 1962 - books.google.fr).
René Adolphe Schwaller, dit «de Lubicz» (1887-1961) fut ingénieur chimiste et philosophe français, spécialiste de la symbolique et de l'hermétisme égyptien, auteur d'ouvrages ésotéristes. Il fut amené à la théosophie par Annie Besant et publia de nombreux ouvrages impregnes d'alchimie. Installé en Égypte, en compagnie d'un groupe d'adeptes, il entreprit des travaux sur les arcanes des maîtres d'œuvre de l'Égypte antique et de leur géométrie sacrée.
Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939), poète franco-lituanien féru de spiritisme et de mystique, donna a Schwaller le droit de porter son nom, en 1919.
Schwaller de Lubicz rechercha les secrets d'une Égypte cachée, non admise par les egyptologues, de meme que l'influence de cette civilisation sur la kabbale. Cet homme de formation scientifique plaida pour moins de raison et plus d'intuition dans les etudes egyptologiques.
Avec le Groupe de Louxor (1943-1951) qu'il anime alors par des conférences, avec les contributions de ses collaborateurs, parmi lesquels d'anciens égyptologues de l'Institut français d'archéologie orientale, tels qu'Alexandre Varille (1909-1951) ou Clément Robichon (1906-1999), il apporte de nouvelles notions fondamentales ayant trait aux arcanes des maîtres d’œuvre de l'Égypte antique où Pythagore vint puiser son savoir mathématique (Jack Chaboud, L'Esotérisme Pour les Nuls, 2015 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - René Adolphe Schwaller de Lubicz).
PHAL
Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas : PHAL comme les amanites phalloïdes prévenant la thèse du Jésus-Champignon de Allegro.
Les Philosophoumena d'Hippolyte expliquent à leur façon la doctrine des Séthiens : ceux-ci l'auraient empruntée aux anciens «théologiens», à Musée, à Linos, à Orphée... car ils parlent de la matrice comme Orphée et ce qu'ils disent ailleurs du phallus, symbole de virilité, se lit déjà dans les Bacchiques attribuées à Orphée (Jean Doresse, Les livres secrets des gnostiques d'Égypte : Introduction aux écrits gnostiques coptes découverts à Khénoboskion, 1958 - books.google.fr).
J'ai dit que, lors du débordement du Nil on mesuroit soigneusement la hauteur à laquelle les eaux s'élevoient. [...] A Memphis, l'eau devoit monter à seize coudées. On avoit donc porté seize fois la coudée sacrée sur la verge de fer. Enfuite on marqua cette hauteur par une barre en travers, dont les croifillons, fixés à angles droits sur la tige, formoient une vraie croix. Or cette élévation des eaux se disoit en Egyptien Peal ou Ph-al; & la coudée fimple on le Nilométre de seize coudées, se disoit Peri-epi, c'est-à-dire ce qui fait la mesure, ou simplement la mesure, comme chez nous toise, perche &c. La vraies Imesure ou le Priépi de Memphis étoit de feize coudée à la barre, qui déterminoit la hauteur ou Phal. Mais on indiqua enfuite cette hauteur fur un monument consacré au Nil. L'Art le représenta, selon la copie que nous en avons au grand baffin des Thuileries, cou ché & appuyé sur une urne, avec seize enfans, chacun d'une coudée de haut. La verge eut ensuite indistinctement le nom de Phal ou de Priépi. On y mit un anneau, qui fervit à la tenir en la plongeant dans l'eau. [...] Le Diphal & le Triphal n'ont rien de plus obscur. L'eau ne montoit pas toujours dans la même Province, à la même hanteur requife. Tantôt elle restoit plus bas; tantôt elle s'élevoit plus haut. Dans le premier cas, c'étoit une année de disette. On marqua donc au-dessous de la mesure requise, celle qui étoit toujours le signe de la disette, par une seconde barre, qui formoit alors une double croix ou un double Phal. Si l'eau montoit seulement à telle hauteur audessus de la mesure requise, le Nil causoit les plus grands ravages. [...] On marqua donc cette élévation funeste par une troisiéme barre, & au-dessus de la juste mesure. [...]
Chaque Contrée d'Egypte, ne devant avoir respectivement qu'une juste mesure, étoit cependant exposée à des eaux plus ou moins grosses, comme Memphis. On y eut donc aussi la double & la triple croix, ou le double ou le triple Phal ou Triphallum, comme dit Tibulle, & on les grava fur tous les obélisques. Le Lingham des Perses n'est autre chose que le simple Phal de l'Egypte. Les Perses en remportèrent cet emblême, lorsqu'ils la ruinèrent sous la conduite de Cambyfe. C'est aujourd'hui le signe de la planète de Vénus. On ne pouvoit choisir un signe plus convenable à cette Divinité, qui étoit le Thor de l'Egypte, puisque le simple Phal étoit le signe de la fertilité & de la fécondité de tout le Pays (Gian Rinaldo Carli, Lettres américaines, Tome 2, 1788 - books.google.fr).
Etienne Drioton publie "Les sculptures coptes du Nilomètre de Rodah", Caire, 1942 (Alexander Badawy, Coptic Art and Archaeology, The Art of the Christian Egyptians from the Late Antique to the Middle Ages, 1978 - books.google.fr).
On voyait, dans un des bas-reliefs du principal temple de Thèbes, en Égypte, Osiris nu, tenant de la main droite le phallus, d'où s'étaient élancés les planètes et les astres, représentés par des figures humaines qui se trouvaient disposées suivant la place que les sphères occupent dans le ciel (M. Clavel, Histoire pittoresque des religions doctines, cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde anciens et modernes, Tome 1, 1844 - books.google.fr).
John Allegro was an Oxford-educated philologist and Hebrew scholar, one of the original team of scholars (and the only humanist) who began working on the Dead Sea scrolls, first found at Qumran in 1947. In 1956 Allegro alienated most of the other members of the scrolls team by claiming in a BBC interview that the scrolls proved Christianity to be, at best, a derivative religion. The scrolls tell of a "Teacher of Righteousness" who was crucified for leading a failed revolt a hundred years before Jesus and who had similar teach- ings. Allegro claimed that this was the proto-Jesus, reinvented and restructured circa 30 C.E. to appeal to gentiles in a time of persecution by Rome and the orthodox Jewish religious establishment. He pointed out that Jesus, who claimed to be fulfilling the Law and the prophets, was in reality challenging the Jews and their obsession with the Law by wantonly breaking the Law at every turn, while claiming all the while to be divine. These stories, Allegro said, were the work of a revisionist group that took an older story, updated and embellished it, and set about winning converts among the gentiles in order to wrest power away from the oppressive Jewish religious hierarchy and present a rabble-roused challenge to Roman authority.
Most of the scrolls team considered Allegro's claims to be unsupported by the texts. He was, his detractors said, an anti-Christian atheist who had become fixated on trying to destroy the validity of the crucifixion story and Christianity along with it. Already ostracized by his fellows, almost all of whom were believing Christians or Jews, Allegro sealed his fate in 1970 when he published The Sacred Mushroom and the Cross, a book that claimed on linguistic evidence, real and imagined, that Jesus was the head of a cult that took psy- chedelic mushrooms, namely the fly agaric or "penis mushroom," the name Allegro claims was given to the mushroom by the ancients. He went on to state that perhaps Jesus never existed at all; that the name "Jesus" was a code name for the mushroom, along with the names John, James, Peter, and others. He found what he considered evidence for a fly agaric cult in the Old Testament as well, taking the names of various biblical characters and extrapolating back into ancient Sumerian and beyond in order to speculate about what the names were secretly intended to mean (Clark Heinrich, Magic Mushrooms in Religion and Alchemy, 2002 - books.google.fr).
L'époque se prête aussi aux champignons atomiques :
In the fall of 1949, Russia exploded its first nuclear device, and the prospect of an atomic war became more than just a vague fear. Cold war tensions were beginning to mount, as reflected in the 1948 Berlin Airlift and the 1949 founding of NATO, and American popular culture reacted accordingly. Philip Wylie's best-selling novel Tomorrow gave America a detailed picture of what a nuclear war could be like, and the effects of radiation were widely discussed in popular magazines. In country music, a new generation of atomic songs emerged that preached one message loud and clear: the only real solution for cold war tensions was Jesus Christ. Perhaps the most colorful of these new songs was "Jesus Hits Like an Atom Bomb" (1949). The song laments that while everybody is worried about the atomic bomb, "nobody's worried about the day my Lord will come," but when he does come, he will "hit, Great God Almighty, like an atom bomb." Though the song admits that every country "across the line" now has the bomb, one need not worry-instead just seek "King Jesus." There seems to be no available information about this song's composer, Lee V. McCullom, but the song seems to have originated around the Knoxville, Tennessee, area. People associated with the Knoxville country music scene at WNOX made recordings of it: Lowell Blanchard and Johnnie and Jack (Johnny Wright and Jack Anglin). The former, for Mercury, is done in the style of gospel quartets, while the latter, for Victor, is done in the classic country duet style (Charles K. Wolfe, "Jesus Hits Like an Atom Bomb", Nuclear Warfare in Country Music (1944-56), Country Music Goes to War, 2021 - books.google.fr).
Aperçu de l'intérêt catholique pour Nag Hammadi
Etienne Drioton (1889-1961), égyptologue français et prêtre catholique, diplômé de l'École libre des langues orientales de l'Institut Catholique de Paris pour l'égyptien pharaonique et le copte, professeur d'égyptologie à l'Institut Catholique de Paris (1919-1936), chargé de mission épigraphique auprès de l'IFAO (1924), conservateur adjoint au département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre (1926), Directeur général du Service royal des Antiquités de l'Égypte et des Musées égyptiens (1936-1952), et chargé du cours de doctorat à l'Institut d'égyptologie de l'Université Fouad Ier (Université du Caire), destitué en juillet 1952 par décision politique à la suite du coup d'État des Officiers libres, il est nommé aussitôt directeur de recherches au CNRS (1952-1957), puis professeur au Collège de France, chaire de Philologie et archéologie égyptiennes (1957-1960). Il eut comme étudiants en égyptologie à l'Institut Catholique de Paris Marianne Guentch-Ogloueff (la future Mme Doresse), Togo Mina, Jean Doresse. Drioton restera toujours le mentor et le protecteur des Doresse, qui l'appellent familièrement «l'Abbé», plus rarement «le Chanoine» (Michel Tardieu, Histoire des manuscrits gnostiques coptes : La correspondance Doresse-Puech 1947-1970, 2015 - books.google.fr).
Étienne Drioton collabore aux Mélanges Louis-Théophile Lefort, Le Muséon, no 59, 1946 avec "Parchemin magique copte provenant d'Edfou", p. 477-489; (Pages chrétiennes d'Egypte, les manuscrits des coptes, 2004 - books.google.fr, Theodor Herzl Gaster, The Holy and the Profane, Evolution of Jewish Folkways, 1980 - books.google.fr).
Champignons et sucre
Un plat de champignons vaut un plat de viande, dit la sagesse populaire, et la science ne peut qu'approuver le principe de cette déclaration. Ce que notre alimentation demande aux viandes, ce sont les substances protéiques ou albuminoïdes , qui nous apportent les composés azotés indispensables à l'entretien de notre corps. Or les champignons sont très riches en azote. Dans l'agaric champêtre cultivé, il n'y a pas loin de 40 grammes de protéides sur 100 grammes de champignon séché, et si une part de ces substances ne peut être utilisée par nos sucs digestifs, l'aliment que nous fournissent les autres couvre à merveille notre besoin d'azote. Mais vous réclamez un aliment complet. Soit. Vous aurez satisfaction en ce qui concerne les glucides qui se trouvent à peu près à égalité de masse avec les protéides : pas la moindre trace d'amidon. Mais est-il besoin de vous rappeler comme les agarics ou les cèpes, malgré la crème, la matelotte ou la fricassée, ont toujours un goût sucré ? Ils renferment surtout trois sucres qui ne sont ni le sucre de betterave ou saccharose, ni le sucre de raisin ou glucose. D'abord le mannitol; solide, de couleur blanche et agréable au goût, ce fut sans doute la manne que recueillirent les Hébreux dans le désert de Sin; on le trouve abondamment dans les sécrétions que laissent exsuder les frênes, sous le ciel fécond de la Sicile. Puis le tréhalose, moins abondant, différant peu du saccharose par sa constitution chimique, et absolument spécial aux champignons. Enfin un peu de glycogène, de ce produit qu'on rencontre dans le foie et les muscles de presque tous les animaux et qui donne leur goût sucré à la moule et à l'huître. Restent encore les lipides ou matières grasses; ils ne sont pas très abondants, 5 à 8 pour 100 tout au plus, ce qui suffit à équilibrer à peu près un aliment complet; il n'est d'ailleurs jamais question de se nourrir exclusivement de champignons; la lassitude viendrait vite, en dépit des qualités nutritives. S'il donne satisfaction aux exigences des physiologistes, le monde des agarics, des bolets et des oronges a tout ce qu'il faut pour plaire au gourmet (Lucien Plantefol, Les champignons et nous, Revue des deux mondes, 1937 - books.google.fr).
Au dire de l'histoire le champignon n'a pas été moins en honneur dans le passé que de nos jours. Pendant les quarante ans de l'Exode, au sortir d'Egypte, les Hébreux se nourrirent de la manne du désert, espèce de champignon, qui apparaît parfois sur les bords de la Méditerrannée, et que résolvent les premiers feux du jour. Ils y trouvaient le goût du miel; il est vrai que plus tard ils regrettèrent les poireaux et les oignons d'Egypte. On se lasse des meilleures choses. Dans ma première jeunesse je me cachais pour échanger mon pain de pur froment contre celui du voisin pétri de conseigle (M. Darçot, Les champignons comestibles, Bulletin, Volumes 35 à 36, Société d'horticulture du Doubs, 1891 - books.google.fr).
Metomol
Pour dédommager les fermiers de Champignac de ses expériences, le comte se rend en ville et utilise le produit X1 qui donne une force surhumaine sur lui-même afin de remporter toutes les compétitions sportives. Champignac affronte le tenant du titre mondial des poids moyens, le prestigieux Reg Couguar Bangbingson, 1125 victoires par K.-O., calqué sur le célèbre boxeur américain Sugar Ray Robinson : du sucre. Comme avec les raffineries de Nag Hammadi. Le comte est célèbre pour ses recherches sur les champignons, créant des substances extraordinaires comme le Métomol (qui ramollit le métal) dans Le Dictateur et le Champignon (fr.wikipedia.org - Il y a un sorcier à Champignac).
Une piqure de X1 confere une force prodigieuse pendant quelques heures. Il a quelques effets secondaires farfelus, comme l'apparition de champignons dans l'oreille (cf. le cas Fantasio). Lorsque l'effet du produit s'estompe, le corps de la personne devient lumineux (spirou.perso.free.fr - ChampiX).

Les papyrus égyptiens qui sont à Leyde nous montrent que les alchimistes ajoutaient à leur art, suivant l'usage des peuples primitifs, des formules magiques propres à se concilier et même à forcer la volonté des dieux, appelés plus tard les démons, êtres supérieurs que l'on supposait intervenir perpétuellement dans le cours des choses. La loi naturelle agissant par elle-même était une notion trop simple et trop forte pour la plupart des hommes d'alors. Ces formules magiques ne se retrouvent plus, si ce n'est à l'état de traces, telles que la Chrysopée de Cléopâtre (2249, fol. 96), dans nos manuscrits; probablement parce qu'ils ont été épurés au moyen âge par leurs copistes chrétiens. L'étude des manuscrits nous conduit à préciser encore davantage l'époque et le point de contact entre l'alchimie et les vieilles croyances de l'Égypte et de la Chaldée. En effet, ce contact coïncide avec le contact même de ces croyances et de celles des chrétiens au IIe et au IIIe siècle. Les premiers alchimistes étaient des gnostiques. Zosime, Synésius, Olympiodore, sont tout remplis de noms et d'idées gnostiques. «Livre de vérité, ô sage d'Égypte, c'est ici l'œuvre divine des puissances opportunes et souveraines, Sabaoth.» Ce titre caractéristique reparaît deux fois une fois seul (2327, fol. 260), une autre fois suivi des mots : «Livre mystique de Zosime le Thébain (fol. 251).» On reconnaît ici l'analogue de l'Évangile de la vérité de la Pistis sophia de Valentin (Marcellin Berthelot, Les origines de l'Alchimie, La Nouvelle revue, Volume 26, 1884 - books.google.fr).
Surnommé le Thébain ou le Panopolitain, Zosime doit être considéré comme le principal maître de l'art sacré. Suivant Photius, il avait dédié à sa sœur Théosébie vingt-huit livres sur la chimie. Suidas a aussi fait mention de Zosime, qu'il appelle philosophe d'Alexandrie, et il ajoute que ce philosophe avait écrit des ouvrages de chimie, "chèmeutika" (Ferdinand Hoefer, Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus recules jusu'a nos jours, 1872 - books.google.fr).
L'apocalypse de Nicothée, du fait même qu'elle était nommée par le Codex de Bruce, devait être elle aussi séthienne. C'est ce qui apparaît nettement de quelques citations conservées par les Commentaires sur la lettre Omega, de Zosime le «Thébain», dont la rédaction, telle qu'elle nous est parvenue, peut se situer vers la fin du IIIe siècle. L'intérêt de cet opuscule vient de ce qu'il recourt simultanément à Hermès, Zoroastre, Nicothée, à des écrits hébraïques traduits en égyptien et à des sources chrétiennes, littérature étrangement semblable à ce que contient la bibliothèque de Chénoboskion. Voici ce qu'il nous apprend de Nicothée : son apocalypse aurait porté d'abord sur le monde supérieur ineffable : «...la septième zone..., celle de Kronos selon le sens matériel car selon le sens spirituel elle est quelque chose d'autre, d'inexplicable, que seul Nicothée le caché a su...». (Jean Doresse, Les apocalypses de Zoroastre, de Zostrien, de Nicothée (Porphyre, Vie de Plotin, 16), The Bulletin of the Byzantine Institute, 1950 - books.google.fr).
LIVRE VII (DE ZOSIME) du manuscrit MM 6.29, qui est appelé scellé et sceau et Héphestion. «Je vais maintenant exposer avec soin toutes les choses qui te sont nécessaires, à toi (femme) et à tous les rois puissants, pour amollir l'argent ou d'autres corps; pour les rendre pareils à la cire (ceratio); pour sceller et cacheter sur eux, ou sur telles autres choses que tu voudrais sceller sans feu. Opère ainsi : prends le corps que tu voudras, en fragments; mêle avec du mercure (appelé fugitif), jusqu'à ce qu'il s'amollisse et forme une pâte à ta volonté, et, lorsqu'il sera suffisamment liquide, sers-t'en pour les cachets. D'autres, après qu'il a été amené en pâte sur le feu, le chauffent, pour en chasser le mercure (le nuage).» (Marcellin Berthelot, Rubens Duval, La chimie au moyen âge, Tome 2 : L'alchimie syriaque, 1893 - books.google.fr).
Rosy se souvient de sa visite chez Franquin. «En bas, il y avait un garage, et il fallait monter une volée de marches pour arriver à l'appartement. Dans la pièce principale se trouvait une grande table devant la fenêtre et un divan encombré de journaux, de pages dessinées, de magazines américains. C'est là que je lui ai parlé de mon idée de scénario, et il a été gentil, il s'est montré intéressé... Après ça, on est allés manger un morceau, parce que Franquin aimait bien manger. Chacune de nos réunions se terminait dans une auberge près de chez lui, ou bien dans une guinguette devant des tartines de fromage blanc.» Le comte de Champignac a inventé un gaz nouveau, à base de champignons : le Métomol. Tout métal touché par ce gaz se ramollit et n'a plus rien à envier au caoutchouc. Ayant réussi à voler un pulvérisateur de Métomol, le Marsupilami sème brièvement la panique à Champignac. Soucieux de la liberté de l'animal, Spirou et Fantasio décident de le ramener dans sa Palombie natale. Ils ignorent encore que, sous le patronyme de Zantas (général de son état), Zantafio est devenu dictateur de la petite république sud-américaine. Se ralliant à lui, le temps de gagner sa confiance, Spirou et Fantasio contrent ses plans bellicistes grâce au Métomol qui ramollira tanks et canons de son armée. Le Marsupilami préférera quitter son pays natal pour rester aux côtés de Spirou et Fantasio. Au départ, le dessinateur suit d'assez près les gags imaginés par Rosy. «A ses réactions à mon idée de base, précise Rosy, j'ai directement compris ce qu'il espérait pouvoir mettre en images. Il a embrayé sur la séquence du kiosque à musique. J'ai également compris jusqu'où ma liberté pourrait aller. Au début, je lui fournissais des planches découpées, et puis il m'a dit "Oui, oui, je vais arranger cela...".» Franquin apprécie la longue séquence d'introduction qui met en vedette l'esprit d'indépendance du Marsupilami (José-Louis Bocquet, Eric Verhoest, Franquin, chronologie d'une oeuvre, 2007 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Le Dictateur et le Champignon, flyingspip, Le passage avec la métomolisation de la fanfare, 31 mai 2021 01:27 - www.inedispirou.com).

Le dictateur et le champignon, Spirou n° 805 - www.bibelotandco.fr
Poète et Paysan : Le Tasse
Le chef d'orchestre de la fanfare (p. 10 du Dictateur et le Champignon) annonce : «Attention, nous attaquons Poète et Paysan», en référence à l'ouverture de concert de Franz Von Suppé (1846) Bob Garcia, Franquin, Les secrets d'une oeuvre, 2024 ( - books.google.fr).
https://www.google.fr/books/edition/Franquin_Les_secrets_d_une_oeuvre/B6noEAAAQBAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=%22attention+nous+attaquons+po%C3%A8te+et%22&pg=PT191&printsec=frontcoverDichter und Bauer (Poet and Peasant) was in 1900, after composer Franz von Suppé's death, made into an operetta in 3 acts using music by him. It premiered, however, as incidental music by Suppé to a Karl Elmar comedy of that name on 24 August 1846 at the Theater an der Wien, in Vienna.
The story is set in the picturesque Upper Bavaria. Theophil von Salbenstein is a rich landowner and guardian of Hermine von Meyen who has just inherited a considerable fortune managed by him. A clause of the will, however, stipulates that in order to inherit the fortune, Hermine has either to wait for three years or to marry Salbenstein immediately. But Hermine is in love with the poet Ferdinand Römer. Ferdinand, on the other hand, has just fled to the countryside, assuming his relationship with Hermine had ended. The poet dedicates his enthusiastic and romantic poetry to Lieschen, the daughter of the peasant Christian Berner. Barbara, a distant relative of Theophil, comes on the scene to resolve the imbroglio. She manages to show Theophil a written marriage agreement. At the end, everyone gets what he or she deserves (en.wikipedia.org - Dichter und Bauer).
L'action se déroule dans une région pittoresque de Haute-Bavière, où se croisent trois femmes et trois hommes. Les personnages principaux sont le riche propriétaire terrien Theophil von Salberstein et sa pupille, Hermine von Meyen. Cette dernière a hérité d'une fortune considérable, gérée par Salberstein. Mais un testament aux clauses singulières impose une condition : Hermine doit soit attendre trois ans avant d'entrer en possession de son héritage, soit épouser Salberstein. Si elle venait à épouser un autre homme sans le consentement de son tuteur avant ce délai, elle perdrait sa fortune. Or, Hermine n'a nullement l'intention de se plier à cette exigence, car elle aime le poète Ferdinand Römer; celui-ci, toutefois, croyant avoir été délaissé par Hermine, s'est réfugié à la campagne où il dédie des vers enflammés à Lieschen, la fille d'un fermier. Mais Lieschen, elle, a jeté son dévolu sur le fermier Konrad Maurer... Heureusement, Barbara finit par faire son apparition; parente éloignée de Salberstein, elle détient une promesse de mariage écrite de la main de ce dernier. Tous les imbroglios se dénouent ainsi et chacun trouve le partenaire qui lui convient, une issue qu'Hermine commente notamment par ces vers :
Ceux qui se ressemblent doivent s'unir
Dans l'amour, pour un lien éternel [...]
Oui, seul l'amour permet
D'atteindre le vrai bonheur.
Hélas, et malheur
À l'union
Que le cœur n'a pas scellée
(Franz von Suppé - www.concentus-alius.de).
Hl. Grabkirche, Salbenstein, Jerusalem (Karl Gröber, Picturesque Palestine, Arabia and Syria, The Country, the People and the Landscape, 1925 - books.google.fr).
Salbenstein, besser Salbungsstein : pierre de l'Onction au Saint Sépulcre de Jérusalem (Orientalistische Literaturzeitung, Volumes 30-31, 1967 - books.google.fr).
L'assaut commence. Godefroid fait des prodiges de valeur. Clorinde accompagnée d'Argant tente de brûler pendant la nuit la tour élevée par les croisés pour battre en brèche les murailles. Argant pressé de toute part se retire, et, tandis que Clorinde poursuit un des assaillants, la porte dorée se ferme devant elle. Tancrède vient offrir le combat à ce guerrier qu'il ne peut reconnaître sous la sombre armure dont il est revêtu. Tancrède tue son amante; née chrétienne, elle reçoit le baptême en mourant des mains de son meurtrier. La tour est incendiée : il faut en construire une nouvelle. Alors commencent les enchantements de la forêt. Tancrède seul ose approcher de ce lieu redoutable, et, à travers la flamme, il blesse un arbre de son épée. Horreur ! le sang coule et la voix de Clorinde a désarmé le héros. Pendant ce temps, la Canicule dessèche la terre et les soldats périssent étouffés par la chaleur. Enfin, à la prière de Godefroid, les torrents du ciel inondent la terre et rendent à la nature la fraîcheur et la vie. Mais la forêt reste soumise au pouvoir magique qu'a suscité l'Enfer. Renaud seul peut l'affranchir. Il est aux pieds d'Armide : il faut l'en arracher. Deux chevaliers reçoivent cette mission et vont, guidés par un enchanteur chrétien, trouver Renaud menant une vie efféminée dans les jardins enchantés de la magicienne aux îles fortunées. Le guerrier reconnaît sa faiblesse, reprend son courage et s'éloigne laissant sur le rivage dans le désespoir et dans les larmes la perfide enchanteresse vaincue par l'amour. Armide irritée arrive à Gaza auprès du soudan d'Égypte qui passait en revue son armée et promet son royaume et sa main à celui qui servira sa vengeance. L'enchanteur chrétien offre à Renaud un bouclier qui, comme celui d'Énée, représente les exploits de sa race, flatterie à l'adresse d'Alphonse dont l'enchanteur prédit aussi la glorieuse destinée et les grandes actions. Renaud se présente dans la forêt. Inaccessible à la terreur, c'est par la volupté qu'il est assailli. Les démons connaissent le défaut de sa cuirasse. L'ombre d'Armide, brillant et doux fantôme, est là qui protège son myrte chéri. Mais le héros inexorable frappe à coups redoublés. L'arbre tombe, l'enchantement cesse et l'enfer est vaincu. De nouvelles machines sont construites. L'assaut recommence avec une incroyable vigueur; le ciel assiste à cette lutte suprême. Enfin la croix, labarum de la victoire, s'élève triomphante sur les murs de la cité sainte. C'est à Renaud et à Godefroid qu'en revient la gloire. Tancrède rencontre Argant qui le provoque. L'arrogant et féroce Circassien succombe, malgré sa valeur; mais son adversaire accablé de blessures s'évanouit à quelque distance. Le sang inonde les rues de Jérusalem; Aladin, protégé par Soliman, se retire dans la tour de David, attendant l'armée d'Égypte. Vafrin, écuyer de Tancrède, envoyé par Godefroid en éclaireur, rencontre Herminie qui le suit au camp des Latins. A l'approche de Jérusalem, ils aperçoivent Tancrède étendu sur le sol et baigné dans son sang. Herminie le ranime sous ses caresses et essuie de ses cheveux les blessures du héros. Les troupes égyptiennes arrivent; une horrible mêlée s'engage. Les croisés sont vainqueurs, et Godefroid s'avance vers le temple avec ses guerriers pour offrir sa victoire au Dieu des armées (Ferdinand Loise, Histoire de la poésie mise en rapport avec la civilisation en Italie depuis les origines jusqu'à nos jours, 1895 - books.google.fr).
Chez les Grecs et les Romains, on attribuait au myrte un grand nombre de vertus, dont Dioscoride et Pline nous ont laissé une longue énumération. Nous ne rappellerons que les principales : les feuilles et les fruits étaient recommandés contre la dysenterie, la diarrhée, les hémorrhagies, les hydropisies, les maladies de la vessie et de la tête en général, le poison des champignons vénéneux (C. Husson, Étude sur les épices, aromates, condiments, sauces et assaisonnemnets, 1883 - books.google.fr).
Il existait à Rome devant le temple de Quirinus deux mytes : l'un patricien et l'autre plébéien (Ludwig Preller, Les dieux de l'ancienne Rome, mythologie romaine, 1884 - books.google.fr).
Cf. Ferdinand Römer (romain).
L'auguste Marie, aidée des femmes pieuses, lave le visage, les épaules et la poitrine sacrée du Sauveur; elle les arrose de ses larmes, elle les couvre de ses baisers maternels. Puis, Joseph et Nicodème, voyant que le temps presse, demandent à la divine Mère la permission de continuer le pieux devoir qu'elle leur enseigne à remplir. Ils portent donc le corps de Jésus à quelques pas du lieu où est sa Mère, et ils le placent sur un endroit uni du rocher, appelé aujourd'hui la pierre de l'Onction. Là, je considérerai avec quel soin et quel amour ils lavent le saint corps, et comment, après l'avoir lavé, ils l'embaument avec la composition de myrrhe et d'aloès, l'enveloppent de linges blancs, et le lient avec des bandelettes, depuis les épaules jusqu'aux pieds. Ils rapportent ensuite le corps de Jésus, ainsi enseveli, et ils le déposent encore une fois sur les genoux de la très-pure Marie. De nouveau elle baise son auguste visage, embaume son sacré chef, et le couvre d'un suaire, tandis que Marie-Madeleine, imitant sa sainte Maîtresse, rend les mêmes devoirs aux pieds adorables de son divin Maitre. Enfin, on enveloppe le corps tout entier dans le grand linceul de fin lin donné par Joseph (Saint Ignatius de Loyola (S.J.), Pierre Jennesseaux (S.J.), Joannes Philippus Roothaan (S.J.), Exercices spirituels de Saint Ignace, Tome 1, 1865 - books.google.fr).
Ces saintes femmes, dit saint Théophile (in cap. XVI Marc.), n'avaient pas encore une foi pleine et entière, puisque, pour se conformer à l'usage reçu parmi les Juifs, elles préparent des parfums pour embaumer le corps de Jésus, comme s'il eût été un homme ordinaire soumis à la corruption de la tombe (Ludolphus de Saxonia, Le grande vie de Jésus-Christ, traduit par M.P. Augustin, Volumes 5 à 6, 1865 - books.google.fr).
Il s'agit de Théophile d'Antioche en Syrie (Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire écclésiastique des six premiers siècles justifiez par les citations des auteurs originaux, Volumes 3-4, 1732 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Théophile d'Antioche).
Basile de Césarée désignerait dans Homélies sur l'Hexaéméron II, 6 Théophile d'Antioche sous le nom de Syrus selon S. Giet dans BASILE, Homélies sur l'Hexaméron, Sources chrét. 26, Paris, éd. du Cerf 1950, p. 169 n. 3) (Francis Bertin, De la division de la nature, Livres 1-2 de Johannes Scotus Erigena, 1995 - books.google.fr, Œuvres de Saint Augustin, La Genèse au sens littéral, 1972 - books.google.fr).
Raban Maur (ou le Pseudo) appelle le père de Marie Madeleine, Marthe et Lazare, Théophile, qualifié de Syrus (Syrien) "satrape" (Abbé Faillon, Monuments Inedits Sur L'Apostolat De Sainte Marie-Madeleine En Provence, Tome 2, 1848 - books.google.fr).
Herminie von Meyen est le prénom d'une héroïne de la Jérusalem délivrée.
Sans les deux personnages féminins Armide ni Clorinde, il n'y aurait pas de récit. Mais elles ne répondent à une définition simple, épique ou romanesque. Le Tasse a tenté avec elles une première et prodigieuse médiation entre deux univers. La tendre Herminie Hermine, comme l'appellent les adaptateurs français du XVIIe siècle, est infiniment moins théâtrale, moins surprenante même. Mais la Jérusalem nous la montre en continuel porte-à-faux avec le monde de l'épopée. Païenne amoureuse de Tancrède, elle est obligée de feindre la haine et de se réfugier derrière les doubles sens (André Sempoux, Le "cliquant" du Tasse, Recueil de travaux d'histoire et de philologie, 1986 - books.google.fr).
Mai ("meyen" en ancien allemand) et vin (de "römer" verre de vin du Rhin) sont rassemblés dans le Chant XIII :
Le magicien Ismen contraint les puissances infernales à défendre la forêt que les croisés veulent abattre pour fabriquer des machines de siège. Tancrède s’y rend; rien ne l’effraie, mais une vive compassion l’empêche de montrer sa valeur, car la voix de Clorinde qu'il a tuée se fait entendre de lui. L’armée, que la sécheresse de l’air accable, retrouve des forces après une pluie abondante implorée par Godefroi (ebooks-bnr.com - Le Tasse, La Jérusalem délivrée 2.htm).
Les Francs se plaignent :
"Estimerait-il (Godefroi) donc de si peu d'importance
Que nous, vils roturiers, sans nom et sans naissance,
Nous endurions ici les plus cruels trépas,
Pour qu'il puisse garder son sceptre et ses Etats ? [...]
Voyez ce Chef zélé, si bon, si tendre encore,
Que du nom de Pieux chacun de nous décore,
Négliger le salut de tout le Camp Latin,
Pour conserver un titre et dommageable et vain;
Et des ruisseaux pour nous quand il voit l'eau tarie,
Pour lui du Jourdain même attirer l'onde amie,
Et de joyeux vivants à table environné,
Mêler l'eau fraîche au vin de la Crète amené".
Bouillon entend, voit tout; et ses justes colères
Pouvaient user alors de remèdes sévères;
Il a pour ces moyens des dégoûts trop profonds.
Enfin cesse la pluie; et l'astre de lumièree
Dans l'air épand alors ses rayons qu'il tempère,
Mais chaudement féconds, et tels qu'on les ressent
Entre la fin d'Avril et Mai recommençant.
O foi vive! quiconque à Dieu rend bien hommage
Débarrasse les airs de tout mortel dommage,
Peut changer des saisons l'état, l'ordre arrêté,
Et des astres méchants vaincre la cruauté (chant XIII)
(Torquato Tasso, La Jérusalem délivrée, traduit par L. Duchemin, 1856 - books.google.fr).
«Lieschen» est le diminutif allemand du prénom Elisabeth ou Isabelle (Arthur Chuquet, Hermann und Dorothea de Johann Wolfgang von Goethe, 1886 - books.google.fr).
Hercule Ier, dota la ville d'un magnifique plan d'urbanisme réalisé par l'architecte Biagio Rossetti. À cette époque, attirés par cette brillante cour, des artistes comme Pisanello, Andrea Mantegna et Piero della Francesca, donnèrent naissance à une « école » qui forma de grands peintres, tels que Francesco del Cossa ou Cosmè Tura. Formé auprès d'eux, Ercole de’ Roberti (Ercole Ferrarese) fait ses débuts au palais Schifanoia. Son œuvre humaniste, teintée d'ésotérisme, marqua de jeunes artistes comme Ludovico Mazzolino. Hercule Ier se battit également contre Venise, guerre poursuivie avec succès par son fils Alphonse Ier, qui épousa Lucrèce Borgia (fille du pape Alexandre VI et sœur de César Borgia). En 1509 il fut excommunié par le pape Jules II et en 1512 affronta l'armée pontificale, prenant possession de Ravenne. Par la suite, il réussit à normaliser ses relations avec le Saint-Siège. Son fils Hercule II lui succéda ; ce dernier, marié avec Renée de France fille de Louis XII, régna de 1534 à 1559. Son fils Alphonse II, marié avec Barbara, sœur de l'empereur Maximilien II du Saint-Empire porta Ferrare à l'apogée de sa splendeur. Mais il n'eut aucun descendant mâle et en 1597 Ferrare fut déclarée fief vacant par le pape Clément VIII (fr.wikipedia.org - Ferrare).
C'est dans le Canto XIII, stanza 59 de la «Jérusalem délivrée» que le Tasse rend un hommage immortel à Isabelle d'Este, marquise de Mantoue
L'âme tendre de l'enfant s'exalta de bonne heure; ses premières études furent poétiques, et le premier développement moral de son intelligence fut une souffrance et une sympathie. Déjà les timides soupçons, joints aux théories platoniciennes et à une vive admiration pour l'idéal; déjà la crainte du monde et des hommes, et le sentiment maladif de la faiblesse et de l'isolement au milieu des intrigues sociales, avaient pénétré dans ce jeune esprit, quand il se rendit à Padoue pour y étudier la jurisprudence, puis à Ferrare pour assister à l'entrée solennelle de l'archiduchesse Barbe (1565). La mort de son père, qu'il perdit le 4 septembre 1569, le laissa seul au monde, sans fortune et sans appui; sa douleur fut sans bornes. Il s'était formé, entre le père exilé et l'âme délicate du jeune poëte, une de ces unions de choix, une de ces sympathies profondes qui dépassent de beaucoup l'affection filiale et les devoirs ordinaires de la parenté. Pauvre et triste, il quitta son pays comme la plupart des Italiens de ce temps, et chercha fortune en France. On le vit paraître à la cour de Charles IX sans y produire aucune sensation et sans y laisser d'autre souvenir que celui de son indigence. Un jour, ne sachant comment vivre, il emprunta un écu à je ne sais quel courtisan; fait que Brantôme n'oublie pas. Pendant l'année 1571, il vécut obscur à Paris et en Touraine des générosités de Catherine et du cardinal d'Este; on l'estimait comme un bel-esprit mélancolique, très peu fait pour la cour et le monde, comme un poëte de cinquième ou sixième ordre, qui faisait des vers d'amour avec assez de grâce. Il n'avait encore produit que le Rinaldo, épopée chevaleresque, où se manifestent des qualités d'élégance et d'harmonie qu'il devait perfectionner plus tard. Il repassa les Alpes en 1571, et fit jouer devant la cour de Ferrare, au printemps de 1573, cette élégie dramatique, mélange curieux de platonisme sentimental et de voluptueuse tendresse, l'Aminta, qui retrace si complétement la situation d'une âme malade de ses aspirations au beau moral et entraînée vers des jouissances ineffables. Lucrezia d'Este, qui épousa le duc d'Urbin, l'une des personnes les plus distinguées de l'époque, captivée par cette révélation singulière d'un génie nouveau prédestiné à reproduire toutes les émotions tendres, et touchée de la pauvreté, de la mélancolie et de l'étrange humeur de Torquato, voulut l'avoir à sa cour. Ce fut là que Torquato composa sa Jérusalem délivrée; là aussi que, bercé dans la rêverie et l'aimable chimère de sa création poétique, protégé par la duchesse, objet d'envie et d'ironie pour les membres moins favorisés que lui de cette petite cour, raillé par ceux qui relevaient sans pitié ses distractions, sa gaucherie et ses oublis du costume et de l'étiquette, il sentit, sous les influences fébriles de ces diverses causes, se développer en lui cette hallucination douloureuse qui ne voit dans le monde entier que périls, conspirations et emb?ches (Nouveau dictionnaire de la conversation, Société de Littérateurs, de Savants et d'Artistes, 1845, p. 177)
Ferdinand of Gonzaga, Prince of Guastalla and Molfetta was a poet, the most important of his works being a favola pastorale "Eonone" (1593), for whose intermedi Torquato Tasso wrote four madrigals (Carol MacClintock, Giaches de Wert, 1535-1596: Life and Works, 1966, p. 29).
C'est le fils d'Isabelle d'Este.
Dans la mythologie grecque, Œnone est une nymphe des montagnes, une oréade, et la fille du dieu fleuve Cébren. Elle est la première femme de Pâris, à qui elle prédit qu'il sera blessé au combat et qu'elle seule pourra le soigner. Pâris l'abandonne cependant pour épouser Hélène (fr.wikipedia.org - Enone).
Barbara signifie étrangère en italien, nom qui qualifie la magicienne Armide qui tombe amoureuse du chevalier chrétien Renaud qui joue le rôle central de la victoire des croisés menés par Godefroy de Bouillon. Après avoir été captivé par la magicienne païenne Armide, il se repent, triomphe des épreuves et s'associe à la prise de la ville (Simon Jude Honnorat, Dictionnaire provençal-français, ou Dictionnaire de langue d'oc ancienne et moderne, Tome 1, 1846 - books.google.fr).
Un jour peut-être on s'apercevra que Godefroy de Bouillon était un héros gnostique, et que le royaume latin de Jérusalem devait réaliser l'idéal des troubadours. Ces poètes, qu'on se figure exclusivement passionnés d'amour platonique, étaient des mystiques; des illuminés et les cours ou puys d'amour, des réunions où l'on conspirait contre l'Église. Au reste, il fallait bien que le crime de Magie eût quelque réalité pour servir de condamnation péremptoire en toute cause. Nous avons la règle du Temple approuvée par Saint Bernard, mais aucun document ne décèle leur doctrine secrète. Cependant le plus curieux génie présidait aux destinées de cet ordre redoutable. La banque fut une invention templière : Clément V, en cédant à Philippe le Bel, détruisit la sécurité de l'Eglise; car le Temple était obligé de soutenir la Papauté envers et contre tous. On retrouvera les successeurs de Jacques de Molay sous les traits du Dante et même, hélas, sous ceux de Robespierre, accomplissant la ruine des mêmes institutions dont ils s'étaient au début constitués les défenseurs. Si le procès sainte Jeanne d'Arc montre que l'accusation de Magie servait à perdre les innocents, la terrible histoire de Gilles de Rais manifeste que la magie noire ne se passait pas en hallucinations et en démence. Les deux cents squelettes d'enfants trouvés à Machecoul et à Chantocé protestent contre ceux qui voudraient innocenter les sorciers. Le maréchal de Bretagne cherchait la pierre philosophale et - aberration passionnelle ou suggestion de sinistres imposteurs -, il la cherchait dans les entrailles fumantes d'enfants égorgés. Il importe peu que le dessein emprunte son espérance à des imaginations, si ces imaginations se concrétisent en infanticides, en homicides. Le sort est une tentative d'empoisonnement : l'intention s'avoue de donner la maladie, la souffrance et la mort : est-il au monde une plus lache agression que celle qui s'accomplit à distance et invisiblement ? La sorcellerie est littéralement une religion du mal... La Magie noire représente la religion du crime. Satan, antagoniste de Dieu, doit favoriser ce que Dieu réprouve : luxure, avarice, ambition (Joséphin Péladan, Œuvres choisies, 1979, p. 47)
Einen noch heute vertrauten Namen finden wir mit einem Jugendwerk auf dem Spielplan nämlich Franz von Suppé. Im Dezember 1850 wurde "Unter der Erde", ein Originalcharakterbild mit Gesang in drei Akten von Karl Elmar, Musik von Kapellmeister Suppé, aufgeführt. Es erregte Aufsehen wegen der sozialen Probleme, die es aufwarf. Die Dekoration des dritten Aktes stellte wohl zum ersten Male auf der Bonner Bühne das Innere eines Bergwerks dar (Joseph Walterscheid, Das Bonner Theater im neunzehnten Jahrhundert (1797 bis 1914), 1959 - books.google.fr).
La pièce met en scène l'exploitation des mineurs, le paupérisme et l'intense conflit de classes durant la phase révolutionnaire de 1848.
On se souvient que Henri Gillain a écrit sur Jeanne d'Arc et a pris le pseudonyme de Jean Darc.
JEANNE-D'ARC, Poème, par Alexandre Guillemin, un beau vol. in-8°, chez H. Curmer, rue Richelieu, 49 : Il y a dans Jeanne-d'Arc toutes les richesses, toute la grandeur de l'épopée. La vierge de Domremy, c'est le merveilleux dans l'histoire, le salut de la France dans un prodige; cest, on le peut dire, le miracle du moyen-âge., Le Tasse, quand il a écrit sa Jérusalem délivrée, avait un sujet moins magique et moins fécond, car son imagination devait faire les frais d'une épopée sublime, mais toute humaine, tandis que dans Jeanne-d'Arc il n'y a d'humain que la forme; le surnaturel est dans le drame accompli, la fiction est dans la vérité (Revue de l'ordre social: bulletin de censure, Volume 1, 1843 - books.google.fr).
L'album du Sorcier est publié 3 ans après la recréation de l'Etat d'Israël en spoliant les Palestiniens : 1000 ans de croisades, et ça continue.
Social
Dans une lettre du Tasse au comte Hercule de' Contrarii, écrite pendant son séjour en France (en 1572), il blême la coutume qu'avaient les nobles de se retirer dans leurs châteaux. «L'homme, dit Torquato, étant un animal sociable, c'est tromper la nature que de se retirer loin de la société; cet isolement des grands nourrit d'ailleurs en eux des sentimens d'orgueil, et, en les plaçant si près de ceux qu'ils regardent comme leurs inférieurs, ne fait que les rendre plus impérieux et plus insolens. Cette répugnance à se fixer dans les villes, vient de ce qu'ils ne veulent pas reconnaître la supériorité des magistrats civils». Quand le Tasse aurait écrit ceci deux siècles plus tard, il n'aurait pu représenter avec plus de justesse et de clarté le vice d'un ordre social dont l'expérience des événemens subséquens nous a si bien convaincus (M. Buchon, La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso, Tome 1, 1819 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Jean Alexandre Buchon).
Le contexte social des Spirou semble déranger Franquin.
Le comte Pacôme de Champignac, de l'ancienne noblesse belge, est un génie alors que le maire du village, au nom roturier, Gustave Labarbe, est un Démosthène (Panade à Champignac) idiot. Le Spirou à cette époque donne dans la subversion vers l'ancien régime : une influence cacatholique certaine.
Le personnage de Gaston apparaît dans le Journal de Spirou du 28 février 1957. [...] L’âge d’or de la bande dessinée Gaston Lagaffe peut donc être borné chronologiquement entre 1965 et 1974. [...] Franquin éprouve de plus en plus de lassitude à animer Spirou, dont il n’est pas le créateur, et auquel il ne peut pas faire faire ce qu’il souhaite car le héros-groom appartient légalement aux éditions Dupuis, Jean Dupuis étant l’un des créateurs de Spirou. Cela dit, l’aspect loufoque du monde de Franquin y est déjà présent avec le Marsupilami, animal curieux et gaffeur (voire un tantinet anarchiste), imaginé en 1952. Cette période voit à la fois l’évolution psychologique du personnage qui s’étoffe, devenant un rêveur, et l’apparition de gags plus complexes. Elle correspond aussi au moment où Franquin abandonne son personnage principal, Spirou en 1967, pour se consacrer uniquement au «héros sans emploi», qui devient alors un «gaffeur professionnel». Au contraire de Spirou, Franquin est totalement libre de faire évoluer Gaston et il s’enthousiasme pour ce personnage. Lorsqu’il cède la série Spirou et Fantasio à Fournier en 1969.
L’âge d’or de la bande dessinée Gaston Lagaffe peut donc être borné chronologiquement entre 1965 et 1974. Depuis 1965, un album de Gaston sort chaque année, et cela jusqu’en 1974. L’album n°12, Le Gang des gaffeurs, paru en 1974, est le dernier à être publié de manière régulière. Par la suite, Franquin enchaîne différents projets, de plus en plus ouvertement contestataires, annonçant les Idées noires, publiées en 1977.
Comment Dupuis, un éditeur catholique, au discours plutôt conservateur, a pu laisser une telle marge de manœuvre au dessinateur ? Le journaliste Frédéric Potet nous donne une piste de réflexion : «Le brider l’aurait probablement poussé à aller exercer son talent ailleurs. Dupuis savait aussi que le dessinateur ne dépasserait jamais les bornes autorisées, à l’image de son mentor Yvan Delporte, un écolo anarchiste à la barbe fleurie qui dirigea la rédaction de l’hebdomadaire pendant douze ans.» (Stéphane François, La critique sociale chez Franquin. L’exemple de Gaston Lagaffe, Neuvième art, pouvoirs et politique, 2024 - tempspresents.com).

