Partie XVIII - La Chouette d’Or   Chouettes vignettes   Chouette vignette : énigme 600   
LA CHOUETTE D'OR VIGNETTES 600

Fibule

La fibule de Préneste ou de Manios a été présentée pour la première fois en 1887 par l’archéologue allemand Wolfgang Helbig (1839-1915). Celui-ci disait l’avoir achetée à un ami en 1876, et donnait comme origine la tombe Bernardini, découverte en 1851 et fouillée à partir de 1871, près de l’antique cité latine de Préneste (actuelle Palestrina). L’objet fut inscrit à l’inventaire de la tombe Bernardini jusqu’en 1919, date à laquelle il en fut retiré, en raison de l’absence de certitudes archéologiques sur sa provenance exacte. Notons qu’une fibule semblable, en or et gravée, a été trouvée en Étrurie à Clusium, l’actuelle Chiusi. D’autres fibules du même type ont été retrouvées en Étrurie, dans le Latium et en Campanie, et datées entre les VIIIe et VIe siècles av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Fibule de Préneste).

Dans ses pérégrinations européennes, Arthur Gobineau est à Préneste en 1879, alors que le couple Renan est en Italie à la même époque. Sur les instances de Mathilde-Marie Ruinart de Brimont (1842 - 1911), famille d'origine champenoise, femme du comte et diplomate Victor-Marie Sallier de La Tour (1827 - 1894), Gobineau accepte, pour changer d'air, d'aller la rejoindre pour quelques jours à Olevano, bourgade entre Palestrina et Subiaco. La princesse Julie Bonaparte, épouse d'Alessandro del Gallo marquis de Roccagiovane, grande amie des Renan et en relation avec Gobineau (nous possédons un mot d'elle qui lui est adressé),  habitait tout près à Mandela entre Tivoli et Subiaco (Les Lettres de Cornélie Renan à Gobineau, Archives des lettres modernes, Numéros 74-84, 1967 - www.google.fr/books/edition).

Gobineau est l'auteur d'un long poème Amadis, écrit en 1876 aussitôt après son départ de la légation de France à Stockholm, où Œdipe fait une apparition : "Colone qui reçut Œdipe et sa détresse" (Arthur de Gobineau, Amadis, poëme, 1876 - www.google.fr/books/edition).

Colone est un quartier d'Athènes, en Grèce. Sophocle, célèbre tragédien grec, y est né. C’est aussi dans ce quartier que fut exilé Œdipe, dans la pièce Œdipe à Colone, banni de Thèbes selon la pièce Œdipe roi (fr.wikipedia.org - Colone).

La plus curieuse des tentatives poétiques de Gobineau, Amadis, contient comme l'a bien vu R. Thenen, le «testament spirituel de Gobineau». Ce fatras de 20000 vers qui, selon lui, «traite de toutes les choses de ce temps-ci, le darwinisme comme la politique et la mort de la société moderne» (à Dom Pedro (empereur du Brésil), 12 février 1880), épopée délirante mais aussi énorme pamphlet où il déverse sa haine des bourgeois, ce poème est l'application de l'Essai sur les Races (à sa sœur, 30 oct. 1879) (Jean Gaulmier, Dossier Gobineau. In: Romantisme, 1982, n°37. Différences - www.persee.fr).

Mis à la retraite en mars 1877 à la suite d'une vacance quelque peu prolongée consacrée à accompagner Dom Pedro II au cours de son voyage en Europe, il quitte Stockholm et la diplomatie. C'est le début d'une vie errante menée jusqu'à sa mort, et qui le voit hésiter continuellement entre le château de Chaméane, propriété auvergnate de la comtesse de La Tour ; l'Italie, où il va de ville en ville à la recherche d'un climat favorable et de commanditaires pour ses travaux de sculpteur ; et l'Allemagne, où il visite des amis (dont les Wagner, rencontrés en 1876 à Rome) et prend les eaux afin de soigner les maladies nerveuses qui l'accablent de plus en plus douloureusement (fr.wikipedia.org - Arthur de Gobineau).

Chaméane fut un lieu de croisement littéraire où le comte Joseph Arthur de Gobineau séjourna de nombreuses fois (auteur des Pléiades), Henri Pourrat (prix Goncourt 1941) vint chercher l'inspiration, ainsi que Frédéric Lefèvre (rédacteur en chef des Nouvelles littéraires, réfugié pendant la Seconde Guerre mondiale), mais aussi André Gide (prix Nobel de littérature 1947) lors d'un court séjour dans les années 1940 (fr.wikipedia.org - Chaméane).

La clé des songes

Les documents officiels de Préneste révèlent que Numerius Suffustius, homme distingué et considérable, eut des rêves fréquents et même, pour finir, menaçants, dans lesquels il lui était enjoint de casser le roc à un certain endroit. Très effrayé par ces visions, et malgré les railleries de ses concitoyens, il se mit à l'œuvre et, d'entre les débris du roc, surgirent des sorts consistant en lettres de type ancien gravées sur du bois de chêne. Ce lieu est devenu un sanctuaire, à cause de Jupiter Enfant qui, assis avec Junon en forme de nourrisson dans le giron de Fortuna, tend les lèvres vers son sein, et qui est l'objet d'une grande dévotion de la part des mères. En même temps, dit-on, là ou s'élève maintenant le temple de Fortuna, du miel coula d'un olivier. Les haruspices déclarèrent que ces sorts étaient appelés à la plus haute célébrité ; sur leur ordre, on fit une caisse avec le bois de l'olivier et l'on y mit les sorts qui aujourd'hui, en sont tirés sur un avertissement de Fortuna (Georges Dumézil, Déesses latines et mythes védiques, 1978 - www.google.fr/books/edition).

Mademoiselle de Scudéry, dans sa Clélie, parle d'interprétation des rêves qui doivent se faire à Préneste :

Croyez moy, dit Amilcar à Clidamire, attendez que vous soyez à Preneste, à demander l'explication de vos songes, car vous trouuerez là un parent du sacrificateur du temple de la Fortune, qui a tant d'esprit, que ce qu'il ne saura pas, personne ne le saura (Madeleine de Scudéry, Clélie, édition Chantal Morlet-Chantalat, 2001 - www.google.fr/books/edition).

Depuis la plus haute Antiquité, les hommes se sont préoccupés des rêves et ont tenté d'en percer les énigmes. Cependant, de tous les traités d'oniromancie qui ont été élaborés au fil du temps, il ne nous reste aujourd'hui malheureusement que quelques traces. Pour être parvenue jusqu'à nous, la Clé des songes écrite par Artémidore de Daldis au IIe siècle de notre ère prend une valeur particulière. Elle est le témoignage essentiel d'une pratique extrêmement répandue dans l'Antiquité, celle de l'onirocritique. Si Artémidore n'a pas été le seul à s'intéresser aux rêves et à en parler, il est le seul, du moins dans les témoignages qui nous sont parvenus, à en parler avec méthode. Pour Freud, Artémidore nous a laissé "l'exposé le plus complet et le plus consciencieux sur l'interprétation des songes dans le monde gréco-romain". Pour Michel Foucault, Artémidore "a entrepris d'écrire un ouvrage de méthode : ce devait être un manuel utilisable dans la pratique quotidienne, mais aussi un traité à portée théorique sur la validité des procédures interprétatives". Car Artémidore livre une bataille. Il veut dépasser les querelles sur les interprétations des rêves, combattre ceux qui cherchent à supprimer la divination et contester l'astrologie à la mode. 

Alors que Freud fait du langage des songes, un langage personnel, un dialogue entre moi et moi, Artémidore en fait un message envoyé aux hommes dans leur sommeil par un locuteur supra-humain. S'il était difficile à Freud de comprendre la démarche de l'onirocrite, puisqu'il considérait le rêve comme purement égocentrique, en revanche les Jungiens sont plus à même de la comprendre. Jung, en effet, a écrit : "Nous avons affaire, dans les contenus inconscients collectifs (c'est-à-dire dans les mythes, les contes, mais aussi les rêves), à des types anciens, ou, mieux encore originels, c'est-à-dire à des images universelles présentes depuis toujours", à savoir les archétypes. Avec l'archétype, Jung dépasse l'univers freudien du psychisme individuel et pose l'existence de stéréotypes transindividuels et transculturels dont il découvre la trace dans les rêves. Le langage du rêve s'élabore donc grâce aux images pré-construites forgées par l'inconscient collectif. Cet aspect est essentiel. En effet le songe n'est pas comme chez Freud simplement égocentrique, mais par sa symbolique, ouvert aux autres. Comme chez Artémidore, les songes renvoient à des référents, et leur lecture fait appel à un inconscient collectif (Christelle Parrenin, La Clé des Songes d'Artémidore et les notions d'espaces public et privé. In: Dialogues d'histoire ancienne, vol. 27, n°1, 2001 - www.persee.fr).

S'il y a une communauté de fonctionnement du psychisme humain, il peut y avoir des éléments oniriques de signification analogue chez différents sujets, même si on nie l'existence du l'inconscient collectif.

Nobert Hanold est un jeune archéologue, professeur d’université d’archéologie et spécialiste de l’antiquité romaine. Il a perdu ses parents dans sa jeunesse et vit dans un grand isolement, ayant reporté tous ses intérêts sur sa profession. Une inflexion du cours de sa vie se produit lorsqu’il est séduit lors d'une visite de musée à Rome, par un bas-relief représentant une jeune fille. Il en acquiert la reproduction. C’est une jeune femme d’environ 20 ans, qui intrigue Norbert à cause de l’apparence de la démarche de la statue qui lève l’arrière du pied presque à la verticale tandis que l’avant est encore posée sur le sol. Aussi, Norbert la surnomme-t-il Gradiva, «celle qui marche en avant». Il se consacre à comprendre comment elle marche, sans succès. Une nuit, il rêve qu’il voit Gradiva, lors de l’éruption du Vésuve en 79 ap. J.C. qui détruit Pompéi, sans pouvoir prévenir la jeune femme du danger. Peu après, Norbert part en voyage d’étude en Italie et il aperçoit, à Pompéi, une jeune femme dont il se persuade qu’il s’agit de sa statue. Mais, alors que les deux jeunes gens font connaissance, Norbert est progressivement amené à reconnaître en elle Zoé, une amie d’enfance dont il a tout oublié  (fr.wikipedia.org - Le délire et les rêes dans la Gradiva de W. Jensen).

Zoé est la fille du professeur Bertgang, zoologiste.

La mosaïque du Nil de Palestrina, aussi appelée mosaïque nilotique de Palestrina ou de Préneste, ancien nom de Palestrina, ou encore mosaïque Barberini, est une mosaïque de pavement de la fin de l'époque hellénistique qui représente le cours du Nil, de l'Éthiopie à la mer Méditerranée. C'est la première représentation romaine de scènes du Nil, dont plusieurs autres ont été découvertes à Pompéi. Si l’on excepte les représentations animales composites et fantastiques de la partie nubienne ou éthiopienne, deux étrangetés majeures du tableau sont l’ornementation ponctuelle des rochers par un motif uniforme pouvant correspondre à des "Mollusques" et la présence d’un Mille-pattes (fr.wikipedia.org - Mosaïque du Nil).

En voulant prendre un raccourci, Norbert aboutit dans une auberge qu'il n'avait pas remarquée : l'Albergo del Sole. Il entre se désaltérer. Le patron trafique des antiquités. Il lui achète une fibule verte soi-disant ramassée dans les cendres près des restes d'une jeune fille morte enlacée à son amoureux dans le secteur du Forum. C'est là qu'il a vu sa Gradiva. La fibule a pu lui appartenir. Elle était donc amoureuse... Parvenu à l'hôtel Diomède, Norbert remarque un nouveau couple. Leur ressemblance lui fait penser qu'ils sont frère et sœur. Elle porte une rose rouge à son corsage. Cela éveille en lui un souvenir qu'il ne parvient pas à préciser. Il monte dans sa chambre. Épuisé, il ne met pas longtemps à s'endormir, et il fit cette fois un rêve remarquablement absurde. Quelque part au soleil était assise Gradiva , en train de faire avec un brin d'herbe un noud coulant afin d'attraper un lézard et elle disait en même temps : « S'il plaît, tiens-toi tranquille ma collègue a raison, le moyen est réellement bon, et elle l'a employé avec plein succès » (Marc Faessler, Le rêve, L'"autre scène" du livre de la Genèse, 2017 - www.google.fr/books/edition, Jean Bellemin-Noël, Gradiva au pied de la lettre, relecture du roman de W. Jensen dans une nouvelle traduction, 1983 - www.google.fr/books/edition).

Pied

La Gravida de Jensen se remarque par son pied relevé, tandis qu'Œdipe a un nom qui signifie "pied enflé". Gradiva vient du latin "gradus", le pas, qui a donné "grade", mesure d'angle.

Clef

Le comte de Caylus (IV. Recueil), au sujet d'une fibule gauloise, dit qu'elle servait aussi de clef (Encyclopédie Méthodique. Antiquités, mythologie, diplomatique des chartres et chronologie, Tome 2, 1788 - www.google.fr/books/edition).

La clef étoit dans les temps anciens un symbole de puissance et de possession. Elle étoit même un des attributs de plusieurs divinités. Horus chez les Egyptiens; Eros chez les Grecs; Janus, Protée, Cybèle et Minerve, chez les Romains, étoient surnommés "Klèdoukos" [clédouque], porte-clefs ; Horus tenoit une clef pour indiquer qu'il étoit le maître de diriger à son gré les inondations productives du Nil; Janus comme apportant la paix ou la guerre; Protée tenoit les clefs de la mer, et Cybele celles des villes qu'elle protégeoit. Caylus a encore publié une clef qu'il croit avoir servi de fibule (Claude Madeleine Grivaud de La Vincelle, Recueil de monumens antiques, la plupart inédits, et découverts dans l'ancienne Gaule, Tome 2, 1817 - www.google.fr/books/edition).

La clef, dans la symbolique grecque, apparait plusieurs fois, et presque exclusivement, comme l'attribut de dieux ou de héros qui règnent sur les Enfers, ou qui du moins en tiennent la porte close : Hadès, Perséphone, Hécate, Éaque (Volume 24 de Bulletin de correspondance hellénique, École française d'Athènes, 1900 - books.google.fr).

30 degrés

On le fait à l'envers : seul Issoire - Mer fait un angle de 30° avec le méridien à Issoire. Il faut, par rapport à Mer, voir la clé comme le méridien et la droite Issoire - Mer comme la verticale de la vignette.

Les Pôles de la Terre sont comme les clefs de toute la Géographie (Lettres de M. Auzout sur les grandes lunettes. Voyages de M. Cassini, en France, en Italie, en Flandre, en Hollande, & en Angleterre. Observations envoyées des Indes & de la Chine à l'Academie royale des sciences, 1735 - www.google.fr/books/edition).

Margot et Usson, un noir vaisseau

De même, en ce rocher,

vrai vaisseau de salut,

Eprouvant la fortune,

Dieu pour pilote elle eut;

Dieu seul elle retient,

toute autre chose elle ôte.

Il s'agit d'une œuvre écrite à Usson que la reine a donnée à son secrétaire M. de la Beraudrise, au mois de décembre 1593 (Michel Moisan, L'exil auvergnat de Marguerite de Valois (la reine Margot) : Carlat-Usson, 1585-1605, 1999 - www.google.fr/books/edition).

Exilée pendant vingt ans sur le noir rocher basaltique d'Usson en Auvergne, et divorcée de son propre consentement, après la pacification (1599), elle fut, dit-on, hôtesse par intervalles des manoirs d'Artias, du Monastier et de Vachères, en Velay, qui avaient été fidèles à la cause royale. L'histoire a mentionné les épisodes de sa vie excentrique, ses libéralités à Notre-Dame du Puy, ses efforts pour arrêter les fureurs de la Ligue, ses qualités du cœur et de l'esprit, sa piété et ses œuvres poétiques et littéraires, en un mot, tous les traits d'une princesse que d'anciens ennemis, et même de nos jours, Alexandre Dumas, ont cruellement travestis. [...] Le Père Minime Hilarion de Coste, dans son Eloge des dames illustres, rapporte que «le château isolé qu'elle habita fut un Thabor pour sa dévotion, un Liban pour sa solitude, un Olympe pour ses exercices, un Parnasse pour ses muses, et un Caucase pour ses afflictions.» [...] En 1605, elle abandonna Usson et habita successivement Paris, Milan, Madrid, etc., laissant partout des traces de sa munificence et de ses libéralités ; elle a fondé plusieurs établissements religieux et de bienfaisance, notamment la Providence du Sacré-Cœur. Ses œuvres comprennent des poésies et des pièces fugitives très estimées; ses Mémoires sont comptés parmi les meilleurs écrits du XVIIe siècle. Née en 1552, elle est morte en 1615 (Isidore Hedde, Statue de Marguerite de valois à Angoulême, Mémoires, Société littéraire, historique et archéoligique de Lyon, 1882 - books.google.fr).

Le Prisonnier chanceux est le premier roman que nous connaissions de Gobineau, qui a publié déjà deux nouvelles, Le Mariage d'un prince en 1840, et Scaramouche en 1843. Il fut publié en feuilletons dans la très légitimiste Quotidienne du 31 mars au 21 mai 1846, sous le titre : Les Aventures de Jean de Latour-Miracle, surnommé le prisonnier chanceux. L'auteur arrivait au bon moment : les pourvoyeurs attitrés du roman-feuilleton s'épuisaient. Eugène Sue, après ses triomphes des Mystères de Paris et du Juif errant (1842-1845) est en perte de vitesse. Dumas et Cie, après le succès des Trois Mousquetaires, de La Reine Margot et du Comte de Montecristo (1894-1845), ne peut suffire à la demande. La voie est libre pour des productions de qualité supérieure : c'est l'heure du triomphe de Balzac qui, longtemps éclipsé, va "quitter le champ de bataille sur une victoire qui a l'éclat d'un feu d'artifice". C'est l'heure aussi pour Gobineau qui va donner, de 1846 à 1849, quatre romans dans la presse - et quatre nouvelles, au moins, dont un chef-d’œuvre : Mademoiselle Irnois. Le Prisonnier chanceux est donc un roman feuilleton qui se soumet aux lois du genre : chapitres à peu près égaux et titrés, finissant toujours au bon endroit pour éveiller la curiosité et provoquer la surprise, coups de théâtre, rencontres inattendues, etc. Il se situe au XVIe siècle, au début des guerres de religion, et met en scène des Gascons. La scène du roman est placée au commencement de la Ligue ; les principaux personnages sont Diane de Poitiers et Brantôme (M. Beziau, Gobibneau et ses héros Gascons, L'image littéraire du Gascon: 2e Colloque de littérature régionale, 1982 - books.google.fr).

Usson est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le château d'Usson, démoli sur l'ordre du cardinal de Richelieu, avait été auparavant, de 1585 à 1605, lieu de résidence surveillée de Marguerite de Valois (1553-1615), surnommée par Alexandre Dumas la Reine Margot, première épouse (1572-1599) du roi de France Henri IV. On distingue aussi les trois buttes de Nonette, Vodable et Ybois. Ensemble avec Usson, ce sont les "quatre clés d'Auvergne" (fr.wikipedia.org - Usson (Puy-de-Dôme)).

"VODABLE, YBOIS, NONETTE, USSON, LES QUATRE CLEFS D'AUVERGNE FONT !" : dit le vieil adage (Gustave Eyriès, Paul Perret, Les châteaux historiques de la France, Toume 1, 1877 - www.google.fr/books/edition).

Osiris et Isis, souverains de l'au-delà et dispensateurs de l'immortalité, tiennent la clef de la vie, qui est le T surmonté d'un anneau. La clef du Nil et du royaume des ombres, nommée la croix ansée, c'est-à-dire l'ankh hiéroglyphique. Anubis est parfois représenté avec une clef dans la main gauche, et un bâton dans la main droite (piblo29.free.fr).

Issoire et la Tombe-Issoire, comme Paris (Par Isis) ont été mis en rapport avec Isis qui était représentée sous la forme d'un navire (Annales de la ville d'Issoire, manuscrit inédit sur l'histoire des guerres religieuses en Auvergne aux XVIe et XVIIe siècles, accompagné de notes, 1848 - www.google.fr/books/edition, Henri François Athanase Wlgrin de Taillefer, Antiquités de Vesone cité gauloise, Tome 1, 1821 - www.google.fr/books/edition, J.P. Brès, Sur quelques antiquités de Paris, Annales de la littérature et des arts, Volume 5, 1821 - www.google.fr/books/edition).

Noir - Issoire

Un chapiteau de l'abbaye Saint Austremoine d'Issoire, représente le séjour des âmes bienheureuses, figurées par plusieurs personnages vêtus d'une robe longue de lin, qu'on peut supposer être blanche, laquelle est connue dans l'Ecriture par la désignation mystique et allégorique de robe nuptiale, ou de robe blanche, l'apanage des justes. Ils sont rangés en file dans un bois de palmier, où ils prennent les attitudes simples et décentes qu'on donne ordinairement aux habitans des champs Elysées. C'est aussi la mer céleste, ou l'océan de lumière des Chaldéens, et la mer lumineuse, dont parlent Saint-Justin, Théophile, Saint-Augustin, et même le prophète Ezéchiel : le revers du chapiteau gravé sous le n° 2 (bis), représente la suite du bois sacré dont nous venons de parler; le lieu secret et sacré dans lequel les druides sacrifiaient à leurs Dieux. Il est inutile de s'étendre particulièrement sur les rapports qui existent entre ces deux monumens : nous nous contenterons de dire que l'un est la conséquence de l'autre. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que ville et l'abbaye où se trouvent les monumens dont nous venons d'entretenir nos lecteurs, sont des lieux mystiques ; comme on va le voir, il y a identité parfaite entre les lieux et les choses. Issoire est le nom de la ville et veut dire la porte d'en bas ou la porte inférieure, et Austremoine, celui de l'abbaye dans laquelle se trouvent les monumens, veut dire le moine du midi, d’AUSTRY MONACHUS, dont on a fait le saint moine du midi ; il est évident, que le prétendu moine du midi canonisé, par conséquent considéré comme habitant du ciel, n'est autre que le Soleil, qui est représenté sur ces chapiteaux dans sa ville d'en bas ou dans les signes inférieurs. Il y avait à Paris un lieu qu'on nommait tombe issoire ; ce lieu était situé à la barrière d'Enfer, et l'on sait de reste que l'enfer est l'image des signes noirs ou inférieurs que le Soleil visite tous les ans, dans lesquels il concentre ses feux brûlans : la tombe issoire de Paris est donc la tombe de la porte d'en bas. Près de là et de la barrière d'Enfer, coule la rivière de Bièvre, dont le nom signifie en celtique rivière noire ; en effet, ses eaux sont bourbeuses et noires comme celles du Stix : c'était donc le fleuve de l'enfer des Gaulois. Nous avons observé, en général, que les villes situées dans des lieux bas ou le long des rivières, quand elles sont anciennes, portent des noms qui sont en rapport avec les signes inférieurs, ou avec ceux qui les désignent figurément, comme celles qui sont situées sur des lieux élevés ont une analogie de nom avec les signes supérieurs ou ascendans; et on trouvera sur les monumens publics de ces mêmes villes, ou dans les temples consacrés aux Dieux, des emblêmes ou des allégories propres à en caractériser l'authenticité (Marie Alexandre Lenoir, Nouvelle explication des hiéroglyphes, ou des anciennes allégories sacrées des Égyptiens, 1809 - books.google.fr).

Cette petite ville, située dans une plaine fertile, à une demi-lieue de l'Allier, sur la route de Clermont à Saint-Flour, est une des plus anciennes de l'Auvergne. Quelques auteurs prétendent que Bituitus, roi d'Auvergne, érigea ce bourg en ville, à la prière de son fils Dorus, et que le nom de ce prince, et celui d'Isis, adorée dans ce lieu, ont formé le mot latin Isiodorus, dont on a fait Issoire. Mais cette étymologie paraît fabuleuse : le fils de Bituitus s'appelait Cogentias et non Dorus, et Isis n'avait pas de temple en Auvergne. L'ancien nom d'Issoire est purement celtique, et Grégoire de Tours l'appelle Ysiodorum.

Sous les Romains, Issoire avait une école célèbre, qui rivalisait avec celle de Clermont Saint Austremoine, l'apôtre de l'Auvergne, après avoir établi le christianisme dans cette province, se retira dans un ermitage près d'Issoire, où il bâtit une église qu'il dédia à saint Pierre. Après avoir vécu six ans dans la retraite, il mourut au commencement du quatrième siècle, et fut enterré dans l'église qu'il avait fondée (Résumé de l'histoire d'auvergne par un Auvergnat, 1826 - books.google.fr).

Al Mar

Palestrina compose un madrigal à 4 voix : "Mentre ch'al mar discenderanno" en mode ionien clé "C major" (Clara Marvin, Giovanni Pierluigi Da Palestrina, A Research Guide, 2013 - www.google.fr/books/edition).

D'une sextine de Pétrarque (sestina) :

... Mentre ch'al mar discenderanno i fiumi,

E le fere ameranno ombrose ualli ,

Fia dinanzi abegli occhi quella nebbia;

che fa nascer de’miei continua pioggia;

E nel bel petto l'indurato ghiaccio ,

Che trahe del mio si dolorosi uenti...(Il Petrarca, nuovamente ridotto alla vera Lettione, 1592 - www.google.fr/books/edition, Sieur de Veneroni, Le maître italien, ou Nouvelle grammaire-pratique françoise et italienne, 1816 - www.google.fr/books/edition).

Inventée par Arnaut Daniel, qui était de Ribérac, la sextine passe avec Dante en Italie. Pétrarque en composa plusieurs et, les traduisant scrupuleusement, Vasquin Philieul de Carpentras permit à cette forme de repasser la frontière (1548). Elle comporte six strophes de six vers terminés par les six mêmes mots selon une permutation en spirale qui reconduirait une septième strophe au modèle de la première. Un envoi reprend en trois vers les six mots clés (Sextines présentées par Pierre Lartigue, Po&sie, Numéros 32-35, 1985 - www.google.fr/books/edition).

Vasquin travaille sur l'édition du Canzoniere, fautive, de Velutello,  publiée à Venise en 1538, avec une carte et des commentaires pour suivre sur le terrain l'aventure amoureuse. Il en respecte à peu près l'ordre. Et donne 196 sonnets, 24 chants (canzos et sextines) et 6 madrigaux. Il compose donc en français 8 sextines. Sept ans plus tard, paraît la traduction complète : Toutes les Euvres vulgaires de François Pétrarque contenant quatre livres de M.D. Laure d'Avignon sa maistresse : jadis par lui composez en langage Thuscan, et mis en François par Vasquin Philieul de Carpentras Docteur es Droict (Pierre Lartigue, L'hélice d'écrire, la sextine, 1994 - www.google.fr/books/edition).

Le roman Beaux Inconnus (1988) de Pierre Lartigue est la mise en prose romanesque d'une rêverie qu'organise le modèle de la sextine. L'Hélice d'écrire en donne une première clef : «la permutation sextinienne règle parfois l'ordre d'apparition devasquins personnages et certains de leurs gestes». P. Lartigue lui-même précise que les déplacements des personnages en Provence obéissent à la projection sur une carte du modèle de la sextine. Et il serait aisé (mais fastidieux) de relever les multiples occurrences, dans la fiction, des escaliers en spirale et du nombre 6... Il s'agit donc bien de tourner, de faire tourner la langue en spirale, de la prendre dans l'hélice de la phrase, du chapitre, du livre. [...] Transposer à la prose, en prose le modèle de la sextine, c'est l'étirer dans le narratif, le convoquer comme structure à partir de laquelle peut s'organiser, se distribuer la déambulation romanesque, déambulation des personnages et dans le roman, en l'occurrence dans un roman des poètes, ceux du XVIe siècle dans la fiction des Beaux Inconnus, ceux aussi du XIXe ou du XXe siècle dans l'esprit de l'auteur.

Dans Beaux Inconnus, on rencontre un personnage du nom d'Amand, le fleuve Loire est cité (page 11), ainsi que Blois où il est dit que Nostradamus fit l'horoscope des enfants de Catherine de Médicis à sa demande (page 31). Amand est un ami Marseillais de Cesar de Nostredame. Alors que Simon de Moëze taxe ses discours de délirants, César le défend : "Délire, certes ! mais délire qui dit la vérité" (page 41). Amand s'en prend aux Basques et aux Frioulans (page 40) : cf. saint Amand.

La structure d'un autre roman de Pierre Lartigue, de 1995, La Jolie Morte, joue de la même contrainte et référence (dix-huit chapitres précédés d'une «ouverture» qui est déjà tout le roman) comme, dans la fiction, les supports picturaux de l'énigme : six tableaux d'abord énumérés dans un certain ordre sur une feuille adressée au personnage principal, puis rencontrés par celui-ci dans la fiction dans un ordre différent. Et le sixième tableau, qui est aussi le septième, va s'incarner dans la fiction... (Dominique Moncond'huy, Rêve de phrases perdues, daube de vers : Pierre Lartigue, danseur de mots en prose, Proses à contraintes, 1999 - www.google.fr/books/edition).

Cet art muet et éphémère qu'est la danse est analysé dans Histoire du ballet (1983), L'Art de la pointe (1992), un essai remarquable sur ce sujet, ou encore évoqué dans son roman La Jolie Morte (1995). Il sera également le fil conducteur de ses derniers récits poétiques de voyages en Asie (www.universalis.fr).

Déjà en 1992 la "jolie morte" semble en gestation en relation avec l'idée d'une monarchie défunte.

Il y a vingt ans, je me trouvai dans l'incapacité d'écrire. J'en donne les raisons, mais surtout je tente d'expliquer comment je me suis guéri de cette sorte de paralysie, par la danse. Pendant des années, je me suis infligé le traitement de plusieurs spectacles par semaine. Et cela m'a conduit à rêver tout particulièrement devant l'image de la jolie morte qui fonde la danse romantique. Avec la Sylphide, en 1831, et Giselle, dix ans plus tard, le fantôme de la monarchie disparue se dresse sur pointes. Si l'on remonte dans le temps, Chateaubriand porte en terre une chrysalide de Sylphide : Atala. Et, plus haut encore, je vois Marie-Antoinette gravir les degrés de l'échafaud dans une tenue de nuit blanche. Elle perd un soulier, un escarpin à talon dit à la Saint-Huberty ! Il paraît que sous Louis XVI le talon des chaussures a déjà diminué. Il ne mesure plus que de 3 à 5 cm. Il existe alors des souliers ordinaires destinés à la marche, mais la reine, au moment de mourir, porte des escarpins qui conviennent pour danser, pour courir. Le petit talon esquisse une sorte d'envol. Elle n'alla pourtant pas à mort en dansant... Quarante ans après, le chausson de Marie Taglioni apparaît comme l'amplification de cette figure. Il transforme le pied de la reine au supplice en image de résurrection : elle avance sur pointes. Dans les cortèges révolutionnaires, les femmes portèrent des souliers plats, à la Jeannette, et Rétif de la Bretonne, un amateur, parle de «la turpitude des pieds plats» (Pierre Lartigue, Supplément à l'Art de la pointe, Revue d'esthétique, Numéros 21-22, 1992 - www.google.fr/books/edition).

«Après Lure, Sisteron, il avait contourné le Ventoux par la vallée du Jabron, Malaucène, et pris vers l'Est, avant l'Ile-sur-Sorgue. De sorte que ce cheminement dessinait sur le sol de Provence une ligne en spirale, une coquille d'escargot, autour de la montagne pelée par les vents...» (Beaux Inconnus, p. 109).

Ceci pour illustrer la possibilité de traduire un texte littéraire sous forme de carte géographique. On n’est pas obligé de s'en tenir à 6 : 11 ? (Robin Jamet, Vous avez dit Maths ? De la maison à la ville, le monde en mathématiques, 2019 - www.google.fr/books/edition).

"La France était une caverne de brigands ; la Ligue, une boite de Pandore ; la bigoterie espagnole, le principal pilier de cette machine." En quelques mots, Pierre Lartigue donne à imaginer l'état du pays sur lequel Henri III régnait tant bien que mal en 1580. Dans cette France de la fin du seizième siècle ravagée par les guerres de religion et les ambitions de princes rivaux, on chassait à courre, et pas seulement le gibier. On ôtait la vie à autrui aussi promptement que l'on retirait un gant. En Provence, où se passe l'action de Beaux inconnus, les combats entre catholiques et huguenots ne connaissaient alors guère de trêve. Les deux héros - Simon de Moëze, messager du roi auprès du prince Henri d'Angoulême, et César de Notredame, le fils de l'astrologue Nostradamus, - se rencontreront par hasard en étant tous les deux les témoins de l'assassinat de Guillaume de Patris, un prélat hai des ultras parce qu'il faisait respecter l'édit par lequel Henri III avait rendu leurs biens aux réformés (www.lemonde.fr).

Lartigue y décrirait Jacques Roubaud sous les traits de Jean de La Céppède. Jacques Roubaud écrira le roman La Belle Hortense, lointain avatar du Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu auquel il emprunte le fier baiser donné à la Guivre (L'Exil d'Hortense, 1990, 244-245) (Christophe Reig, Mimer, Miner, Rimer: Le cycle romanesque de Jacques Roubaud, La Belle Hortense, L’Enlèvement d’Hortense et L’Exil d’Hortense, 2006 - www.google.fr/books/edition).

Fils de Lucien et Suzanne Roubaud, Jacques Roubaud a une sœur et deux frères, dont Jean-René, qui s'est suicidé en 1961 à 22 ans. Il passe son enfance à Carcassonne puis à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Véritablement fasciné par les formes fixes des poèmes comme le sonnet (il dit en avoir lu plus de cent cinquante mille), le renga et la sextine (L'OuLiPo qualifie de «n-ine» ou encore «quenine» les généralisations de la sextine à des nombres autres que 6), il apprend depuis tout jeune des milliers de vers et des centaines de poèmes par cœur. En 1961, il se consacre exclusivement à la composition de sonnets, entamant dès lors une démarche expérimentale dans la plupart de ses travaux littéraires – la série des « pseudo-romans » autour du personnage de «la Belle Hortense», de même que ses nombreux livres de poèmes pour enfants. Les mathématiques ont une grande influence sur son activité littéraire, poétique ou de fiction (voir la série des Hortense basée sur la sextine - 6 volumes prévus dont 3 publiés) (bibliotheques.maisons-alfort.fr).

La 12e (SS) énigme serait la première ? 

Dans l'esprit de Max Valentin, il n'y a jamais eu à proprement parler de douzième énigme, mais une supersolution qui devait être trouvée à la fin par le chercheur le plus astucieux. Il était donc prévu que l'existence de cette supersolution ne soit jamais révélée. Mais, cédant à l'insistance des chercheurs, Max l'a confirmée sur le Minitel à partir du printemps 1994 (piblo29.free.fr).

Il se peut que l’énigme 530 prenne du sens lors de la super énigme. Il n’a échappé a aucun chercheur que le titre de la dernière énigme rebouclait vers la 530. Pourquoi pas ? Une variante de cette hypothèse est de considérer qu’un second passage est nécessaire pas seulement sur la 530, mais sur l’ensemble des énigmes. La chasse serait conçue comme un cycle, il faudrait avoir résolu correctement le premier tour pour pouvoir attaquer avec succès le deuxième tour. Les zones d’ombre de la 530 s’éclaireraient alors. Je ne crois pas a cette option. Mes observations et mes découvertes ne collent tout simplement pas avec cette structure, qui est par ailleurs très difficile a mettre en œuvre pour le concepteur. Enfin une dernière hypothèse, que je retiens, est de considérer que la 530 offre un guide pour aborder les énigmes suivantes. Ce rôle convient bien pour une première énigme. Dans un sens, la 530 donne un indice pour aborder les énigmes suivantes et dans l’autre sens, les énigmes qui suivent donnent un éclairage nouveau a des éléments en apparence anodins de la 530 (vifsorbieretlachouettedor.wordpress.com).

Spirale

Les six vers de chacune des six strophes d'une sextine se terminent par les mêmes six mots, appelés «mots-rimes». Chacun de ces mots occupe une place différente dans chacune des strophes. Au bout de la sixième strophe, il a occupé chacune des six places possibles. On passe de l’ordre des mots-rimes de la première strophe à l’ordre des mots-rimes de la deuxième par la permutation. Mieux encore : on passe de l’ordre des mots-rimes d’une strophe à l’ordre des mots-rimes de la suivante par toujours la même permutation. Si le poème n’a que six strophes, c’est parce que, en appliquant cette permutation à l’ordre des mots-rimes de la sixième strophe, on retrouve l’ordre des mots-rimes de la première. On dit que la permutation est d’ordre 6.

Rien n’empêche de remplacer 6 par n et de considérer de même la spirale de la figure ci-contre. C’est la permutation spirale de n éléments. Si elle est d’ordre n, c’est-à-dire si elle redonne l’ordre initial lorsqu’on la fait n fois (et pas moins), on dit que n est un nombre de Queneau. On peut alors écrire un poème de n strophes de n vers, dit quenine ou n-ine, ayant les propriétés de la sextine. Il existe de longues listes de nombres de Queneau. Les nombres de Queneau suivants ont été utilisés pour écrire des poèmes : n = 1, 2, 3, 5, 6, 9, 11, 14, 18, etc. (oulipo.net, Vanessa Vallet, ENTRE MATHÉMATIQUES ET LITTÉRATURE : LES NOMBRES DE QUENEAU, L'Ouvert 118, 2010, (formavera.com).

Ongle et ombre, chair et pierre. Vers 1200, le troubadour de Ribérac, Arnaut Daniel, découvrit une manière étrange de disposer les rimes d'un poème : une "canso" (chanson), pour être "toujours avec elle comme la chair et l'ongle". A quelque temps de là, Dante, un voleur de mots bien connu, la reprit à son compte et l'utilisa pour l'une de ses mystérieuses rime petrose, invocations à celle qu'on appelle la Dame de pierre. Pour une unique fois dans son oeuvre bavarde, il n'y cède pas à la tentation de dissoudre et recouvrir d'un voile le désir. C'est une "canzone" (chanson) pour être "là où sa robe fait ombre... comme se noie une pierre dans l'herbe". On a cherché qui était la Dame de pierre. En vain évidemment. Pétrarque, en hommage oecuménique aux troubadours et à Dante, qu'il voulait honorer inséparablement, reprit la même manière de faire poésie : neuf fois. Entre ses mains, ce fut une forme poétique nouvelle, et elle reçut un nom : sestina, sextine (www.lemonde.fr).

Arnaut Daniel est assigné au Purgatoire par Dante (chant XXVI) (L'Enfer, le purgatoire, le paradis de Dante Alighierin Tome 1, 1830 - www.google.fr/books/edition).

Arnaut Daniel est aussi le seul qui dans la Divine Comedie s’exprime dans sa propre langue (Davide Amodio, Le chiffre sonore : à travers la sextine lyrique et ses transformations, 2010 - www.biblio.univ-evry.fr).

La sextine apparaît, disparaît. Elle est vivante ! Et puisqu'elle tourne comme une hélice dans l'eau de la langue, aucune définition ne lui convient mieux que celle gravée par le capitaine Nemo sur la coque du Nautilus (Pierre Lartigue, L'Hélice d'écrire. La sextine, 1994 - www.fr.fnac.ch).

Cf. le Nautilus de Saint Marcouf, le bulot et Jules Verne dans l'énigme 560.

La permutation d'ordre dans le classement des énigmes ne suit pas le procédé de la sextine en 11 ou en 10 (sans B).

Avec les 11 éngimes, on a deux cycles internes aux permutations : (1, 5, 11, 7) et (4, 9, 10, 8, 6) ; et deux éléments fixes : 2 et 3. Soit (500, B, 580, 520) - (600, 470, 560, 650, 420) - 530 - 780.

Avec les 10 éngimes (500 530 780 600 420 520 650 470 560 580 et l'ordonnancement officiel 530 780 470 580 600 500 420 560 650 520), B est "mise à la poubelle", en fait B sert de résumé comme les trois vers de la sextine à la fin des six strophes. On a une structure d'ordre 10 puisqu'au bout de 10 permutations on revient dans l'ordre initial. Mais il ne s'agit pas d'une n-nine à permutation en spirale comme la sextine. Les 10-nines ne sont pas d'ordre dix (10 n'est pas un nombre de Queneau).

De quelle spirale s'agirait-il, s'il y en a une ?

On pourrait avoir une spirale à 4 rayons (Jean-Guillaume Dumas, Les rayons des permutations spirales, 2010 - hal.archives-ouvertes.fr).

D'où 4 centres avec les axes allant vers l'extérieur (2,4,7) (3,1,6) (8,5) (10,9). Soit les énigmes (530,600,650) (780,500,520) (470,420) (580,560). Ces axes ne sont pas ordonnés et semblent composés arbitrairement.

(530,600,650) définirait l'axe Bourges - Usson - Chartres, 650 se situe à Mer mais en provenance de Chartres (axe d'un méridien de Chartres) ;

(780,500,520) l'axe Roncevaux - Mer - Montmartre - Cambrai (Fénelon) - Saint Amand les Eaux ;

(470,420) l'axe Roncevaux - Bellegarde en Marche - Pierre la Treiche ;

(580,560) à nouveau (?) l'axe Bourges - Usson - Chartres - Veulettes, avec les éléments communs Cherbourg, Bourges, Issoire (Usson).

Les éléments des axes (530,600,650) et (470,420) composent intégralement l'énigme B.

La crosse de saint Amand

Les plus anciennes crosses paraissent avoir été beaucoup plus courtes que celles des âges suivants; celle de saint Severin, évêque de Cologne, qui mourut à la fin du IVe siècle, lui servait de bâton de voyage (Gregor. Turon., lib. I, de mirac. S. Martini); celle de saint Bernard, abbé de Clairvaux dans le XIIe siècle, qui fut conservée jusqu'à la révolution dans le monastère d'Afflinghem, près Bruxelles, n'était guère plus longue. Il est bon toutefois de faire remarquer à cette occasion que ce saint fut un grand ennemi de tout ce qui portait l'apparence de pompe mondaine et de magnificence, particulièrement dans les monastères, et qu'il s'éleva violemment contre l'usage de la mitre pour les abbés, qui commençait à prévaloir alors. Anciennement les crosses étaient aussi beaucoup plus simples dans leur forme et leur décoration qu'elles ne le devinrent dans les âges postérieurs; elles ressemblaient soit à une simple canne, avec un bouton au bout, soit à une crossette ou béquille, ce qui leur fit donner le nom de tau, comme celle que l'on trouva dans le tombeau de Morard, abbé de Saint-Germaindes-Prés, mort en 990; enfin elles figuraient parfois un véritable crochet de berger, ou consistaient au plus dans une simple volute analogue à celle du chapiteau ionique. Il est vrai cependant de dire que ces courbures, sinon le bâton tout entier, étaient fréquemment décorées d'incrustations d'ivoire, de verres colorés et de métaux précieux : baculos sanctorum in superiori parte recurvos, auro et argento vel ære contextos in magna reverentia habent (Girald. Cambr. topogr. Hibern., distinct. III, c. 33.) De même que les mitres, les crosses crurent en hauteur et en profusion d'ornements, après le XIe siècle, jusqu'à ce qu'elles eussent atteint leur nec plus ultrà de richesse et d'élégance, dans le XIVe et le XVe. On tombe généralement d'accord de ce fait, que les abbés et autres supérieurs monastiques n'ont point emprunté l'usage du bâton pastoral aux évêques, comme ils l'ont fait pour la mitre, mais qu'ils en furent en possession de tout temps, depuis l'origine de leur institut, ce bâton étant l'attribut principal de leur fonction pastorale, et la marque distinctive de leur pouvoir. Quoiqu'il n'existât point de loi qui empêchât les abbés de lutter de magnificence avec les évêques, dans la décoration de leurs crosses, comme cela avait lieu à l'égard des mitres, il existait toutefois une règle qui voulait qu'à la crosse des abbés fut suspendue un sudarium ou voile, comme pour indiquer que leur autorité était d'une nature secrète et subordonnée; ce signe caractéristique fut cependant généralement laissé de côté par les abbés des abbayes exemptes, mais il resta toujours attaché à la crosse des abbesses, à laquelle il pendait, flottant comme une espèce de banderole ornée. Il existait une autre distinction entre les crosses des évêques et celles des supérieurs monastiques, relativement à la manière de porter cet attribut, distinction qu'il est important que les artistes sachent observer. C'est que l'évêque, qui portait sa crosse de la main gauche, devait en tourner la courbure en avant vers le peuple, pour signifier que sa juridiction s'étendait sur lui (Coremon episc., 1. II, c. 8); tandis que l'abbé devait tourner la courbure de la sienne en arrière, vers lui-même, pour indiquer que son autorité était toute d'intérieur et ne regardait que sa propre communauté. En blason, cette distinction s'exprimait en tournant la courbure de la crosse épiscopale vers l'extérieur de l'écu, et celle de la crosse abbatiale vers le centre. Peu d'antiquaires doivent ignorer que le bâton pastoral d'un archevêque n'est point la crosse à volute, mais bien la croix processionnelle, et qu’un patriarche ou un primat avait le droit de porter deux barres transversales à cette croix, tandis qu'au pape seul était réservé le droit d'en porter trois (Nicolas Xavier Willemin, Monuments français inédits pour servir à l'histoire des arts depuis le VIe siècle jusqu'au commencement du XVIIe, Tome 1, 1839 - www.google.fr/books/edition).

A l'est de La Pelle à Mer se trouve la Vallée de Crosse.

Le docte Mabillon a publié, d'après un ancien Codex du monastère d'Elnon, où mourut S. Amand, trois tableaux où figurent les évêques S. Amand, S. Mommolin et l'abbé S. Bertin avec la crosse recourbée, S. Réole et l'abbé Jean avec la crosse en forme de T. Il est digne de remarque que de ce temps la crosse de S. Amand était conservée à Elnon (Saint-Amand) (Franz Johann Joseph Bock, Michaël Antonius Hubertus Willemsen, Le trésor d'objets d'art et de reliques du Moyen Age des Églises de St. Servais et de Notre Dame à Maestricht, esquisse historique et archéologique, 1872 - www.google.fr/books/edition).

On représente saint Amand : 1° tenant une petite église et sa crosse; derrière lui un grand dragon qui veut les lui arracher: figure des persécutions que l'enfer a suscitées au Saint; 2° ressuscitant un pendu; 3° tenant en mains les fers des nombreux prisonniers qu'il a délivrés ; 4° portant un drapeau, symbole que, dans les arts, on accorde assez volontiers aux missionnaires qui ont enrolé des ames sous la bannière de Jésus-Christ (Paul Guérin, Les petits bollandistes: vies des saints, d'après le père Giry, les grands bollandistes, Surius, Ribadeneira, Godescard, les propres de chaque diocèse et les travaux hagiographiques les plus récents, 1878 - www.google.fr/books/edition).

Spirale musicale

Jusqu'à maintenant, je ne suis pas parvenu à faire composer une sextine musicale, je sais qu'il y a ici quelqu'un qui essaie de composer une sextine visuelle mais je pense qu'il faut relever dans le roman des utilisations de la sextine ; la longue série de romans de Jacques Roubaud consacrés à Hortense fait référence explicite à la sextine à tel point qu'il m'arrive, je crois que c'est dans l'Enlèvement d'Hortense, d'apparaître moi-même comme personnage du roman disant une sextine (Pierre Lartigue, Etats généraux de la poésie, Marseille 12-13 juin 1992, 1993 - www.google.fr/books/edition).

Le rapport 1,2 apparu dans l'énigme 780 vaut 6/5 qui est une tierce mineure. une tierce mineure est un intervalle de trois demi-tons. La gamme tempérée a douze demi-tons.

La tierce mineure pythagoricienne 32/27 (ton + demi-ton : ré-fa, mi-sol, la-DO, si-RÉ) est inférieure à l'intervalle naturel 6/5 (appelé ultérieurement tierce mineure naturelle) et qui exerce une attirance analogue (Jacques Chayé, Gammes, Modes, tempéraments, 2003 - apmep.poitiers.free.fr).

Le renversement d'une tierce mineure est une sixte majeure (do-mib <=> mib-do). La sixte majeure est un intervalle qui comporte neuf demi-tons (4 tons et 1 demi-ton) (www.solfego.fr).

Un do# est plus haut qu'un réb, un ré# est plus haut qu'un mib, etc. L'intervalle entre deux telles notes est le comma pythagoricien. On retrouve le comma pythagoricien dans la spirale des quintes : Considérons la série des quintes successives à partir de fa1 : fa1 do2 sol2 ré3 la3 mi 4 si4 fa# 5 do#6 sol# 6 ré#7 la# 7 mi#8. Si N est la fréquence de fa1, alors, celle de mi#8 est égale à N×(3/2)^^12 alors que la fréquence de fa8 est égale à N×2^7 nombre inférieur au précédent ; le quotient de ces deux fréquences est égal au comma pythagoricien. On parle de "spirale des quintes" car on ne "boucle" jamais : partant par exemple d'un fa, les quintes successives n'atteindront jamais un autre fa (Jacques Chayé, Gammes, Modes, tempéraments, 2003 - apmep.poitiers.free.fr).

Traditionnellement, la quinte du loup est l'intervalle formé par les notes lab - mib dans les instruments à clavier construits à la Renaissance et pendant la période baroque (orgue et clavecin). Elle est le résultat de l'accord successif des 11 autres quintes dans la construction d'un tempérament. Les tempéraments contenants une quinte du loup sont donc ceux dont le «cycle des quintes» ne serait pas fermé sans elle (fr.wikipedia.org - Loup (musique)).

Sixtine - Sextine

La mesure des vers des troubadours est souvent de dix pieds. Les Italiens ont imité ces vers décasyllabes, et Dante s'en est servi dans sa Divina COMMEDIA, de même que dans les vers provençaux de la réponse d'Arnaud Daniel. Si les vers de Dante et d'autres poëtes italiens paroissent offrir onze pieds, c'est que l'on est dans l'usage de compter pour un pied la voyelle qui terinine chaque vers, et dont le son, étant muet, ne devroit pas plus compter dans la mesure que ne comptent les E muets français qui terminent nos vers. Les troubadours eux-mêmes avoient établi et observé la règle; dans leurs vers de dix pieds, la finale muette qui formeroit le onzième ne compte pas: je citerai à cet égard la sixtine d'Arnaud Daniel, LO FERM VOLER, dont les vers sont tous terminés par une rime féminine, et je choisirai, dans cette sixtine, deux vers dont la traduction, exactement interlinéaire, produira notre vers français de dix pieds avec la rime féminine :

Qu'aitan vezis cum es lo ders de l'ongla,

Qu'autant voisin coinine est le doigt de l'ongle

Arnaut tramet son cantar d'ongla et d'oncle. (Arnaud transmet son chanter d'ongle et d'oncle.)

Aussi, dans le second vers de la réponse d’Arnaud Daniel, l’e final de COBRIRE ne compte pas pour un pied (François-Just-Marie Raynouard, Rétablissement du texte de la Divina commedia, 26e chant du Purgatoire où le troubadour Arnaud Daniel s'exprime en vers provençaux, 1830 - www.google.fr/books/edition).

Moïse sauvé des eaux a été illustré, entre autres, par Tintoret (v. 1555, Prado) et Véronèse (v. 1570-1580, Prado). Les peintres mettent l'accent soit sur la découverte de l'enfant dans l'eau, soit sur la présentation de Moïse à la fille de Pharaon. Relaté dans les bibles versifiées d'Herman de Valenciennes et de Geoffroi de Paris, un autre épisode de l'enfance de Moïse, au cours duquel il fait tomber la couronne de Pharaon et subit l'épreuve du feu, est parfois traité. On présente à l'enfant deux coupes contenant l'une un rubis, l'autre un charbon ardent. L'enfant choisit la seconde, preuve de son innocence (Giorgione, v. 1504-1505, Offices). Rosso Fiorentino a peint Moïse défendant les filles de Jethro (1523-1524, Offices). Le mariage de Moïse avec Sephora a été représenté par Pinturicchio à la chapelle Sixtine, le buisson ardent par l'atelier de Véronèse au palais Pitti. La manne a suscité l'inspiration d'artistes aussi différents que Ercole de'Roberti (v. 1490, Londres, National Gallery), Tintoret (1576-1577, Venise, S. Rocco), ou Bronzino (v. 1541-1543, Florence, Palazzo Vecchio, chapelle d'Éléonore de Tolède). De même pour le frappement du rocher et l'adoration du veau d'or. Point culminant de la vie de Moïse, la réception de la Loi sur le Sinaï a donné lieu à des interprétations variées, comme celle de Ghiberti (Florence, 1424-1452, baptistère, porte du Paradis). Moïse brise les tables de la Loi dans une composition de Parmesan (1530-1539, Parme, Steccata). L'épisode du serpent d'airain a été peint par Michel-Ange sur la voûte de la chapelle Sixtine (1508-1512) et par Tintoret à la Scuola di S. Rocco (1575-1576). Le châtiment de Coré, Dathan et Abiram figure sur une fresque de Botticelli à la Sixtine (v. 1482) et il a fait l'objet d'un tableau de Beccafumi (1537-1538, Pise, Duomo) (Elisa de Halleux, Iconographie de la Renaissance italienne, 2004 - www.google.fr/books/edition).

La Sextine en France : « nos ténèbres font l'aube »

Sur la sextine, qui n'a pas attendu Ferdinand de Gramont pour être introduite en France mais seulement redécouverte, on se reportera aux travaux de Jacques Roubaud : La Fleur inverse (Michel Golfier, Jean-Didier Wagneur, Patrick Ramseyer, Dix ans de bohème d'Émile Goudeau, 2000 - www.google.fr/books/edition).

Quand le soir a banni la lumière du jour

Et qu'en d'autres pays nos ténèbres font l'aube,

Je regarde pensif les cruelles étoiles

Qui m'ont voulu former d'une sensible terre;

Et je maudis le jour où je vis le soleil

Qui m'a donné l'aspect d'un homme de forêt. (Ferdinand de Gramont, Sextines, précédées de l'histoire de la sextine dans les langues dérivées du Latin, 1872 - books.google.fr).

Son fils Louis de Gramont célèbre Montmartre et le Moulin de la Galette (Millanvoye, Anthologie des poètes de Montmartre, 1911 - fr.wikisource.org).

Palestrina

Giovanni Pierluigi da Palestrina, né à Palestrina (États pontificaux, anciennement Préneste) près de Rome, vers 1525 et mort le 2 février 1594 à Rome, est un compositeur italien de la Renaissance  (fr.wikipedia.org - Giovanni Pierluigi da Palestrina).

Selon l'abbé Baini, il y avait, dans le chant ecclésiastique des premiers siècles qui ont suivi la réforme de St.-Grégoire, des nuances et des ornements qui donnaient à son exécution une délicatesse indicible ; et ces ornements nombreux, qu'on trouve mentionnés par divers écrivains anciens, étaient indiqués par la forme des notes. Il cite le piano, le forte, le crescendo, le decrescendo, le trille, le gruppetto et le mordant comme ceux dont on se servait le plus communément. Nous nous rangeons de l'opinion du savant auteur des Mémoires sur Palestrina, et nous nous appuyons, pour la soutenir, sur un passage de Hucbald qui ne nous paraît point susceptible de laisser du doute dans l'esprit. Le lecteur se rappellera avoir vu dans le premier traité de Hucbald que cet auteur, après avoir démontré l'incertitude et l'ambiguïté des neumes, après avoir proposé d'y substituer une notation par lettres, convient néanmoins qu'il était utile de les conserver en même tems, parce que ces notes désignaient dans le chant des nuances ou ornements tels que le ritarlendo, le trille, etc. (Charles Edmond Henri de Coussemaker, Mémoire sur Hucbald et sur ses traités de musique suivi de recherches sur la notation et sur les instruments de musique, 1841 - books.google.fr).

Cf. Hucbald dans l'éngime 500.

Marguerite de Valois avait même des poètes à gage, dont l'unique occupation était de lui rimer des stances à la manière de Ronsard et de Du Bartas. Elle était de leur école et comme eux, elle se plaisait à philosopher et à versifier, «Adieu mon beau soleil, adieu mon bel ange ! beau miracle de la nature», telles étaient les expressions favorites de ses lettres d'amour. Elle imitait Pindare et Pétrarque à rendre jaloux les plus illustres réformateurs de La Pléiade (Régis de Chantelauze, Portraits d'auteurs forésiens, 1862) (Jean Combe, Histoire du Mont Pilat des temps perdus au XVIIe siècle, 1965 - www.google.fr/books/edition).

Il y avait trois ans qu'elle avait quitté Usson, mais une bonne part de sa de sa bibliothèque en venait sans doute, acquise pendant cette longue retraite pour sa consolation ou son instruction. [...] Elle a les chefs de chœur de la poésie italienne : La Comedia del divino poeta Dante (avec les commentaires de Landino) ; Pétrarque en trois éditions ; l'Orlando furioso de l'Arioste, le Décameron de Boccace et les Nouvelles de Bandello (Jean-H. Mariéjols, La vie de Marguerite de valois, 1928 - www.google.fr/books/edition).

Château de Talcy (Loir et Cher) - www.chateau-talcy.fr

Une tradition locale veut, en outre, que le plan de la Saint-Barthélemy ait été délibéré et adopté à Talcy ; mais rien ne la justifie. Le seul fait qu'on puisse affirmer, d'après le témoignage de l'auteur de l'Histoire des Martyrs, c'est que le principal artisan du complot, Henri de Lorraine, se trouvait à Talcy peu aprés l'explosion de la conjuration au sein de la capitale, et qu'il y signala sa présence par un assassinat de plus. Voici le passage textuel du naïf historien : François Chassehamt, dit de Bennes, ministre de Mer, s'étant réfugié à Beaugency pendant les massacres qui suivirent la Saint-Barthélemy, et y avant été découvert et arrêté avec d'autres personnes, fut pillé, maltraité et conduit à Chateaudun pour y être jugé, puis ramené pour être exécuté à Mer. Passant à Talcy, attaché à la queue d'un cheval, il fut présenté au duc de Guise, qui, aprés l'avoir ouï parler, le fit pendre à un noyer. Tandis que, sous les fenêtres du château, ce pauvre ministre de Mer subissait ainsi le dernier supplice, ses murs donnaient asile à un autre protestant plus connu, Théodore-Agrippa d'Aubigné. Poursuivi à raison d'une mauvaise affaire qu'il s'était attirée en maltraitant des archers, il avait été contraint de quitter précipitamment Paris, comme il venait d'y arriver dans l'intention d'assister au mariage du roi de Navarre avec Marguerite de Valois. Il en sortit trois jours avant la Saint-Barthélemy, ce qui lui sauva la vie, et se rendit à Talcy, où, étant demeuré caché plusieurs mois, il conçut pour Diane, fille aîné du seigneur de Talcy, une violente passion (Château de Talcy, Le Magasin pittoresque, Volume 29, 1861 - books.google.fr).

Pierre de Ronsard composera pour Cassandre, la fille de Bernard Salviati, propriétaire du château depuis le 8 novembre 1517, les 182 sonnets qui formeront, dans le premier des Livre des Amours, «les amours de Cassandre». «Mignonne, allons voir si la rose...» est le plus célèbre de tous. Diane, sa nièce, est la muse du jeune Agrippa d'Aubigné. La fille de Cassandre compte dans sa descendance directe Alfred de Musset. Un des derniers propriétaires, Albert Stapfer, est le premier traducteur du poète allemand Goethe. La conférence de Talcy réunit en 1562 et pour la dernière fois réformés et catholiques.

Mer des Ténèbres

Dans cette prométhéenne bataille contre le temps, mieux valait couler que se rendre. Restait donc le sabordage. Le désespoir de Gobineau a trouvé une analyse définitive dans les pages souvent citées que J. Gaulmier a symboliquement intitulées le Spectre de Gobineau. Un mélange où entrent la conviction de sa valeur personnelle, le sentiment de l'injustice du monde, des déboires familiaux et professionnels, le pessimisme historique, et auxquels on désire ajouter ici l'épouvante devant les perspectives évolutionnistes, conduisent à la posture du «titan indigné» puis à la « navigation sur la mer des ténèbres». A force de dégénérer, l'humanité s'épuise. La dégénérescence individuelle conduit à celle des nations, puis des civilisations, puis de l'espèce humaine (Annette Smith, Gobineau et l'histoire naturelle, 1984 - www.google.fr/books/edition).

Gobineau produira une tentative de déchiffrement d'autres écritures antiques, que le latin de la fibule de Préneste.

LECTURE DES TEXTES CUNÉIFORMES, par M. le comte A. DE GOBINEAU :

Voici un véritable brandon de discorde jeté dans le camp des orientalistes qui s'occupent des anciennes inscriptions de la Perse et de l'Assyrie. M. de Gobineau, déjà connu par son grand ouvrage sur l'Inégalité des races humaines, prépare une Histoire généalogique des nations iraniennes, qui attaquera sans doute beaucoup d'opinions reçues, à en juger par le brûlot qu'il vient de lancer par voie d'essai. [...] Un grand nombre de savants, et quelques-uns du premier ordre, ont travaillé, et travaillent encore, à la solution de ce triple problème, dont les deux dernières faces offrent de grandes difficultés. Au jugement, on peut dire unanime, des orientalistes, les inscriptions des Achéménides sont maintenant parfaitement déchiffrées, tandis qu’une obscurité plus ou moins profonde, mais qui tend à se dissiper graduellement, entoure encore celles que l'on appelle médiques et assyriennes. Or, suivant M. de Gobineau, ce serait l'inverse qu'il faudrait admettre. A ses yeux, les ténèbres deviennent lumière, et la lumière se change en ténèbres. Il prétend lire couramment et sans accroc les textes médiques et assyriens de la grande inscription de Behistun, et le troisième texte, dit ancien persan, lui parait encore tout à fait incompris. Dans les deux premiers, il ne voit que de l'huzvaresch ou pehlvi, dialecte mélangé d'éléments iraniens et sémitiques, et de l'arabe purement et simplement, dans le dernier, quelque dialecte iranien sans doute, mais fort différent de celui qu'on a cru retrouver. Des assertions aussi absolues exigeront des preuves bien fortes pour être acceptées.Nous ne voulons porter aucun jugement sur les transcriptions et les versions que l'auteur nous donne de deux fragments de l'inscription de Behistun. C'est aux hommes spéciaux, tels que MM. Spiegel, Ewald, etc., à voir si l'huzvaresch et l'arabe de M. de Gobineau sont bien ce qu'ils prétendent être, ce dont il est permis de douter (Bibliothèque universelle, revue suisse et étrangère, 1859 - books.google.fr).

Fibule de Limagne

La plaine de la Limagne d'Issoire (Puy-de- Dôme) est limitée sur ses bordures orientales et occidentales par une série de pointements volcaniques tertiaires ; ces «pics» ou «puys» dominent la vallée de l'Allier à une altitude supérieure à 500 mètres. Le pic d'Ysson, le plus massif et le plus élevé, culmine aux confins des communes de Vodable et de Solignat, à 856 mètres. En 1963, l'implantation d'un château d'eau étant décidée, les travaux commencèrent l'année suivante par le creusement d'une tranchée sur le flanc ouest du Pic. Dans ce terrassement furent trouvés un certain nombre de tessons, ainsi qu'un bracelet et une fibule en bronze d'un type original. Ces deux derniers éléments donnèrent lieu à une publication de G. Fournier (Fournier, 1966). Par la suite, de 1965 à 1967, L. Tixier réalisa un sondage, suivi d'une fouille, sous l'égide de la Direction des Antiquités Préhistoriques d'Auvergne. Enfin, en 1968, la construction effective du château d'eau et de ses accès, donna lieu à une petite fouille de sauvetage réalisée en commun. Les résultats de ces différents travaux ont été donnés par ailleurs (Daugas et Tixier, 1975) et nous ne nous attacherons à revenir ici que sur l'étude de la fibule de 1964.

La reconnaissance en cette pièce d'une véritable fibule annulaire hispanique, à ardillon libre, nous a incité à rechercher des éléments de comparaison. En France, ils nous sont vite apparus très rares, pour se révéler en revanche abondants dans toute la péninsule ibérique.

La fibule d'Ysson est composée d'un anneau grossièrement circulaire (diamètre variant de 42 à 48 mm) réalisé en fil de bronze, de section ronde de 1,5 mm de diamètre. Les deux extrémités, amincies par martelage, sont nouées. Sur cet anneau, s'enroule une feuille de bronze, large de 1 à 1,5 mm, constituant une gaine spiralée. Celle-ci est actuellement brisée en deux fragments, de sept et cinq spires. Sur ce même anneau, en position diamétralement opposée et, s'enroulant en une boucle, est assujettie la tête de l'arc. Réalisée dans un ruban de bronze (ép. 1 mm) elle forme, à son extrémité distale, une gouttière destinée à recevoir la pointe de l'ardillon. Cette première se poursuit par une languette, recourbée sur l'anneau au niveau du nœud de raccordement. Adjacent à la tête de l'arc, s'articule, par un mode de fixation similaire, l'ardillon constitué d'une tige de bronze de section ronde, effilé dans sa partie distale. De part et d'autre de l'ardillon et de l'arc, libres sur l'anneau, subsistent deux enroulements d'un fil de bronze, de section rectangulaire (2X1 mm) dont les extrémités, dégagées, portent la trace d'une brisure. Avant cassure, cet ensemble constituait un ressort, faisant pression sur l'ardillon et le maintenant dans la gouttière. [...]

L'exemplaire du Pic d'Ysson, composé d'un ardillon libre à flexion et d'un arc filiforme martelé, se révèle appartenir au type le plus archaïque, mais dont la perduration est la plus longue (de — 500 à — 50 env.). Sa position géographique, excentrée par rapport à l'aire de diffusion, en fait certainement un modèle des plus tardifs. Les récentes découvertes monétaires ibériques effectuées sur le site voisin de Corent (Puy-de-Dôme), semblent confirmer cette hypothèse et attester l'existence, au IIe siècle, de relations privilégiées entre l'empire arverne et le monde hispanique (Jean-Pierre Daugas, Luc Tixier, Les fibules annulaires hispaniques : essai de technologie et de typologie. In: Bulletin de la Société préhistorique française. Comptes rendus des séances mensuelles, tome 74, n°8, 1977 - www.persee.fr).

Triangulation

C'est vers la fin de l'été de 1822 que se sont réunis à Chambéry des Commissaires Français et Italiens, chargés par leurs gouvernemens respectifs de compléter, par des opérations astronomiques, la liaison des grandes triangulations de France et d'Italie, pendant que des Ingénieurs Piémontais et Autrichiens en exécutoient, chacun de leur côté, la jonction géodésique, à travers les montagnes de la Savoie. [...]

Il fut arrêté : 2.° Que MM. Brousseaud et Nicollet se rendroient sur une montagne d'Auvergne appelée le Puy d'Isson, près d'Issoire, l'une des stations de la triangulation Française, et y observeroient, conjointement avec M. Carlini au Colombier, des signaux de feu, du même genre que les premiers, donnés sur la montagne de Pierre sur Autre, près du Mont-Brison en Forez (Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, Tome 2, 1823 - books.google.fr).

Montmartre et Usson

Marguerite de Navarre, la reine en titre, s'était retirée à Usson en Auvergne, après l'affront public que lui fit son frère Henri III qui lui reprochait ses débauches (Roger Picard, Femmes célèbres du Centre Val de Loire, 1995 - www.google.fr/books/edition).

Pendant le blocus de Paris, en 1590, comme il logeait avec ses officiers dans l'abbaye de Montmartre, Henri IV avait eu occasion de remarquer une jolie novice, fille du comte de Saint-Aignan et de Marie Babou de la Bourdaisière; il n'eut pas de peine à l'apprivoiser, tout en se divertissant avec les autres religieuses ; et quand il leva le siège, il emmena sans façon la jeune Marie de Beauvilliers, qu'il promena quelque temps avec lui, de ville en ville, sans qu'elle eût quitté le costume monastique; puis, cette fantaisie passée, il renvoya la nonnain dans son couvent, où il continua encore à la voir de temps à autre, lorsqu'il l'eut fait élire abbesse de Montmartre. «Le roy, dit-on, se trouva si bien avec l'abbesse, qu'autant de fois qu'il parloit de ce couvent, il l'appeloit son monastère et disoit qu'il y avoit esté religieux.» (Antiq. de Paris, par Sauval, t. I, p. 154.) (P. L. Jacob, Histoire de la prostituion chez tous les peuples du monde depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, Tome 6, 1861 - books.google.fr).

Jacob semble confondre Marie avec sa sœur Claude (fr.wikipedia.org - Marie de Beauvilliers).

La Ferté Hubert

Robine de St-Brisson, veuve sans postérité de son cousin et 1er mari Pierre II Gauluet de Mornay (mort en 1423, sénéchal de Carcassonne, sire de La Ferté-Nabert, petit-neveu du chancelier Pierre), porte La Ferté-Hubert à son 2° époux Robert d'Estouteville du Bouchet de Thoury : leur fille Alix/Alison d'Estouteville, dame de Thoury et de La Ferté-St-Hubert, marie en 1417 Jean III Bourles de Beauvilliers. La Ferté-Hubert, désormais aux mains des Beauvilliers, prendra ensuite le nom de Saint-Aignan, car cette dernière famille obtiendra la baronnie de St-Aignan par le mariage en 1496 de Méry de Beauvilliers dans l'illustre maison qui détenait ce fief, les Husson-Tonnerre, puis accédera au titre de comte en 1537 et de duc de St-Aignan en 1663.

Marie de Beauvilliers (1574-1657), née à La Ferté, abbesse réformatrice de l'abbaye de Montmartre, nommée par le roi Henri IV, y est morte et inhumée.

Le chanteur Michel Delpech (1946-2016), qui a passé son enfance au village où vivait une bonne partie de sa famille et où ses parents ont vécu une partie de leur retraite. Ses souvenirs solognots lui ont inspiré deux «tubes», Le Loir-et-Cher (1977) mais aussi Le Chasseur (1974).

La Ferté-Saint-Cyr est à 8 km à l'est de Saint-Laurent-Nouan (fr.wikipedia.org - La Ferté-Saint-Cyr).

La Ferté et Usson

Montferrand abrite à partir de 1425, et jusqu’en 1556, un bailliage particulier comme il en existe quelques autres autour ou dans les dernières grandes principautés non encore rattachées au Domaine royal. Il y a par exemple Saint-Pierre-le-Moûtier au nord du duché de Bourbonnais (avec sa lieutenance de Cusset), et Mâcon au sud du duché de Bourgogne. Ces bailliages sont d’abord des sièges de justice royale avant d’être également des bastions politiques du pouvoir royal qui empiètent sur les prérogatives des derniers grands féodaux.

En 1425 donc, après neuf ans d’incertitude, l’Auvergne est intégrée à l’apanage bourbonnais, hormis la ville de Montferrand. Le roi argue en effet des privilèges de la ville accordés par Louis VIII en 1225 pour la distraire du reste de la province.

Quand meurt Hervé du Mesnil, premier bailli resté en fonction 30 ans, tout le Dauphiné d'Auvergne est passé sous la tutelle du bailliage royal de Montferrand, ou de sa lieutenance d’Usson.

La lieutenance d’Usson est directement exercée par le bailli de Montferrand qui cumule ainsi les deux fonctions (Josiane Teyssot, La justice royale de Montferrand (1425-1455). Mise en place, organisation, fonctionnement,  - journals.openedition.org).

Le bailli de Montferrand eut un lieutenant à Usson, comme celui de Saint Pierre-le-Moutier en avait un à Cusset (Emile Massé, La coutume d'Auvergne, son origine, ses sources, son commentaire, 1913 - www.google.fr/books/edition).

En 1465, Louis XI avait donné la seigneurie d'Usson à Louis, bâtard de Bourbon, amiral de France à l'occasion de son mariage avec Jeanne, fille naturelle du roi. Cette donation avait rencontré à l'époque l'opposition du Parlement et de la Chambre des Comptes. A la mort de Louis de Bourbon, survenue en 1492, sa veuve essaya de se maintenir à Usson ; mais les cours souveraines estimaient au contraire que la seigneurie devait être réunie au domaine, car le don avait été fait à Louis de Bourbon et non à sa femme. Usson était une position stratégique essentielle : «la clé du pays d'Auvergne» et le roi ne pouvait pas l'abandonner. Pourtant, Charles VIII accorda à sa demi-sœur l'usufruit d'Usson pour une période de six ans qui fut prolongée ensuite d'une égale durée. La dame toucherait les revenus par la main du receveur de Montferrand ; mais la justice serait exercée par les officiers royaux, en l'occurrence ceux du bailliage de Montferrand.

Par l'édit de la Ferté-Hubert du mois de novembre 1466, le roi enleva à Cusset le siège des exempts d'Auvergne pour l'établir à Montferrand. A partir du 15 février 1467 le bailli de Saint-Pierre-le-Moûtier n'avait n'avait plus à connaître d'aucune cause touchant les exempts. Le châtelain de Montferrand, Jean Polard, fut chargé d'exécuter l'édit. [...] Le 21 juin 1475, le Parlement décida d'enregistrer enfin l'édit de la Ferté-Hubert de novembre 1466 et, provisoirement au moins, la question des exempts d'Auvergne se trouva réglée au profit de Montferrand (André Bossuat, Le bailliage royal de Montferrand (1425-1556), 1957 - www.google.fr/books/edition).

Clé de saint Hubert

Bien entendu, on pense à Saint-Pierre et aux clefs du paradis. Attention cependant, Saint Pierre n'a aucun rôle à jouer dans la chasse (Source : Q/R 49 du 1997-04-14). L'équivalent païen est Janus, le dieu romain gardant les clefs de la ville de Rome. Dans la veine hagiographique, il y a aussi Saint Hubert, qui guérit les personnes atteintes de la rage grâce à une clef (piblo29.free.fr).

La clef de Saint-Hubert, conservée d'abord à la collégiale Saint-Pierre de Liège puis à la collégiale Sainte-Croix, est un des objets les plus précieux de la Cité mosane. Cette clef, de grande taille, est en général associée à saint Hubert, évêque de Liège de 706 à 727, qui l'aurait reçue des mains du pape Grégoire II lors de son voyage à Rome. La poignée de la clef contient une limaille des chaînes de saint Pierre. La légende fut amplifiée dans les forêts des Ardennes. Tandis que saint Hubert célébrait la messe à Rome, saint Pierre lui serait apparu et lui aurait remis une clef d'or «comme signe de son pouvoir de lier et de délier, ainsi que de guérir les fous et les furieux» (fr.wikipedia.org - Clef de Saint-Hubert).

Une perche pour "perché"

Les navires d'Homère ne sont pas construits en prévision d'une bataille navale ; on ne soupçonne pas encore qu'on puisse combattre ailleurs que sur la terre ferme; et cette idée restera encore bien longtemps avant de se faire jour, puisque Thucydide (1, 12) nous apprend que le plus ancien combat naval eut lieu entre les Corinthiens et les Corcyréens, 260 ans avant la fin de la guerre du Péloponnèse, c'est-à-dire 664 avant J.-C.

M. Jal, dans un mémoire intitulé le «Xuston naumachon» d'Homère, considère l'objet désigné par Homère (II., 15, 677) comme arme dont on se servait à l'abordage. Tous les commentateurs au contraire le considèrent comme une perche servant à faire avancer le navire; Clark et Ernesti le traduisent par le mot latin «contus» (Eugène Collilieux, La couleur locale dans l'Énéide, 1880 - www.google.fr/books/edition).

Un contus désignait une longue et forte perche armée de fer dont on se servait pour pousser un bateau contre le courant, au lieu de rames. Le terme contus désignait également une perche servant à sonder les profondeurs de l'eau, ou à tenir le vaisseau éloigné des rochers ou du rivage. Chaque trirème avait trois perches de différentes hauteurs (1001antiquites.net).

Si on bascule l'axe méridien d'Issoire de 30° sur la droite symétriquement à l'axe Issoire - Mer, il croise l'axe Roncevaux - Bellegarde-en-Marche dans le secteur du Fort du Chanot (fortiffsere.fr).

Issoire - Fort du Chanot est orthogonal à Cherbourg - Chartres.

Au nord du "N" du visuel de l'énigme 420 plaqué sur la carte 721. Ce "N" désignerait Chamage, patrie de Claude Le Lorrain (Claude gellée) peintre du XVIIe siècle qui est l'auteur du tableau Chryséïs rendue à son père.

Le sujet est emprunté au livre I de l'Iliade, et l'image évoque immédiatement la phrase adressée par Agamemnon à Achille : «maintenant, lançons un bateau noir sur la mer étincelante» (141-43). Claude exécuta le tableau pour Roger du Plessis de Liancourt vers 1644 et fournit un pendant en 1648, le Paysage avec Pâris et Oenone (Lv 117 ; Paris, Louvre, INV. 4724), sujet inspiré lui aussi d'Homère (Claude Gellee dit Le Lorrain, 1600-1682, 1983 - www.google.fr/books/edition, fr.wikipedia.org - Chryséis).

Bellegarde en Marche, l’œil du visuel de l’énigme 530, est célèbre pour ses tapisseries, comme Aubusson et Felletin dans la même région.

Les tapisseries, remarquables comme style, qui existent aujourd’hui dans une des salles du tribunal, à Issoire, et dont nous avons formé six planches, appartenaient originairement à la famille de Besse, résidant à Aulhac ; c’est ce qui explique pourquoi nous leur avons donné ce dernier titre. Enlevées à leurs possesseurs lors de la révolution, elles furent transportées par le peuple à Issoire, et déposées dans une des salles du palais de justice. Le peu de soin qu’on a pris depuis cette époque pour leur conservation est cause qu’elles sont à cette heure fort détériorées. On ne s’est pas, en effet, servi d’elles seulement pour décorer les murailles, mais encore, dans l’occasion, pour préserver le parquet. Ces belles tentures ont donc fait souvent l’office de tapis de pied.

Les tapisseries d'Aulhac, à en juger par les chaussures à la poulaine, les armures, les panaches, les vêtemens, sont du quinzième siècle, et plutôt de la seconde moitié que de la première. Il est sincèrement a regretter qu’on n'ait pas conservé intacte leur collection, et que ce qui en reste soit horriblement endommagé ; car un examen attentif de ces monumens eut pu fournir une multitude de remarques toutes fort intéressantes (Achille Jubinal (1810-1875), Victor Sansonetti, Les anciennes tapisseries historiees, : ou, Collection des monumens les plus remarquables, de ce genre, qui nous soient restees du moyen-age, a partir du XIe siecle au XVIe inclusivement, Tome II, 1838  - archive.org).

On ne trouve pas Chryséïs dans cet ouvrage.

Alignement

Ici la "nef" n'est pas le "navire" mais liés ensemble par alignement (piblo29.free.fr).

La nef encalminée, qui serait à Chartres ou près de là, est presque alignée avec Bourges et Issoire. Ainsi qu’avec Veulettes, Orléans, Dreux, Evreux etc. Bourges sert à viser (viseur) Chartres depuis Issoire, comme Carignan depuis Roncevaux. Montmartre (Paris) sert à viser Saint Amand les Eaux depuis Roncevaux. Cf. énigme 560.

 

 

Carte

La pointe gauche en bas recouvre Nasbinals. C'est la zone des eaux d'où sort la main à la clé.

Pour les eaux, Nasbinals est bien doté.

Au Nord de La Canourgue et de Saint-Germain du Teil et au Sud de Nasbinals, du Col de Bonnecombe jusqu’au village de Nasbinals, vous pourrez emprunter l'une des plus belles routes de Lozère : la "Route des Lacs" aussi appelé "Route d’Argent", en référence aux reflets argentés de l'eau. Cette route exceptionnelle s'étend sur 17 kilomètres. Vous y découvrirez quatre lacs - Le Lac des Salhiens, le Lac de Souveyrols, celui de Saint-Andéol, et celui de Born - d'origine glaciaire, culminant à plus de 1000 mètres d’altitude. A la fin de cette route, vous apparaitra la sublime Cascade du Déroc, où une impressionnante chute d'eau de 30 mètres cache une grotte formée d'orgues basaltique (www.aubrac-gorgesdutarn.com).

Le nom languedocien, "Las Binals" signifierait "champs de navets" (fr.wikipedia.org - Nasbinals).

Le lac de Saint-Andéol est un des nombreux lacs de l'Aubrac, situé sur la commune de Marchastel au nord-ouest du département français de la Lozère, non loin de la limite communale avec Nasbinals. Grégoire de Tours évoque dans De gloria confessorum, l'existence d'un culte des eaux non loin d'un lac dans le sud du Massif central, associé à un pèlerinage annuel. La nature des offrandes (fromages, toisons de laine, pain, gâteaux de cire) évoque un culte lié à une population pastorale. Grégoire explique comment Ilère de Mende lutte en vain contre ces pratiques : «un prêtre, ayant reçu l'épiscopat, vint du chef-lieu (urbe ipsa) à cet endroit». Ilère aurait en définitive réussi à faire cesser ces pratiques en établissant une église, en l'honneur de saint Hilaire de Poitiers, transformant le rite païen en culte chrétien. Cette église, qui n'a pas laissé de vestiges, n'est pas précisément localisée ; Grégoire de Tours indique simplement qu'elle est construite loin de la rive de l'étang (eminus ab ora stagni) (fr.wikipedia.org - Lac de Saint-Andéol).

Le baquet a toujours tenu le premier rang parmi les différens corps dont on s'est servi pour accumuler le fluide magnétique, faciliter et augmenter son action, ou pour remplacer le magnétiseur ; c'est avec lui que Mesmer a commencé ses expériences; il en faisait son agent principal ; il lui dut sa réputation; car c'est autour du célèbre baquet que s'opérèrent les nombreuses guérisons qui mirent en émoi toute la capitale; elles furent le commencement de cette lutte, presque sans exemple, dans laquelle l'incrédulité a usé toutes ses armes, d'où elle se retire aujourd'hui vaincue par l'évidence des faits et l'autorité des hauts témoignages acquis à la cause du magnétisme. [...]

Le baquet ou réservoir magnétique se compose d'une caisse de deux à trois pieds de haut et de deux pieds de diamètre; on remplit cette caisse, en suivant un certain ordre, avec des bouteilles d'eau magnétisée, du sable, de la limaille de fer et du verre pile; le tout est baigné dans de l'eau magnétisée qu'on jette par-dessus. Une tige en fer, ayant sa base au fond de la caisse et reposant sur du verre, s'élève à environ deux pieds au-dessus du couvercle; celui-ci est perforé d'autant de trous qu'on veut admettre de malades autour du baquet. Différens fils de fer, adaptés à la tige principale, sont en contact avec tous les matériaux à l'intérieur de la caisse ; enfin, à chacun des trous du couvercle, on pose hermétiquement des tiges également en fer; elles sont courbées et mobiles; elles communiquent en outre au conducteur central par des cordons en fil ou en laine, dont les malades se ceignent ordinairement pendant chaque séance. Avant de placer tout cet appareil, on le magnétise, d'abord partiellement, puis entièrement lorsque tout est disposé pour y recevoir des malades. De temps à autre, le magnétiseur est obligé de renouveler ces magnétisations pour renforcer l'action du baquet. Lorsque les malades sont placés en ordre et sont ceints des cordons en laine dont il a été parlé, le praticien tient d'une main la tige principale, et de l'autre il dirige sur chaque malade en particulier, et successivement, l'action magnétique ; les passes se font ordinairement en suivant le cordon que les magnétisés ont autour du corps (Ferdinand Barreau, Le Magnétisme humain en cour de Rome et en cour de cassation, sous le rapport religieux, moral et scientifique, 1845 - books.google.fr).

Pierre Brioude, dit Pierrounet, né le 6 décembre (Saint Nicolas : cf. énigme 420) 1832 et mort en 1907. Rebouteux (c'est-à-dire guérisseur) qui contribua à la renommée nationale et même internationale de Nasbinals. Après avoir développé son talent et sa connaissance des corps auprès des animaux, il s'essaye sur ses semblables et ses succès impressionnent ses contemporains puisque des malades du monde entier viennent le consulter. Une statue en bronze et pierre, oeuvre du sculpteur millavois Joseph Malet, est érigée en son honneur en 1909 près de l'église. Elle se trouve actuellement place du Foirail (fr.wikipedia.org - Nasbinals).

Savants, attendez et cherchez ; le magnétisme, croyez-moi, en pourra dire plus long que vous, et il tient en main la clef du problème qui affranchira l'homme des obstacles présents (J. A. Gentil, Magnétisme-somnambulisme, Manuel élémentaire de l'aspirant magnétiseur, 1853 - books.google.fr).

Pierrounet est plus manipulateur (rhabilleur comme on dit dans la Lozère) que magnétiseur.

Basés sur la technique d’extension/contre-extension, les soins de Pierrounet nécessitent force et précision, mais aussi une mise en confiance dans laquelle le rebouteux excelle. Quant au doigté, Pierrounnet n’en manque pas, notamment dans ses deux pouces phénoménaux dont il se sert pour explorer les cavités osseuses. [...] Le syndicat départemental des médecins le fait condamner en 1905 pour «exercice illégal de la médecine» par le tribunal de Marvejols contre l’avis d’une foule entièrement acquise à Pierrounet. Une condamnation sans effet : soutenu par les Lozériens, le rebouteux n’interrompt pas ce qu’il considère comme une mission quasiment sacrée. Il est vrai que le petit Pierre aurait directement reçu son don du Ciel en remerciement de la réparation qu’il fit, enfant, d’une croix hosannière cassée par des bergers (Fergus, Pierrounet, rebouteux de l’Aubrac, 2010 - www.agoravox.fr).

La clé de saint Pierre, même si dans un madit il n’a rien à faire ici.