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Cordelettes
Les conclusions du rapport Rochas-David en 1985 identifient la ficelle utilisée pour ligoter les poignets et les pieds de Grégory, comme étant une cordelette de type toronnée ou une ficelle d'emballage à usage agricole/industriel.
Les expertises de 1985 (David & Rochas) ne donnent pas un diamètre "commercial" comme 4 mm ou 6 mm, mais elles décrivent : une cordelette toronnée, 3 torons à 4 brins, de faible diamètre.
Le rapport Rochas-David (1985) dit que la matière de la cordelette est du coton (Mémoire de la défense dans l’intérêt de Christine VILLEMIN pour la dernière audience devant la Chambre d’Accusation de Dijon en Septembre 1992 (4 mois avant le non lieu en sa faveur le 3 février 1993) - groups.google.com).
Certains joueurs de hockey insèrent une fine corde ou font tourner du ruban adhésif.

Hockey
Épinal possède un club majeur de hockey qui prend le nom de Dauphins d’Épinal en 1997 sous la présidence de Claude Maurice, une patinoire très active, des équipes amateurs, des équipes juniors, des entraîneurs bénévoles, des familles entières impliquées dans le hockey.
L'équipe fondé en 1906 a connu plusieurs dénominations successives avec Sports d’hiver spinalien (SHS), les Écureuils, les Renards, les Dauphins et le Gamyo avant de prendre le nom de l'Épinal Hockey Club et enfin le surnom des Wildcats en 2022 (fr.wikipedia.org - Epinal Hockey Club).
Anthony Maurice (né le 19 février 1979 à Épinal), fils de Claude Maurice, est un joueur professionnel de hockey sur glace. Prenant sa retraite en 2007 pour se consacrer à une reconversion au sein du club, il devient manager général du club de hockey français des Gamyo Épinal, équipe qui évolue depuis 2004 dans l'élite française (fr.wikipedia.org - Anthony Maurice).
Grégory Villemin est né le 24 août 1980 à Saint-Dié-des-Vosges. Il est décédé le 16 octobre 1984 à l'âge de quatre ans (fr.wikipedia.org - Affaire Grégory).
Grenoble en Dauphiné, quaranta1.chez-alice.fr - grenoble
Les férus de glisse se retrouve alors chaque hiver, dès que le froid a fini de geler les eaux de l’étang de Poissompré. Petit à petit, le petit étang devient le lieu incontournable des longs hivers au sein de la Cité des Images. C’est en 1968 que la première équipe de hockey sur glace spinalienne officielle est lancée dans le championnat de la Ligue de l’Est, sous l’impulsion de Lucien Grandclaude et de Jean Monvoisin. L’année suivante, Jean-Paul Hennet, joueur de première division débarque dans la préfecture vosgiennes et structure le club, bien aidé par l’arrivée le plan «100 patinoires», lancé à l’occasion des Jeux Olympiques de Grenoble et qui a pour but de favoriser la pratique des sports de glace sur le territoire français. Celui-ci fait pousser les structures artificielles partout en France, y compris à Épinal. Du coup, il fallut attendre jusqu’au 3 décembre 1970, pour que les portes d’une patinoire artificielle, bâtie sur l’étang asséché de Poissompré, soient enfin ouvertes aux patineurs spinaliens. C’est ainsi que l’étang aux eaux riches en poissons devient patinoire le 20 décembre 1970, jour de l’inauguration du bâtiment. Durant les années 1970, Épinal s’impose comme un haut lieu du hockey dans le Grand Est avec plus de 350 licenciés et de nombreux jeunes joueurs prometteurs, formés par Jean-Paul Hennet. Parmi eux, les premières vedettes de Poissompré: Denis Claudé, Jean-François et Eric Bardy, Patrick Adin et le premier étranger à porter la tunique verte, le canadien Brad Neville. Il faut attendre 1979 pour voir Épinal remporter son premier titre national : le championnat de France de Nationale C, ce qui lui assure d'être promu en Nationale B. Le président Pierre Aubert décide à ce moment là de donner un élan supplémentaire à son club en s’attachant les services de Pete Laliberté, sélectionneur de l’Équipe de France, grand artisan du développement du hockey sur glace à Grenoble et considéré comme la père spirituel du hockey français d’après-guerre. Sous sa houlette et avec l’apport du lutin canadien Normand Pépin l’équipe accède pour la première fois à l’Élite du hockey sur glace français en 1982. Peu de gens se souviennent de l’énorme impact local puisque lors de la saison 1982-1983, les hockeyeurs d’Épinal jouèrent donc pour la première fois en Ligue Magnus (ex-Nationale A). Ils eurent ainsi l’honneur d’affronter les plus grands clubs français de l’époque comme Gap, Lyon, Grenoble, Megève, Tours, Villard-de-Lans, Amiens, Viry-Châtillon. La première saison en Élite du club lorrain se révèle prometteuse avec une 9ème place finale, loupant de peu l’accession aux play-offs réservés aux huit premiers. Malheureusement, le club d’Épinal fut victime de sa première crise de croissance majeure et il eut le malheur d’être, en 1984, le premier club d’une longue série à déposer le bilan. Tout est alors à refaire dans la Cité des Images. Le club repart de tout en bas, la Nationale C, avec un nouveau nom : l’ARSGE (Association pour le Renouveau des Sports de Glace à Epinal). Le tout premier match de l'ARSGE en championnat a lieu le 13 octobre 1984. Épinal s'impose à l'extérieur contre l'entente Metz-Amnéville sur le score de 4 buts à 2. Plusieurs joueurs restent au club, ce qui permet à l’équipe de performer rapidement. Cependant, les dirigeants préfèrent être prudents et refusent de participer à la finale nationale dès la première saison. L’histoire se répète la saison suivante mais cette fois, l’équipe ira bien disputer les play-offs et terminera la saison championne de France de Nationale C, s’imposant en finale contre Morzine les 19 et 26 avril 1986 (abargenteuil.fr, www.hockeyarchives.info - 1985, www.hockeyarchives.info - 1986).
Le 3 février 1993, Christine Villemin bénéficie d'un non-lieu, décision prise par la cour d'appel de Dijon, qui «dit et juge qu'en l'état il n'y a pas de charges contre elle d'avoir assassiné son fils». En novembre 1993, Jean-Marie Villemin est jugé à Dijon, où l'affaire a été dépaysée, pour l'assassinat de Bernard Laroche. Après six semaines d'audience, il est condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis. Cette peine apparaît particulièrement légère au regard de la peine maximale encourue pour un assassinat (la réclusion criminelle à perpétuité). La peine prononcée étant couverte par la détention préventive, il est libéré deux semaines après l’annonce du verdict. Les parents de Grégory demandent, le 25 novembre 1999, par l'intermédiaire de leur avocat Me Thierry Moser, la réouverture de l'enquête afin de procéder à des analyses ADN. Le 2 décembre, Me Paul Lombard, défenseur des grands-parents paternels de l'enfant, s'associe à cette démarche (fr.wikipedia.org - Affaire Grégory).
Dauphin
Dans les mythes grecs, romains, médiévaux, les dauphins sont des guides des âmes (psychopompes aquatiques) L’animal sauve des êtres humains tombés à l’eau, comme le poète Arion.
Le nom de Dauphin sert à désigner le fils aîné du roi de France, l’enfant héritier.
Grégory est l’héritier, premier fils né, enfant "central" dans les tensions familiales. L’eau est un lieu où des enfants prédestinés sont exposés (Moïse, Romulus, etc.). Un enfant retrouvé dans une rivière est une figure archaïque du petit héritier sacrifié.
A Foncine le Haut à mi-chemin entre Epinal et Grenoble où d'autres affaires enfantines ont eu lieu, une légende jurassienne rapportée au XIXe raconte l'apparition d'un cheval blanc surnaturel, surgissant près des sources et cascades, associé à des enfants perdus, des noyades, des sauvetages, des passages vers l’autre monde.
Il est apparenté Pégase. Né du sang de Méduse, au bord de la mer, sous la protection de Poséidon, dieu des eaux, Pégase est un cheval psychopompe : il transporte les héros, les enfants, les âmes.
Arion est aussi un cheval né de Poséidon, dieu des mers. Il est semi-divin, rapide, protecteur.
Une affaire sans fin
L'affaire Grégory - ou affaire de l'assassinat du petit Grégory - est une affaire criminelle française qui débute le 16 octobre 1984 lorsque Christine Villemin signale la disparition de Grégory Villemin, son fils de quatre ans, du domicile familial situé à Lépanges-sur-Vologne. Le même jour, le corps sans vie de Grégory est retrouvé à près de 7 kilomètres de là dans les eaux glaciales de la Vologne, une rivière des Vosges; l'enfant a les pieds, les mains et la tête liés. Ce cas est considéré comme exceptionnel dans l'histoire judiciaire française par sa longévité (en 2017, l'identité des ravisseurs et des assassins de Grégory n'est pas encore connue de façon certaine), son contexte (fortes tensions entre le père de Grégory et sa famille, harcèlement de «corbeaux» annonçant puis revendiquant le crime) et le profil de la victime, un petit garçon décrit comme heureux et épanoui et dont le meurtre apparaît comme d'autant plus sordide qu'il semble avoir été commis au sein de sa propre famille. En raison de la grande médiatisation qu'elle lui a accordée, une grande partie de la presse sera critiquée pour son traitement feuilletonnesque, voire hystérique des avancées de l'enquête, et son intrusion dans la vie privée des Villemin et de leurs proches. En plus de trente ans, l'affaire a connu de nombreux rebondissements, la plupart des protagonistes étant toujours en vie aujourd'hui. Ainsi, en mars 1985, Jean-Marie Villemin tue son cousin Bernard Laroche, principal suspect de l'enlèvement de son fils. Par la suite, les soupçons se portent arbitrairement sur sa femme Christine, qui ne sera totalement innocentée qu'en 1993. En juin 2017, l'enquête recommence avec les mises en examen de plusieurs membres de la famille, les enquêteurs s'attardant notamment sur Marcel Jacob et Murielle Bolle, proches de Laroche. À la suite de cette réouverture, le premier juge d'instruction en charge de l'affaire, Jean-Michel Lambert, très critiqué pour sa gestion passée du dossier, choisit de se donner la mort en juillet 2017 (Guy Deloeuvre, Tu n'es jamais revenu, 2018 - books.google.fr).
Sur l'Isthme de Corinthe, à l'intérieur du péribole de Poséidon, se situait un lieu de culte qui était à l'origine un adyton avec un gouffre jouant le rôle de réceptacle pour les enagismata. On y honorait, sous le nom de Palaimon, - le changement de nom est typique des rites de passage -, Mélicerte que sa mère Ino avait entraîné dans son plongeon suicidaire dans la mer, elle qui avait élevé l'enfant Dionysos. Pausanias a vu Palaimon représenté sur son dauphin, - l'animal ayant amené sur la rive de l'Isthme le corps mort de l'enfant, selon la coutume de respect du défunt typique chez les dauphins -, accompagné du Souverain des mers et de son épouse, à l'intérieur du temple de Poséidon. Ces deux lieux de culte, sur lesquels on reviendra, montrent bien le rôle exemplaire du dauphin dans la symbolisation du passage de la vie à la mort et dans celle du salut. Or, ceci nous conduit aux rites de passage de "l'initiation tribale". En effet, le passage de l'adolescence à l'état adulte est souvent dramatisé comme une mort à l'enfance et une renaissance dans l'âge adulte. Le dauphin est donc bien pour le koûros Apollon qui devient l'anêr de la Suite pythique un déguisement de choix qui établit un lien profond entre Poséidon et Apollon d'une part, Poséidon et Artémis Delphinia d'autre part (Sylvie, Vilatte, Apollon-le dauphin et Poséidon l'Ébranleur : structure familiale et souveraineté chez les Olympiens. À propos du sanctuaire de Delphes. In: Mélanges Pierre Lévêque, 1988 - www.persee.fr).
Sisyphe frère d'Athamas fonda les Jeux isthmiques en l'honneur de Mélicerte son neveu dont il avait trouvé le corps gisant sur l'isthme de Corinthe. Dans la mythologie grecque, Sisyphe, fils d'Énarété et d'Éole fils d'Hellen, est le fondateur mythique de Corinthe. Certains textes de l'Antiquité le nomment «Sesephos». Il est surtout connu pour son châtiment, consistant à pousser une pierre au sommet d'une montagne, d'où elle finit toujours par retomber (fr.wikipedia.org - Sisyphe).
Pour les Grecs anciens, ce mythe rappelait aux mortels qu'une rébellion contre les dieux et leur implacable justice était une pure folie (Sisyphe dans la mythologie grecque - people.wku.edu).
zazimuth, Jean d'Ormesson, Rue des Archives Tallander in Télérama n°3544 du 13 déc 2017
La justice est un rêve, une séduction, un mirage, une illusion. Vouloir l'imposer du dehors et avec violence est une ambition infinie et vaine. Mais renoncer à la justice sous prétexte d'impuissance à la faire triompher et jeter l'enfant avec l'eau du bain, c'est ouvrir la voie au désespoir et à la barbarie. Nous sommes des êtres imparfaits. Il nous faut, vaille que vaille, courir après l'impossible et chérir l'utopie. La tâche de Sisyphe est de pousser son rocher (Jean d'Ormesson, Guide des égarés, 2016, p. 86) (Polomarco, Jean d'Ormesson, 2019 - www.babelio.com).
Mélicerte n'était pas l'aîné.
Dionysos, encore enfant, fut confié par Hermès à Ino, mère de Mélicerte, afin d'être soustrait à la jalousie d'Héra. Elle l'éleva ainsi pendant plusieurs années. Mais la colérique Héra, réputée pour sa rancune tenace, frappa de folie Ino et son mari Athamas. Ainsi, Athamas, prenant son fils Léarque pour un cerf, le pourchassa et le tua. Pour lui échapper, Ino se précipita, quant à elle, dans la mer avec Mélicerte, entre Mégare et Corinthe (fr.wikipedia.org - Mélicerte).
Christine Villemin devient la cible des avocats de Bernard Laroche qui lui cherchent un amant ou lui reprochent un avortement de jeunesse, mais elle rend coup pour coup, rouge de colère et les yeux embués de larmes. Ainsi, elle ose reprocher à Me Prompt ses violations du secret de l'instruction devant les caméras, quatre jours avant le meurtre de Laroche : «C'est ça qui a fait craquer Jean-Marie», lance la mère de Grégory (Patricia Tourancheau, Grégory - La machination familiale, 2018 - books.google.fr).
Jean-Antoine Villemin et l'enclos Saint Laurent
Jean-Antoine Villemin, né à Prey dans les Vosges le 25 janvier 1827 et mort à Paris le 6 octobre 1892, est un médecin militaire, hygiéniste et épidémiologiste français, connu pour avoir démontré en 1865 que la tuberculose était une maladie contagieuse. Prey est une petite commune rurale située dans la vallée de la Vologne, à mi-chemin entre Bruyères et Docelles, et au Nord de Lépanges-sur-Vologne.
Un hôpital militaire parisien, situé près de la gare de l'Est et aujourd'hui désaffecté, a porté son nom. Le jardin de l'hôpital, désormais jardin public porte le nom de jardin Villemin. Une rue d'Épinal porte son nom (fr.wikipedia.org - Jean-Antoine Villemin).
Créé en 1977 à l'emplacement de l'ancien hôpital militaire Villemin qui fut fermé en 1968, il tient son nom du médecin Jean-Antoine Villemin, connu pour avoir démontré en 1865 que la tuberculose était une maladie contagieuse.
Les Récollets, issus à la fin du XVe siècle d'une réforme de l'ordre des Franciscains, s'appelaient initialement «Frères mineurs de l'étroite observance de saint François». Ils obtiennent d'Henri IV, le 6 janvier 1604, la permission d'installer un monastère sur un terrain qui leur est donné, à deux pas de l'église Saint-Laurent, par Jacques Cottard, tapissier de son état. Après avoir construit une petite église, ils l'agrandissent dans un premier temps. La première pierre de leur couvent ainsi que d'une plus grande église est posée par Marie de Médicis le 30 août 1614. La bibliothèque du couvent était très réputée.
Fermé en 1790, le couvent est transformé en 1802 en hospice des Incurables-Hommes. Puis, en 1861, après le transfert de ses pensionnaires à l'hospice des Incurables d'Ivry, il devient l'hôpital militaire Saint-Martin. En 1861, un hôpital est installé dans l'ancien couvent des Récollets de Paris, près des gares de l'Est et du Nord : l'objectif est de permettre aux blessés revenant du front d'être immédiatement pris en charge et soignés. La porte d'entrée monumentale de cet hôpital est aujourd'hui encore visible au 8, rue des Récollets. Il prend en 1913 le nom de Jean-Antoine Villemin.
Avant la construction du jardin, l'emplacement avait été réservé pour la construction d'un échangeur entre deux autoroutes dans le cadre du plan autoroutier pour Paris. Le jardin ne doit donc son existence qu'à l'abandon de ce projet. La vétusté de ses équipements entraîne sa fermeture définitive en 1968. Par la suite, le site fut longtemps menacé de destruction avant d'être protégé et classé.
Il est agrandi à quatre reprises en 1980 (au nord), en 1986 (à l'est), en 2000 (doublement de la superficie) et en 2007 (au sud, 1 870 m2) (fr.wikipedia.org - Jardin Villemin - Mahsa Jéna Amini, fr.wikipedia.org - Couvent des Récollets de Paris).


La fontaine du jardin Villemin est une fontaine publique en fonte de fer, réalisée dans un style néo-baroque. Originellement installée rue du Faubourg-Saint-Martin en 1846, elle fut commandée grâce à une souscription des habitants souhaitant des points d’eau. Ce modèle, précurseur des fontaines Wallace, se distingue par ses deux tritons soutenant une vasque ornée d’un enfant et de dauphins, reposant sur un socle aux armes de Paris.
Sculptée par Marie Auguste Martin (ou André Martin selon les sources) et fondue aux fonderies du Val d’Osne, cette fontaine fut démontée en 1876 lors du réaménagement de la rue. Elle fut réinstallée dans les années 1970 dans le jardin de l’ancien hôpital militaire Villemin, lui-même établi dans les bâtiments d’un couvent des Récollets. Ce jardin devint un espace public en 1977, et la fontaine, propriété de la Ville de Paris, fut inscrite aux monuments historiques en 1970.
Ce modèle fut produit en série, avec des exemplaires similaires conservés à Orléans, Rio de Janeiro et Porto. La fontaine du jardin Villemin est le seul vestige des quinze fontaines initialement érigées dans le faubourg Saint-Martin sous le préfectorat de Rambuteau. Son iconographie, mêlant mascarons chimériques et motifs marins, reflète l’esthétique éclectique du XIXe siècle.
Les mascarons, représentant des créatures hybrides entre félins et végétaux, distribuent l’eau via un bouton d’appel. Une tortue gravée porte les signatures du sculpteur et de la fonderie. Ce détail, associé à la structure en îlot isolé, en fait un témoignage rare des premières fontaines en fonte à Paris, marquant une transition vers les équipements urbains modernes. (museedupatrimoine.fr).
L'enclos Saint Laurent et le théâtre
L'église Saint-Laurent est une église du 10e arrondissement de Paris située dans l'ancien enclos Saint-Laurent, 119, rue du Faubourg-Saint-Martin, 68, boulevard de Strasbourg et 68, boulevard de Magenta (fr.wikipedia.org - Eglise Saint-Laurent de Paris).
L'enclos Saint-Laurent est le nom d'un emplacement sur lequel se tenait autrefois la foire Saint-Laurent, à Paris. Il était situé au nord de la rue Saint-Laurent, de la rue du Faubourg-Saint-Denis à la rue du Faubourg-Saint-Martin, entre l'église Saint-Laurent de Paris et l'actuelle gare de l'Est et dépendait alors de la maison Saint-Lazare. (Dès le XVIIe siècle, le théâtre de la foire se développe, à la foire Saint-Germain en hiver et à la foire Saint-Laurent en été, attirant des auteurs renommés - books.google.fr).
Loret nous apprend (Muze historique, lettre du 27 août 1663), qu'on voyait, à la foire Saint-Laurent, à côté des arlequins, des géants et des sauteurs ordinaires, d'agréables ballets et même de petites comédies. Dès 1661, le sieur Raisin, organiste de Troyes, y était venu montrer une épinette à trois claviers, dont l'un paraissait répéter tout seul les airs que l'on jouait sur les deux autres. Le roi, charmé et effrayé, voulut savoir le secret de ce prodige, qui s'accomplissait par le moyen du fils cadet de Raisin, caché dans l'intérieur de l'épinette. Non content de le combler de présents, Louis XIV accorda au père la permission de jouer la comédie, avec une troupe qui serait désignée sous le nom de troupe du Dauphin. Au jeu de l'épinette, Raisin joignait une sarabande exécutée par ses trois enfants, et la représentation à tour de rôle de deux petites pièces : Tricassin Rival et l'Andouille de Troyes. On sait que ce théâtre, après avoir eu un succès extraordinaire, fut fermé quelques années après, lorsque Molière obtint un ordre du roi pour enlever le jeune Baron à la veuve Raisin, qui, du reste, ne s'était pas maintenue à la foire (Victor Fournel, Les spectacles populaires et les artistes des rues, Tome 1, 1863 - books.google.fr).
Michel Baron
Michel Baron est le dernier des six enfants d'André Boyron (1600-1655), dit «Baron», et Jeanne Auzoult (1625-1662), dite «Mlle Baron» ou «la Baronne», comédiens de la Troupe du Marais, puis de celle de l'hôtel de Bourgogne.
Né à Paris le 7 ou le 8 octobre 1653, il perd son père à l'âge de deux ans, puis sa mère à l'âge de neuf ans. Ses tuteurs l'engagent alors pour cinq ans dans la troupe des petits comédiens du Dauphin, que dirige Marguerite Siret, dite «La Raisin». Au début de l'année 1666, cette troupe donne sur la scène du Palais-Royal une série de représentations dont le gazetier Charles Robinet rend compte dans sa Lettre en vers à Madame du 21 février, en soulignant la présence et le «charme [du] fils de la Baronne», alors qu'il n'a que douze ans à peine.

Michel Baron, Bert-Edward Young, Michel Baron, acteur et auteur dramatique, 1905 - ia601809.us.archive.org
Dans sa Vie de Monsieur de Molière, Grimarest raconte que Molière, ayant assisté à la dernière des représentations, aurait obtenu du roi l'autorisation d'enlever le jeune Baron de chez la Raisin et l'aurait installé chez lui à Paris. On ignore quelle place il aurait occupée dans la troupe pendant l'année 1666, mais les historiens du théâtre ont été pendant longtemps persuadés que c'est pour lui que Molière aurait écrit le rôle de Myrtil dans la pastorale de Mélicerte, créée au mois de décembre au château de Saint-Germain, dans le cadre du Ballet des Muses, et dont le rôle-titre aurait été tenu par Armande Béjart, femme de Molière. Myrtil est un enfant de douze ans d'une beauté si extraordinaire qu'elle ébranle même les cœurs des nymphes, mais il aime la bergère Mélicerte et est aimé en retour. Les relations entre Baron et « la Molière » s'étant aigries au fil des mois, celle-ci en serait venue à gifler le jeune garçon, lequel, blessé dans son honneur, aurait choisi de retourner parmi les comédiens du Dauphin.
Ce récit de Grimarest est contredit par les documents authentiques : outre que les recherches récentes ont montré que ce n'est pas Mélicerte qui a pu être jouée en décembre 1666 dans le Ballet des Muses, mais une «pièce comique» jouée à l'improvisade, les indications fournies par le Registre de La Grange (en particulier la liste des membres de la troupe qu'il donne à chaque nouvelle saison théâtrale) ignorent la présence de Baron dans la troupe de Molière avant 1670 et elles nous apprennent inversement que la troupe était restée inchangée en 1665 et en 1666 et comportait les mêmes 12 acteurs. La gratification royale concédée après le Ballet des Muses donné à Saint-Germain et au cours duquel Mélicerte aurait été représenté avec Baron dans le rôle de Myrtil (selon Grimarest), fut ainsi partagée tout à fait normalement en 12 parts, ce qui confirme l'absence de Baron. Autrement dit, le récit de Grimarest serait de nature apocryphe.
On ignore à quel moment précis Baron quitta la troupe des comédiens du Dauphin pour rejoindre celle, également itinérante, du duc de Savoie, où il côtoie les époux Beauval, qui seront ses camarades de scène pendant plus de vingt ans (fr.wikipedia.org - Michel Baron).
Plus d'un trait qu'il avance, celui, par exemple, de Molière lisant ses comédies à sa servante, se trouve confirmé par Boileau (Remarques sur Longin) ou par d'autres (Préface de 1682. Registre de Lagrange, Louis Racine...). «Témoignages dignes de foi» s'il en fut, les documents d'archives eux-mêmes, s'ils permettent souvent de rectifier les erreurs commises par Grimarest, viennent non moins souvent confirmer ses dires. Aucun d'entre eux, en tout cas, ne nous fait paraître «l'esprit, le cœur et la situation de Molière» autrement que Grimarest ne s'efforce de les peindre. C'était là le but qu'il s'était proposé. Il l'a souvent atteint. Que l'on compare le précieux petit livre de Grimarest à une image d'Épinal, qu'il y ait entre cette estampe et le portrait que nous souhaiterions posséder la différence d'une dominoterie à un pastel de La Tour, je le veux bien. Naïve, puérilement coloriée et non sans bavures, la Vie est celle-là même dont nous avons besoin (Jean Donneau de Visé, Vie de monsieur de Molière de Jean-Léonor Le Gallois de Grimarest, 1930 - books.google.fr).
La Melicerte de Molière
Cette Grèce mythique, elle trouve toute sa grâce bucolique dans la douce vallée de Tempé, qui fait le cadre de Mélicerte, et où des Daphné, des Eroxène, des Acante et des Tyrène font résonner dans un décor de pastorale leurs noms à l'antique, tandis que la cour du Roi de Tempé ressemble à s'y méprendre à celle de Saint-Germain-en-Laye qui la regarde. Comme elle continuera d'y ressembler quand, à Saint-Germain encore, la même douce vallée de Tempé recevra encore Les Amants magnifiques. C'est que le vent léger d'une Grèce mythique et arcadienne vient, sans la rigueur de l'atticisme mais avec une couleur toute virgilienne, faire souffler les parfums délicats de l'amour, ceux-là même qui soufflent, mais en ébouriffant davantage les bonnes manières, jusqu'à la Thèbes d'Amphitryon, avec Mercure sur son nuage et Jupiter dans la couche d'Alcmène, tandis que, accompagnant le dédoublement des personnages, les grondements du tonnerre, le feu des éclairs et les évolutions surprenantes des machines volantes contribuent à donner de cette Grèce où les dieux et les hommes jouent à cache-cache l'image rêvée du théâtre des illusions (Jean Serroy, Molière méditerranéen, Les Méditerranées du XVIIe siècle, 2002 - books.google.fr).
Pour l’intrigue de cette comédie pastorale héroïque, Molière s’est souvenu de l’histoire de Sésostris et Timarète, dans Le Grand Cyrus de Mlle de Scudéry; en témoignent plusieurs similitudes de détail, comme par exemple le personnage du précepteur philosophe, ainsi que l’avait remarqué, dès le XVIIe siècle, Guérin, le fils d’Armande Béjart. Les bergères Daphné et Éroxène dédaignent les vœux des bergers Acante et Tyrène, car elles aiment toutes deux le beau Myrtil , fils présumé du rustre Lycarsis ; mais Myrtil se soucie peu de leurs avances, car son cœur ne bat que pour la jeune et belle Mélicerte. Au moment où Myrtil vient d’attendrir son prétendu père et de lui faire accepter son mariage avec Mélicerte, on apprend que le Roi arrive dans la vallée de Tempé pour y chercher Mélicerte... La suite manque, mais on imagine sans peine que Mélicerte ne tardera pas à se révéler de naissance princière, et que Myrtil, qui est d’une distinction rare, s’avérera fils d’un grand seigneur, si bien qu’il pourra légitimement prétendre à la main de sa bien-aimée (www.toutmoliere.net).
L'année du Misanthrope est en ce sens la plus mémorable et la plus significative dans la vie de Molière. A peine hors de ce chef-d'œuvre sérieux, et qui le parut un peu trop au gros du public, il dut pourvoir en hâte à la jovialité bourgeoise par le Médecin malgré lui, et de là, de ce parterre de la rue Saint-Denis, raccourir vite à Saint-Germain pour Mélicerte, la Pastorale comique et cette vallée de Tempé où l'attendoit sur le pré M. de Benserade; Molière faisoit face à tous les appels (Molière, Oeuvres complètes, 1854 - books.google.fr).
Molière avait écrit Les Amants magnifiques pour le grand divertissement royal pour lequel, Robinet en attribua la paternité à Benserade et louèrent sans retenue la grâce et la majesté du souverain dans le ballet. Or, pour la première fois, celui-ci avait passé commande à Molière, non à Benserade. D'autre part Molière avait bien écrit deux poèmes pour les deux entrées réservées au roi, mais celui-ci s'y fit remplacer par le comte d'Armagnac et par le marquis de Villeroy. Louis XIV ne dansa plus jamais dans les ballets de cour. C'était une révolution. Boileau devait expliquer sur le tard ce renoncement par les deux vers de Britannicus, joué en décembre 1669, qui accusaient Néron de s'exhiber sur le théâtre. Cette abstention désola d'autant plus Molière que le monarque lui avait fourni en personne l'argument de sa pièce : «Deux princes rivaux qui, dans le champêtre séjour de la vallée du Tempé, où l'on doit célébrer la fête des jeux pythiens régalent à l'envi une jeune princesse et sa mère de toutes les galanteries qui se peuvent aviser» (Alfred Simon, Molière, une vie, 1987 - books.google.fr).
Alceste au bord de la Vologne
Alceste converti. Paru en 1786, Le Misanthrope corrigé de Marmontel inaugure [...] une nouvelle voie. Ce «conte moral», dont Charles-Albert Demoustier proposa en 1790 une adaptation scénique en trois actes sous le nom d'Alceste à la campagne, part du principe suivant : «Un misanthrope qui l'est par vertu ne croit haïr les hommes que parce qu'il les aime.» En soi, «la haine des hommes [...] est un caractère factice, un personnage qu'on prend par humeur, et qu'on garde par habitude, mais dans lequel l'âme est à la gêne, et dont elle ne demande qu'à se délivrer». Tout le conte se fera donc l'histoire de cette délivrance. Après sa rupture avec Célimène, Alceste se retire dans les Vosges, sur les bords de la Vologne. Là, il croise la route de paysans heureux, travailleurs et prospères, qui lui renvoient l'image radieuse d'une vie selon la nature, toute d'«inculte simplicité» et de «saine raison»; surtout il vient à faire connaissance avec le seigneur du lieu, le vicomte de Laval, vivant tantôt dans son château et tantôt à Paris, et cette dernière rencontre est décisive. Le vicomte est en effet persuadé qu'Alceste est un «honnête homme», qu'il a de «la droiture» et qu'«il aime la vertu»; mais sa misanthropie gâche tout, non seulement parce qu'elle le rend «inutile à lui-même et aux autres», mais aussi parce que «la vertu n'est qu'une chimère sans l'amour de l'humanité». Insensiblement, le vicomte va donc entreprendre la conversion d'Alceste. Conversion lente, difficile, et durant laquelle Alceste se verra tantôt reprocher son «humeur», tantôt sa tendance à «haï[r] l'espèce» dans «l'individu qui [lui] nuit», et tantôt cet «excès de vertu», enfin, qui l'amène à professer cette «chose épouvantable» qu'est «une haine de l'humanité réfléchie et fondée en principe». Le vicomte aura cependant beau dire et multiplier les sentences les plus édifiantes, ce sera finalement à sa fille Ursule d'avoir le dernier mot : en provoquant la demande en mariage d'un Alceste transfiguré par l'amour, et disposé à la suivre jusque dans la volière des grand bals parisiens, elle ramène «au monde et à lui-même un homme vertueux, un citoyen utile, qui sans elle eût été perdu». Morale de l'histoire : Alceste n'aura pas été «le premier des ours que les femmes auront apprivoisés». Ou plus sérieusement : il faut être «homme et vi[vre] avec les hommes, c'est l'intention de la nature. Elle nous a donnés des défauts à tous, afin qu'aucun ne soit dispensé d'être indulgent pour les défauts des autres». Surtout, si le conte consacre sans ambiguïté le triomphe du monde sur le camp d'Alceste, force est de convenir que la défaite de ce dernier n'en est pas moins relative. D'un bout à l'autre du Misanthrope corrigé, Alceste est en effet présenté comme un homme dont l'unique défaut serait d'être affligé d'un «excès de vertu». Autant dire que ce conte de Marmontel peut en définitive s'envisager comme une interprétation du Misanthrope qui se serait efforcée d'intégrer la lecture de Rousseau tout en la dépassant : car certes, Alceste était un honnête homme; mais malgré tout, sa conversion n'en était pas moins nécessaire (Jean-Pierre Aubrit, Martial Poirson, Dictionnaire Molière, 2023 - books.google.fr).
Dès que la misanthropie d'Alceste n'est plus qu'un caractère factice, une sorte de camisole de force dans laquelle l'âme est à la gêne, tout doit s'arranger et en effet tout s'arrange - à la papa. La bile d'Alceste se change en orgeat rien qu'à voir autour de lui «la terre cultivée et fertile nourrir un peuple heureux». C'est que pour l'instant la Vologne arrose une vallée de Tempé. Alceste rencontre un paysan qui chante en traçant son sillon et tout de suite s'engage un dialogue qui semble du Diderot illustré par Greuze. L'homme des champs raconte qu'il est marié, qu'il a quatre enfants et que tout ce petit monde prospère : «Et comment vivez-vous ? Fort bien : d'excellent pain, du bon laitage, et des fruits de notre verger. Ma femme, avec un peu de lard, fait une soupe aux choux dont le roi mangerait. Nous avons encore les œufs de nos poules, et le dimanche nous nous régalons et nous buvons un petit coup de vin. Oui, mais quand l'année est mauvaise ? On s'y est attendu et l'on vit doucement de ce qu'on a épargné dans la bonne. Il y a encore la rigueur du temps, le froid, la pluie, les chaleurs que vous avez à soutenir. On s'y accoutume, et, si vous saviez quel plaisir on a de venir le soir respirer le frais après un jour d'été ou, l'hiver, se dégourdir les mains au feu d'une bonne bourrée, entre sa femme et ses enfans ! et puis on soupe de bon appétit et on se couche; et croyez-vous qu'on se souvienne du mauvais temps ? [...] Allez Monsieur, il y a bien du beau monde qui ne vit pas aussi content que vous» (Camille Le Senne, Figures disparues, 1913 - books.google.fr).
Origine de Myrtil
Selon Phérécyde (ap. sc. SOPH., El., 504) Pélops précipita Myrtilos dans la mer parce qu'il avait essayé d'embrasser Hippodamie. APOLLODORE (Ep., II, 8) raconte les choses de la manière suivante : Pélops, après sa victoire, voyage en compagnie d'Hippodamie et de Myrtilos; pendant qu'il va chercher de l'eau pour sa bien-aimée qui avait soif (il s'agissait donc, au moins à ce moment, d'un voyage terrestre), Myrtilos entreprend de faire violence à la jeune fille. Pélops, informé jette (un peu après ?) Myrtilos dans la mer Myrtil à la hauteur du cap Géraistos en Eubée, et de là vint à cette mer le nom de Myrtô. En tombant, Myrtilos lance des imprécations contre la race de Pélops. Suivant PAUSANIAS (VIII, 14, 11), Myrtilos fut précipité, non du char ailé, mais du navire qui portait les voyageurs, parce qu'il avait rappelé à Pélops la promesse qu'il lui avait faite de lui accorder Hippodamie une nuit. Pausanias d'ailleurs, situe l'incident à l'ouest du Péloponnèse, et repousse toute relation entre le vocable de Myrtô et le nom de Myrtilos. HYGIN (f. 84) accepte, au contraire, cette relation, comme Apollodore, mais, à l'en croire, Pélops fit périr Myrtilos pour se débarrasser d'un fâcheux complice, et pour éluder sa promesse de lui donner la moitié de son royaume. Les imprécations de Myrtilos, cause de tous les malheurs des Pélopides, sont connues de SOPHOCLE (El., 502 sq.) et d'EURIPIDE (Or., 988 sq.) qui mentionne déjà le promontoire de Géraistos. Si l'on se souvient que l'attelage de Pélops, présent de Poseidon, avait la faculté de voler sur les flots, on s'explique sans peine comment a pu se former la légende de la précipitation de Myrtilos dans la mer. Ce que l'on comprend moins bien, c'est pourquoi Pélops avait ainsi à traverser les flots avec Myrtilos et Hippodamie, et ce qu'il allait faire, après sa victoire, dans les parages de l'Eubée. Plusieurs explications ont été envisagées. La première est connexe à la théorie que nous avons exposée plus haut sur le stade lesbien de la légende. C'est de Lesbos que le Péloponnésien Pélops enlève Hippodamie, et c'est pendant le retour vers le Péloponnèse que Phérécyde qui devait, en conséquence, faire encore d'Oinomaos le roi de Lesbos, place la chute de l'aurige (cf. HYG., f. 84). La précipitation de Myrtilos au voisinage de l'Eubée, parfaitement explicable dans un trajet de Lesbos au Péloponnèse (v. C. ROBERT, Bild u. Lied, p. 187, n. 35) devient un détail aberrant lorsqu'on localise Oinomaos en Elide, à la façon de Pindare et des tragiques, et lorsqu'on précise, comme ces derniers, que la course de Pélops et d'Oinomaos se déroulait de Pise à Corinthe. C. Robert en a conclu que, si Euripide et Sophocle ont pu mentionner incidemment la chute à la mer dans Electre et dans Oreste, Myrtilos périssait à coup sûr d'une autre manière dans leur tragédie d'Oinomaos (à ce sujet, v. supr., p. 466). Ce sont les mythographes, d'après C. Robert, qui ont soudé artificiellement, à la donnée de ces deux tragédies localisées à Pise, une histoire de Myrtilos telle que Phérécyde seul avait pu la présenter. On a douté pourtant que, dans la donnée de Phérécyde lui-même, l'indication du retour de Pélops victorieux vers le Péloponnèse impliquât, pour l'ensemble de l'histoire, une autre localisation que Pise. C'est ainsi que WAGNER (Curae Mythographae, p. 162 sq., cité par HITZIG-BLUEMNER, ad Paus., VII, 14, 10) entendait, par retour vers le Péloponnèse, le retour de l'isthme de Corinthe, but de la course de Pélops et d'Oinomaos, vers Pise qui en avait été le point de départ; c'eût été pendant le trajet le long du golfe de Corinthe que Pélops aurait précipité Myrtilos. Dans ce cas, il faudrait admettre, semble-t-il, que la localisation de la chute dans les parages de Géraistos, serait une variante postérieure issue de l'analogie entre le nom de Myrtilos et celui de la mer de Myrtô. Mais cette localisation ne proviendrait-elle pas d'une autre forme de la légende ne supposant aucun retour, au moins immédiat, vers le Péloponnèse, d'une version selon laquelle Pélops, après sa victoire, emmenait Hippodamie en Asie, dans l'Asie considérée comme sa patrie, ou devait, du moins, avant de revenir à Pise pour s'y emparer du trône qu'il avait conquis, effectuer un voyage dont il resterait à déterminer le but ? Le premier point de vue a été adopté par WEIL (Sept. Trag., p. 756, n. aux v. 988 sq. d'Oreste) et par MASQUERAY (Soph., El., p. 228, n. 2); mais v. là contre C. ROBERT, Bild u. Lied, p. 187 n. 35; PEARSON O. C., II , p. 124 n. 2. Le second a été développé par PEARSON (Fragm. of Soph., II, p. 124-25), qui a essayé de tirer quelques précisions de la fin du récit d'Apollodore. On y lit, en effet (Ep., II, 9; et ce détail doit être ancien, v. Robert, Gr. Held., p. 214), que Pélops, avant de revenir en Elide, poussa jusqu'à l'Okéanos pour se 596 faire purifier par Héphaistos (Louis Séchan, Études sur la tragédie grecque dans ses rapports avec la céramique, 1967 - books.google.fr).
Le sujet de Mélicerte a été inspiré à Molière par l'histoire Egyptienne de Timarète et de Sésostris dans le Grand Cyrus de Mademoiselle de Scudéry. En même temps, ou plutôt avant elle, Pierre de Marcassus, un Pédant, comme on eût dit alors - car il était professeur au Collège de La Marche à Paris, où il mourut fort vieux en 1664 - avait écrit, sous le titre de Les Pécheurs illustres, une Tragi-Comédie dont le sujet est exactement le même. Alexandre et Armille, après la mort de leurs deux mères, sont élevés ensemble dans une île voisine de Délos. Ils s'aiment, quand Armille est reconnue pour la Princesse de Délos. Le garçon désespéré se jette dans la mer; Armille, non moins désespérée, veut le suivre dans la mort; mais il était tombé dans les filets de pêcheurs qui l'avaient sauvé, et, comme on lui découvre aussi une naissance illustre, le tout finit par un mariage. C'était forcément par des péripéties analogues, couronnées par le même bonheur, que Mélicerte se devait dénouer.
Mademoiselle de Scudéry s'est-elle inspirée de Marcassus ? L'épisode de Sésostris, fils d'un Roi d'Egypte détrôné, et de Timarète, fille de l'usurpateur Amasis, est dans la sixième partie du Grand Cyrus, et celui-ci, terminé seulement en 1657, ne commença à paraître qu'en 1649, alors que les Pêcheurs illustres ont été imprimés en 1648 (Anatole de Montaiglon, Oeuvres de Molière, Tome 5, 1888 - books.google.fr).
Une première Melicerte
Polexandre est un roman héroïque de l'académicien (intronisé comme tel en 1634) Marin Le Roy de Gomberville. Paru en 1619, le roman connaîtra plusieurs éditions dans les vingt années qui suivent. Polexandre a servi de modèle aux romans d'amour et pseudo-historiques de La Calprenède et de Mademoiselle de Scudéry. C'est l'ancêtre du roman d'aventure exotique combinant l'amour, l'histoire et la géographie (fr.wikipedia.org - Polexandre).
Marin Le Roy de Gomberville, né à Paris en 1600 et mort le 14 juin 1674 dans cette même ville, est un poète et écrivain français, passé a u jan (fr.wikipedia.org - Marin Le Roy de Gomberville).
Dans le roman, le personnage de Mélicerte apparaît dans la quatrième partie lors des pérégrinations du héros. Elle y symbolise les figures infortunées et mélancoliques de la grande épopée galante du XVIIe siècle.
Mélicerte recevra "vn brasselet de perles d'vne figure toute particuliere, & d'vne grosseur extraordinaire" de son mari Iphidamante qui recevra d'elle une écharpe précieuse. Il meurt à la guerre et elle expire auprès de son corps ramené par ses soins : "la mort est réunion et accomplissement d'une volonté commune" (Marin Le Roy de Gomberville, Polexandre, 1638 - books.google.fr, Madeleine Bertaud, L'Astrée et Polexandre, du roman pastoral au roman héroïque, 1986 - books.google.fr).
Aminte (en italien Aminta), dans la pastorale du Tasse, est un nom d'homme, comme l'Amyntas grec et latin; mais on en avait fait chez nous un nom de femme. Gomberville, dans son Polexandre, l'avait donné à la discrète confidente de la reine Alcidiane (ainsi que Mélicerte). Parmi les pièces galantes que Corneille vieillissant a laissé insérer dans le recueil des Poésies choisies (voyez ci-après, p. 79, note 1) se trouvent des stances adressées à une Aminte (voyez le Corneille de M. Marty-Laveaux, tome X, p. 172). Ce nom est aussi, comme nom de femme, chez la Fontaine; entre autres endroits, dans les jolis vers sur l'orangerie de Versailles qui sont au commencement du livre Ier des Amours de Psyché et de Cupidon (1669) (Eugène André Despois, Oeuvres de Molière, Tome 2, 1875 - books.google.fr).
Et Alceste chez Molière est un homme alors que son pendant grec est une femme.
Dans son texte Le Banquet, le philosophe Platon propose une interprétation de ce mythe. Il suggère en effet que si Alceste est ramenée à la vie sans condition (contrairement par exemple à Orphée, qui passe un marché avec Hadès, ne respecte pas son contrat et ne peut pas ramener sa bien aimée), c'est grâce à son acte d'amour courageux et désintéressé. Alceste choisit de prendre la place de son époux mourant qu'Apollon gratifia de la possibilité de se faire remplacer par une personne consentante, et montre ainsi qu'elle est prête à laisser sa propre vie pour l'homme qu'elle aime (fr.wikipedia.org - Admète, fr.wikipedia.org - Alceste).
Les dauphins antiques et les perles des Vosges

Fragment de groupe de provenance non indiquée. Au Musée d'Épinal Grès. Hauteur, 0 m. 39; longueur, 0 m. 63. Enfant nu, monté sur un dauphin. Le petit personnage tient des deux mains une coquille. Ornement de fontaine. L'eau sortait par la bouche du dauphin, Emile Espérandieu, Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la Gaule romaine, Tome 6, 1915 - www.academia.edu


Une superbe mosaïque découverte en 1830 dans les ruines d'une villa gallo-romaine du IIe siècle des environs de Liffol-le-Grand (Vosges) tapissait le triclinium (salle-à-manger de la villa). En 2013, l'atelier de restauration interdépartemental de mosaïques et d’enduits peints (ARM) du Musée Gallo-Romain de Saint-Romain-en-Gal (Vienne), qui a réalisé sa restauration, a restitué l’œuvre au Musée d'Art Ancien et Contemporain d’Épinal. (Copyright - Olivier PETIT - Patrimoine de Lorraine - 2017 © Tous droits réservés - patrimoine-de-lorraine.blogspot.com).
Nous descendons vers les bords charmants de la Vologne, qui roule encore quelques-unes de ces perles, si fameuses autrefois et si recherchées, mais qu'on ne pêche plus guère aujourd'hui. «En la rivière de Voulogne, dit Volcyr, se trouvent margarites et unions que l'on nomme perles, de bonne apparence et fines, lesquelles, selon l'advis des lapidaires, approchent les orientales.» Jean Ruyr parle de ces «perles, belles, rondes, lucides et quasi comparables à orientales, de diverses formes et couleurs.» Le mollusque qui produit ces perles est la mulette allongée : elle vit dans le Neuné et dans la Vologne, où se jette ce ruisseau. La pêche s'en fait ordinairement en juin, juillet et août. «Il y a soixante ans, dit Durival en 1779, elle était encore abondante; mais elle l'est beaucoup moins aujourd'hui; ce n'est plus qu'un objet de curiosité.» La duchesse de Lorraine, femme de Léopold, en possédait un très beau collier et de beaux pendants d'oreilles ; la princesse Charlotte, abbesse de Remiremont, en avait aussi un collier, dont elle se parait dans les solennités ; on offrit aussi de ces perles à l'impératrice Joséphine, aux eaux de Plombières.
Il existait, sur une petite montagne, près de la Vologne, entre Docelles et Cheniménil, un manoir féodal nommé Château-sur-Perle. Son dernier possesseur fut Antoine de Chaînel, qui l'avait restauré, et qui avait créé de beaux jardins sur les flancs de la colline. Ce seigneur mourut à Bruyères, en 1791; ses enfants émigrèrent; ses biens furent confisqués et le château ruiné : il reste de sa descendance une petite-fille, qui a épousé M. Henri Laprevotte, président du tribunal de Mirecourt. Antoine de Chaînel est auteur d'un poème héroïque, dans lequel il célèbre les merveilles des Vosges, et dont la Société d'émulation d'Épinal possède un exemplaire.
D'après des observations récentes du docteur Mougeot, de Bruyères, les mulettes perlières seraient redevenues communes dans le Neuné et la Vologne. En tout cas, si les perles y sont moins nombreuses et moins recherchées, les eaux en sont aussi claires, aussi fraîches, et les rives en sont mieux cultivées, plus riches et plus peuplées. Docelles nous montre ses belles papeteries, et ses ruines du Château-de-Perles, sur lesquelles on a bâti un joli chalet, d'où la vue embrasse les superbes vallées de Bruyères, de Tendon, de Docelles et de Cheniménil. Dans ce château il y avait une chapelle dédiée à Notre-Dame-des-Vosges, que venaient invoquer un grand nombre de pèlerins (M. Chapiat, Voyages dans les Vosges, 1881 - books.google.fr).
Claude Cardinet (Début XVIIe siècle - Pont-à-Mousson, vers 1694), libraire, relieur, fournisseur de papeterie, graveur et dominotier, imagier, joint un atelier d’imprimerie à ses activités. Il rachète le fonds laissé par Ambroise Ambroise, remet en vente avec une nouvelle page de titre l’ouvrage de J. Ruyr : Recherches sur les sainctes antiquitez de la Vosge, imprimé en 1633 par son prédécesseur. Le premier ouvrage sorti de ses presses est Officia quorumdam festorum quae situ Romano in ecclesiae S. Deodati specialiter celebrantur (1658), puis le Roman à la mode (1666), un Panégyrique de Saint Amédé dû au P. Antoine de Bretagne (1673) (Albert Ronsin, Les Vosgiens célèbres: dictionnaire biographique illustré, 1990 - ecrivosges.com).
Le Roman à la mode ou l'Encyclopédie de l'illustre Gascon, tiré d'un manifeste qu'il a envoyé à un sieur amy lorrain, depuis qu'il c'est retiré dans la Grèce. Edité à Epinal en 1666 chez C. Cardinet. Ce dernier avait quitté en 1660 Epinal pour Pont-à-Mousson et n'y était revenu qu'en 1672. La date prouve qu'en réalité il y avait gardé des attaches (François-Georges Pariset, Georges de La Tour, 1948 - books.google.fr).
Le texte est possiblement une satire de La Calprenède qui situe certaines de ses intrigues en lien avec la Grèce antique (Cassandre, Phalante). Son style emphatique est parodié dans les pamphlets, et il est le Gascon le plus célèbre de la littérature de son temps (fr.wikipedia.org - Gautier de Costes de La Calprenède).
La préciosité de l'époque fait que Paris n'est plus Paris, mais Athènes; l'île Notre-Dame, Délos; la place Royale, place Dorique; Poitiers, Argos; Tours, Césarée; Lyon, Milet; Aix, Corinthe; Louis XIV, Alexandre; Condé, Scipion; Richelieu, Sénèque; Mazarin, Caton; Chapelain, Chrysante; Voiture, Valère; Sarrasin, Sésostris; La Calprenède, Calpurnius; Scudéri, Sarraïdès; les vraies Julies sont des Ménalides, et des noms sonores rehaussent l'élégance des grandes dames; mais laissons les Artémise, les Sapho, les Doralise !... (Louis Bascoul, Étude sur la décomposition de la France, Tome 2, 1893 - books.google.fr).
Un projet du canal du lac de Nicomédie est pris en main par Pline le Jeune, alors gouverneur de Bithynie (Lettres, X, 41-42). Ce à quoi Trajan répond : «(…) tu pourras demander un niveleur à Calpurnius Macer (alors gouverneur de la province de Mésie Inférieure).» (William Van Andringa, Le cens, l’autel et la ville chef-lieu : Auguste et l’urbanisation des Trois Gaules, Gallia, 72-1, 2015 - journals.openedition.org).
Lucius Antistius Vetus est un sénateur et un homme politique de l'Empire romain. Immédiatement après son consulat, Vetus est gouverneur de Germanie supérieure, ou il supervise la construction d'un canal reliant le Rhin au Rhône, permettant la facilitation du trafic (fr.wikipedia.org - Lucius Antistius Vetus (consul en 55)).
The Roman general Lucius Vetus prepared to connect these rivers so that goods could route from the Mediterranean, up the Rivers Rhône and Saône, through the canal, into the Rivers Moselle and Rhine, and then down to the North Sea. [...] The projected Roman canal is not known but it is fairly certain that the route would have approximated to the modern one, the Canal de l'Est which rises 130 ft in two miles from a point on the Moselle near Epinal to the summit level (Raymond Selkirk, On the Trail of the Légions, 1995 - books.google.fr).
Le rêve de relier les grands fleuves entre eux date des Romains, mais ce sont les ingénieurs du XVIIe au XIXe siècle qui ont finalement doté la France d’un des plus beaux réseaux navigables au monde 1. Le canal du Rhône au Rhin (Saône-Rhin) et le canal de l’Est (Saône-Moselle) étaient achevés, au gabarit «Freycinet», à la fin du XIXe siècle. Dans l’entre-deux guerres, avec l’aménagement à grand gabarit du Rhône et du Rhin, des ingénieurs et des politiques se sont à nouveau mis à rêver d’une liaison entre les bassins du Rhône et du Rhin, cette fois à grand gabarit. Deux options s’offraient à eux. Considérant le déclin annoncé de la sidérurgie lorraine, ils donnèrent leur préférence à la branche alsacienne, qui était censée desservir davantage de zones urbaines et industrielles. Ainsi, le grand canal Saône-Rhin, alias Rhin-Rhône, était déclaré d’utilité publique en 1978. Le 4 janvier 1980 , une loi attribue la concession de l'ouvrage à la Compagnie nationale du Rhône. En avril 1984, la liaison est inscrite au schéma directeur des voies navigables et relance le projet de mise à grand gabarit de la liaison fluviale du canal Rhin-Rhône (passant par la vallée du Doubs). En 1988, le Premier ministre, Jacques Chirac, prolonge de dix ans la déclaration d'utilité publique. Le 4 février 1995, le Parlement vote la loi d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire. Dans le cadre de cette loi, le gouvernement (le Premier ministre est alors Edouard Balladur) fait voter l'article 36 qui permet la création de la Sorélif. Cette société, constituée à parité par EDF et la CNR, a pour mission de réaliser les travaux du grand canal au plus tard en 2010 , EDF assurant leur financement. En mars 1996, à l'occasion d'un voyage en Franche-Comté, le président de la République, Jacques Chirac, déclare : «Je suis intuitivement favorable au grand canal». De mai à septembre 1996, a lieu la consultation publique sur la mise en place de l'ouvrage. Mais l’opposition tenace des défenseurs de l’environnement et de plusieurs ministères a conduit à l’abandon du projet, en 1997, à l’arrivée de l’écologiste Dominique Voynet à la tête du ministère de l’Environnement.
Outre qu’une nouvelle liaison entre Rhin et Rhône est inutile pour un développement raisonné du transport fluvial, un canal à grand gabarit n’a rien à faire au pays des petites rivières vosgiennes (Le grand canal Saône-Moselle/Saône-Rhin, 2017 - www.clac-info.fr).
Les perles et les dauphins de la mythologie
Pausanias (dans sa Description de la Grèce, Livre 1, chapitre 17, section 3) raconte que Minos jette son anneau-sigillaire à la mer pour que Thésée prouve sa filiation divine par Poséidon en plongeant pour aller le chercher au fond de la mer. Le mot utilisé est "sphragis", qui désigne l'anneau sigillaire (jaspe), la bague servant à signer les documents officiels.
En racontant l'épisode où Thésée plonge au fond de la mer pour prouver qu'il est le fils de Poséidon, Hygin modifie la description de la couronne donnée par Amphitrite : Là où les Grecs anciens (17ème Ode (Dithyrambe) du poète lyrique grec Bacchylide, Ve siècle av J.C.) parlaient d'une couronne de roses ou d'un bandeau d'or brillant, Hygin insiste sur le fait que la couronne reçue par Thésée brille d'une clarté particulière issue de pierres précieuses nacrées. Il explique que cette couronne renvoie une lumière étincelante (ce qu'on assimilera plus tard à l'éclat blanc des perles) pour éclairer Thésée dans les ténèbres du labyrinthe.
Hygin ajoute que les dauphins conduisirent Thésée vers les Néréides (Ernest Beulé, Le Stéphanéphore: extrait de la Revue Numismatique, Tome II, 1857 - books.google.fr).
Les dauphins apparaissent comme des génies bienveillants et protecteurs, voire comme des «agents de la divinité» et des «instruments de sa puissance». Il n'est donc pas étonnant que ces animaux se soient trouvés associés à la «déesse du Bon-Secours», Cybèle, ainsi qu'au dieu sauveur Attis. A ces raisons s'ajoute qu'une conception dont on trouve la trace chez Cicéron et Virgile voulait que l'âme, après la mort, s'élevât jusqu'aux astres divins en trois étapes : elle traverse d'abord l'air, poussée par les Vents, ensuite les eaux célestes, enfin elle accède aux feux supérieurs. Que les dauphins symbolisent le deuxième de ces trois éléments, c'est ce qu'a bien vu Franz Cumont en se fondant sur la décoration d'un cippe trouvé à Walbersdorf bei Ödenburg et conservé au Musée d'Ödenburg. Sur cette pierre tumulaire dressée à la mémoire d'un certain Tiberius Iulius et de sa fille, les trois étapes de l'ascension des âmes vers la voûte étoilée sont clairement signifiées : les bustes des Vents, qui se trouvent logés dans les écoinçons de la niche renfermant les portraits des défunts, représentent l'air, le premier des trois éléments que les âmes doivent atteindre après la mort; au-dessus, sur l'architrave, deux dauphins ainsi que deux Tritons symbolisent l'élément aqueux, en l'occurrence les eaux supérieures qu'il leur faudra franchir pour accéder aux étoiles divines, c'est-à-dire au principe igné ici suggéré par les deux lions qui s'affrontent sur le fronton. Nous retrouvons les dauphins traduisant le même symbolisme sur une stèle de Carnuntum ainsi que sur une stèle d'Aquincum conservée au Musée de Budapest, à cette différence près que les feux célestes sont symbolisés par un masque solaire inséré dans un croissant de lune sur le premier de ces deux monuments, par une tête de Méduse sur le second, cette dernière représentant probablement la face de la lune, séjour des âmes. (Marcel Renard, Carl Deroux, Stèle funéraire métroaque du Musée de Budapest, Hommages à Henry Bardon, 1985 - books.google.fr).Certes les trois pierres tumulaires, - celle de Walbersdorf, celle de Carnuntum et celle d'Aquincum, - ne paraissent pas liées au culte de Cybèle et d'Attis, et, d'autre part, notre stèle métroaque de Kékkút ne suggère ni la première ni la troisième étape de l'ascension des âmes. Il n'empêche que les dauphins figurant sur notre document procèdent certainement, tout comme ceux de la stèle phrygienne du Louvre de la même croyance au voyage des âmes vers l'au-delà. Considérons à présent les deux animaux de notre stèle, représentés à l'intérieur des angles
Dans son latin d'origine, Hygin (Ier siècle av. J.-C./Ier siècle apr. J.-C.) n'emploie pas le mot margarita, mais écrit que la couronne reçue par Thésée au fond de l'océan était :«[...] facta ex auro et Indicis gemmis» («faite d'or et de gemmes indiennes») (Charles François Dupuis, Origine de tous les cultes, Tome 3, 1835 - books.google.fr).
L'indica gemma est une perle de l'Inde renommée pour ce type de gemmes (Suzanne Guillet-Laburthe, Hymnes (1537) de Jean Salmon Macrin, 2010 - books.google.fr).
Ovide, né vers -43 et mort vers 18, dans ses Métamorphoses VIII, 175?182 dit : "Tenues volat illa per auras Dumque volat, gemmae nitidos vertuntur in ignes Consistuntque loco" «Il lui prit la couronne qu’elle portait sur le front et l’envoya au ciel. Elle s’envole à travers les airs légers, et, dans son vol, les gemmes qui l’ornent se changent en feux brillants… »
Ovide emploie gemma dans ce texte où les gemmes deviennent des étoiles. L'emploi de gemma pour désigner l'étoile la plus brillante de la constellation se fera dans les siècles suivants.
Properce, né vers -47 et mort en 15, (Élégies, I, 14, 12) écrit :«...et legitur Rubris gemma sub aequoribus» («...et l'on ramasse la gemme sous les eaux de la mer Rouge»). Pour les Romains, la "pierre précieuse" que l'on «ramasse» (legere) au fond de la mer Rouge (qui désignait alors aussi le golfe Persique et l'océan Indien), c'est possiblement la perle. Dans la II, 16 : "Semper in Oceanum mittit me quærere gemmas" (Chaque jour, on m'envoie demander des perles à l'Océan)
Tibulle, né vers -50 et mort vers 18, I, 8 : "Non lapis hanc gemmæque juvant, quæ frigore sola / Dormiat, et nulli sit cupienda viro" (Les pierreries et les perles sont inutiles à celle qui, par le froid, est condamnée à dormir seule et ne doit exciter les désirs d'aucun homme); IV, 2 : "Et quascumque niger rubro de litore gemmas / Proximus Eois colligit Indus aquis" (toutes les perles que dans l'Orient le noir Indien recueille sur les rivages de la mer Rouge dont il est voisin) (Catulle, Tibulle et Properce, Tome 9, traduit par A. Valatour, Charles-H. Héguin de Guerle, Jules-Charlemagne Genouille, 1868 - books.google.fr).
Au Ier siècle avant J.C. le mot "margarita" issu d'un terme grec issu du persan apparaît dans la langue latine. Mais les poètes latins à cette époque emploient le mot "gemma" comme appropriation et romanisation de la perle, dont le commerce explose sous Auguste, comme joyau par excellence, plus cher que la pierre précieuse.
Apollodore (IIe siècle av. J.-C.) : Dans sa Bibliothèque (l'un des plus grands recueils de mythologie de l'Antiquité), lorsqu'il raconte les noces de Dionysos et d'Ariane, il précise que le dieu lui offre un "diadêma" forgé par Héphaïstos, qui sera ensuite projeté dans les cieux pour devenir la constellation.
Caligula et Néron adoraient les perles, considérées comme le comble du luxe. Quand l'Empire romain se christianise, le "diadème" officiel des empereurs (à commencer par Constantin) devient une bande d'or rigide littéralement saturée de perles blanches.
Dès le IIe siècle (l'époque même de Pausanias), les Pères de l'Église (comme Clément d'Alexandrie ou Tertullien) s'approprient le mot sphragis, utilisé par Pausanias dans sa légende sur Thésée, pour désigner exclusivement le sacrement du baptême. Le baptême est "le sceau" divin imprimé sur l'âme du chrétien.
Lorsque le christianisme mûrit au Moyen Âge, l'association devient évidente : le diadème marin d'Ariane, devenu le diadème de perles impérial, se transforme tout naturellement sous la plume des traducteurs et des poètes en la Margarita Coronae (la Perle de la Couronne).
Lorsque les savants européens traduisent l'arabe, ils cherchent un mot pour désigner ce "joyau" central. Ils utilisent Gemma (le bourgeon, puis la pierre précieuse), puis, de manière de plus en plus poétique, Margarita (la perle). Comme l'explique le dictionnaire de référence sur le nom des étoiles de Richard Hinckley Allen, le terme Margarita Coronae (la Perle de la Couronne) n'apparaît que dans les textes modernes (à partir du Moyen Âge tardif et de la Renaissance).
Marguerite est une sainte est orientale. L'Église byzantine la connaît sous le nom de Sainte Marine (ou Marina la Grande Martyre) et célèbre sa fête le 12 juillet. Lors des Croisades, son culte est importé en Occident. Les clercs latins traduisent son nom grec par son équivalent latin, Margarita (la perle) et décalent *sa fête au 20 juillet pour l'intégrer au Martyrologe romain. C'est au XIIe siècle que sa mémoire est officiellement inscrite au calendrier liturgique universel de l'Occident. Placer la fête de Sainte Marguerite au 20 juillet crée une résonance directe avec le ciel d'été. En plein mois de juillet, durant la période antique et médiévale, le soleil entre dans les «jours caniculaires». C'est l'époque de l'année où la constellation de la Couronne Boréale (et son étoile principale Margarita) brille de manière très visible au début des nuits d'été européennes (introibo.fr).
La légende médiévale de Marguerite (popularisée au XIIIe siècle par La Légende dorée de Jacques de Voragine) raconte qu'elle fut avalée par un dragon mais qu'elle en sortit indemne en transperçant son ventre grâce à un crucifix. En astronomie, la constellation de la Couronne Boréale est située juste à côté de celle du Dragon (Draco) et de la tête du Serpent (du Serpentaire appelé aussi Thésée) (Charles François Dupuis, Origine de tous les cultes, Tome 3, 1835 - books.google.fr).
En 1619 les capucins fondent le couvent de Sainte-Marguerite et l'hôpital Saint-Lazare (plus tard Saint-Maurice) sur la rive gauche de la Moselle, à l'extrémité sud du faubourg qui peu à peu se formera, au-delà du Canal de la Moselle, s'appellera Faubourg des Capucins jusqu'en 1793 (Robert Javelet, Ghislain Merenne, Épinal; images de mille ans d'histoire, 1972 - books.google.fr, François Weymuller, Histoire d'Épinal des origines à nos jours, 1985 - books.google.fr).
Généalogie mythologique
Égée n'avait pas eu d'enfant avec ses différentes épouses; il va consulter l’oracle de Delphes et la Pythie lui ordonne de ne pas délier le col de son outre avant d'avoir atteint Athènes. Égée ne comprend pas la réponse, mais Pitthée en a saisi le sens : il fait boire Égée, et lorsque celui-ci est ivre, il met dans son lit sa fille Aethra. Après l'étreinte, la jeune femme se réfugie dans l'île de Sphaéra, où elle s'unit au dieu Poséidon. Doublement honorée cette nuit-là, elle met au monde un fils, Thésée, dont il est difficile de savoir qui est réellement son père, et s'il est un demi-dieu ou non (fr.wikipedia.org - AEthra (fille de Pitthée)).
Mélicerte-Palémon a à peu près le même rôle que sa mère : il assiste les marins en péril. D'après certaines versions, Mélicerte n'aurait point été recueilli par la néréide Panope, lorsque sa mère s'était précipitée avec lui dans les flots, mais, s'étant noyé, il aurait été reçu par un dauphin, qui, l'ayant pris sur son dos, l'avait porté jusqu'à l'isthme de Corinthe, où Sisyphe, frère d'Athamas, lui avait rendu les honneurs de la sépulture et fondé en sa mémoire les jeux Isthmiques. Quoi qu'il en soit, Leucothée et Palémon sont ensemble, et parfois joints à Neptune, l'objet d'un grand culte, aussi honorés qu'Hercule, au dire de Cicéron. Ce culte, fervent surtout dans les ports, s'étend non seulement sur toutes les côtes de la Grèce, mais sur tous les rivages méditerranéens. A Corinthe, où ils ont un temple circulaire, à Mégare, à Athènes, à Chéronée, à Épidaure, ainsi qu'à Milet, à Rhodes, à Samos, à Téos, à Chios, à Délos, en Crète, les deux divinités sont vénérées. Le nom de Leucothée est donné à une ville d'Égypte. Les rites de ce culte sont assez sombres. A Chéronée nul esclave des deux sexes, nul Étolien, nulle Étolienne, ne pouvaient pénétrer dans le temple de Leucothée, sauf un esclave qui y était roué de coups : on expliquait cette coutume en disant qu'Athamas avait préféré à Ino une esclave étolienne dont il avait fait sa maîtresse. A Corinthe, on descendait par un escalier noir au sanctuaire de Palémon, et quiconque osait y faire un faux serment était cruellement puni de son parjure. A Rome, Leucothée, assimilée bientôt à la vieille déesse italique Mater Matuta, était l'objet de rites analogues à ceux de Chéronée. Ino-Leucothée et Mélicerte-Palémon étaient représentés d'ordinaire montés sur des animaux marins, qui les portaient à travers les flots, Palémon presque toujours sur un dauphin, Leucothée sur un cheval de mer ou un triton. La déesse est confondue parfois avec Amphitrite; le dieu Mélicerte s'apparente peut-être au Malgarth phénicien (Maurice Rat, Mythologie, légendes des dieux et des héros grecs et latins, 1950 - books.google.fr).

Comme si elle s'efforçait de rétablir un équilibre interne, la race de Gaia produit à la fois des monstres maléfiques et un être susceptible de les anéantir. Symbole de fécondité, Pégase est en relation avec les sources qu'il fait jaillir d'un coup de sabot, comme son père Poséidon d'un coup de trident. Ainsi apparut la source Hippocrène à Trézène le jour où Bellérophon vint demander à Pitthée de lui donner Aethra pour épouse. Les Anciens mettaient en rapport le nom "Pegasos" avec "pègè", la source. C'est déjà ce que fait Hésiode. C'est pourquoi je donnerais volontiers à "pègas" le sens de «sources» plutôt que «flots». Pégase naît près des sources de l'Océan à l'extrémité occidentale du monde. Plus tard c'est près de la source Pirène, au pied de l'Acropole de Corinthe que Bellérophon le trouve et en fait sa monture (Alain Moreau, La race de Méduse : forces de vie contre forces de mort, Mort et fécondité dans les mythologies, 1986 - books.google.fr).
Staphylos was the son of Ariadne by the hero Theseus or by the god Dionysos the sources are characteristically ambiguous, as Plutarch points out (Theseus, 21). His brother was Pepárethos, the name which the city and island of Skopelos bore all through Antiquity. Since ‘stafili' is the ancient Greek for a ‘grape bunch', and the name Pepárethos could be seen as cognate with the verb ‘pepainein', ‘to ripen', we may simply be looking at the mythical explanation of the island's importance and fame throughout ancient times as a producer of a highly prized wine – the ‘Pepearèthos oinos" which was exported to points all around the Euxine (Black) Sea (topostext.org).
Jeux : Orchomène, Corinthe
Pour ceux qui aiment les plongées dans le temps à travers les civilisations successives, Orchomène est un trésor. Les archéologues y ont retrouvé des restes d'établissements superposés descendant jusqu'à l'âge de pierre, des vestiges «mycéniens» préarchaïques, archaïques, une ville et un tombeau macédoniens. Les habitants d'Orchomène vénéraient Asclépios, le médecin, fils d'Apollon, et ces agréables personnes, les Charites, appelées depuis les Grâces (Doré Ogrizek, La Grèce, 1953 - books.google.fr).
À l'origine les Charites étaient les déesses de l'abondance, déesses d'Orchomène, en Béotie. Les Grâces, leur équivalent, ont « obtenu en partage les ondes du Céphise et habitent une contrée riche en beaux coursiers» (140, début); elles ont «une ample ceinture», une belle chevelure : elles sont «les blondes Charités» (7N, fin). Leur influence est devenue plus spirituelle : la poésie est «le champ des Charites», où labourent les poètes; l'ode devient «le jardin privilégié des Charités» (8I, v. 36). Pindare, dans la seconde strophe de la Quatorzième Olympique, cite les trois Charités : «l'auguste Aglaé, Euphrosine, qui aime les chœurs, et Thalie, passionnée de chœurs» (Jean Ygaunin, Pindare et les poètes de la célébration: Pindare, 1997 - books.google.fr).
C'était un culte fort ancien, dont il semble assuré que le lieu d'origine fut l'Orchomène des Minyens. Des concours musicaux, poétiques et dramatiques, les Charitésia, leur étaient consacrés (Raoul Baladié, Géographie de Strabon, Livre 9, 1969 - books.google.fr).
Il y avait en Grèce plusieurs légendes relatives à la fondation des jeux isthmiques. On racontait (c'est la plus ancienne forme de la légende) que Poseidon était entré en lutte avec Hélios pour la possession du pays de Corinthe; Briarée, choisi comme arbitre, avait attribué à Hélios l'Acro-Corinthe; il avait donné l'Isthme à Poseidon; pour sceller cet accord, les deux dieux avaient institué les jeux; Castor et Pollux, et beaucoup d'autres héros fameux, avaient été vainqueurs dans les premières courses (Pausanias II, 1, 6; Dio Chrysost. Orat. Corinth. 37). D'après une tradition plus récente et plus répandue, c'est Poseidon qui aurait institué les jeux en l'honneur de Mélicerte, le fils malheureux d'Athamas et d'Ino-Leucothéa, celui que les Grecs ont appelé plus tard Palémon, près de l'endroit où la mère et le fils s'étaient précipités dans les flots. D'autres voulaient que le héros Sisyphe, ayant trouvé le corps de Mélicerte sur le rivage de l'Isthme, où un dauphin l'avait apporté, l'eût enseveli et eût institué les jeux en son honneur (Pausan. II, 1, 3; Schol. Aristoph. Equites, v. 609; Stat. Theb. II, 79; VI, 10). Une tradition voulait qu'il y eût eu à l'origine deux fêtes, l'une consacrée à Poseidon, l'autre à Mélicerte; une autre disait que les jeux isthmiques, primitivement consacrés à Poseidon, l'avaient été plus tard à Mélicerte. On citait encore les héros Eratoclès et Glaucos comme les fondateurs des jeux isthmiques. Enfin, une tradition plus importante était celle qui attribuait à Thésée, représentant héroïque de la race ionienne, l'établissement des jeux isthmiques, et en particulier des courses de chars. Il les aurait institués après la victoire sur Sinis ou sur Skiron, en l'honneur de Poseidon; ces jeux nouveaux auraient dès lors remplacé les anciennes fêtes de Mélicerte. On expliquait ainsi qu'à l'époque historique, les Athéniens eussent de droit la proédrie aux jeux isthmiques. D'après cette tradition, c'est seulement à partir de Thésée que les jeux prirent leur véritable caractère; avant lui, c'étaient moins des jeux que des mystères qui se célébraient la nuit (Charles Daremberg, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Tome 3, Partie 1, 1899 - books.google.fr).
La sévérité avec laquelle les premiers cénobites se sont traités par esprit de mortification n'a rien de plus extraordinaire que ce que Diogène et ses successeurs exécutèrent pour s'endurcir à la philosophie. Diogène se roulait en été dans les sables brûlants; il embrassait en hiver des statues couvertes de neige; il marchait les pieds nus sur la glace; pour toute nourriture il se contentait quelquefois de brouter la pointe des herbes. Qui osera s'offenser après cela de le voir dans les jeux isthmiques se couronner de sa propre main, et de l'entendre lui-même se proclamer vainqueur de l'ennemi le plus redoutable de l'homme, la volupté ? (Œuvres complètes de Diderot: Encyclopédie, Tome 14 : C-E, 1876 - books.google.fr).
Les jeux isthmiques avaient lieu la nuit et sous forme d'initiation à des mystères plutôt que comme une fête publique. D'anciens auteurs et Plutarque, d'après eux, attribuent la fondation des jeux isthmiques à Thésée, qui les aurait consacrés à Neptune. La direction de ces jeux appartint dès lors aux Corinthiens; Thésée leur imposa, pour seule condition, que les Athéniens qui viendraient assister aux jeux auraient droit, sur les premiers bancs, à autant de places qu'en pourrait couvrir, déployée, la voile du vaisseau de la Théorie (Frédéric Bernard, Les fêtes célèbres de l'antiquité du moyen âge et des temps modernes, 1883 - books.google.fr).
Les concours isthmiques sont, dans un premier temps, réservés aux citoyens grecs, avant de s'ouvrir aux romains, en 228 av. J.-C. Ils eurent tant d'éclat qu'ils survécurent à la ruine de Corinthe elle-même en 146 av. J.-C. On y disputait successivement les prix de la lutte, de la course, du saut, du disque et du javelot et de pentathlon antique. D'après Plutarque, il y avait des concours de musique et de poésie : on décernait aux vainqueurs des guirlandes de pin (fr.wikipedia.org - Concours isthmiques).
Géant doué d'une force prodigieuse, Sinis rançonne et torture les voyageurs sur la route allant de Trézène à Athènes en les écartelant entre deux pins dont il courbait les cimes pour y attacher ses victimes par les pieds. Thésée met fin à ces crimes en lui faisant subir le même sort. Il s'unit ensuite (ou fait violence selon les traditions) à sa fille Périgouné; une version rapportée par l’historien Istros dit qu'il l'a enlevée. Selon Plutarque, cela pourrait être en l'honneur de Sinis, pour expier son crime, que Thésée créa les jeux isthmiques (Thésée : VIII; XXV; XXIX) (fr.wikipedia.org - Sinis).
À l'époque classique (Ve-IVe siècle av. J.- C.), Sparte utilise un système d'éducation collective qui vise à discipliner les corps et les esprits des individus ayant entre sept et trente ans. On examine ici la part que la violence prenait dans des jeux à caractère éducatif pratiqués en Laconie. On s'interroge d'abord sur l'intérêt que la collectivité des Spartiates pouvait trouver à la pratique de jeux par ses futurs membres encore enfants : l'apprentissage de règles et l'endurcissement ont un objectif militaire et celui qui se distingue gagne en réputation. On rappelle la nature des jeux pratiqués à Sparte : les échanges de coups apprennent à supporter la douleur tout en créant une certaine forme de sociabilité et une émulation entre individus. Quant aux règles qui paraissent avoir prévalu, leur respect était surveillé par les aînés; il était d'ailleurs interdit de pratiquer un jeu qui eût amené un individu à reconnaître sa défaite en levant la main. L'apprentissage mettait l'accent tantôt sur les actes individuels et tantôt - par exemple dans les jeux de balle - sur la solidarité des membres d'un groupe. La formation des Spartiates explique le rayonnement de leur cité à l'époque classique (Nicolas Richer, Violence et jeux des jeunes gens à Sparte : entre éducation, sociabilité et émulation, Violence et jeu de l’Antiquité à nos jours, 2023 - books.google.fr).
Keretizontes : hockey à Athènes
Dans la Vie des dix orateurs de Plutarque ou du Pseudo Plutarque, on lit du rhéteur Isocrate :
XVIII. Lon dit qu'il courut en carriere, estant encore jeune enfant, car on le voit de bronze au chasteau, dedans le jeu de paulme des presbtres de Minerve, à cheval, ainsi comme aucuns ont dit (Oeuvres de Plutarque: Oeuvres mêlées, traduit par Amyot, Tome IV, 1820 - books.google.fr).
Isocrate (Athènes 436 – 338 av. J.-C.) est l'un des dix orateurs attiques (fr.wikipedia.org - Isocrate).
The verb "keretizein" is very rare (Hesychius with an unclear gloss, Pseudo-Plutarch Lives of the Ten Orators 839c, where most editors emend it to "kelètisai", "kelètizô" "ride a horse": "He is said to have run a race on a swift horse") (hellenisteukontos.blogspot.com, Bibliothèque grecque, Isocrates, Tome 2, 1807).
M. Edmond Pottier présente de la part d'un savant grec, M. G. P. Oikonomos, une étude, publiée dans l'Archéologikon Deltion d'Athènes 1921, sur les curieux bas-reliefs archaïques dont M. Homolle a présenté les photographies à l'Académie et qu'il a commentés devant elle. L'auteur s'attache à montrer que les éphèbes jouant au hockey, en poussant une balle avec des crosses recourbées, étaient désignés par le terme de "kerètizontes" et qu'on a corrigé à tort certains textes grecs, en particulier celui d'Isocrate relatif à une statue d'enfant placée dans la Sphairistra des Arrhéphores sur l'Acropole d'Athènes : les manuscrits portent "kerèzôn" qu'on a changé en "chelètizôn", ce qui donne un tout autre sens, celui de la course à cheval. Cette observation peut amener à modifier nos idées sur d'autres œuvres d'art célèbres, comme les pueri celetizontes de Canachos et d'Hégias, qui pourraient être des ceretizontes. Déjà Faber, dans ses Agonistica publiés en 1814, avait d'une façon très pénétrante indiqué cette solution; mais on n'avait pas tenu compte de son explication (Livres offerts. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 66e année, N. 5, 1922 - www.persee.fr) (nostradamus-centuries.com - V, 2 - L’opposition au règne de Louis-Philippe - 1853-1854).

A form of hockey was played by ancient Greeks. A marble relief of 510 B.C., on display at the Archaeological Museum of Athens, depicts athletes that play a sport like hockey. In addition, the 2nd-century writer Plutarch (or Pseudo-Plutarch) refers to a sport like hockey with the name Keretizein (en.wikipedia.org - Hockey in Greece).
Aux yeux de l'historien moderne - de l'historien tout court -, même la réserve du philosophe apparaîtra bien imprudente. Antérieur d'une génération à la guerre de Troie, un peu plus jeune qu'Héraclès, dont il rêve, dès l'adolescence, d'égaler les exploits, Thésée, fils de Poséidon en même temps que d'Égée, est l'exact pendant pour les Athéniens de ce qu'Héraclès, fils de Zeus en même temps que d'Amphitryon, représente pour les Doriens du Péloponnèse. La geste de l'un comme de l'autre relève non de l'histoire institutionnelle des cités, mais de la légende héroïque. Quand Isocrate fait l'éloge de Thésée, les vertus civiques qu'il invoque : douceur, esprit de justice, souci d'égalité, sont traitées sur le même mode de célébration, dans le même registre apologétique que les combats contre les monstres, les brigands, le Minotaure, le taureau de Marathon, la guerre contre les Amazones, la lutte aux côtés des Lapithes contre les Centaures, la descente dans l'Hadès avec Peirithoos, la présence du héros, surgi de terre, ou celle de son fantôme en armes, à la bataille de Marathon, pour se lancer à la tête des Grecs contre les Barbares (Jean-Pierre Vernant, Entre mythe et politique, 2017 - books.google.fr).

